
Premier spectacle du festival, premier coup de coeur. Le titre a lui seul est déjà un enchantement : Don't wanna die watching Spiderman 3. Qu'on ne s'y trompe pas: la chose nous vient bien d'Allemagne, d'une jeune équipe tout juste sortie de l'Universität der Künste de Berlin. C'est dire, d'ailleurs, si la MC93 nous offre le théâtre étranger le plus frais...
Deux jeunes hommes en costard noir et t-shirt rouge, baskets Spiderman, protège-poignets Spiderman, des images des films de Spiderman, des chips pour le public, et une traversée folle à travers nos représentations de l'amour. L'amour. Ah, l'amour. Le cinéma n'est-il pas une formidable machine à forger de mémorables scènes d'amour ? Dans la vie, je veux être un super-héros, et je veux de l'amour.
C'est certain, ceux qui comprennent la langue allemande ont plus de chance que les autres: ils peuvent profiter à plein du texte. Mais ceux qui doivent faire un petit effort supplémentaire pour à la fois lire les surtitres et apprécier la subtilité des actions sur le plateau, ne peuvent pas rester insensibles à la légèreté sidérante avec laquelle les deux comédiens naviguent à travers cet objet théâtral qui surprend à chaque instant. Fantastiquement insolent.
Don't wanna die watching Spiderman 3, conception Antù Romero Nunes, Simon Bauer, Nils Kahnwald
Festival Le Standard Idéal, MC93, du 24 au 26 janvier 2009
Illus © Antù Romero Nunes