Le mythe fantastique du Golem C'est à une bien curieuse et passionnante expérience que nous convie la compagnie Pseudonymo au Théâtre Gérard Philippe avec la mise en scène du Golem, d'après le roman de Gustav Meyrink. Meyrink avait composé un roman expressionniste d'une légende née au XVIe siècle dans le labyrinthe obscur du ghetto juif de Prague. De la légende au roman et du roman à la scène, c'est toujours le même univers d'ombres, de brouillards et de méandres qui sert de cadre à cette histoire étrange. Athanasius Pernath, le tailleur de pierres, part en quête du Golem, cette créature artificielle qui s'est mise à vivre, dangereuse parce qu'à chacune de ses apparitions, dit-on, elle court dans les rues du ghetto en tuant sur son passage. Mais le Golem, c'est surtout le double d'Athanasius, la rumeur de son inconscient, son double fantomatique. La compagnie nous offre un spectacle plus visuel que narratif - au risque assumé de nous décontenancer - où la scène est un lieu de trappes et d'illusions lumineuses. Formés à l'art des marionnettes, les comédiens mêlent avec grand bonheur, et dans une pièce on ne peut plus appropriée, le jeu humain, les masques de chiffons et pantins animés. La scène est un lieu de métamorphoses : les objets se mettent à vivre, les grimoires deviennent des portes ouvertes sur d'autres univers, les personnages parlent avec leurs doubles. Entre Lewis Carroll, la Kabbale et le Horla : on reste habité par quelques séquences oniriques mémorables, comme celle du rabbin qui fait danser dans le silence de la nuit trois lettres hébraïques au-dessus de sa tête. Le Golem, au TGP jusqu'au 9 avril Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum théâtre :
|