Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Koffi Kwahulé - reproduire l'émotion de l'improvisation

Posté par Catherine le 16.07.06 à 08:17 | tags : théâtre, entretien, festival d'avignon 2006, avignon off

Koffi KwahuléKoffi Kwahulé présente au festival Off d'Avignon 2006 son avant-dernière pièce, Blue-S-Cat, qu'il met lui-même en scène. Rencontre impromptue après la représentation.

Est-ce la première fois que vous mettez en scène vos pièces ?
Non, je l’avais déjà fait deux fois. En ce moment, j’écris moins de théâtre et de plus en plus de romans. Mettre en scène est une façon de rester dans le théâtre.

Vous n'avez plus envie d'écrire pour le théâtre ?
J'ai l'impression d'avoir besoin de me mettre en jachère par rapport à l’écriture théâtrale. J’ai écrit une trentaine de pièces de théâtre et j’ai besoin d’explorer d’autres formes littéraires, quitte à revenir ensuite au théâtre. En effet, j’ai l’impression d’être arrivé au bout d’un processus avec Misterioso 119 (paru en 2004, ndlr).

En quoi consistait ce processus ?
J’ai travaillé sur les différentes formes de choralité : comment orchestrer des voix, comment deux personnes ensemble suffisent, si on écoute attentivement, à créer un choeur en se disant simplement "bonjour/bonsoir." Ce sont les moments où les mots deviennent autre chose que de la parole et s’approchent de la musique, qui m’intéressaient.

Vous basez votre écriture sur la musique.
Oui, très souvent je pars de thèmes ou de moment musicaux, essentiellement de jazz, que j’essaie de retraduire au théâtre. Ce qui n'est pas évident puisque justement, le jazz est une musique non écrite.  Il s’agit de chercher à reproduire l’émotion que produit l’improvisation dans quelque chose qui sera de toute façon fixé.

Que signifie ce titre étrange, Blue-S-cat ?
Blues car la pièce peut être reçue comme un long blues, mais un blues entrecoupé de scat. Les titres de mes oeuvres sont souvent en anglais. Cela a bien sûr à voir avec le jazz, mais c’est aussi parce que les thèmes que j’aborde relèvent souvent d'univers plutôt anglo-saxons, américains. Je ne suis pas spécialement un missionnaire de la francophonie. J’essaie de fabriquer des émotions et je pense que ces titres (Babyface, Big Shoot, Blue-S-cat etc.) correspondent à ce que j’écris, tout simplement.

Parlez-nous de Blue-S-cat.
C’est mon avant-dernière pièce. En fait, je l’ai écrite en même temps que Misterioso 119. J’ai voulu l’écrire contre mes autres pièces qui elles, s’inscrivent dans la vitesse. Ce qui m’intéresse, ce sont les corps traversés par la parole et comment orchestrer ces corps ; car la musique n’est pas simplement sonore, elle peut être aussi visuelle. Cette pièce est un peu comme une liturgie. D’ailleurs, elle commence et se termine par le Kor Nidr, un vieux chant sacré juif, qu’on chante juste avant le Grand Pardon. C’est donc aussi un moment de repentance. L’espace de l’ascenseur devient le lieu de cette liturgie, durant laquelle par cet accident mécanique, on revient sur soi, sur ses propres peurs.

Blue-S-cat est publié aux Editions Théâtrales

Commentaires

Pas encore de commentaire

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto
Recopie crypto :


  Discussions en cours sur le forum théâtre :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines