Le festival Les Orientales vient de clôturer sa dixième édition : un voyage inédit, comme chaque année, des plaines de l’Europe orientale et de l’Asie Centrale à l’Inde rituelle. Comme rarement, le spectateur de la dernière soirée a eu la chance de se voir offrir un condensé des influences réciproques et des parentés objectives entre les musiques rassemblées dans la programmation.
L’Inde avait la part belle, lors du deuxième week-end du festival qui accueillait, en grande première européenne, les moines danseurs de l’île de Majuli, située au Nord Est du continent. Digne des spectacles les plus professionnels, leur prestation a su garder l’authenticité et la fraîcheur des cérémonies et des pièces de théâtre destinées à la population de « là-bas ». On reverra sûrement tôt ou tard sur les grandes scènes hexagonales ces adorateurs de Krishna qui, pour l’heure, avaient réservé leur première sortie internationale au festival Les Orientales, tout comme les danseurs du Karnataka appréciés le week-end précédent.
Mais l’intérêt des Orientales ne réside pas seulement dans ces « premières mondiales » dont s’enorgueillirait n’importe quelle salle parisienne. Il faut plutôt chercher l’identité de la manifestation dans la grande connaissance et le respect des musiques et des formes de spectacles ici présentées. Quelle intelligence dans le parcours mêlant musique indienne et cordes d’Asie centrale, chant flamenco et kartales du Rajasthan, le tout couronné des violons tsiganes qui rappellent, après tout, que tout cela est centré sur l’itinéraire ancestral des gens du voyage.
Saint Florent le Vieil a salué, une fois de plus, la fin de cette manifestation de qualité mais sans prétention, avec l’ouverture et la générosité qui caractérisent son public comme son équipe de bénévoles composant une bonne partie de l’équipe. Au risque de se répéter, on ne peut que souhaiter, très fort, que l’authenticité de cette démarche puisse se maintenir dans les années à venir pour que grandissent, encore, la tolérance et la bienveillance si nécessaires en ces temps frileux.
A lire : L’Ile aux moines danseurs de Nadine Delpech, chez Alphée
© Nadine Delpech