Deux perles à Chalon - Braakland et Note à vacarme La programmation de Chalon dans la rue se voulait ouverte à la nouveauté, à l’innovation. Avec la compagnie hollandaise Dakar, c’est chose faite : jamais encore ces dernières années, dans l’Hexagone du moins, une troupe n’avait pensé son théâtre à tel point en relation avec le paysage. Lotte van den Berg, la metteur en scène de Braakland a beau se défendre de faire du « land art », c’est avec un œil véritablement exercé qu’elle a choisi le terrain vague au bout de rien, écrin à sa dramaturgie très cinématographique ou digne d’une installation vidéo, inspirée des textes du Sud africain Coetzee. C’est sur l’île de Terschelling qu’elle a pris conscience de la vertu du « théâtre in situ », dont le festival Oerol a fait sa spécialité et son terrain d’expérimentation. Braakland est un produit des plus convaincants, à la pointe de ces spectacles de territoire. A suivre. A l’opposé, confinés sous la toile d’un chapiteau moyen format, les spectateurs de Note à vacarme du Cyrk Klotz assistent à un ballet expressionniste pour pianos, acteurs et acrobates. Quelle poésie dans ces évolutions aréiennes de clowns blancs au nez et chapeau noirs ! Des personnages d’affiches polonaises dans les airs ! Peu à peu, à force d’harmonies contradictoires à coups de savates sur les claviers, et au hasard d’un tour de chant de beuglant, on assiste à la naissance du cinématographe, des enregistrements et des communications à longue distance … Le tout dans une ambiance irréelle, suspendue, où l’homme, après avoir fait un petit tour sur la terre, décide bien vite de retourner là haut, sur la lune de Méliès peut-être ? Braakland de la Cie Dakar, mes Lotte van den Berg. Note à vacarme du Cyrk Klotz Vus au Festival de Chalon dans la rue (in), été 2005 [illus. Braakland © Sanne Peper et Note à vacarme © Dodeskaden Courtesy Châlon 2005] Commentaires
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