Lang Toi: le Vietnam illustré Jolie histoire que celle de Lang Toi, ce projet de cirque rêvé par des Vietnamiens exilés, formés à l’Ecole du cirque national de Hanoi, qui reviennent apporter à leur pays d’origine l’expérience qu’ils ont acquise en Europe. Au final, cela donne un joli spectacle, flirtant avec les traditions, non pas circassiennes mais ethniques, car le Vietnam compte de nombreuses minorités dont il apprend aujourd’hui à mettre en valeur les coutumes. Les diverses séquences de Lang Toi parsèment ainsi les images d’Epinal d’un Vietnam d’affiches touristiques de quelques figures reconnaissables sur les estampes anciennes et d’autres, tirées des jeux villageois. Le véritable intérêt de l’exercice réside sans aucun doute dans l’interprétation contemporaine de ces images connues, l’appropriation par les trois directeurs artistiques de ce fonds traditionnel pour en faire une création d’aujourd’hui. Ainsi, l’usage du bambou est l’exemple même du matériau réinventé, utilisé tantôt comme scénographie, tantôt à la manière traditionnelle des ponts et autres ouvrages de construction, tantôt enfin comme des agrès permettant à la fois la joliesse de l’image et la prouesse technique.Invité au Théâtre Claude Lévi-Strauss du Quai Branly, du 18 au 27 juin, pour sa première en Europe, le spectacle a cependant pâti des limites du plateau, où les dix-sept interprètes (musiciens compris) étaient plus qu’à l’étroit. Impossible de jouir là de la poésie, qui échappera sans doute au mièvre, une fois étalée sur une scène plus vaste ; étriqués, certains effets (notamment lumineux) demandant plus de profondeur pour prendre toute leur amplitude. Le seul avantage d’une proximité rendue possible par la petitesse de la salle, est finalement l’intimité avec les artistes, que l’on s’attend à tout moment à voir déborder de la scène trop petite. Là, on peut vraiment voir le plaisir qu’ils prennent dans ce spectacle et qu’ils ont eu à replonger dans des racines qui paradoxalement ne sont pas les leurs, car ils sont Viets et ont dû découvrir les minorités dont s’inspirent la plupart des jeux mis en scène. A voir, en tournée, du 2 au 12 juillet au festival d’Anvers (Belgique), puis en novembre à Chambéry, Draguigan et Dôle, en décembre à Brest, La Rochelle, Senart, Bordeaux et Caen, et enfin en janver 2010 à Bayonne, Vienne (Autriche), Calais et Londres. Commentaires
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