"La jungle des villes" à la Tempête
![]() Ainsi Garga, l’idéaliste devenu cynique, a accepté le combat. Sa famille, notamment, Jane, sa fiancée et Marie, sa sœur, vont en faire les frais : pendant que Garga est en prison pour malversation, Sclink prostitue les deux femmes. Jane s’alcoolise tandis que Marie se désespère car, aussi bizarre que cela paraisse, elle aime Schlink. Garga, à sa libération, finira pour organiser un lynchage contre « le jaune ». La première scène, celle de la bibliothèque de prêt, dans laquelle Schlink, avec ses sbires, vient provoquer Garga, évoque un univers Kafkaïen, un peu dans le style de celui que Orson Welles montre dans son adaptation du Procès. Cette première scène, dont le dispositif est séduisant (elle se passe non pas sur le plateau, mais derrière dans les coulisses, devant des spectateurs entassées comme il peuvent, c’est-à-dire les uns sur les autres) est assez emblématique du spectacle.
Clément Poirée tient le spectateur en haleine, sa scénographie est réussie et les acteur principaux, Philippe Morier-Genoud, Bruno Blairet et Laure Calamy, sont convaincants. Mais ces choix, jeu, agencement du plateau, musique, font finalement trop référence à des attendus : est abondamment évoqué ce Chicago des années 20 avec ses bars louches et ses hommes inquiétants qui peuplent les romans policiers dont Brecht aimait tant la lecture. Du coup, le tout laisse une impression de déjà-vu, là où une remise à plat aurait peut-être permis de faire surgir de cette pièce énigmatique, un autre jeu de signification. "Dans la jungle des villes", de Bertolt Brecht, mise en scène de Clément Poirée, avec Philippe Morier-Genoud, Bruno Blairet, Catherine Salviat, Raphaël Almosni et Laure Calamy. Jusqu'au 7 juin au théâtre de la Tempête (www). Réserver des places ? c'est ici Illus. Julien Blondin Commentaires
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