Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Cannibales (Ronan Chéneau, David Bobée) : Pas iDéal, iKéal…

Posté par Lucie le 07.03.08 à 17:41 | tags : cirque, théâtre


Le metteur en scène David Bobée et son acolyte le dramaturge Ronan Chéneau présentent la dernière partie de leur triptyque Cannibales qui succède à Res/persona et Fées.


Il y eut un temps où les romantiques souffraient de ne pas comprendre le mouvement du monde. Il semble que la compagnie Rictus s’attache à montrer un monde que l’on ne comprend que trop bien. Transparent, lisible, fluide - flexible, banquable, fashionable. Et qui fait d’autant plus mal.


Comme cette chaise translucide au milieu de la scène qui ne bougera pas; comme ces bouteilles en plastique vertes ou bleues de shampoings, eau minérale, liquides ménagers névrotiquement alignées sur des étagères. Il ne dérange pas ce monde, il est discret, mais il angoisse…
Il s’agit alors de partir à la quête d’une émotion. Trouver un interstice dans cet univers aseptisé pour éprouver quelque chose. Cannibales, c’est l’histoire de deux amoureux qui décident de s’immoler par le feu afin d’atteindre à une sensation. L’histoire d’un couple qui découvre que leur appart est plus ikéal qu’idéal…:
« Non mon amour,
non nous ne changerons pas le monde,
ensemble,
mon amour,
sur le canapé deux places de chez Habitat »


Ironie douce amère, cynisme pas totalement désespéré, auto-dérision, confidences rigolottes, vraies colères contenues et beaucoup de paroles d’amour s’expriment sur la scène et créent un tout fragmenté, rythmé et cohérent. Bobée explore des formes hybrides, à la lisère de la performance. Il entrechoque des esthétiques : des écrans et des sons, des voix et des caméras, de la danse et des lumières, du cirque et des mots. Parfois la friction fait évènement et s’ouvre sur un chemin de significations sensibles, parfois moins - on regrette les instants où le discours, sur le ton de l’auto-fiction se perd dans des lieux communs politiques, il rejoint alors cette culture de la transparence et de la simplification.

On apprécie à l’inverse les moments (nombreux) où la poésie s’extrait de ces assemblages. Lorsqu’on voit sur l’écran les rues d’une mégalopole américaine qui défilent à toute allure, et qu’on entend un texte (proche de la poésie sonore) sur les soirées glamour de Cannes qui dérivent sur les backrooms obscènes de cannes. L’investissement physique du comédien rivalise avec la dose d’énervement que contient le discours et la furie de la vidéo et crée un cocktail détonnant.
Même émotion lorsqu’on voit partir du corps d’un comédien une obsession pour la propreté « ramasse ces miettes » qui devient une danse violentée et des mouvements abruptes.
Ou ce personnage de Spiderman, remarquable incarnation des fantasmes d’un des personnages (qui nous renvoient au nôtre) : beauté, dextérité, infaillibilité de l’être aimé et figures clichées (rire dans la salle) comprises.


La compagnie offre un regard réflexif fait d’autodérision et de pathétisme sur les fantasmes, les craintes et les espoirs d’une génération. Elle ne fait qu’effleurer le tragique si elle prétendait le saisir. Le metteur en scène aborde dans sa note d’intention le thème de la névrose, de la phobie et autres maladies narcissiques, mais il ne semble pas que le spectacle y réponde.
Cela dit la tonalité légère et douce de Cannibales fait du bien au moral et à nos ikdéaux.

Illustr©Sophie Colleu

Cannibales de Ronan Chéneau, mise en scène David Bobée, au Théâtre de la Cité Internationale (www) du 6 mars au 5 avril 2008.

Commentaires

De Jil, posté le 09.03.08 à 12:36 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Texte consternant. Propos adolescent. Seuls les circassiens (et la musique) sauvent la mise.

De Lili, posté le 18.03.08 à 08:54 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
D'accord avec Jil. C'est consternant, cet éloge du vide. Plus c'est creux plus c'est porté aux nues. A quand une vraie relève?

De julien, posté le 21.03.08 à 13:10 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je ne peut être que ravi de voir que nous sommes quelques résistants à dénoncer cette facilité dans le propos, cette suffisance de l'analyse, cette manière dont les auteurs s'extraient d'un phénomène qu'ils dénoncent, et qu'ils présentent comme une phénomène dont ils sont aussi les victimes. "Eloge du vide", c'est une proposition condensé qui me semble parfaite pour décrire cette épouvantable plaidoyer à la passivité et au renoncement. Encore une fois une nouvelle manière de se dédouaner de sa responsabilité en se disant qu'on ne peut rien, que les choses vont, indubitablement, fatalement, tranquillement et violemment.
De plus, cette pièce est un vrai juke-box. EN voulant dénoncer le standard pop comme lien substantielle entre les individus (ici les trentenaires), symbole d'une insouciance et d'une apolitisation manifeste, Bobée ne fait que surfer sur la vague, proposant de la musique divertissante, qui au lieu de faire violence, de proposer autre chose, replonge le spectateur dans ses années "éclate, ex and rock'n roll".
Pathétique et tape-à-l'oeil.

De laura, posté le 17.04.08 à 10:52 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

je ne peut etre d'accord avec ces propos catégorique sans vraimen de justification propre,c'est une critique miniamliste et simpliciste et on n'a plus la sensation que vous n'avez pas aprécier ou que vous avez été choquer que eux est l'audace de montrer une réalité.Les propos ne sont pas adolescent c'est un texte et une mise en scene audacieuse,tout comme dans Fée l'année derniere ils montre une réalité que beaucoup se cache.Alor justemen votre jugement ne vient t-il pas du fait que vous vous etes senti concerné que vous vous etes reconnut et que cela vous dérange qu'on ose montrer des réalité que personne n'oser montrer avant.C'est a mon sens un theatre moderne enrichissant audacieu realiste politiqe,ils bousculent les codes et parle de ce dont la société ne parle pas ouvertement et sa choque parfois.

je respecte votre point de vue mais je vous trouve sévére radical et pas trés objectif malgré tout.Mais avez vous vue Fée l'année derniere?parceque si c'est le cas Fée est un spectacle dans le même esprit de montré de dire ce qu'on cache ce qu'on ne dit pas ce qu'on ne montre pas,les angoisse de tout a chacun qu'on ne se montre qu"a soit,toute ces question sur la société,qu'estce que je fait ,qui suis je ,que vais je devenir.....

enfin voila personnelement je suis admirative de leur travail ronan chéneau est un auteur fascinan ces textes sont a la auteur de son talent pour l'avoir vu parler de son travail aprés une des représentation c'est un passsionné.Quand a David bobée c'est un metteur en scéne admirable.Leur travail n'est pas du theatre conventionel respectant tout les critere habituel c'est un theatre moderne et travaillez avec eux doit etre un plaisir j'en suis sur.



De nouk, posté le 30.05.08 à 23:50 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'ai tout simplement adorée!! rein d'autre a dire c'étais magnifique, els acteurs étaient maginifiques, la musique étaient maginfique, le tout étaient magnifique!! un gros bravo a tous!! merci pour ce magnifique spectacle!

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