Mon Grand Oncle …Posté par Floriane le 12.08.08 à 12:33 | tags : arts de la rue
Il est rare qu’un artiste vienne ouvertement demander un « retour critique » à un journaliste. Généralement, les relations entre les arts de la rue et la presse ne sont pas au beau fixe. Méfiance et surtout méconnaissance des contraintes de l’édition … Programmé à Fest’Arts (Libourne), Sébastian Lazennec n’a pas hésité à faire la démarche. Bingo ! Un blog offre une liberté non négligeable qui permet, notamment, de faire part de coups de cœur dont on n’aurait pas forcément la place ni l’opportunité de parler dans le cadre d’un article plus général. Sébastian Lazennec, membre fondateur de la compagnie Utopium Théâtre, a décidé de mener cette fois une aventure en solo. Il convie, pour l’heure, une vingtaine de spectateurs à l’ouverture du testament de son « Grand oncle », récemment décédé et passionné de marche et des Pyrénées. Un entresort assez basique ? Pas tout à fait. Lazennec qualifie sa proposition de « théâtre intimiste », et il n’a pas tort. Du théâtre, il a la formation et l’expérience ; c’est un acteur rodé, compétent. Le rapport intime au spectateur, on le trouve dans le dispositif choisi : tout le monde s’entasse dans le prétendu appartement du grand oncle. Mais au-delà de ça, c’est le personnage lui-même, conçu et créé par Sébastian Lazennec, et son rapport au public convoqué qui fait mouche. De l’entresort forain, le neveu a le maquillage, trop appuyé pour être honnête, la jambe raide, gaguesque lorsqu’il s’assied, le ton, le regard, les mimiques qui jouent avec habileté sur la corde raide du « vrai faux ». Bien qu’il s’en défende, Lazennec a créé là un texte et un rôle qui pourraient sans problème être joués de manière réaliste, « sérieuse », et tirer larmes et frissons aux spectateurs. Lui, fait naître des sourires, des rires complices, et il a sans doute raison : les messages les plus forts passent mieux quand le public n’a pas l’impression qu’on lui fait la morale. C’est tout en douceur que le drame familial est dévoilé et l’émotion, réelle, naît à la sortie du spectacle, quand on repense à ce couple oncle-neveu qui finalement nous ressemble. Commentaires
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