Mythes aztèques et mayas Il est toujours compliqué, quand une culture a été niée par des décennies, voire des siècles d’occupation, de définir et de présenter ce qui la caractérise. Difficile également d’exporter cette culture et de l’afficher sur une scène occidentale où la notion de spectacle, impliquant un rapport codifié entre les acteurs et le public, est fortement ancrée. Ces deux questions posées, voilà que la perplexité s’installe, face au programme présenté, ce week-end, à la Cité de la Musique. Aztèques et Mayas, en effet, ont subi la colonisation espagnole et leurs cultures ont eu les pires difficultés à traverser les époques, se teintant fortement de christianisme et s’hispanisant dans les instruments, les coutumes, voire les mythes. L’histoire de l’humanité n’est faite que de ces hybridations. Le pari était donc risqué, de chercher à présenter des traces de ces cultures enfouies, telles que les habitants de ces pays tentent de les conserver ou de les reconstituer. Le Théâtre Claude Lévi-Strauss avait rencontré les mêmes difficultés, l’an dernier, dans le cadre du cycle consacré au chamanisme en Sibérie. Mais là, au moins, la mise en scène se voulait discrète et c’était le vécu des natifs qui était mis en valeur. Ce week-end, les spectateurs ont eu droit à une démonstration, parfois surprenante, de rites manifestement spectacularisés pour la scène. Si dans la rue musicale, la proximité avec les artistes pouvait rappeler le rapport d’origine de la communauté ; dans la grande salle, l’éloignement et les moyens techniques mis en œuvre niaient totalement cette dernière. Il est toujours très délicat de présenter les musiques et les spectacles « du monde » hors de leur contexte ; à moins d’annoncer clairement qu’il s’agit d’une interprétation, par un groupe d’artistes contemporains, s’inspirant de plus ou moins loin de ces cultures traditionnelles, comme le fait Pleyel cette année, par exemple. Ce n’était pas le cas ce week-end ; dommage.Le prochain rendez-vous à la Cité de la Musique est en janvier, le 31, pour un Ramayana à la sauce thaïe. Ill : compagnie Sotzil de Solola, DR Commentaires
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