Trois moments forts au festival Les Orientales Le premier week-end du festival Les Orientales vient de s’achever, sous une chaleur de plomb. Parmi la foule de propositions artistiques, on en retiendra trois, particulièrement marquantes.Le Dewa Ruci, interprété par Ki Enthus, est l’une des versions les plus contemporaines qu’il ait été donné de voir, en France du moins, du Mahabararata à la sauce javanaise. Non seulement la fable de Bima, envoyé quérir l’eau sacrée, est mâtinée d’éléments locaux, imprégnés de soufisme, mais la réalisation qui en est donnée par le dalang (l’acteur manipulateur) est diablement moderne. Sans comprendre le texte, où les éléments du mythe se mêlent à l’actualité, on peut admirer la facture des ombres colorées, découpées dans du cuir, et rendues vivantes, à bout de bâton, par Ki Enthus. Pas de joliesse fleurant une quelconque nostalgie ou un simili respect de la tradition ; les figures suivent les règles du genre mais avec une griffe résolument d’aujourd’hui. Et l’art du manipulateur n’est pas des moindres quand il s’agit, en virtuose, d’entremêler les figures, que Bima déracine les arbres, ou que son double rayonnant lui apparaisse au fond des eaux. Entre les actes en ombres, l’intermède des marionnettes rappelant notre guignol (wayang golek) ajoute une touche de comédie populaire et permet au spectateur, par des allusions au monde d’aujourd’hui, de faire corps avec la légende, sans que l’enseignement qu’elle véhicule soit trop pompeusement édifiant. On avait apprécié le wayang kulit présenté à la Cité de la musique il y a quelques mois. C’est une forme plus moderne, y compris dans son interprétation de la musique (chant et gamelang) aux accents parfois carrément bollywoodiens, qui a enchanté Saint Florent. La proximité, sous la tente du café oriental, n’était pas un mince atout pour acceuillir cette proposition. C’est dans l’Abbatiale que la seconde surprise du festival s’est déployée. Les ethno-musicologues avaient beau vanter le caractère d’exception du launeddas, cette triple flûte datée du VIè siècle avant Jésus-Christ et dont la Sardaigne semble avoir l’exclusivité puisque les autres instruments antiques, de l’Egypte à l’Asie Centrale, ne comportent que deux tuyaux. Il fallait le voir pour le comprendre. Orlando Mascia, expert en la matière, à déployé à Saint Florent tout son art, proprement incroyable. En souffle continu, l’artiste développe des harmonies qui font immanquablement penser à la présence de plusieurs instrumentistes. Mais non, il est bien seul, mais sa musique semble celle d’un orchestre. Mascia est l’un des rares lauddenaro et il contribue, en Sardaigne, à perpétuer cet art au sein de l’Orchestra popolare sarda. A Saint Florent, il était accompagné par les tenores d’Urzulei, dignes représentants des chœurs de bergers de l’île, dont les chants, issus de rites curatifs, savent alterner avec sensibilité les airs profanes et religieux. Le troisème moment fort de ce premier week-end aux Orientales a été, sans conteste, la projection de Tibet libre : Kalachakra, réalisé par Jeanne Mascolo. Mêlant habilement les images documentaires, d’archives et de films hollywoodiens consacrés au Tibet, ce film qui date d’une dizaine d’années reste précieux pour comprendre le destin de ce pays, dont 2009 marque le cinquantenaire de l’occupation par la Chine. Sans pathos, Tibet libre énonce les faits, éclairés implacablement par la discussion qui a suivi la projection et les interventions de Claude Levinson, l’une des porte parole les plus ferventes du peuple tibétain. Moment salutaire, car les medias ont un peu trop passé sous silence ce sinistre anniversaire, focalisés sur la crise financière et économique et les difficultés nationales. Mais si les choses peuvent changer, et les boudhistes le savent bien, il n’est sans doute pas superflu d’aider les hommes à mettre en branle la roue du temps. Le deuxième week-end du festival débute ce soir avec un concert inédit de flûte bansuri et de veena. On retrouvera, pendant les trois jours, la musique indienne avec la double flûte et la double clarinette, puis à nouveau la venna et les musiques du Rajasthan. Egalement au programme : Lo Cor de la Plana et ses polyphonies du pays occitan, des danses khmères et roms, une rencontre entre l’ensemble Barbara Furtuna et Constantinople (Corse et Asie), et un final endiablé avec des musiques tsiganes de Hongrie. Renseignements au 02 41 72 62 02 Ill : Wayang Kulit, © Albert Finestres Commentaires
De moments forts ?, posté le 03.07.09 à 13:47
![]() Je suis désolé, proclamer la liberté Tibet n'ai pas un moment fort. Ceux qui soutiennent encore le tibet libre n'ont qu'a se renseigner un peu pour voir à qui ça profite, les chiffres parle d'eux même : _1950 : Espérance de vie moyenne au Tibet ‘indépendant’, 36 ans. _2007 : Espérance de vie moyenne au Tibet ‘chinois’, 65 ans. _1950 : Mortalité infantile au Tibet ‘indépendant’ : 50‰. _1950 : Taux d’‘analphabétisme au Tibet ‘indépendant’ : 90 %. _2000 : Nombre de centres de santé ouverts au public : + de 1000 (Hôpitaux et dispensaires). (Note : dans ces centres gratuits, les patients ont le choix entre les médecines traditionnelles tibétaine, chinoise ou occidentale). _Question ‘droitdelhommique’ : Système de santé public et gratuit, espérance de vie, mortalité infantile et taux d’alphabétisation sont-ils ou non des critères de progrès ou de régression au regard des droits de l’homme ? _Les Chinois au Tibet en 2007 : _1. Lhassa : 34 % de Hans, 3% de Huis, 63 % de Tibétains. _2. Campagne tibétaine : 6 % de Chinois ( Hans et Huis), 94 % de Tibétains. Population d’origine africaine (Maghreb inclus) ou turque en France (Recensement 1999) : 9%, assistons-nous à une ‘africanisation’ de la France ? Certainement, d’après messieurs Le Pen et De Villiers. Donc : Le Pen / D.L = même combat ? _b) La police chinoise au Tibet est composée en majorité de…Tibétains. _c) Les Chinois ont interdit le recrutement d’enfants de moins de 18 ans par les lamaseries. Les congrégations religieuses implantées en France, ou dans l’Union Européenne, ont-elles le droit de recruter des mineurs ? _c) La loi de l’enfant unique s’applique aux Chinois, les Tibétains urbains ont droit à deux enfants, ceux des campagnes à trois… Vous disiez ? Génocide ? ‘Sinisation’ ? Discrimination envers les minorités ethniques ? _d) L’enseignement scolaire au Tibet : _2. En cycle secondaire : Depuis 1983 pareil qu’en primaire. Le chinois est enseigné comme seconde langue. L’enseignement dispensé dans les écoles publiques en Corse, en Bretagne ou au pays Basque, est-il en corse, en breton ou en basque ? _C’est quoi son problème ? La préservation de la ‘race pure’ ? Qu’un Chinois et une Tibétaine, ou vice-versa, tombent amoureux et décide de se marier constituent certainement une atteinte fondamentale aux droits de l’homme et la preuve indiscutable de la politique de ‘sinisation’ du Tibet par Beijing… Aucun doute ! De candide, posté le 04.07.09 à 10:33 ![]() Encore une fois on croit les yeux fermés les chiffres officiels du gouvernement chinois. Je vais au Tibet depuis 30 ans , je parle tibétain et ma femme est chinoise, j'estime avoir quelque connaissance du problème. Jezpeux vous dire que toutes ces données sont à 90 % inexactes. Le problème est que pas un chiffre en Chine, et donc au Tibet occupé, ne correspond à la réalité, tout obéit aux besoins de la propagande, répond à une situation particulière et ne peut être publié qu'avec l'approbation des autorités qui vérifient que cela correspond bien à l'image qu'elles veulent présenter. La face, le maître mot en chinois. Perdre la face c'est pire que mourir pour un Chinois. On fait donc tout pour arranger la réalité, peu importent les vrais chiffres. Cessons un peu d'être naïfs pour que cela colle à notre vision des choses. Si vous étiez tibétain au Tibet, je vous garantie que vous ne parleriez pas comme vous le faites. Ajouter un commentaire |
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