L'énigme Vilar par Olivier PyAvignon a retrouvé son calme. Les affiches ont disparu, les festivaliers aussi. Triste mois d'août... Histoire de retrouver un peu de la flamme qui a animé la ville trois semaines durant, un mot, pour terminer, du spectacle de clôture du In, jeudi dernier. Le programme annonçait "Ecrits de Jean Vilar", lecture d'une heure trente mise en espace par Olivier Py. A l'arrivée, nous voilà face à "L'énigme Jean Vilar", deux heures trente d'un spectacle tout feu tout flamme, une véritable épopée, comme les affectionne l'auteur-poète-metteur en scène. Pour orchestrer une fresque aux allures de final en apothéose de ce soixantième festival d'Avignon, Olivier Py a plongé dans la dense masse écrite par Vilar. Plus de 20 ans de textes théoriques, notes informelles à ses acteurs, correspondance. Il y est question du public, beaucoup (point central de la réflexion de Vilar), du texte ("du théâtre sans texte, c'est seulement du spectacle" disait-il), du théâtre en général et de sa fonction première: "Le théâtre, c'est un service public au même titre que l'eau et l'électricité".Un demi-siècle plus tard, à l'heure de la privatisation tous azimuts, la phrase résonne étrangement... Poète, penseur, imprécateur, homme de troupe: le spectacle retrace donc la vie et l'oeuvre du fondateur du festival, ses doutes et ses forces, sa nomination au TNP et ses belles heures de partage, tout autant que sa chute en désamour et sa mise au pilori par les jeunes générations. "Béjart, Vilar, Salazar", restant le cri de ralliement des rebelles de 68. Philippe Girard, poète des Illusions comiques prête sa silhouette longiligne et sa voix profonde à Vilar, tandis que les fidèles de Py, Nazim Boujenah, Olivier Balaruc, incarnent tour à tour Maria Casarès et Gérard Philipe, Anouilh, Julian Beck, Malraux ou Genet (Michel Fau, comme toujours génial). L'épopée jubilatoire donne l'occasion de réentendre des textes d'une incroyable actualité -universels, disent-ils- sous les épaisses murailles peuplées de fantômes. C'est magnifique. Commentaires
De le tadorne, posté le 02.08.06 à 12:46
![]() Olivier Py a fait preuve d'une démagogie sans faille lors de cette soirée. Il a préféré caricaturer Vilar plutôt que d'interpeller le public et la Direction du Festival d'Avignon sur l'avenir du théâtre. Mission impossible, me direz-vous? De Nedjma, posté le 04.08.06 à 19:14 ![]() caricature de Vilar? Je n'ai pas trouvé. Il l'a montré avec ses failles, ses doutes et a au contraire fait réemerger ses textes en leur donnant une résonance actuelle, ce qui n'interdit nullement de questionner l'avenir du théâtre, et notamment la place du public. On peut parler du public sans démagogie... Ajouter un commentaire |
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