Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Purgatorio : Castellucci frappe fort !

Posté par JdF le 12.07.08 à 10:10 | tags : festival d'avignon

Purgatorio est un spectacle dont il n’est pas évident de se remettre. À bien des points de vue.
Sans pouvoir, hélas, raconter l’intrigue sans casser la machine dramaturgique qui repose sur un basculement, disons que ce basculement fait passer les personnages (car cette fois, il y a des personnges au sens usuel qu'on donne à ce mot) d’un monde (trop ?) parfait à une réalité cauchemardesque.
Disons encore que pour ceux qui, à l’inverse des néophytes auxquels Catherine faisait allusion, des « spectateurs idéaux » de Romeo Castellucci, ceux qui ont déjà vu des spectacles de la Societas Raffaello Sanzio, Purgatorio peut surprendre….
Lorsque le spectacle commence, tout est normal ! Le rideau se lève sur un intérieur bourgeois fleurant bon les années 1970 : un grande cuisine aménagée comme dans un catalogue de mobilier de luxe, où une jeune femme élégante prépare un repas, un petit garçon modèle, bien peigné et en culottes courtes apparaît. Et là on se demande : qu’arrive-t-il à Castellucci ? Pourtant quelques détails mettent la puce à l’oreille, l’indigence des dialogues, comme récités par des automates, paraphrasés dans un texte projeté en sur-titre qui appelle étrangement les personnages première, deuxième et troisième étoile… Troisième, car le père entre ensuite en scène…
Je ne dirai rien de la suite sauf que ce spectacle, comme les précédents vus en ce début de festival, imprime sur la rétine des spectateurs des images qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Non pas, comme en 2005, nécessairement par leur violence, mais par leur fulgurence. Les décors qui se succèdent durant la première partie de Purgatorio sont d’une prégnance inouie.
Reste à dire qu’à partir du moment où tout bascule, le public se divise en deux camps. La beauté plastique et la force des images ne parviennent pas à faire consensus. Mais tel n’était certainement pas le but de Castellucci.

Purgatorio, mise en scène, scénographie lumières et costumes de Romeo Catellucci.

Jusqu'au 19 juillet, à 18h, à Chateaublanc

Edit : Représentations supplémentaire les mardi 15, jeudi 17 et vendredi 18 juillet à 22h

Crédit photos : Luca del Pia





Commentaires

De Yohm, posté le 15.07.08 à 08:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Effectivement, ce spectacle là laisse de trace. (Plus qu'aucuns autres spectacle de Castellucci je pense) Effectivement ce spectacle divise le public en deux camps. Mais, bon sang de bois, je n'arriverai JAMAIS à comprendre les gens qui se lèvent au bout de vingt minutes en proférant des insultes. Surtout que l'évolution du spectacle, ce qui nous est présenté après la "brisure" (qui est à la limite insoutenable il faut quand même le dire, non pas par sa violence, comme indiqué dans le texte, mais par son inertie) est du jamais vu. Je ne crois pas en effet avoir pareilles images sur scène, on a l'impression de vivre un cauchemar.

De blek le rock, posté le 18.07.08 à 02:18 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Un seul sentiment devant les spectacles de castellucci; l'ennui. Quelle nullité prétentieuse que ce purgatorio; il faut vraiment chercher longtemps pour trouver un tel navet.

De Anne, posté le 23.07.08 à 09:36 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
C'est vrai ce qu'on lit dans Le Monde qu'il n'y a aucune date de prévu de ces spectacles de castellucci à Paris cette année ????? Mais on veut les voir !!!

De jdf, posté le 24.07.08 à 10:44 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Hélas oui, les tournées ne s'arrêteront pas à Paris : Purgatorio passera au Maillon à Strasbourg, mais je n'ai plus les dates en tête, quant à Inferno, n'ayant plus la brochure, je ne peut dire s'il trounera en France...

De N., posté le 25.07.08 à 19:04 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Chef d'oeuvre, Génie, Visionaire, voilà ce qu'est ce Purgatorio!

Je ne comprend pas comment on peut s'ennuyer devant une telle oeuvre...à moins de ne pas la vivre et de la regarder de manière intellectuel peut-être...

Merci MONSIEUR Castellucci, merci pour cette violence si nécessaire aujourd'hui, pour la beautée de votre démarche, j'étais comme suspendu...merci de m'avoir mis dans un tel état, de m'avoir fait pleurer au pont de ne plus pouvoir me lever de mon fauteuil...



De lucie, posté le 30.07.08 à 16:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Inferno passe au super festival de la Bâtie à Genêve début septembre

De M., posté le 31.01.09 à 00:07 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Castellucci a représenté le pire sur scène, et je l'en remercie.

Je n'ai jamais vu autant de personnes se lever en cours de spectacle ( après "la scène", bien entendu, pourquoi ces gens ne veulent-ils pas voir la vérité en face ? ), mais heureusement je n'ai jamais vu d'applaudissements si émus qu'à la fin de Purgatorio. Cette pièce ne m'a pas émue, elle m'a simplement boulversée, renversée. Je n'ai pas pu m'empêcher de sangloter comme de nombreuses personnes dans la salle. Je n'en ai pas dormi, et à présent quand je repense à ces images encore parfaitement inscrites dans ma tête, cette obstination à croire que ce n'était qu'un cachemar revient.

Je n'ai qu'un mot à dire : MERCI.



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