Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Agnes 68 : la nostalgie camarade...

Posté par JdF le 15.07.08 à 10:08 | tags : festival d'avignon

Pour ceux qui n'étaient pas né en 1968, précisons que l'auteur et le metteur en scène d'Agnes 68 s'appelle Jacques Kraemer, qu'il animait dans les années 60 le TPL ou Théâtre Populaire de Lorraine et qu'il était alors une grande figure de la scène partisane.

Agnes 68, qu'il avait commencé à écrire à l'époque, met en scène son double, un comédien/metteur en scène féru de Brecht, perplexe face aux événements qui se déroulent dans les grandes villes alors que lui, durant ce mois de mai 68, tourne L'École des femmes dans le Sud-Ouest.

L'acteur qui joue Horace est un jeune contestataire né en politique au début des événements. Quant à Lili qui joue Agnes, elle est aussi inculte que son partenaire, et écoute avidement les leçons de matérialisme historique dispensées par son pygmalion de metteur en scène dont on ne s'étonnera pas qu'il se soit réserve le rôle d'Arnolphe.

Le charme du spectacle tient à son authenticité : loin des célébrations des anciens qui l'ont oublié ou des jeunes qui l'ont fantasmé, Kraemer raconte un 68 de biais, un peu comme Louis Malle l'avait fait avec Milou en mai. C'est d'ailleurs curieux de voir se rejoindre le communiste pur jus et l'anarchiste pas de droite, mais presque qu'était Louis Malle .
Il est dommage que la forme paraissent quelque peu désuète : suite de scénettes qui oppose ou rassemble les protagonistes. Les deux hommes s'affrontent sur le terrain politique et la rivalité amoureuse, alors que Lili repousse l'un et se laisse charmer par l'autre (dans un schéma inverse de celui de la pièce de Molière : ah, pourquoi diable Arnolphe n'avait-il pas lu [people=karl Marx_restrictif]Marx[/people_restrictif]?).

Bref, on aurait attendu plus d'imagination de la part de quelqu'un qui a participé à la contestation politique du gaullisme, laquelle contestation s'accompagnait d'expérimentations artistiques d'envergure.

Sans attendre des seaux de peinture rouges déversés sur les acteur, une petite prise de risque formelle aurait complété à bon escient l'évocation du moment 68.

Agne 68, de Jacques Kraemer, jusqu'au 1er août, à 14h15, au Théâtre du Balcon.

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