Titres délirants, spectacles percutants
Un texte parfois, un metteur en scène aussi, une distribution encore. Parfois, très prosaïquement, le lieu joue un rôle d'importance (est-ce loin? est-on bien assis?). Et puis il y a l'emballage, particulièrement décisif dans certains hauts lieux de théâtre, type festival Off d'Avignon où les compagnies rivalisent d'inventivité pour attirer le public. Les affiches des spectacles, mais aussi leurs titres sont parfois des moteurs. Hasard du calendrier, on peut dégager dans un best of des titres intrigants, étonnants, questionnants, délirants, trois spectacles à l'affiche en ce moment dans le grand Paris. Jugez plutôt -et respirez un bon coup avant de les lire à haute voix-: "A la veille de cette rencontre, aucun problème n'a été réglé... et le lendemain non plus"; "Les choses étant ce qu'elles sont, tout va aussi bien que possible"; ou encore "Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue". Voilà qui donne envie d'aller voir d'un peu plus près (ou de fuir à grandes enjambées, c'est selon). Et on se rend compte que derrière ces trois opus, se cachent des spectacles plutôt engagés, plutôt profonds, et qui s'interrogent sur la société d'hier et d'aujourd'hui, en en dressant un constat pas toujours reluisant. Petit inventaire: "A la veille de cette rencontre..." évoque ce qu'il reste de mai 68 dans un foisonnement créé par 15 comédiens-danseurs sous la direction de Patrice Bigel. (jusqu'au 8 février à l'Usine Hollander de Choisy-le-Roi). "Les choses étant ce qu'elles sont..." est un duo pour un aviateur, une marionnette, et quelques matériaux (sic). Dans un monde absurde et étrange, le héros s'invente une nouvelle vie et s'évade par l'imaginaire. C'est plus doux, mais... (jusqu'au 8 février, au Théâtre au Fil de l'eau). Dans "Nos enfants nous font peur..." enfin, le tandem Ronan Cheneau-David Bobée se prête une nouvelle fois à un constat pas folichon. "Un texte sur l'Afrique, ou plutôt ce qu'il y a de visible et d'invisible d'Afrique ici en France". C'est le point de départ et matière à réflexion sur la jeunesse, la France, la politique, l'identité nationale. En ces temps de repli sur soi et de peur, une claque qu'on imagine salutaire (jusqu'au 14 février au Théâtre2Gennevilliers). On y va? Commentaires
De Nicolas R, posté le 09.02.09 à 03:39
![]() Attention, le lien ne fonctionne pas :-) De Nicolas R, posté le 09.02.09 à 03:39 ![]() Le lien externe hein Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum théâtre :
|