Laurent, Roland, Georges, et les autres…
Non, on ne se livre pas à un excès de nostalgie, mais on se réjouit de voir, en même temps, et sur deux grandes scènes parisiennes, deux grands maîtres de théâtre à l’affiche. Dans « Philoctète », c’est Laurent Terzieff, 74 ans, qui revient à l’Odéon, à l’endroit même où, voilà il jouait « Tête d’or » de Paul Claudel. Retour au théâtre public donc, après avoir de longues années joué avec sa compagnie –et célébré nombre d’auteurs anglo-saxons, Eugène O’Neill ou, plus récemment Ronald Harwood- Il est cette fois à l’affiche du texte de Jean-Pierre Siméon, d’après Sophocle, dans une mise en scène de Christian Schiaretti. A ses côtés, la jeune garde du TNP. Dans « Simplement compliqué », texte doux amer et bourré d’humour de Thomas Bernhard, Georges Wilson qui joue et signe la mise en scène est un vieil acteur qui se retourne sur son passé. Il y a quelque chose de poignant à le voir, ce grand monstre de théâtre, dans un autoportrait en creux. Il se marre, éructe, se souvient, s’attendrit sur une fillette venue lui apporter du lait. Comme dans « Minetti », plane l’ombre de Shakespeare, évidemment. Wilson est l’invité des Bouffes du Nord dans le cadre d’un hommage à l’âge. Il s’appuie sur une canne, affiche une silhouette amaigrie mais la présence, la voix sont là. Du haut de ses 88 ans, il bouleverse. Autre sacrée figure de la décentralisation, qui recevait voilà quelques mois le Molière du meilleur acteur dans un second rôle pour sa performance dans « Coriolan », Roland Bertin. Il sera à l’honneur d’un Grand portrait, à la Comédie-Française, le 3 octobre. Illus dr. Philoctète Théâtre de l’Odéon, Paris, jusqu’au 18 octobre, puis en tournée. Simplement compliqué, Théâtre des Bouffes du Nord, Paris, jusqu’au 24 octobre. Portrait d’acteur, Comédie Française, samedi 3 octobre, 16h. Commentaires
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