Avignon à l’heure des bilans Le rideau s’est baissé sur le festival In hier, se baissera sur le Off demain. A l’heure de remballer scènes, gradins, affiches, bilan de cette 63e édition. En 2009, Avignon In a rimé avec : Fréquentation. Le In se porte bien, merci, et ne semble pas connaître la crise, en matière de fréquentation. Sur une jauge totale de 133 000 places, 125 000 ont trouvé preneur, soit un taux de remplissage de 94%. Plutôt pas mal. Avant même l’ouverture du festival le 7 juillet dernier, nombre de spectacles affichaient déjà complet. Réveillon. « Littoral », « Incendies », « Forêts » : une odyssée jusqu’au petit matin, en compagnie de l’artiste associé Wajdi Mouawad et de sa vingtaine d’acteurs. Quatre nuits au long cours. Une cour d’honneur qui, malgré les onze heures de spectacle et le mistral glaçant de la première représentation n’a presque pas désempli. Un public ému et heureux à l’heure de saluer la troupe. Trois spectacles inégaux –baisse de régime et abondance confuse du dernier opus- mais un moment qui restera dans les mémoires. En se retournant sur cette expérience, Mouawad a confié : « J’entendais les voix des acteurs, je regardais les spectateurs emmitouflés dans leurs couvertures, c’était saisissant… Même les commentaires négatifs ont été tenus avec humour et intelligence, et douceur… Comme si au festival d’Avignon, on pouvait par la douceur tenir une discussion, critiquer, avancer, pratiquer une relation avec l’autre ». Création. L’une des singularités du rendez-vous avignonnais, c’est la part de risque qu’il prend chaque année en programmant un nombre impressionnant de créations : sur 42 spectacles et 275 représentations, trois quarts de créations cette année. Jeune génération. On a longtemps caricaturé les « vieux croutons », spectateurs de longue date du festival. Mais –et les choix d’un jeune tandem de direction n’y sont bien sûr pas étrangers- le public se renouvelle : 14% des spectateurs avaient moins de 25 ans cette année. Disparition. Le 13 juillet, à l’aube de son soixante-quinzième anniversaire, André Benedetto, poète, engagé fougueux, fondateur du Off et taulier du Théâtre des Carmes a tiré sa révérence en plein cœur du festival. Avec cette disparition, tout un symbole qui s’en allait. Un bel hommage lui a été rendu en son théâtre, quelques jours plus tard. Dissensions. L’édition du 29 juillet du quotidien « La Provence » évoque la polémique qui oppose la revue Mouvement aux deux directeurs du festival. Jean-Marc Adolphe, directeur de la publication les accuse d’entrave à la liberté de création, d’expression, de la presse et d’abus de position dominante. Appuyé par deux avocats, il prend fait et cause pour la documentariste Sonia Léontieff qui souhaitait tourner des images au festival et qui, malgré l’autorisation de Wajdi Mouawad, s’est vue opposer plusieurs interdictions de tournage par la direction. Adolphe a entrepris la rédaction d’un texte intitulé « Le procès d’Avignon »… Déceptions. Ce festival laisse un goût mitigé. Pas d’enthousiasme absolu et général, mais pas de hauts cris non plus. Non, des réussites et des déceptions. Parmi les attentes non comblées de cette édition 2009, le spectacle d’ouverture, "La guerre des fils" avec Jeanne Moreau mise en scène par Amos Gitaï, "Description d'un combat", la dernière création de Maguy Marin ou « Angelo, tyran de Padoue », adaptation très cinématographique d’ Hugo signée Christophe Honoré. Encore « (A)pollonia » de Warlikovski qui, malgré quelques images choc, une scénographie brillante et des acteurs comme toujours prodigieux n’a pas été à la hauteur de nos espérances.
Ovations. Quelques belles réussites pourtant. L’« Ode Maritime » de Claude Régy, « Une fête pour Boris » de Denis Marleau, « Photo-Romance » encore…
Projections… Nous ne l’avons malheureusement pas vu mais de l’avis général, le spectacle de Christoph Marthaler, « Riesenbutzbach. Eine Dauerkolonie » restera comme l’un des sommets de cette 63e édition. Bonne nouvelle puisque le metteur en scène suisse sera l’artiste associé du festival 2010, aux côtés de l’auteur Olivier Cadiot… Illus 1 « Riesenbutzbach. Eine Dauerkolonie ». Dorothea Wimmer. Illus 2 "(A)pollonia". Magdalena Hueckel. Commentaires
De amelie, posté le 03.08.09 à 20:51
![]() Comment ne pas être comblé par le spectacle d'Amos Gitaï. En quelques personnages, il decrit une geurre sanglante à la fois à l'exterieur et à l'interieur d'un peuple. La scène de canibalisme est gravée à vie dans ma mémoire. Cette femme qui marche durant tout le spectacle, à en devenir folle, l'armée romaine qui avance sur Flavius Joseph..et ces tailleurs de pierre qui taillent, taillent, hier, aujourd'hui, demain, c'est l'un des plus beaux spectacles de ma vie. Amos Gitaï reussit la où Warlikowski échoue, l'un fait une pièce historique, l'autre veut se prendre pour un historien . J'en dis plus ici:http://lesspectaclesdamelie.com Ajouter un commentaire |
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