Ce Jacques Bonnaffé, tout un poème!
Une histoire belge, ou plutôt ch'ti, puisque l'homme est de Douai. Mais dans "L'oral et hardi", il célèbre les textes de Jean-Pierre Verheggen, poète belge atypique s'il en est.
L'auteur triture la langue, s'amuse avec. L'acteur procède à un montage de plusieurs textes et les délivre au fil d'une performance étonnante, exercice de style délirant qui mêle numéro forain, récital poétique, partie de campagne d'élu de proximité et logorrah-bouffe (sic).
Voyez en ouverture, cet incroyable appel: "Avec moi, pour ne jamais entrer en poésie comme on entre en religion! Avec moi, Curetons de l'aporie et Petites Soeurs de Charité du patarafe! Avec moi, Stropiats de l'harmonie! Piets-bots de la grandiloquence! Simplets du brouillage..."
On s'y perd un peu, on s'y retrouve parfois, surtout on rit souvent.
La pièce a grandi, changé, de petits festivals en lieux de plein air en passant par la Maison de la poésie. Avant une tournée, autre escale parisienne au Théâtre de la Bastille où les spectateurs roulaient quasiment sous leurs fauteuils voilà quelques soirs...
Illus Xavier Lambours.
"L'oral et hardi". Textes de Jean-Pierre Verheggen. Mis en scène et joué par Jacques Bonnaffé, Théâtre de la Bastille jusqu'au 9 octobre.