La traversée des apparences Plongée en Indonésie, le 22 novembre dernier, à la Cité de la Musique ! Plus précisément, au cœur du Ramayana, dont l’établissement présente, au cours de la saison, trois versions (celles de Thaïlande et d’Inde suivront). L’après-midi, un forum passionnant donnait quelques clés indispensables à l’appréhension de l’épopée et de ses différentes versions scéniques. Eternelle lutte de l’ordre et du désordre, le Ramayana prend ses racines dans l’hindouisme mais se colore des influences culturelles locales (islam et fonds javanais en Indonésie, boudhisme en Thaïlande). La version présentée ce samedi, par un ensemble javanais rejoint par les professeurs de gamelan de la Cité de la Musique, s’appuie sur la dextérité puissante du dalang. On nomme ainsi le manipulateur des formes colorées découpées dans du cuir (wayang kulit), qui accompagne vocalement sa prestation visuelle. Seul face à l’écran pendant deux heures trente, Sri Joko Raharjo ne faillit pas un instant ; il jongle avec les voix, manie les figurines avec précision et humour. Parfois Guignol n’est pas loin : les batailles entre les bons et les méchants, ponctuées de coups sur le nez, sont universelles. La Cité de la Musique a eu l’heureuse idée de créer un dispositif permettant aux spectateurs installés dans la salle de bénéficier à la fois de la vision de l’orchestre et du manipulateur placés derrière l’écran, et des ombres qui en résultent. Ces dernières, filmées et projetées sur un écran surplombant le castelet, ne sont en effet qu’apparences (traduction littérale de wayang). Spectacle ou leçon de vie ? Les deux à la fois pour qui sait prêter attention aux valeurs sous-jacentes à l’histoire. On attend avec intérêt les deux autres versions du Ramayana (thaïe en janvier et indienne en avril). Mais pour l’heure, c’est aux pays maya et aztèque que la Cité de la Musique nous convie, le week-end du 12 au 14 décembre.Commentaires
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