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Sept secondes (Stanislas Nordey, Falk Richter): Frappes "chirurgicales"?

Posté par Lucie le 03.04.08 à 15:57 | tags : rond-point, théâtre

Stanislas Nordey présente Sept secondes de l’allemand Falk Richter au Théâtre du Rond Point. Il présentera Das System de ce même dramatruge au festival d’Avignon.


Des jeunes post ados, parfois un peu usés par la vie, si l’on en croit les cernes angoissantes d’une jeune comédienne, sont vêtus de tee-shirt pop aux effigies de personnages de dessins animés américains, dont Satanas et Diabolo des fous du volant. Ils portent des treillis en contraste à ces références guillerettes. Et ils sont un peu énervés…mais contre quoi ?...


On est à l’intérieur d’une sorte de vaisseau, des armées de loupiottes aveuglent et tout à la fois nous maintiennent très éveillés. Entre nulle part et nowhere, une guitare électrique déforme l’hymne américain, comme Jimi Hendricks en 1969 en référence au Vietnam. Ces jeunes sont américains alors ? On ne sait pas vraiment.

Va être passée à la moulinette de la langue rythmée et politique de Falk Richter cette société américaine qui bombarde l’Irak sans sentir l’impact des bombes, sans savoir que ce sont des civils qui meurent etc. Le jeune écrivain propose un portrait un peu simpliste d’une Amérique simpliste. La force de cette dramaturgie repose dans le fait que les protagonistes sont les conteurs du drame et non les personnages. Son écriture propose alors un voyage dans les mots, les sons de la guerre, et parfois de façon plus illustrative des bouts d’histoires présentés comme des flashs que le spectateur se recompose.

Des refrains ponctuent ces fragments : « In god we trust » ou « un impact, un crash, une explosion ». Assénés de façon agressive par nos protagonistes qui semblent se tromper eux aussi de cibles…
Chacun adopte un sentiment monolithique, ce qui brosse alors un panel de sensibilités différentes : le neutre un rien inquiet, la bonne âme, la blasée, l’arrogante (et un peu énervante il est vrai), le un peu perdu etc… Parfois ces différentes tonalités distordent le discours et lui donnent du relief; une force mélodique et rythmique pour un texte qu’on scande, qu’on déplie, qu’on creuse. Dans ces moments là Nordey propose un véritable traitement esthétique du discours. Le piège serait de l'utiliser comme quelque chose d'explicatif et de transparent, juste militant alors, sans grand intérêt pour un public français à qui on raconte trop souvent que les américains sont bêtes. Mais voilà, trop souvent tous sont à l’unisson pour un discours vindicatif un rien figé qui ne provoque plus grand-chose, mis à part qu’il fait un peu mal aux oreilles. On est alors victime de ces frappes "théâtrales", sans pourtant se sentir à sa place …

 

Crédits photographiques©Brigitte Enguerrand.

Sept secondes/ In god we trust de Falk Richter, mise en scène de Stanislas Nordey, jusqu'au 27 avril au théâtre du Rond Point (www)

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