Victimes et bourreaux face à face chez Warlikowski
Il explore tour à tour les existences fragmentées et sacrifiées d'Iphigénie, d'Agamemnon ou d'Apolonia Machczynska, juste polonaise... Qu'est-ce que ça donne ? Une longue fresque en deux parties et une quinzaine de scènes, jalonnée de meurtres, de sacrifices et de destins effroyables, où victimes et bourreaux se répondent dans le miroir, les premiers forcés ou consentants, les seconds tentant de justifier leurs actes. On plonge dans les tréfonds de l'espèce humaine, ce qu'elle a de pire, et parfois de meilleur. Ça commence par un conte de Rabindranath Tagore, et se poursuit par un de ces coups de poing dont l'artiste polonais a le secret. Décompte funèbre des victimes de la deuxième guerre mondiale : nombre total, nombre par jour, par minute, et par seconde -un mort toutes les 4,6 secondes-. C'est terrible, et glaçant. Le soir de la première d'ailleurs, il faisait chaud au lever de rideau, et le vent s'est levé à ce moment-là, ne faiblissant pas jusqu'à la fin, vers 2h30 du matin. « La guerre est finie. Et puis on a compris la leçon, ça n'arrivera plus », lance un personnage avant de poursuivre : « D'une certaine manière, la guerre n'est jamais finie. » « Laissons les morts aux morts, occupons-nous des vivants » clame Héraclès. Se retourner sur les morts, une meilleure façon de comprendre, d'accompagner les vivants ? Emmenée par la chanteuse autricienne Renate Jett, une formation musicale live rythme l'ensemble du spectacle, entre tangos, mélodies lancinantes et échappées rock. Des decibels et des notes aux allures de chœur de tragédie grecque. A l'épreuve du plateau, Warlikowski fait souvent merveille. Il s'empare ici de la Cour en majesté, signant une scénographie virtuose, avec boîtes de verre aux différents décors, mur d'images en fond de scène et s'appuie comme toujours sur une troupe d'acteurs prodigieuse à l'engagement total, cette fois accompagnés de trois poupées. Mais l'ensemble souffre d'un cruel manque de rythme. Parfois fort, violent, souvent lent, long, et s'essouflant sur la durée. On est sur le fil entre passion, émotion, et ennui. Illus Christophe Raynaud de Lage. « (A)pollonia », mise en scène de Krzysztof Warlikowski, 22 h, cour d'honneur du Palais des papes, jusqu'au 17 juillet. Commentaires
De Ben, posté le 19.07.09 à 13:06
![]() Pourquoi poster le 19 juillet sur un spectacle joué jusqu'au 17 ? De nedjma, posté le 23.07.09 à 13:58 ![]() C'était une erreur Ben, le spectacle se terminait bien le 19 au soir... Ajouter un commentaire |
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