Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Le cher disparu de Colas

Posté par Nedjma le 15.07.09 à 14:46 | tags : théâtre, festival d'avignon, festival

Qui est-il, qui était-il, ce Jan qui a disparu ? Comment a-t-il disparu ? Le mercenaire de l'art contemporain fut auparavant soldat, acteur, photographe, gigolo, jardinier, strip-teaseur et prince des dance-floors. Il eut des amants, des maîtresses, des emportements. « Pas un ne l'a vraiment connu ». Pourtant, tout son monde, amis, amours, emmerdes se retrouve pour l'évoquer. Même si « toute chose est impossible à représenter », l'hommage se déploie, tour à tour solennel et incongru, cocasse et singulier, en notes et mots. Errances et doutes, éclats de rires et rencontres, séparations et introspections. Chacun des intervenants inscrit ses phrases, son pan d'histoire -réelle ou corrigée- sur le livre d'or de Jan.

Le fondateur de la compagnie Diphtong, Hubert Colas, de retour à Avignon quatre ans après "Hamlet" est ici auteur, metteur en scène. Son idée est belle, mais se dilue dans une construction un peu brouillon, et le texte longuet, s'étire, nous perd.

Pourtant, dans l'écrin superbe qu'est le Cloître des Carmes, il signe une scénographie de haut vol : sol blanc, grands panneaux de plexi qui se font tour à tour miroirs géants, vitres, écran de projection -accueillant les images, superbes, de Patrick Lafont, interviews des protagonistes, vagues qui viennent s'écraser- et s'entoure, comme toujours d'une fine équipe d'acteurs : Thierry Raynaud, Frédéric Schulz-Richard, Elie Hay, Isabelle Mouchard...

Puis Mathieu Poulain, une révélation. On le définit comme « marseillais misanthrope qui aimerait qu'on l'appelle M.a.P. mais que tout le monde appelle Mathieu ». Corps longiline, costard ultra-cintré, regard clair, cheveux bouclés en cascade qui encadrent un visage d'ange souriant, guitare électrique en bandoulière. Et surtout voix incroyable, écorchée et chaude, compositions magnifiquement mélancoliques qui rythment comme un fil rouge toute l'évocation de Jan. On se souviendra longtemps de lui.

 

Illus Christophe Raynaud de Lage.

"Le livre d'or de Jan" texte et mise en scène d'Hubert Colas, jusqu'au 17 juillet, Cloître des Carmes, 22 heures.

 





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