
C’est un rêve en couleurs, à la fois très doux et plein d’énergie. Après son spectacle
Emigranti, la compagnie italienne
Faber Teater s’est emparée cette fois de l’univers de deux maîtres russes, Chagall et Boulgakov, et a mis à leur service tout son savoir faire en matière de danse, de mime, de musique et de joie de vivre parfois teintée de mélancolie.
Un jeune maestro, cheveux longs, redingote et chapeau claque, s’endort dans la rue et son rêve le mène de banquet en mariage, de meurtre en fantasmagorie. On reconnaît, ici et là, telle figure peinte, telle scène décrite, le tout rythmé par des chants et des musiques slaves qui emportent tout. Le plus surprenant est sans doute que, de la commedia dell’arte propre aux Italiens, le Faber Teater réussit, dans ce
FaberfEst, à faire le pont avec les clowns russes, si célèbres pour leur force et leur inventivité.
Il est rare qu’un spectacle de rue propose, sous une forme joviale et enlevée, des sources d’inspiration si bien assimilées. Présenté en Off au festival de Chalon, ce spectacle a déjà parcouru l’Europe mais étonnamment peu l’hexagone. Dans la région de Turin, le Faber Teater a également la responsabilité d’un festival,
Teatri di confine, qui dure cette année jusqu’au 20 septembre. Ceux qui séjournent dans le Piémont peuvent y faire un tour ; ils ne seront pas déçus.