Parmi la centaine de théâtres qui abritent des spectacles du Off, on peut aller dans certains, presque -ou toujours- les yeux fermés. La Manufacture est de ceux-là, qui hisse haut les auteurs contemporains, et les interprètes de talent. « Carte d'identité », un petit bijou d'intelligence et de drôlerie, s'y découvre à 11 heures.
Nom : Ntarindwa. Prénom : Diogène. Signes particuliers: d'origine rwandaise, l'homme est né en 1977 au Burundi. Dans son parcours, le Front patriotique rwandais et le conservatoire de Liège. Aujourd'hui comédien, il est face à nous, long corps mince, tenue noire, fines lunettes, pour se raconter. Et dire l'influence de la grande histoire sur des foules de petites histoires. Celui qui « a toujours été curieux et turbulent » interroge encore, et toujours le passé de son pays et le sien. Avec humour et gravité parfois. Les souvenirs d'enfance, d'adolescence, c'est un parfum de nourriture autant que les couleurs d'un marché, les odeurs de cadavres et les terrains minés, l'ombre du génocice qui plane sur tout. Diogène incarne tour à tour les sages de son pays et les instituteurs, les gosses et les jeunes soldats -dont il fut-. Il vibre, il rit, il vit. Et nous avec lui.
« Carte d'identité », à la Manufacture, jusqu'au 28 juillet. Relâche le 20.