Silhouette ronde, visage encadré de deux tresses, elle traine sa carcasse recouverte d’une vieille pelure, et ses deux valises. A l’intérieur, pas des millions de dollars, quelques souvenirs peut-être, et encore. A la fois féroce et fragile, elle est sans nom, sans domicile fixe. Si, comme le dit Cassavetes, «
les gens qui ont été aimés ou qui ont le sentiment d’avoir été aimés semblent mener une existence plus complète », la sienne, d’existence, manque singulièrement d’amour.
Sur sa route cabossée, dans une ville grouillante, une multitude de rencontres, parfois folles, ou belles, souvent improbables. Myriam Boyer prête ses traits et sa voix gouailleuse à cette femme de mystère, mise en scène par Marc Goldberg, tandis que quatre comédiens interprètent tous les autres personnages –avec un talent très inégal-
C’est la première fois que Woman of mystery, pièce originale de Cassavetes est adaptée en France. Malgré des longueurs, l’ensemble affiche quelques fulgurances et on est bien là chez le génial créateur de Faces et Love streams. Ses paumés sublimes, un univers sur le fil entre rêve et réalité, et une grande humanité dans la désespérance.
Woman of mystery de John Cassavetes, jusqu’au 7 mai, Vingtième Théâtre (
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