Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Lagarce : les difficiles retours

Posté par Nedjma le 23.11.07 à 12:43 | tags : cité internationale, spectacle à paris, théâtre

On l'a déjà souvent évoqué: c'est l'année Jean-Luc Lagarce. Une année d'hommage vivant à l'auteur contemporain le plus joué sur nos scènes, à l'occasion du cinquantenaire de sa naissance. Une année riche d'expos, de spectacles, de rencontres. En 2008, son texte "Juste la fin du monde" entrera au répertoire du Français et intègrera le programme du bac.
Deux superbes pièces, résolument lagarciennes, emblématiques de son oeuvre, sont actuellement à l'affiche: "Derniers remords avant l'oubli" et "Juste la fin du monde". Toutes deux traversées par un thème essentiel chez lui: le difficile retour, les impossibles retrouvailles qu'elles soient familiales, amoureuses ou amicales, après une longue absence. Avec une constante: le choix du mot juste, précis, dans des échanges contrariés.

Dans la première, montée par la compagnie Les Possédés -qui livrait déjà une très belle version du Pays lointain, l'an dernier-, Hélène, Louis, Antoine se retrouvent dans la maison qu'ils ont partagée, où ils se sont aimés. Le temps a passé, la distance s'est installée et ils sont désormais accompagnés de leurs moitiés respectives. Belle partition collective, magnifique jeu d'acteurs faussement distants, humour mélancolique et féroce. Une fois encore, le jeune collectif sert l'auteur de belle manière.
Dans "Juste la fin du monde", c'est sa famille que Louis vient retrouver pour lui annoncer qu'il va mourir. D'annonce il n'y en aura pas, que des échanges ratés, nourris de frustrations, de maladresses, d'amour étouffé. François Berreur, qui fut longtemps son compagnon de route et fonda avec lui "Les solitaires intempestifs" connaît assurément son Lagarce. Il a une vraie intelligence du texte, et livre une mise en scène tendue, solide. Bruno Wolkowich en frère bourru, à la fêlure enfouie, est parfait. Hervé Pierre, costard de smoking et noeud pap, genre de Monsieur Loyal un peu hors du temps, nous a seulement semblé un peu trop mûr, massif pour camper Louis, qu'on préfère plus fragile.

Illus Derniers remords avant l'oubli ©Olivier Marty.

"Derniers remords avant l'oubli", Théâtre de la Bastille jusqu'au 25 novembre puis en tournée.
"Juste la fin du monde" Cité Internationale, jusqu'au 25 novembre puis en tournée. www

Commentaires

De x, posté le 17.05.08 à 11:48 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'ai vu et lu la pièce ! magnifique !!!

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