
Curieuse ironie du sort, le directeur du théâtre des Carmes d'Avignon a tiré sa révérence en plein festival, quelques heures après sa sortie de scène dans le spectacle « La sorcière, son sanglier et l'inquisiteur lubrique », où il partageait l'affiche avec Hélène Raphel, Ludivine Bizot, Claude Djian et Farid Boughalem. Auteur, acteur, metteur en scène, poète à la révolte inlassable, André Benedetto puisait souvent son inspiration dans une actualité brûlante : les bombes au napalm, les sans-papiers, la ghettoisation des quartiers. Il avait même, en 2003, écrit dans l'urgence une pièce sur la grève des intermittents et l'annulation du festival In. Le spectacle avait affiché complet tout au long du mois de juillet. Ce phare dans le ciel avignonnais, verbe haut, chantant, était à l'origine du festival Off d'Avignon, en jouant en marge du festival officiel. C'était en 1966... 43 ans plus tard, il venait d'être nommé président de l'association « festival et compagnies », qui tente d'organiser le Off, après quelques années chaotiques... Frédéric Mitterrand, le ministre de la culture, a rendu hommage à « l'enfant terrible de la décentralisation théâtrale, une révolte féconde, une grande voix d ans l'histoire du théâtre ». Plusieurs hommages lui seront rendus dans son antre, au théâtre des Carmes, vendredi 17 juillet...