Dura Vita Sed Vita - Durax Lex de Marianne GrovesMAJ : Voir aussi l'actualité du festival d'Avignon 2006
Dure vie que celle du festivalier qui, à peine commence-t-il à s'acclimater à un univers, est aussitôt catapulté dans un monde totalement autre.C'est ainsi que je passai avec pour seule transition un rapide panini, de l'univers éthéré et silencieux de l'Italien Roméo Castellucci (Berlin B. #03 ) au monde bavard et bien réel de l'Américain Stephen Adely Guirgis. Dura Lex (Jesus hopped the 'A' train en version originale), troisième pièce de ce jeune auteur New Yorkais encore inconnu par chez nous, raconte comment Angel se retrouve en prison pour avoir tiré sur le gourou de la secte qui détient son meilleur ami. Dans le quartier d'isolement, il croise Lucius, tueur en série en fauteuil roulant qui a rencontré Dieu. Son avocate, la jeune Mary Jane, se prend de compassion pour lui mais rate complètement sa défense. Il écope de 35 ans. Peu de moyens pour cette compagnie parisienne : décors, costumes, accessoires, lumières, tout est très simple et sans éclat. Le texte, bien que très dense, est tout à fait honorable, avec son lot de répliques bien lancées à la manière de ces personnages des séries policières qui trouvent toujours la petite expression ironique parfaite dans les pires moments. Un petit côté série B donc, pour cette pièce qui vaut malgré tout le détour d'une part pour ceux qui n'ont pas la télé et sont par conséquent en manque de ce genre de programmes, et d'autre part pour la qualité du jeu d'acteur très "méthode américaine" : personnages pleinement incarnés, action / réaction, émotions vraies. Du bon vieux jeu de comédien comme on n'en fait plus guère. Dura Lex de Stephen Adly Guirgis, traduit de l'américain et mis en scène par Marianne Groves, au 59ème festival d'Avignon (off) Présence Pasteur du 8 au 30 juillet 2005 à 21h30 [illus. © Florence Dugowson]
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