Ils étaient 18 à postuler à la direction des Treize Vents, centre dramatique national de Montpellier, pour succéder au metteur en scène Jean-Claude Fall. Parmi eux, Gérard Desarthe, Laurent Gutmann en poste au CDN Thionville-Lorraine ou Georges Lavaudant, ex-directeur du prestigieux Odéon et qui avait la faveur de Georges Frêche, président de la Région. Coup de théâtre voilà quelques jours, le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, nomme Jean-Marie Besset, auteur de renom, souvent associé au metteur en scène Gilbert Desveaux et plus rompu à l'exercice théâtral dans le secteur privé.Onze postulants éconduits ont réclamé l'annulation de cette nomination, une première ! S'indignant de n'avoir pu participer au « grand oral » permettant d'ordinaire à chaque présélectionné de détailler son projet, ils regrettent notamment que la désignation de Jean-Marie Besset ne soit pas assortie « de la nature du projet sur lequel il a été choisi », comme c'est la coutume. Ils dénoncent un « fait du prince » et clament : « Nous vous demandons solennellement d'annuler cette nomination, de proroger le mandat de Jean-Claude Fall jusqu'à la fin de la saison et de relancer un processus de nomination légal, équitable et conforme aux usages ». Du côté de la rue de Valois, c'est pour l'heure le silence...
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Pas d'oral entretien d'embauche devant l'employeur et pas de projet rédigé et rendu public.
De surcroît, flanqué d'un richissime patron, de société organisatrice d'évènements paillettes, d'un commercial au fond, Jean-Marie Besset, auteur " de piècettes à succès, ainsi promu grand commis culturel , va bénéficier de subventions d'argent public ( nos impôts) sur lesquelles, le privé, et pas seulement, lorgne.
Un " Centre dramatique national" dont 30 ans d'animation culturelle n'arrivent pas à remplir la salle pour plus de 6 représentations d'un même spectacle doit-il être encore maintenu avec son modèle étatique ( ou stalinien) d'administration lourde ? Une Comédie Française, ça suffit, non?
Pourquoi ne pas confier ce Centre à plusieurs équipes d'artistes indépendants, prêts à travailler généreusement pour la population et non pour eux-mêmes, considérant la bâtisse et son plateau comme un outil de travail et non comme le lieu d'aboutissement d'une promotion personnelle et l'opportunité de salaires juteux et de primes. (les grilles Syndeac sont avantageuses pour les cadres privilégiés)?
Dans le cas précis, qui n'est pas le seul, il est aussi particulièrement choquant de savoir que l'argent public versé à la structure servira aussi à financer et l'écriture et le montage des pièces du directeur . Si plusieurs équipes avaient leurs places, Besset n'y perdrait pas et se ferait moins mal voir !
Méfions nous de l' administration ministère de la Culture. Elle choisit et contrôle et les hommes et leurs rêves.