
Comme je le supposais, à la lecture de tous les commentaires enthousiastes du spectacle de Jean-Michel Rabeaux,
Emmène-moi au bout du monde !, Claude Degliame fait merveille avec les premiers chapitres du roman de Cendrars qu'elle et Jean-Michel Rabeux ont adapté pour l'occasion.
Contrairement à ce que je croyais, la passerelle sur laquelle l'actrice déambule ne se situe pas au-dessus de la tête des spectateurs mais au centre d'un dispositif bifrontal asymétrique (une partie des gradins est plaus haute que l'autre). Mais peu importe : plus que la scénographie, c'est le jeu de la comédienne sur quoi repose le spectacle. Étrangement grimée (allusion à l'œil au beurre noir du personnage principal), elle drape sa magnifique silhouette d'une tenue somptueuse : draperie, traîne, plumes et perles...
Tenant toujours les personnages auxquelle elle prête sa voix à une distance respectable (jamais, elle ne les incarne à proprement parler), elle ne reste pourtant pas en deça de la verve de Cendrars, parfois sans pitié pour ses créatures, et, dans une économie judicieuse d'une large gamme gestuelle et vocale, donne un spectacle à la fois total et minimaliste.