Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Ebauche d'un portrait (Lagarce, Berreur, Poitrenaux): "c'est ainsi que les gens parlent"

Posté par Lucie le 11.03.08 à 14:44 | tags : lagarce, théâtre

« Une idée idiote mais comme elle revient tout le temps, qu'elle réapparaît à chaque détour et qu'elle passe parfois dans les rêves, admettons.
L'idée toute simple – mais très très apaisante, très joyeuse, c'est ça que je veux dire, très joyeuse, oui – l'idée que je reviendrai.
» J.L. Lagarce

Ce spectacle, montage de textes extraits des carnets de l’auteur de théâtre Jean-Luc Lagarce, réalisé par François Berreur, succède à la mise en espace de l’année passée, bouclant la boucle de cette ébauche d’un portrait et marquant un épilogue intime à L’année Lagarce (www).
La boucle est d’autant plus bouclée que c’est dans l’enceinte même de Théâtre Ouvert, qui a salué les premières heures du dramaturge, que son fantôme nous revient gaiement, et « s’avance dans la lumière » aurait-il peut-être dit.


Laurent Poitrenaux, seul en scène, témoigne pourtant d’ « une solitude extrêmement peuplée » pour reprendre Deleuze . Et pour le meilleur… et pour le pire … Grand imitateur de son état, le comédien passe à la moulinette de sa sensibilité corrosive, inspirée par le personnage qu’était Jean-Luc Lagarce, toute une ribambelle de personnalités. Des intellos aux théâtreux, des illustres inconnus aux amants d’un soir : de Godard à Le Pillouer, de « la grosse fille laide » à Gary. Eh oui: « C'est ainsi que les gens parlent », dira-t-il à plusieurs reprises…
Véritable gymnaste multi-voix, Poitrenaux gère de gracieuses ruptures de tempo et réalise une véritable performance.

L’histoire se raconte, en lien avec la machine à écrire. Défilent sur le mur de façon chronologique les dates et les instants clés de l’existence du poète, s’additionnent à cela les dates de la mort des gens qu’il aimait, admirait ou respectait . Il y a alors "eux" et leurs noms pour évoquer leurs présences, il y a eux dans le regard de Lagarce, il y a Lagarce dans le regard de Poitrenaux, il y a Poitrenaux dans notre regard, et il y a nous, les vivants, et cette mise en abyme est étrange, comme le remarque l’acteur. C’est sur ce fil de mystère que se déclinent les confidences du poète, son rapport aux autres et ses considérations sur l’existence.
Berreur, ami de Lagarce, fait preuve d’une rigueur sans concession quant au traitement de l’émotion et se protège ainsi de la tristesse, du pathétisme, du solennel ou de la commémoration, de ce qu’aurait détesté Lagarce donc. On reste « au bord des larmes » et on rit (beaucoup). Bel hommage…

 

Illustr©Jean Julien Kraemer

 

Ebauche d'un portrait, montage de textes du Journal de Jean-Luc Lagarce, mis en scène par François Berreur, avec Laurent Poitrenaux, à Théâtre Ouvert (www) jusqu'au 5 avril, puis du 19 au 23 mai au théâtre du Point du Jour à Lyon (www).

Rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation le mardi 25 mars, rencontre avec François Berreur le 21 mars à 18h à la Librairie de paris, 7/11 Place de Clichy, Paris 17ème.





Commentaires

Pas encore de commentaire

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto
Recopie crypto :


  Discussions en cours sur le forum théâtre :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines