La petite échappée (Tour de France oblige, vous n'échapperez pas à de truculentes métaphores cyclistes, tenez-vous le pour dit), cette petite échappée vers le plat pays que nous ont concoctés les jeunes codirecteurs du Festival d'Avignon, ne nous gratifie d'aucune des sensations fortes que l'on en attendait. Julien a déjà écrit tout le mal qu'il pensait d'Histoire des larmes de Jan Fabre, lequel Jan Fabre nous étant présenté comme le Messie en personne. Mais quid des autres ? Un peu à l'écart d'Avignon, à la Carrière de Boulbon, se joue Puur (se danse et se projette, car ici tout est mêle comme de juste) de Wim Vandekeybus et la compagnie Ultima Vez (lire précédemment la chronique de Sonic Boom du même Wim Vandeybeybus sur Flu ndlr).
Le spectacle dénote un grande maîtrise de l'espace, des éléments scéniques et les danseurs sont pleins d'allant. Les scènes chorégraphiées sond donc d'une prestance tout à fait appréciable. Cela n'est pas le cas des scènes jouées ni surtout du film projeté en arrière fond, où l'ont voit des enfants, une jeune femme, puis un homme, terrorisés, martyrisés ou assassinés par un personnage barbu qui évoque un nain de Blanche-Neige. Ce que Wim Vandekeybus tente de raconter à travers tout ça est, dans le meilleur des cas incompréhensible, dans le pire, parfaitement inepte.
Reste le plaisir de cette carrière que l'on voit apparaître de loin sur la route, tout environnée de petites lumières, et qui donne, une fois qu'on se trouve assise dans les gradins, une impression parfaitement rassénerante. Les parois de craie qui nous environnent, les cigales et une légère brise rendent donc (abstraction faite de moustiques particulièrement vindicatifs) la soirée tout à fait agréable.
Puur de Wim Vandekeybus / Cie Ultima Vez, au 59e Festival d'Avignon
Carrière de Boulbon, jusqu'au 22 juillet