Le Bagne à l’Athénée Il aura fallu attendre longtemps pour découvrir enfin ce texte de Jean Genet lié à son obsession de l’univers carcéral, et son désir secret de vivre cette punition suprême, lui qui n’avait fréquenté « que de simples prisons ». Le bagne, retravaillé sans relâche pendant près de 20 ans, paraît dans la Pléiade, en 1994 et Antoine Bourseiller – qui fut un proche de Genet - le porte à la scène voilà deux ans, au théâtre de Nice. Depuis le 26 avril dernier, on peut enfin le voir à l’Athénée. Un décor tournant imposant, signé Alexandre de Dardel, figure un mur à double face, parsemé de meurtrières. D’un côté, le noir, le bagne, de l’autre le blanc, le monde extérieur ou ce qu’il en reste. L’éclat d’un soleil aveuglant tranche avec la nuit sans fin des géôles. Au centre, trône la guillotine, rouge. Si le jeu des sentinelles noires, lestées de fausses armes est un peu caricatural au début de la pièce, toute la puissance dramatique du texte s’installe peu à peu, glaçante et brute, abordant de front plusieurs thèmes : érotisme, culpabilité, pouvoir, religion, homosexualité. Parmi les 18 acteurs qui occupent le devant de la scène, on retiendra les caïds du bagne : Ferrand (Hervé Sogne) et Rocky (Marc Olinger), Forlano (Alexandre Ruby) dont la présence arrogante et silencieuse fera basculer la pièce et surtout le directeur du bagne, cynique et troublant (Désiré Saorin).
Le Bagne de Jean Genet jusqu’au 20 mai au Théâtre de l’Athénée (www). Commentaires
De steve, posté le 12.05.06 à 20:35
![]() J'ai regardé les photos et entendu l'extrait audio sur le site du théâtre de l'athénée. Ca a l'air magistral ? De le tadorne, posté le 27.05.06 à 11:44 ![]() J'ai vu cette pièce le week-end dernier. Décor lourd, mise en scène lourde, texte lourd. On se prend à rêver d'autre chose... Ajouter un commentaire |
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