Candide est de retour. Depuis que Voltaire l’a imaginé dans un siècle où l’on brûlait le Chevalier de la Barre pour hérésie et que l’Inquisition exerçait ses talents dans l’Ancien et le Nouveau Monde, il s’est passé bien des choses : des révolutions, des libérations en tout genre, et pourtant… Des fanatiques brûlent tuent et mutilent, on fait la guerre sous couvert de maintenir la paix, on torture et l’on massacre ses prochains dans des contextes différents, certes, mais avec la même ardeur à l’ouvrage.
C’est pourquoi, l’entreprise d’Hervé Loichemol de mettre en scène un Candide revisité est une excellente chose. Simplement, l’adaptation d'Yves Laplace pêche, comme c’est souvent le cas, par le fait même…. qu’elle est une adaptation. Bien entendu que la pièce suit le conte de Voltaire et les pérégrinations de Candide : elle va vient et virevolte sur les pas de son personnage, crapahuté de l’Europe la guerre de Sept Ans au Nouveau Monde en s’embarquant de Lisbonne où la terre tremble pour revenir ensuite à Venise et finir aux alentours de Constantinople. Tout ce récit trépidant est bien rendu, grâce notamment aux acteurs plein d’ardeur et de fantaisie. Mais tout cela se gâte lors des pauses narratives, particulièrement à la fin, lorsque l’auteur tente de faire entendre sa voix propre et s’éloigne du texte original. Le spectacle devient alors pesant et le dernier quart du spectacle passe bien lentement.
Candide d’Yves Laplace, d’après Voltaire, avec William Nadylam, Hubertus Biermann, Barbara Tobola, Anne Durand, Juan Antonio Crespillo, Michel Kullmann. Musiciens, François Allaz et Daniel Perrin.
Jusqu’au 8 décembre au Nouveau théâtre de Montreuil (www)
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Illus. © M.Vanappelghem
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