Obsédé par le feu depuis toujours (il en cracha), Christian Lapointe fut gravement brûlé au cours d’une de ses performances. Il fait remonter à cet épisode l’origine de C.H.S., spectacle qui porte, comme son acronyme l’indique, sur la « combustion humaine spontanée » qui survient (rarement, rassurez-vous) sans qu’on ait pu en élucider les causes, consumant la victime de l’intérieur.
Variation sur la mort et la destruction des corps, le propos du spectacle oscille de l’accident au suicide. Sur la scène, réduite, mais découpée en angles aigus (ce gui lui donne une illusion de profondeur qu’elle n’a pas), Christian Lapointe est assis sur un fauteuil. Au-dessus de lui, dans une fenêtre, une jeune fille apparaît, c’est l’employée de la station-service qui hésite à lui vendre un bidon d’essence, « à usage domestique », prétend-il. La droite sur la scène, sur une estrade qui suit l’angle de perspective, à moitié dissimilé par le tulle, un homme intervient sur un ton plus détaché et fait contrepoids au sentiment d’angoisse que suscite le monologue de l’homme assis. Projection de listes de noms de victimes de ce phénomène, de rapports de police, du visage aux traits et au regard borderline de Christian Lapointe, le tout forme un spectacle énigmatique dont les images marquent durablement la rétine.
C.H.S., à 15 et 19h à la Chapelle des Pénitents blancs. Jusqu’au 11 juillet
Texte et mise en scène de Christian Lapointe, avec Sylvio-Manuel Arriola, Christian Lapointe et Maryse Lapierre.
Crédit photo : Yan Turcotte
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