Pari tenu
Fabrice Melquiot nous avait habitués à des titres de pièces singuliers. Rappelons-nous de « Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit » ou de « Je peindrai des étoiles filantes et mon tableau n’aura pas le temps ». Il semblerait alors que l'auteur ait dépassé nos espérances les plus folles en proposant: « Faire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l’énergie » (Arche-éditeur). Titre revitalisant qui réconcilie avec brio l’ironie désespérée et la poésie lunatique de l’auteur.
Anniversaire
Pour célébrer les 25 ans des Editions théâtrales, 25 auteurs de ses mêmes éditions proposent 25 (on l’aura compris) textes inédits. Parmi eux, le loufoque Hanokh Levin, le shakespearien Howard Barker et le cynique Grégory Motton. Bon anniversaire donc…
Délicate question
Juan Mayorga, dramaturge et philosophe espagnol passionné par l’œuvre de Walter Benjamin, continue son exploration des notions d’histoire, de violence et de domination. Les Solitaires Intempestifs publient "Les insomniaques (suivi de) Copito (ou Les derniers mots de Flocon de Neige, le singe blanc du zoo de Barcelone)". La pièce se centre sur une question très actuelle, extrait :
« N’ayez crainte‚ vous n’avez pas commis la moindre erreur et je ne me serais douté de rien ; ce fut comme un pressentiment. J’ai mené ma petite enquête‚ ce qui est à la portée de n’importe qui‚ suffit d’avoir un peu de temps à soi et je n’en manque pas. Et mon pressentiment s’est confirmé : vous n’avez pas de papiers. Vous êtes un « sans-papiers ». »
Autobiographie
Enfin, rappelons la parution chez Actes-Sud Papier des « Récits de Juin », notes autobiographiques de Pippo Delbono (dont le puissant Questo buio feroce présenté au théâtre du Rond Point en janvier dernier poursuit sa tournée en région). Ce livre est né d’une conférence sur le thème de l’amour que le metteur en scène italien avait donné à Rome.
Illustr. La Liseuse de Félix Valloton.