Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.

Sobel et son chant du cygne ?

Posté par JdF le 25.09.06 à 13:11 | tags : théâtre
Dons mécènes adorateursDurant quelques jours, se joue la pièce d'Ostrovski, Dons, mécènes et adorateurs, que j'avais déjà annoncée dans ce blog. Pour sa dernière mise en scène  en tant que directeur du C.D.N. de Gennevilliers, Bernard Sobel, a choisi un de ses auteurs de prédilection : Alexandre Ostrovski.

Auteur russe de la fin du XIXe siècle, connaisseur du millieu théâtral dans lequel se déroule l'intrigue de Dons, Mécènes et adorateurs, Ostrovski avait une certaine propension à faire glisser la trame de ses pièces vers le mélodrame : le personnage principal, actrice qui ne parvient pas à joindre les deux bouts est poussée par sa mère à accepter les compromissions susceptible de lui faciliter la vie. Ne pas répondre de manière offensante au prince venu lui offrir sa protection, accepter voire solliciter les dons et cadeaux coûteux, voire abandonner son fiancé sans situation pour suivre un riche mécène....

Tout cela est évidemment daté, mais les personnages (notamment ceux pour qui l'auteur a visiblement une prédilection : l'actrice, l'étudiant, le mécène, le tragédien, l'accessoiriste) dégagent une grande humanité. Il est regrettable que les autres, plus négatifs (le prince, la mère, le directeur), soient sensiblement caricaturés. La mise en scène a comme ambition de servir le texte, ce qu'elle fait. Les acteurs semblent adhérer au projet et font beaucoup pour donner de l'authenticité à leur personnage.
Pourtant, quelque chose semble figé dans l'affaire... il nous semble voir du théâtre à l'ancienne, celui dont Ostrovsky était familier ?

Peut-être... Un théâtre dont la vocation serait la démysthification historique, tel que Sobel l'a pratiqué depuis les années 1970 et qui s'est peu à peu épuisé esthétiquement .... Je le pense. Et je me rappelle d'un autre spectacle joué il y a treize ans : Marie d'après Isaac Babel qui m'avait alors enthousiasmé. Je ne peux pas revoir Marie pour le comparer à Dons, Mécènes et adorateurs et cette impossiblité est le propre du théâtre, mais, entre les deux, je crois voire un continuum de lignes de sons et de couleurs. Et néanmoins, j'ai le sentiment que du premier au second, quelque chose à changé. Dans le théâtre, hors du théâtre, dans le travail du metteur en scène, dans mon appréciation de ce travail... La voix s'est fait plus tenu, des bruits extérieurs sont venus parasiter le dicours, l'oreille n'est plus si attentive ... Que sais-je ?

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