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L'actualité des spectacles à Paris sur Saisons.
Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet![]()
Thierry de Perreti accentue l'aspect intime de l'œuvre en donnant au spectacle une tonalité cauchemardesque : crudité des contrastes entre obscurité de la salle et lumière des néons, frénésie du jeu de Hamlet (qui surjoue volontairement ou non, les trois quarts du temps). Manifestement l'intrigue se situe à l'intérieur de la conscience du protagoniste, au sein de laquelle on est invité à entrer. Ce qui ne se fait de bon gré : surjeu dont j'ai parlé, léger énervement devant cet Hamlet déguisé en rocker années 1980 finalement peu crédible. Ophélie (Annabelle Hettmann) est pleine de naturel et d'émotivité dont elle sait moduler l'expression et sur elle, le look rock passe beaucoup mieux. Crédits photographiques©Pierre Grosbois Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet, de Bernard-Marie Koltès, mis en scène Thierry de Peretti, avec, Jean-Christophe Bouvet, Annabelle Hettmann, Lisa Martino, Pascal Tagnati, jusqu'au 20 avril au théâtre de la Bastille (www) Quand les Brigands s'acoquinent avec Arsène Lupin
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Vous devez vous dire : Arsène Lupin, on connaît, mais quid des Brigands ? Qui sont ces nouveaux associés du célèbre gentleman cambrioleur ? Eh bien voilà : ce sont les membres d'une compagnie d'acteurs/chanteurs et de musiciens qui remettent à l'honneur depuis le début de ce siècle l'opérette des années 1920 et 30. En 2004, ils avaient présenté, d'abord à l'Athénée, puis au Théâtre de la Madeleine, Ta Bouche du même Albert Willemetz et avaient obtenu avec ce spectatcle un succès considérable. Avec Arsène Lupin Banquier, voilà que se clôt la trilogie autour du parolier. Une charmante comédie où l'on retrouve Lupin en position d'honnête homme, qui, à la suite d'un rocambolesque concours de circonstance se retrouve à la tête de la banque Bourdin, en lieu et place du vrai Bourdin, lequel est en fuite après avoir laissé son entreprise en failite. Par amour pour la nièce de Bourdin qui croit voir en lui son oncle, Lupin reprend l'affaire en main... Et tout cela est délicieux : Lupin, Flo, son amante et complice, jalouse (on la comprend) de Francine, l'adorable nièce, le fiancé imbécile de celle-ci, le père de ce dernier encore plus bête que son fils, Gontran, l'assistant de Lupin... Tout ce monde joue et chante à ravir. Les scènes chantées sont entraînantes à souhait et les situations réjouissantes. Certes, les tentatives d'actualiser le spectacle passent bien mieux dans les dialogues que dans les moments chantés, où il arrive - heureusement rarement - que les chanteurs se mettent à singer certaines figures de la musique pop... Mais, au fond, tout cela n'est pas bien grave, et l'on resort de l'Athénée - qui fête actuellemnt ses 25 ans - en chantonnant... Une réussite. Jusqu'au 13 janvier au théâtre de l'Athénée (www) puis en tournée. Dates et réservations ici. Derniers soirs pour l'OrestieDavid Géry relève le défi de mettre en scène l'ensemble de la trilogie de l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, avec quelques coupures certes, mais un mouvement d'ensemble totalement préservé. La mise en scène est résolument contemporaine, avec caméra vidéo, écran géant, Clytemnestre met en scène le retour d'Agamemnon. La fin de la guerre de Troie devient affaire de communication, afin de mieux masquer le meurtre que Clytemnestre et Egisthe préparent. Mais le plus fascinant dans cette mise en scène, c'est indiscutablement le rôle du choeur. Le choeur, simple spectateur de cette politique spectacle dans Agamemnon, qui peu à peu prend corps, s'impose jusqu'à devenir avec les Euménides le peuple, véritable acteur de la démocratie naissante. Rarement on aura entendu de manière aussi limpide et forte les propos du choeur, rarement il aura été incarné par des comédiens aussi remarquables qui, insensiblement, s'individualisent sans jamais rompre cependant l'unité du groupe. C'est impressionnant. L'Orestie, Jusqu'au 21 décembre au théâtre de la Commune à Aubervilliers. Un spectateur's digest![]()
Bon, résumons: les fêtes approchent à grands pas et avec elles leur cortège de repas interminables et de cadeaux pas toujours bien inspirés. Flu vous propose un spectateur's digest à vocations multiples pour cette période. Dans la sélection de nos pièces préférées du moment vous trouverez, au choix: des idées cadeaux intelligentes et réjouissantes; un moyen d'aller souffler un peu entre deux repas de famille; un endroit où passer l'un des deux réveillons si vous n'êtes ni cotillons ni dindes aux marrons. C'est parti, au rayon hit parade des spectacles les plus... -le plus endiablé: "Divino Amore" d'Alfredo Arias. Un hommage tout feu tout flamme au théâtre de quartier romain des années 60-70. Kitsch, pailleté, musical. Avec l'incontournable Marilu Marini. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre. -le plus voluptueux: "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux mis en scène par Luc Bondy. Clotilde Hesme et Micha Lescot forment le couple magnifique qui se prête au jeu de l'amour et du hasard avec un délice qui est aussi le nôtre. Au Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 22 décembre, puis en tournée en France. -le plus mythique: "West Side Story" de Leonard Bernstein et Jerome Robbins. Le musical mythique célèbre ses 50 ans à Paris, et c'est un triomphe. Interprètes brillants, corps bondissants, ce Roméo et Juliette transposé dans un New-York frappé par la guerre des clans enchante. Au point que c'est archi-bondé. Il faudra se battre pour avoir une place! Au Chatelet jusqu'au 1er janvier. -le plus désopilant: "Les Diablogues" de Dubillard, mis en scène par Anne Bourgeois, réunit un fabuleux tandem de clowns candides (Jacques Gamblin et François Morel) qui, en quête perpétuelle de sens déclenchent des non-sens en cascade. C'est un moment désopilant tout autant qu'un touchant hommage à leur créateur, Roland Dubillard. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre. -le plus clownesque: "Taoub" par Aurélien Bory et des circassiens marocains. A la Villette jusqu'au 6 janvier. Illus © Philippe Delacroix ; © Pascal Victor ; © A.Ch. Wulz/BB Promotion ; © Aglaé Bory
Un conte de Robert Lepage![]() Lepage à Chaillot, même avec une production vieille de deux ans, on se dit qu’on ne peut pas rater ça. Quelles prouesses technologiques a-t-il encore pu inventer pour nous plonger dans l’univers d’Andersen ? Généralement, ces prouesses sont si fines qu’elles en deviennent invisibles, magiques et que le spectateur retomberait aisément en enfance, si les thèmes généralement abordés par le Québécois n’étaient si foncièrement « pour adultes ». Il n’en reste pas moins que Robert Lepage aime raconter des histoires, en mêlant les lieux et les époques, sans trop brouiller les pistes. Avec son Projet Andersen, il ne faillit pas à la règle. Répondant à une commande de la Fondation danoise consacrée à l’écrivain, il revisite son œuvre, sa vie et s’en approprie quelques éléments qu’il confie à l’interprétation de Yves Jacques, son complice. Et pourtant, ce qui paraît une « bonne idée » s’avère bien vite un tricot naïf d’éléments biographiques remis tant bien que mal à la sauce contemporaine. La dramaturgie fait penser à un devoir de collège, et les effets scénographiques et visuels sentent le clin d’œil à des œuvres antérieures, tant appréciées à l’époque. Projet Andersen, mis en scène par Robert Lepage Au Théâtre National de Chaillot (www) jusqu’au 28 décembre Du cirque pour les fêtes![]() Sans faillir à la tradition, le cirque refait son apparition à l’occasion de Noël, même si tous les spectacles présentés ne sont pas destinés a priori aux enfants. Avec Taoub, La Villette (www) ne prend pas de grands risques. Le spectacle, créé il y a quatre ans, a déjà tourné un peu partout et l’on connaît ses vertus rassembleuses. Rien que la mention du « groupe acrobatique de Tanger » peut évoquer aux uns les vacances, aux autres les pratiques ancestrales, et attirer un public familial. Pourtant, le nom d’Aurélien Bory, bien connu des scènes parisiennes, devrait alerter, car le sieur s’est plutôt illustré dans des créations basées sur l’utilisation de technologies de pointe et les illusions visuelles. Mariage de la carpe et du lapin, le spectacle Taoub réussit pourtant à dérouler une historiette joliment illustrative, dont ceux qui comprennent les chansons en marocain peuvent pleinement profiter. Les autres se contentent de regarder les images et d’applaudir aux quelques prouesses, dont la technicité n’est pas le cœur du propos. Reservez vos places pour Taoub sur Flu! Une Marquise d'O. envoûtante![]()
Théâtre Gérard-Philippe, St-Denis, jusqu'au 16 décembre, à 20h30, dimanche à 16h.
Être ou ne pas![]() Une épaisse fumée asphyxie le plateau. Elle laisse derrière elle un champ de bataille, bordel innommable, petites choses, papiers, paillettes, poussières. L’espace est comme un débordement, une liberté déclamée haut et fort. C’est peut-être cette liberté qui caractérise le travail d’Yves Noël Genod. Il n’est pas l’un de ces militants qui nous vendent du « renouvellement » à tout va, mais simplement lui, au plus proche de ce qu’il aime et de ce qui lui parle : et c’est certainement pour cela que ses spectacles sont si singuliers, si innovants. Genod ne fait que du Genod. Et même si ses collaborations passées avec Loïc Touzé, Claude Régy ou François Tanguy ont laissé des traces palpables, des qualités de présences, une relation au corps et au temps particulière, c’est encore une fois différent. Hamlet est un point de départ, un prétexte pour faire spectacle. Ou pour faire la réalité. Les mots de Shakespeare y résonnent mais de manière lointaine et au même titre que ceux de Johnny Hallyday. Le texte, qu’il soit d’Eddy Mitchell ou de Fabrice Melquiot n’est jamais commenté : il est matière à dire. Dans cette tour de Babel, les incantations poétiques, l’anglais télévisuel et le discours du quotidien cohabitent en toute indépendance et forment un magma du vivant. Le banal comme matière première à fabriquer du théâtre. Et inversement. Se perdre dans ces dimensions, ces discours, ces dialogues qui n’en sont pas, quitte par moment à sortir du spectacle. Mais qu’importe, les chemins pour y revenir sont foisonnants, partout des événements éclosent. Choisir. Peut-être l’homme nu qui se prend la tête de quelqu’un d’autre. Ou les confessions d’une actrice chatoyante « Au début, il était question qu’on fasse La planète des singes et j’y avais beaucoup réfléchi, mais finalement ça s’est transformé en Hamlet. Alors j’ai essayé de passer à Hamlet, mais La planète des singes et Hamlet continuaient pour moi d’être indissociables »* Ou alors par le chant englobant d’un anonyme singulier. Les solos se chevauchent, souvent drôles et surréalistes, toujours sensibles. Ils sont portés par de sublimes acteurs, aux auras bien disctinctes. Être spectateur de cet Hamlet requiert de l’autonomie. Parmi tous les chemins, toutes les présences et les absences, la grâce, le sale, le fou, le choquant, le désopilant, l'étrange, le sincère... Dans ce drôle de beau bordel, cet ailleurs unique, il faut s’aventurer. Flyer de Patrick Laffont *Extrait de Hélèna Villovitch, d’après et pour Marlène Saldana.
Hamlet, création d'Yves Noël Genod. Dans le cadre du Festival 100 dessus dessous (www), les 12 et 13 décembre à la Villette. Trois questions à Yves Noël Genod![]()
Fluctuat : Lorsqu’on est devant votre Hamlet, on est peu dérouté. On ne sait pas bien si les acteurs ont une liberté absolue pendant le spectacle ou si, au contraire tout est savamment orchestré dans le détail, et les petites choses. Quelle place occupe l’improvisation dans votre travail ?
Fluctuat : Hamlet est construit autour de textes d’origines diverses. Les mots de Johnny, Jean-Jacques Goldman, Eddy Mitchell côtoient ceux de Shakespeare, Corneille et d’auteurs plus contemporains comme Fabrice Melquiot. Est-ce que vous faites cette distinction ?
Fluctuat : Vous avez travaillé entres autres avec des metteurs en scène et chorégraphes comme Claude Régy, François Tanguy et Loïc Touzé, quel héritage vous ont-ils légué ?
Hamlet, d’Yves Noël Genod Les 12 et 13 décembre, rendez-vous à 19h à la Maison de la Villette
Le blog d’Yves Noël Genod (www) Le site du Festival 100 Dessus Dessous (www)
Beignet ou café ?![]() Melk Prod goes to New Orleans, de Marco Berrettini Jusqu' au 13 décembre, au Théâtre de la Bastille (www) Gilbert et George au Vieux Colombier
Les Précieuses ridicules, mis en scène par Dan Jemmett Jusqu’au 29 décembre, en alternance, au Vieux Colombier (www) Taoub dans la hotte du Barbu
Taoub, Par Aurélien Bory et le Groupe Acrobatique de Tanger, Jusqu'au 6 janvier au Parc de la Villette. (www) Réservez vos places pour le spectacle Taoub sur Flu! Malavoy est Gary / Ajar![]()
Il a eu mille vies, Romain Gary. Né Romain Kacew, puis devenu Romain Gary et Emile Ajar, ce mystificateur brillant, fut auteur de talent, résistant, homme à femmes. André Asséo lui a consacré à une pièce et Christophe Malavoy l'a adaptée et mise en scène, se glissant dans la peau de l'écrivain. A voir sur la scène du Petit Montparnasse. Toutes les femmes de Tchekhov sur un plateau![]() On n'est pas forcément férus d'anthologies, best of et autres morceaux choisis de théâtre, qui saucissonnent les textes originaux pour bâtir des canevas pas toujours très fins. Voilà pourquoi on avance sur la pointe des pieds face à ce "Femme de Tchekhov", où deux femmes, précisément, une comédienne et une metteuse en scène proposent une plongée dans les textes de l'auteur, et dans les portraits de femmes magnifiques qu'il a dessinés... Mère, fille, amante, nièce, révoltée, amoureuse, désireuse de nouveaux horizons, inquiète, douce ou folle, elles se dévoilent, doucement, à traits fins. Irina, Sonia, Anna Petrovna, elles sont nées dans Les Trois soeurs, Oncle Vania ou Platonov et ce spectacle les assemble, les réunit, plutôt habilement d'ailleurs. Pour leur prêter sa voix, et ses traits, une seule actrice donc, Catherine Aymerie, habitée et fougueuse. Elle les incarne, elle est une et plurielle à la fois, et nous invite au voyage en une heure, une heure seulement. Et on va loin... Théâtre Darius Milhaud, jusqu'au 17 décembre. 01 42 01 92 26. Comme elles sont pâles …![]() « Qu’est-ce que Maeterlinck ? C’est un Marthaler ». La devinette, qui figure en tête des documents de communication de l’Odéon, est des plus justes ; l’inverse aussi. Après avoir découvert le dramaturge flamand en montant Pelléas et Mélisande, le metteur en scène suisse a décidé de poursuivre son exploration et de consacrer un spectacle entier à ce symboliste belge, prix Nobel et joué sur les scènes du monde entier. C’est une connaissance intime de l’œuvre et du contexte d’origine de Maeterlinck que ce spectacle éponyme reflète. Tressage des textes plus qu’habile, jeu sur les langues (français, néerlandais, allemand : les trois langues nationales belges et celles de la distribution, plus l’anglais), scénographie saisissante de réalisme revisité : tout concourt à mettre en valeur le propos. Des ouvrières ou des patrons, qui a le destin le plus tragique ? Englués dans une attente pesante, sans issue apparente autre que le rêve, ni les uns ni les autres ne s’en sortiront. Le recours systématique à la musique et une lumière feutrée en douche donnent à la mise en scène la couleur des brouillards où Maeterlinck plonge la plupart de ses intrigues. Un symbolisme contemporain, teinté de la tendresse inaliénable de Marthaler pour les petites gens. Maeterlinck ? C’est bien un Marthaler ! Illus © Phile Deprez Maeterlinck, mis en scène par Christoph Marthaler. Au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 4 décembre, puis en tournée en Allemagne et aux Pays-Bas (www) Deux fois Caterina Sagna à Bastille
"Deux chorégraphies de Caterina Sagna sont reprises: Exercices spirituels (créée en 1998, re-créée en 2007), et Transgedy (création 2001). Deux soli apparemment très différents, mais dont la juxtaposition nous permet d'appercevoir le très vaste talent de la danseuse-chorégraphe. Le premier, interprété par elle-même, est sombre, sobre, épuré. D'abord, seuls les doigts dansent, précis, fins, ils racontent, ils sont fleurs, ils sont animaux. Puis ils laisseront les bras et le corps se mouvoir, au fur et à mesure que la danseuse se dépouille de ses couches de vêtements et que le décor tombe lui même en lambeaux de papier. Le très énergique Alessandro Bernardeschi interprète le second solo. Sorte de clown triste et habité par une sombre folie, il campe un artiste inspiré qui parfois ressemble à un chippendale ridicule, guidé par Shakespeare! Très drôle, il cherche à séduire le public, le regarde, le questionne, le fait rire. Il s'emporte, s'oublie, il tombe et se relève, et nous interpelle avec un humour éclatant. Présenter ces deux courtes pièces à la suite, qui semblent contraster complètement, permet d'aborder un travail chorégraphique très riche, aux multiples facettes et d'aborder l'étendue de l'expérience de Caterina Sagna." Exercices spirituels / Transgedy, chorégraphies de Caterina Sagna, Théâtre de la bastille du 28 novembre au 6 décembre. www Lagarce : les difficiles retours![]() On l'a déjà souvent évoqué: c'est l'année Jean-Luc Lagarce. Une année d'hommage vivant à l'auteur contemporain le plus joué sur nos scènes, à l'occasion du cinquantenaire de sa naissance. Une année riche d'expos, de spectacles, de rencontres. En 2008, son texte "Juste la fin du monde" entrera au répertoire du Français et intègrera le programme du bac. Dans la première, montée par la compagnie Les Possédés -qui livrait déjà une très belle version du Pays lointain, l'an dernier-, Hélène, Louis, Antoine se retrouvent dans la maison qu'ils ont partagée, où ils se sont aimés. Le temps a passé, la distance s'est installée et ils sont désormais accompagnés de leurs moitiés respectives. Belle partition collective, magnifique jeu d'acteurs faussement distants, humour mélancolique et féroce. Une fois encore, le jeune collectif sert l'auteur de belle manière. Illus Derniers remords avant l'oubli ©Olivier Marty. "Derniers remords avant l'oubli", Théâtre de la Bastille jusqu'au 25 novembre puis en tournée. Les inaccoutumés, la scène de l'expérience
Haut lieu de la création contemporaine, voilà 12 ans que la Ménagerie de verre fait la part belle à la danse et à l'expérience au gré de son festival automnal "Les inaccoutumés". Sous-titré "Objet chorégraphique contemporain", l'événement se veut un laboratoire expérimental et accueille 12 spectacles pour 25 représentations. A voir notamment, Rachid Ouramdane, Benoît Lachambre et Louise Lecavalier dans "I is memory", les "Héroïnes" de Julie Nioche ou encore Christophe Huysman et Jacques André dans "La course au désastre". Les inaccoutumés à la Ménagerie de Verre, Paris 11e. 01 43 38 33 44. www Un cercle diabolique
Drôle d'objet que ce diabolo qui tourne, virevolte, s'envole, revient sur son fil, sans jamais perdre sa légèreté aérienne. Tout un spectacle basé sur ce simple accessoire, ça semble improbable? Fou? En tout cas, la compagnie Tr'Espace invente grâce à lui un langage technique et virtuose, soit, mais aussi poétique, foisonnant, amusant. Il s'agit de cirque bien sûr, de danse aussi, tant les corps de Petronella von Zerboni et Roman Müller, acrobates-danseurs diablement doués s'accordent au mouvement de leur instrument, le diabolo donc. A leurs côtés, le musicien Mischa Blau signe une riche partition contemporaine et, à mille lieux de faire tapisserie sonore est partie intégrante de la pièce, tout comme la lumière. Le tout tissé autour d'un cercle lumineux majestueux qui va, et vient. Le spectacle "Le cercle" annonce "diabolos, danse, contrebasses et bien d'autres choses encore". C'est aussi pour ces mille autres choses qu'il faut courir le découvrir, dans l'écrin magnifique qu'est le Ranelagh. Le Cercle, Théâtre Ranelagh, jusqu'au 25 novembre. 01 42 88 64 44. Micha mieux que Louis ?![]() Bon, il se trouve que Micha Lescot remplace Louis Garrel. Pas sûr qu'on doive le regretter. Ledit Micha a déjà eu l'occasion de s'illustrer brillamment sur les planches, notamment dans "Victor ou les enfants au pouvoir" mis en scène par Philippe Adrien, dans "Henry V" mis en scène par Jean-Louis Benoît ou, plus près de nous chez Denis Podalydès en footballeur anxieux aux guiboles interminables: c'était, la saison dernière dans "Le mental de l'équipe". On ira donc juger sur pièces, et plutôt deux fois qu'une. Illus © Pascal Victor La seconde surprise de l'amour de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy, au Théâtre Nanterre-Amandiers. Jusqu'au 21 décembre. (www) A lire, notre chronique sur La seconde surprise de l'amour. AmnésiaPosté par Arnaud le 19.11.07 à 12:20 | tags : musique sur scène, spectacle à paris, théâtre, studio des champs-élysées
Amnésia, Conte Musical de Marie et Jean-Claude Bramly pour jeune public et famille. Amnésia, c’est la quête d’une petite fille au pays de sa mémoire. Elle va y rencontrer les personnages les plus fantasques : une Dame noire, des toubibs en folie, une poupée douce qui chante et qui danse, un marabout égocentrique, un Monsieur Chou à l’insupportable odeur, et même un chasseur de nuages ! Ils vont tous lui restituer des petits bouts d’elle-même, l’aidant ainsi à retrouver son identité, jusqu’à sa rencontre avec l’Enfant bulle… qui a crevé sa bulle par amour pour elle… Cette quête, aussi ludique que romantique est un hymne à la mémoire, mais aussi une magnifique histoire d’amour. Ce conte musical, de par la magie et la poésie qu’il dégage, a su ravir les enfants, mais aussi séduire les grands. Il aborde des thèmes graves et très actuels comme l’indifférence, l’exclusion, la maladie et la mort toujours traités avec humour et pudeur, le spectacle se termine en faisant la part belle à l'optimisme et à la renaissance. Il est servi par 6 interprètes totalement polyvalents (chanteurs, comédiens, danseurs, musiciens) qui se donnent à fond dans une mise en scène à vous couper le souffle ! Amnésia a été lauréate au festival des Musicals à Béziers en janvier 2006 du Prix Découverte, qui a été décerné par un jury présidé par monsieur Claude-Michel Schönberg Amnésia, mis en scène par Pierre Barayre, et chorégraphié par Floriane Mouchel.
Le dernier guerrier
Texte ou pas texte ? Parfois, l’on bénit le surtitrage qui permet de jouir, de façon plus aisée, d’un spectacle donné en langue étrangère. Parfois, au contraire, l’on préférerait être sourd ou ne pas comprendre la langue de certaines représentations au texte affligeant. Deux spectacles à l’affiche parisienne cette semaine illustrent parfaitement ce contraste. Moby Dick, revisité par Antonio Latella à l’Odéon n’est pas formellement d’une nouveauté absolue. Décor en arêtes de poisson ; clavecin, violon et haute contre sur scène ; ballet d’assiettes et de verres visant sans doute à mimer le tangage : tout cela fonctionne proprement. Le jeu, à l’unisson, harmonise les soli et les scènes de groupe, la jeunesse de la distribution et l’expérience matoise du grand aîné, Giorgio Albertazzi, quasi une légende vivante en Italie. Les spectateurs se tordent le cou pendant plus de deux heures, pour capter quelques bribes du texte dense, œuvre de libre adaptation de Federico Bellini. Tout cela roule, malgré la barrière du langage.Au Théâtre de la Ville, le flamand Wayn Traub expose le fruit de plusieurs mois de travail et de recherches menées avec des scientifiques et des artistes de tous bords. NQZC (prononcer : Inquisitie) se veut l’archéologie du mental d’un astronaute en difficulté avec sa femme. Passé les effets lumineux et sonores dignes des séries télévisées et de certaines boîtes à la mode il y a plusieurs années déjà, le spectateur se trouve aux prises avec le texte de Paul Pourveur. Et là, toute la magie des ambiances, des postures, de certains éléments de costume rappelant l’ère médiévale et tirant l’écriture scénique vers une certaine forme de rituel, tout cela s’effondre ou plutôt se heurte douloureusement à un humour au quatorzième degré qu’il faut sans doute être Belge (comme la troupe) pour en apprécier toute la saveur. A moins qu’il ne s’agisse de platitude stylistique assumée, en vue d’une improbable mise en perspective de la vacuité de notre monde … Bref, on a, face à ce spectacle, envie de couper le son, de s’envoler sur les images et de se dire : « Quelle poésie visuelle, ces … Coréens ! ».Illus N.Q.Z.C. Wayn Traub © Koen Broos La Cena de le ceneri, mis en scène par Antonio Latella au Théâtre de L'Odéon, du 14 au 18 novembre. N.Q.Z.C., mis en scène par Wayn Traub
La question black vue par les Iraniens
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C’est un spectacle fascinant que l’Iranien Koohestani propose, jusqu’au 18 novembre, au Théâtre de la Bastille. Certains avaient vu, dans le même lieu, son Dance on glasses. Cette fois, avec Recent experiences, c’est l’adaptation en farsi d’un texte d’auteurs canadiens que nous livre le metteur en scène. Recent experiences, Mis en scène par Amira Reza Koohestani, Au Théâtre de la Bastille, jusqu'au 18 novembre
Rodrigo Garcia rase gratis...Posté par Nedjma le 09.11.07 à 17:30 | tags : spectacle à paris, théâtre, festival d'automne, rond-point
"Je ne pousse pas un cri. Ce serait plutôt une rumeur. Mais ce qui est susurré là n'est pas agréable à entendre ; peut-être même que cela fait encore plus mal aux oreilles qu'un hurlement." Ainsi Rodrigo Garcia, auteur-metteur en scène argentin installé à Madrid évoque-t-il son nouveau spectacle, "Et balancez mes cendres sur Mickey", présenté au Théâtre du Rond Point dans le cadre du Festival d'Automne. La note d'intention pourrait s'appliquer à toutes ses créations-manifestes tant l'homme manie (plus ou moins habilement d'ailleurs) l'art de la provoc. Quoi qu'il en soit, Garcia est un auteur, un créateur, et a des choses souvent intéressantes à dire. Les habitués savent qu'elles ne sont pas toujours bonnes à entendre... Aujourd'hui, c'est une drôle de polémique qui enflamme le milieu autour de "Et balancez mes cendres...". Rodrigo Garcia a, une fois de plus, comme il le fait régulièrement, sollicité des figurants, avec une annonce parue à la fois sur le site de l'ANPE spectacle et du Théâtre du Rond Point. "Urgent : le Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle (...) 15 jeunes femmes acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle". Rodrigo Garcia rase gratis. Enfin, presque. La rémunération est quand même de 200 euros bruts. La comédienne Sophie Caffarel et le très progressiste chroniqueur Alain-Gérard Slama notamment, s'émeuvent de ce fait et s'indignent que des directeurs de théâtre acceptent "pareille infamie". Et d'évoquer un spectacle "dégradant", renvoyant aux pires heures de notre histoire. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, qui ne devrait pas empêcher un public curieux, et ouvert, d'aller voir, par lui-même, de quoi il en retourne. Illus © Christian Berthelot "Et balancez mes cendres sur Mickey" de Rodrigo Garcia, au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 18 novembre. (www) |
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