Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité des spectacles à Paris sur Saisons.

Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet

Posté par JdF le 28.03.08 à 11:55 | tags : théâtre, spectacle à paris
Thierry de Peretti met en scène, au Théâtre de la Bastille, une pièce de jeunesse de Koltes adapté du Hamlet de Shakespeare. Koltes a resserré l'action de la pièce (qui ne dure du coup qu'une heure vingt, un record pour une pièce qui peut en durer quatre) autour de la cellule familiale. Ne sont présents que Hamlet, Gertrude Claudius et Ophélie. Huis-clos durant lesquels sont rejoués les principaux épisodes du modèle.

 

Thierry de Perreti accentue l'aspect intime de l'œuvre en donnant au spectacle une tonalité cauchemardesque : crudité des contrastes entre obscurité de la salle et lumière des néons, frénésie du jeu de Hamlet (qui surjoue volontairement ou non, les trois quarts du temps). Manifestement l'intrigue se situe à l'intérieur de la conscience du protagoniste, au sein de laquelle on est invité à entrer. Ce qui ne se fait de bon gré : surjeu dont j'ai parlé, léger énervement devant cet Hamlet déguisé en rocker années 1980 finalement peu crédible. Ophélie (Annabelle Hettmann) est pleine de naturel et d'émotivité dont elle sait moduler l'expression et sur elle, le look rock passe beaucoup mieux.

Crédits photographiques©Pierre Grosbois

Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet, de Bernard-Marie Koltès, mis en scène Thierry de Peretti, avec, Jean-Christophe Bouvet, Annabelle Hettmann, Lisa Martino, Pascal Tagnati, jusqu'au 20 avril au théâtre de la Bastille (www)


Quand les Brigands s'acoquinent avec Arsène Lupin

Posté par JdF le 04.01.08 à 19:31 | tags : spectacle à paris, comédie musicale

 

 

Vous devez vous dire : Arsène Lupin, on connaît, mais quid des Brigands ? Qui sont ces nouveaux associés du célèbre gentleman cambrioleur ? Eh bien voilà : ce sont les membres d'une compagnie d'acteurs/chanteurs et de musiciens qui remettent à l'honneur depuis le début de ce siècle l'opérette des années 1920 et 30.

En 2004, ils avaient présenté, d'abord à l'Athénée, puis au Théâtre de la Madeleine, Ta Bouche du même Albert Willemetz et avaient obtenu avec ce spectatcle un succès considérable. Avec Arsène Lupin Banquier, voilà que se clôt la trilogie autour du parolier. Une charmante comédie où l'on retrouve Lupin en position d'honnête homme, qui, à la suite d'un rocambolesque concours de circonstance se retrouve à la tête de la banque Bourdin, en lieu et place du vrai Bourdin, lequel est en fuite après avoir laissé son entreprise en failite. Par amour pour la nièce de Bourdin qui croit voir en lui son oncle, Lupin reprend l'affaire en main...

Et tout cela est délicieux : Lupin, Flo, son amante et complice, jalouse (on la comprend) de Francine, l'adorable nièce, le fiancé imbécile de celle-ci, le père de ce dernier encore plus bête que son fils, Gontran, l'assistant de Lupin... Tout ce monde joue et chante à ravir. Les scènes chantées sont entraînantes à souhait et les situations réjouissantes. Certes, les tentatives d'actualiser le spectacle passent bien mieux dans les dialogues que dans les moments chantés, où il arrive - heureusement rarement - que les chanteurs se mettent à singer certaines figures de la musique pop... Mais, au fond, tout cela n'est pas bien grave, et l'on resort de l'Athénée - qui fête actuellemnt ses 25 ans - en chantonnant... Une réussite.

Jusqu'au 13 janvier au théâtre de l'Athénée (www) puis en tournée. Dates et réservations ici.


Derniers soirs pour l'Orestie

Posté par Anne le 20.12.07 à 20:12 | tags : spectacle à paris, théâtre

David Géry relève le défi de mettre en scène l'ensemble de la trilogie de l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, avec quelques coupures certes, mais un mouvement d'ensemble totalement préservé.

La mise en scène est résolument contemporaine, avec caméra vidéo, écran géant, Clytemnestre met en scène le retour d'Agamemnon. La fin de la guerre de Troie devient affaire de communication, afin de mieux masquer le meurtre que Clytemnestre et Egisthe préparent.

Mais le plus fascinant dans cette mise en scène, c'est indiscutablement le rôle du choeur. Le choeur, simple spectateur de cette politique spectacle dans Agamemnon, qui peu à peu prend corps, s'impose jusqu'à devenir avec les Euménides le peuple, véritable acteur de la démocratie naissante. Rarement on aura entendu de manière aussi limpide et forte les propos du choeur, rarement il aura été incarné par des comédiens aussi remarquables qui, insensiblement, s'individualisent sans jamais rompre cependant l'unité du groupe. C'est impressionnant.

L'Orestie,

Jusqu'au 21 décembre au théâtre de la Commune à Aubervilliers.


Un spectateur's digest

Posté par Nedjma le 19.12.07 à 10:52 | tags : théâtre, spectacle à paris

 

Bon, résumons: les fêtes approchent à grands pas et avec elles leur cortège de repas interminables et de cadeaux pas toujours bien inspirés. Flu vous propose un spectateur's digest à vocations multiples pour cette période. Dans la sélection de nos pièces préférées du moment vous trouverez, au choix: des idées cadeaux intelligentes et réjouissantes; un moyen d'aller souffler un peu entre deux repas de famille; un endroit où passer l'un des deux réveillons si vous n'êtes ni cotillons ni dindes aux marrons. C'est parti, au rayon hit parade des spectacles les plus...

-le plus endiablé: "Divino Amore" d'Alfredo Arias. Un hommage tout feu tout flamme au théâtre de quartier romain des années 60-70. Kitsch, pailleté, musical. Avec l'incontournable Marilu Marini. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre.

-le plus voluptueux: "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux mis en scène par Luc Bondy. Clotilde Hesme et Micha Lescot forment le couple magnifique qui se prête au jeu de l'amour et du hasard avec un délice qui est aussi le nôtre. Au Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 22 décembre, puis en tournée en France.

-le plus mythique: "West Side Story" de Leonard Bernstein et Jerome Robbins. Le musical mythique célèbre ses 50 ans à Paris, et c'est un triomphe. Interprètes brillants, corps bondissants, ce Roméo et Juliette transposé dans un New-York frappé par la guerre des clans enchante. Au point que c'est archi-bondé. Il faudra se battre pour avoir une place! Au Chatelet jusqu'au 1er janvier.

-le plus désopilant: "Les Diablogues" de Dubillard, mis en scène par Anne Bourgeois, réunit un fabuleux tandem de clowns candides (Jacques Gamblin et François Morel) qui, en quête perpétuelle de sens déclenchent des non-sens en cascade. C'est un moment désopilant tout autant qu'un touchant hommage à leur créateur, Roland Dubillard. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre.

-le plus clownesque: "Taoub" par Aurélien Bory et des circassiens marocains. A la Villette jusqu'au 6 janvier.

Illus © Philippe Delacroix ; © Pascal Victor ; © A.Ch. Wulz/BB Promotion ; © Aglaé Bory


Un conte de Robert Lepage

Posté par Floriane le 18.12.07 à 15:58 | tags : théâtre, spectacle à paris

Lepage à Chaillot, même avec une production vieille de deux ans, on se dit qu’on ne peut pas rater ça. Quelles prouesses technologiques a-t-il encore pu inventer pour nous plonger dans l’univers d’Andersen ? Généralement, ces prouesses sont si fines qu’elles en deviennent invisibles, magiques et que le spectateur retomberait aisément en enfance, si les thèmes généralement abordés par le Québécois n’étaient si foncièrement « pour adultes ». Il n’en reste pas moins que Robert Lepage aime raconter des histoires, en mêlant les lieux et les époques, sans trop brouiller les pistes.

Avec son Projet Andersen, il ne faillit pas à la règle. Répondant à une commande de la Fondation danoise consacrée à l’écrivain, il revisite son œuvre, sa vie et s’en approprie quelques éléments qu’il confie à l’interprétation de Yves Jacques, son complice. Et pourtant, ce qui paraît une « bonne idée » s’avère bien vite un tricot naïf d’éléments biographiques remis tant bien que mal à la sauce contemporaine. La dramaturgie fait penser à un devoir de collège, et les effets scénographiques et visuels sentent le clin d’œil à des œuvres antérieures, tant appréciées à l’époque.
Allez, on aime tellement l’univers de Lepage qu’on se dit que la prochaine fois sera la bonne, même si cet exercice de commande n’est pas ce qu’il a fait de plus léger. Illustration © Emmanuel Valette

Projet Andersen, mis en scène par Robert Lepage

Au Théâtre National de Chaillot (www) jusqu’au 28 décembre 


Du cirque pour les fêtes

Posté par Floriane le 17.12.07 à 17:42 | tags : spectacle à paris, cirque

Sans faillir à la tradition, le cirque refait son apparition à l’occasion de Noël, même si tous les spectacles présentés ne sont pas destinés a priori aux enfants. Avec Taoub, La Villette (www) ne prend pas de grands risques. Le spectacle, créé il y a quatre ans, a déjà tourné un peu partout et l’on connaît ses vertus rassembleuses. Rien que la mention du « groupe acrobatique de Tanger » peut évoquer aux uns les vacances, aux autres les pratiques ancestrales, et attirer un public familial. Pourtant, le nom d’Aurélien Bory, bien connu des scènes parisiennes, devrait alerter, car le sieur s’est plutôt illustré dans des créations basées sur l’utilisation de technologies de pointe et les illusions visuelles. Mariage de la carpe et du lapin, le spectacle Taoub réussit pourtant à dérouler une historiette joliment illustrative, dont ceux qui comprennent les chansons en marocain peuvent pleinement profiter. Les autres se contentent de regarder les images et d’applaudir aux quelques prouesses, dont la technicité n’est pas le cœur du propos.
C’est un univers radicalement différent que propose le Cirque Trottola, dont la dernière création, Volchok, vient d’être présentée à l’Espace Cirque d’Antony. Les personnages principaux restent les mêmes que dans le premier spectacle de la troupe : un balaise et une puce, figure habituelle du couple de main à main. Mais alors qu’un univers fellinien se dégageait de leur première production, c’est un rythme clownesque qui s’impose ici, fait d’entrées et de sorties, de numéros s’enchaînant. Mention spéciale pour le maniement inédit du balai alors que les autres séquences sont plus convenues.
A signaler enfin, la présence dans le 18è, du Cirque Binet (www), dont la programmation est assurée par Adrienne Larue, le printemps et l’été et par la Mairie de Paris l’automne et l’hiver.

Reservez vos places pour Taoub sur Flu!


Une Marquise d'O. envoûtante

Posté par Anne le 13.12.07 à 22:52 | tags : théâtre, spectacle à paris
Plus que quelques jours pour admirer cette superbe mise en scène de Lukas Hemleb ! On connaît la nouvelle de Heinrich von Kleist écrite en 1805 : la Marquise d'O, c'est l'histoire d'un scandale, d'une femme de haute naissance, veuve depuis longtemps avec deux enfants, et qui se retrouve, comble de l'effroi, enceinte alors même qu'elle est l'incarnation de la chasteté et de la vertu ! Chassée de la maison paternelle, humiliée, déshonorée, elle s'en va, sûre d'elle-même, et fait paraître une annonce dans le journal local invitant le mystérieux père à se faire connaître ... Ce n'est pas sans humour que l'enquête sur cette grossesse improbable se mène. C'est toujours un défi que de mettre en scène un récit qui n'a rien de théâtral. Le parti pris de Hemleb est radical : les comédiens disent le texte tel quel sans aucune modification. C'est donc une nouvelle qui nous est racontée, le plus souvent en style indirect et paradoxalement les personnages s'incarnent immédiatement sous nos yeux : la magie opère, tant chaque comédien s'empare viscéralement du texte et le fait vivre avec virtuosité. On est soufflé de la force de ce spectacle, de la rigueur de la mise en scène, de la beauté de la scénographie (Lucio Fanti). Un véritable récit dramatique à cinq voix, de très beaux tableaux en ombre chinoise, et une Marquise d'O., superbe Cécile Garcia-Fogel, à la voix si envoûtante. On aurait tort de se priver ! Illus © Bellamy


La Marquise d'O,

Théâtre Gérard-Philippe, St-Denis, jusqu'au 16 décembre, à 20h30, dimanche à 16h.

 


Être ou ne pas

Posté par Arnaud le 11.12.07 à 18:50 | tags : spectacle à paris, théâtre



Lire aussi : Trois questions à Yves Noël Genod.

Une épaisse fumée asphyxie le plateau. Elle laisse derrière elle un champ de bataille, bordel innommable, petites choses, papiers, paillettes, poussières. L’espace est comme un débordement, une liberté déclamée haut et fort. C’est peut-être cette liberté qui caractérise le travail d’Yves Noël Genod. Il n’est pas l’un de ces militants qui nous vendent du « renouvellement » à tout va, mais simplement lui, au plus proche de ce qu’il aime et de ce qui lui parle : et c’est certainement pour cela que ses spectacles sont si singuliers, si innovants. Genod ne fait que du Genod. Et même si ses collaborations passées avec Loïc Touzé, Claude Régy ou François Tanguy ont laissé des traces palpables, des qualités de présences, une relation au corps et au temps particulière, c’est encore une fois différent.

Hamlet est un point de départ, un prétexte pour faire spectacle. Ou pour faire la réalité. Les mots de Shakespeare y résonnent mais de manière lointaine et au même titre que ceux de Johnny Hallyday. Le texte, qu’il soit d’Eddy Mitchell ou de Fabrice Melquiot n’est jamais commenté : il est matière à dire. Dans cette tour de Babel, les incantations poétiques, l’anglais télévisuel et le discours du quotidien cohabitent en toute indépendance et forment un magma du vivant. Le banal comme matière première à fabriquer du théâtre. Et inversement. Se perdre dans ces dimensions, ces discours, ces dialogues qui n’en sont pas, quitte par moment à sortir du spectacle. Mais qu’importe, les chemins pour y revenir sont foisonnants, partout des événements éclosent. Choisir. Peut-être l’homme nu qui se prend la tête de quelqu’un d’autre. Ou les confessions d’une actrice chatoyante « Au début, il était question qu’on fasse La planète des singes et j’y avais beaucoup réfléchi, mais finalement ça s’est transformé en Hamlet. Alors j’ai essayé de passer à Hamlet, mais La planète des singes et Hamlet continuaient pour moi d’être indissociables »* Ou alors par le chant englobant d’un anonyme singulier. Les solos se chevauchent, souvent drôles et surréalistes, toujours sensibles. Ils sont portés par de sublimes acteurs, aux auras bien disctinctes.

Être spectateur de cet Hamlet requiert de l’autonomie. Parmi tous les chemins, toutes les présences et les absences, la grâce, le sale, le fou, le choquant, le désopilant, l'étrange, le sincère... Dans ce drôle de beau bordel, cet ailleurs unique, il faut s’aventurer. Flyer de Patrick Laffont

*Extrait de Hélèna Villovitch, d’après et pour Marlène Saldana.

 

Hamlet, création d'Yves Noël Genod. Dans le cadre du Festival 100 dessus dessous (www), les 12 et 13 décembre à la Villette.


Trois questions à Yves Noël Genod

Posté par Arnaud le 10.12.07 à 11:30 | tags : théâtre, spectacle à paris


Yves Noël Genod est un metteur en scène fougueux et coloré. Déjà présent dans l'édition 2005 du Festival 100 Dessus Dessous avec sa pièce Lacroix n'est pas Dieu, il revient cette année avec Hamlet, une création qui ne laisse personne indifférent.

Fluctuat : Lorsqu’on est devant votre Hamlet, on est peu dérouté. On ne sait pas bien si les acteurs ont une liberté absolue pendant le spectacle ou si, au contraire tout est savamment orchestré dans le détail, et les petites choses. Quelle place occupe l’improvisation dans votre travail ?
Improvisation totale pendant le temps de travail ; rien - ou le moins possible - n'est prévu avant le temps de plateau ni même la distribution. Un pied sur le plateau, tout commence, tout est improvisé, les solutions affluent. Avec le téléphone, on appelle les gens au fur et à mesure selon le besoin organique du travail, de l'invention. Il faut peut-être juste une idée de départ. Ici, par un effet du hasard, c'était un titre : Hamlet et un acteur, Julien Gallée-Ferré. Un mois plus tard, le spectacle ressemble à tout sauf à un solo de Julien sur le thème d'Hamlet. Quoique... on peut le voir aussi comme ça. Aucune - j'insiste : aucune - improvisation pendant le temps de la représentation, sauf celle inhérente au fait de jouer ."Jouer, c'est improviser." Bob Wilson.

 

Fluctuat : Hamlet est construit autour de textes d’origines diverses. Les mots de Johnny, Jean-Jacques Goldman, Eddy Mitchell côtoient ceux de Shakespeare, Corneille et d’auteurs plus contemporains comme Fabrice Melquiot. Est-ce que vous faites cette distinction ?
Le logos, ce sont toutes les matières textuelles qui traversent le spectacle. Ce terme était employé au Théâtre du Radeau, un terme grec signifiant la raison, le verbe, le principe créateur et rationnel, etc. Il y a de grands et sublimes textes (qui peuvent être mal dits) et des choses beaucoup plus dérisoires qui peuvent sembler belles elles-aussi. Comme disait Rimbaud, "J'aimais les peinture idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs." Il n'aimait certes pas que ça. Mais ça aussi. Cher Rimbaud.

Fluctuat : Vous avez travaillé entres autres avec des metteurs en scène et chorégraphes comme Claude Régy, François Tanguy et Loïc Touzé, quel héritage vous ont-ils légué ?
Je leur dois tout - tout au moins à un niveau conscient - pour le reste, je ne sais pas... Claude Régy, dans une lettre de recommandation à mon égard qu'il avait gentiment envoyée à François Le Pillouer, le directeur du Théâtre National de Bretagne (et qui n'eut d'ailleurs aucun effet) terminait en disant : "En voilà un, au moins, qui ne me plagie pas !" J'ai essayé de faire des spectacles très différents les uns des autres et il y en a eu vingt ! Celui-ci est le vingt-et-unième. Certains sont plus Régy, d'autres plus Tanguy, d'autres encore plus Touzé (ou plus précisément, dans le cas de Touzé, se réfèrent à Morceau, le spectacle matrice qui m'a lancé personnellement, dans la possibilité d'en produire à l'infini - comme les univers-bulles de champagne en création permanente que visionne l'astrophysicien Michel Cassé.

 

Hamlet, d’Yves Noël Genod

Les 12 et 13 décembre, rendez-vous à 19h à la Maison de la Villette

Le blog d’Yves Noël Genod (www)

Le site du Festival 100 Dessus Dessous (www)

 


Beignet ou café ?

Posté par Marion D le 07.12.07 à 12:11 | tags : spectacle à paris, théâtre
Rien du tout, merci ! En effet, la joyeuse équipe de *Melk Prod a fait un voyage à la Nouvelle Orléans, comme l'indique le nom de la pièce, et y rapporte cette aventure. S'y sont-ils ennuyés ? En tous cas, nous on s'ennuie quand on les voit hésiter et ne pas trouver de réponse à la question existentielle suivante : est-ce qu'on mange un beignet avec de la crème dedans si possible ou est-ce que l'on se contente d'un café ? Les temps sont durs au pays de Katrina, les choix sont cornéliens. Mais bon, on les suit dans leur petit périple, et l'on apprend, qu'il n'est pas facile de sortir du casino pour aller dans une boîte de jazz parce qu'il faut se décider, il y en a plein quand même, et puis en plus on a mal aux fesses quand on est assis au fond du mini-van loué à l'aéroport. Alors bien sûr, le ton est sensé être drôle, et si parfois l'on sourit, comme lors de la prestation du prédicateur de l'église baptiste à la messe de laquelle nos joyeux lurons ont assisté, l'ironie la plus mordante n'est pas vraiment au rendez-vous. Illus © Isabelle Meister

Melk Prod goes to New Orleans
, de Marco Berrettini

Jusqu' au 13 décembre, au Théâtre de la Bastille (www)

Gilbert et George au Vieux Colombier

Posté par Floriane le 07.12.07 à 10:37 | tags : théâtre, spectacle à paris

Atterrés, deux abonnés sortent du théâtre, incapables de comprendre le « parti pris parodique » que la mise en scène de Dan Jemmett impose aux comédiens pris au piège de ces Précieuses ridicules, au risque de le devenir eux-mêmes. Rude, la critique ! Quelques minutes plus tôt, le public applaudissait pourtant à tout rompre. Mais qu’applaudissait-il ? Ses comédiens favoris, habitués à se glisser dans n’importe quel personnage d’un soir à l’autre, et de se plier à toutes les exigences des metteurs en scène ? L’esthétique 60’ qui devait rappeler à quelques têtes chenues de bons souvenirs ? Le rythme plus que soutenu qui fait tendre vers la mécanique de boulevard cette farce sans respiration ? Ou les gags, si courus sur les scènes anglo-saxonnes qu’ils en excluent parfois tout autre forme d’approche.
Les spectateurs du Vieux-Colombier applaudissent sans doute tout cela : le show, les paillettes, la performance d’acteur, tout ce qui réconcilie le « grand public » avec le théâtre. Reste les autres, comme sonnés par ce qu’ils viennent de voir, et qui ne cessent de répéter ; « Mais pourquoi ? Quel intérêt ? ». Illus © Brigitte Enguérand

Les Précieuses ridicules, mis en scène par Dan Jemmett

Jusqu’au 29 décembre, en alternance, au Vieux Colombier (www)


Taoub dans la hotte du Barbu

Posté par Arnaud le 06.12.07 à 13:01 | tags : parc de la villette, cirque, spectacle à paris

De la rencontres de l'acrobatie marocaine et du nouveau cirque est né Taoub, ou Tissu en arabe. Conjugant le cirque, le théâtre et la vidéo, ce spectacle questionne "les ressources d'un tissu social ou familial." Avec pour seul décor un immense drap, les douzes acrobates de Tanger et le metteur en scène Aurélien Bory signent une fresque éclatante et audacieuse. Autant de bonnes raisons pour que Taoub fasse partie de la hotte de Flu ! Illus © Aglaé Bory

Taoub,

Par Aurélien Bory et le Groupe Acrobatique de Tanger,

Jusqu'au 6 janvier au Parc de la Villette. (www)

Réservez vos places pour le spectacle Taoub sur Flu!


Malavoy est Gary / Ajar

Posté par Nedjma le 06.12.07 à 09:46 | tags : théâtre, spectacle à paris

 

Il a eu mille vies, Romain Gary. Né Romain Kacew, puis devenu Romain Gary et Emile Ajar, ce mystificateur brillant, fut auteur de talent, résistant, homme à femmes. André Asséo lui a consacré à une pièce et Christophe Malavoy l'a adaptée et mise en scène, se glissant dans la peau de l'écrivain. A voir sur la scène du Petit Montparnasse.
Gary/Ajar, théâtre du Petit Montparnasse à 19h. 01 43 22 77 74. www


Toutes les femmes de Tchekhov sur un plateau

Posté par Nedjma le 05.12.07 à 10:11 | tags : théâtre, spectacle à paris

On n'est pas forcément férus d'anthologies, best of et autres morceaux choisis de théâtre, qui saucissonnent les textes originaux pour bâtir  des canevas pas toujours très fins. Voilà pourquoi on avance sur la pointe des pieds face à ce "Femme de Tchekhov", où deux femmes, précisément, une comédienne et une metteuse en scène proposent une plongée dans les textes de l'auteur, et dans les portraits de femmes magnifiques qu'il a dessinés... Mère, fille, amante, nièce, révoltée, amoureuse, désireuse de nouveaux horizons, inquiète, douce ou folle, elles se dévoilent, doucement, à traits fins. Irina, Sonia, Anna Petrovna, elles sont nées dans Les Trois soeurs, Oncle Vania ou Platonov et ce spectacle les assemble, les réunit, plutôt habilement d'ailleurs. Pour leur prêter sa voix, et ses traits, une seule actrice donc, Catherine Aymerie, habitée et fougueuse. Elle les incarne, elle est une et plurielle à la fois, et nous invite au voyage en une heure, une heure seulement. Et on va loin...
Femme de Tchekhov,

Théâtre Darius Milhaud, jusqu'au 17 décembre. 01 42 01 92 26.


Comme elles sont pâles …

Posté par Floriane le 03.12.07 à 14:58 | tags : théâtre, spectacle à paris

 

« Qu’est-ce que Maeterlinck ? C’est un Marthaler ». La devinette, qui figure en tête des documents de communication de l’Odéon, est des plus justes ; l’inverse aussi. Après avoir découvert le dramaturge flamand en montant Pelléas et Mélisande, le metteur en scène suisse a décidé de poursuivre son exploration et de consacrer un spectacle entier à ce symboliste belge, prix Nobel et joué sur les scènes du monde entier. C’est une connaissance intime de l’œuvre et du contexte d’origine de Maeterlinck que ce spectacle éponyme reflète. Tressage des textes plus qu’habile, jeu sur les langues (français, néerlandais, allemand : les trois langues nationales belges et celles de la distribution, plus l’anglais), scénographie saisissante de réalisme revisité : tout concourt à mettre en valeur le propos. Des ouvrières ou des patrons, qui a le destin le plus tragique ? Englués dans une attente pesante, sans issue apparente autre que le rêve, ni les uns ni les autres ne s’en sortiront. Le recours systématique à la musique et une lumière feutrée en douche donnent à la mise en scène la couleur des brouillards où Maeterlinck plonge la plupart de ses intrigues. Un symbolisme contemporain, teinté de la tendresse inaliénable de Marthaler pour les petites gens. Maeterlinck ? C’est bien un Marthaler ! Illus © Phile Deprez

Maeterlinck, mis en scène par Christoph Marthaler. Au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 4 décembre, puis en tournée en Allemagne et aux Pays-Bas (www)

New : Réservez vos places pour le spectacle Maeterlinck avec la rubrique Sortir de Flu (Billeterie théâtre).


Deux fois Caterina Sagna à Bastille

Posté par Nedjma le 29.11.07 à 18:00 | tags : spectacle à paris, danse

Marion Diouris, qui a vu les spectacles de Caterina Sagna, et les a aimés, partage avec nous son enthousiasme...

 

"Deux chorégraphies de Caterina Sagna sont reprises: Exercices spirituels (créée en 1998, re-créée en 2007), et Transgedy (création 2001). Deux soli apparemment très différents, mais dont la juxtaposition nous permet d'appercevoir le très vaste talent de la danseuse-chorégraphe. Le premier, interprété par elle-même, est sombre, sobre, épuré. D'abord, seuls les doigts dansent, précis, fins, ils racontent, ils sont fleurs, ils sont animaux. Puis ils laisseront les bras et le corps se mouvoir, au fur et à mesure que la danseuse se dépouille de ses couches de vêtements et que le décor tombe lui même en lambeaux de papier. Le très énergique Alessandro Bernardeschi interprète le second solo. Sorte de clown triste et habité par une sombre folie, il campe un artiste inspiré qui parfois ressemble à un chippendale ridicule, guidé par Shakespeare! Très drôle, il cherche à séduire le public, le regarde, le questionne, le fait rire. Il s'emporte, s'oublie, il tombe et se relève, et nous interpelle avec un humour éclatant. Présenter ces deux courtes pièces à la suite, qui semblent contraster complètement, permet d'aborder un travail chorégraphique très riche, aux multiples facettes et d'aborder l'étendue de l'expérience de Caterina Sagna."

Exercices spirituels / Transgedy, chorégraphies de Caterina Sagna, Théâtre de la bastille du 28 novembre au 6 décembre. www


Lagarce : les difficiles retours

Posté par Nedjma le 23.11.07 à 12:43 | tags : cité internationale, spectacle à paris, théâtre

On l'a déjà souvent évoqué: c'est l'année Jean-Luc Lagarce. Une année d'hommage vivant à l'auteur contemporain le plus joué sur nos scènes, à l'occasion du cinquantenaire de sa naissance. Une année riche d'expos, de spectacles, de rencontres. En 2008, son texte "Juste la fin du monde" entrera au répertoire du Français et intègrera le programme du bac.
Deux superbes pièces, résolument lagarciennes, emblématiques de son oeuvre, sont actuellement à l'affiche: "Derniers remords avant l'oubli" et "Juste la fin du monde". Toutes deux traversées par un thème essentiel chez lui: le difficile retour, les impossibles retrouvailles qu'elles soient familiales, amoureuses ou amicales, après une longue absence. Avec une constante: le choix du mot juste, précis, dans des échanges contrariés.

Dans la première, montée par la compagnie Les Possédés -qui livrait déjà une très belle version du Pays lointain, l'an dernier-, Hélène, Louis, Antoine se retrouvent dans la maison qu'ils ont partagée, où ils se sont aimés. Le temps a passé, la distance s'est installée et ils sont désormais accompagnés de leurs moitiés respectives. Belle partition collective, magnifique jeu d'acteurs faussement distants, humour mélancolique et féroce. Une fois encore, le jeune collectif sert l'auteur de belle manière.
Dans "Juste la fin du monde", c'est sa famille que Louis vient retrouver pour lui annoncer qu'il va mourir. D'annonce il n'y en aura pas, que des échanges ratés, nourris de frustrations, de maladresses, d'amour étouffé. François Berreur, qui fut longtemps son compagnon de route et fonda avec lui "Les solitaires intempestifs" connaît assurément son Lagarce. Il a une vraie intelligence du texte, et livre une mise en scène tendue, solide. Bruno Wolkowich en frère bourru, à la fêlure enfouie, est parfait. Hervé Pierre, costard de smoking et noeud pap, genre de Monsieur Loyal un peu hors du temps, nous a seulement semblé un peu trop mûr, massif pour camper Louis, qu'on préfère plus fragile.

Illus Derniers remords avant l'oubli ©Olivier Marty.

"Derniers remords avant l'oubli", Théâtre de la Bastille jusqu'au 25 novembre puis en tournée.
"Juste la fin du monde" Cité Internationale, jusqu'au 25 novembre puis en tournée. www


Les inaccoutumés, la scène de l'expérience

Posté par Nedjma le 21.11.07 à 10:22 | tags : ménagerie de verre, spectacle à paris, danse

Haut lieu de la création contemporaine, voilà 12 ans que la Ménagerie de verre fait la part belle à la danse et à l'expérience au gré de son festival automnal "Les inaccoutumés". Sous-titré "Objet chorégraphique contemporain", l'événement se veut un laboratoire expérimental et accueille 12 spectacles pour 25 représentations. A voir notamment, Rachid Ouramdane, Benoît Lachambre et Louise Lecavalier dans "I is memory", les "Héroïnes" de Julie Nioche ou encore Christophe Huysman et Jacques André dans "La course au désastre".

Les inaccoutumés à la Ménagerie de Verre, Paris 11e. 01 43 38 33 44. www


Un cercle diabolique

Posté par Nedjma le 20.11.07 à 09:46 | tags : théâtre ranelagh, spectacle à paris, cirque

Drôle d'objet que ce diabolo qui tourne, virevolte, s'envole, revient sur son fil, sans jamais perdre sa légèreté aérienne. Tout un spectacle basé sur ce simple accessoire, ça semble improbable? Fou? En tout cas, la compagnie Tr'Espace invente grâce à lui un langage technique et virtuose, soit, mais aussi poétique, foisonnant, amusant. Il s'agit de cirque bien sûr, de danse aussi, tant les corps de Petronella von Zerboni et Roman Müller, acrobates-danseurs diablement doués s'accordent au mouvement de leur instrument, le diabolo donc. A leurs côtés, le musicien Mischa Blau signe une riche partition contemporaine et, à mille lieux de faire tapisserie sonore est partie intégrante de la pièce, tout comme la lumière. Le tout tissé autour d'un cercle lumineux majestueux qui va, et vient. Le spectacle "Le cercle" annonce "diabolos, danse, contrebasses et bien d'autres choses encore". C'est aussi pour ces mille autres choses qu'il faut courir le découvrir, dans l'écrin magnifique qu'est le Ranelagh.

Le Cercle, Théâtre Ranelagh, jusqu'au 25 novembre. 01 42 88 64 44.


Micha mieux que Louis ?

Posté par Nedjma le 19.11.07 à 18:00 | tags : spectacle à paris, nanterre-amandiers, théâtre
C'était une des affiches prometteuses de l'automne théâtral: Clotilde Hesme et Louis Garreldans "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy. Le tout dans le cadre du très foisonnant Festival d'Automne. Imaginez plutôt, les Amants Réguliers de Philippe Garrel, amants aussi dans les sublimes Chansons d'amour de Christophe Honoré, partageant l'affiche, et la scène dans un délicieux marivaudage.

Bon, il se trouve que Micha Lescot remplace Louis Garrel. Pas sûr qu'on doive le regretter. Ledit Micha a déjà eu l'occasion de s'illustrer brillamment sur les planches, notamment dans "Victor ou les enfants au pouvoir" mis en scène par Philippe Adrien, dans "Henry V" mis en scène par Jean-Louis Benoît ou, plus près de nous chez Denis Podalydès en footballeur anxieux aux guiboles interminables: c'était, la saison dernière dans "Le mental de l'équipe". On ira donc juger sur pièces, et plutôt deux fois qu'une. Illus © Pascal Victor

La seconde surprise de l'amour de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy, au Théâtre Nanterre-Amandiers. Jusqu'au 21 décembre. (www)

A lire, notre chronique sur La seconde surprise de l'amour.


Amnésia

Voilà un bon moyen d'échapper aux interminables déjeuners de Noël, ceux qui commencent vers midi et qui finissent un peu avant l'heure du diner, l'estomac sans un pli. Cet échappatoire de rêve nous est proposé par Lila.

Amnésia, Conte Musical de Marie et Jean-Claude Bramly pour jeune public et famille. Amnésia, c’est la quête d’une petite fille au pays de sa mémoire. Elle va y rencontrer les personnages les plus fantasques : une Dame noire, des toubibs en folie, une poupée douce qui chante et qui danse, un marabout égocentrique, un Monsieur Chou à l’insupportable odeur, et même un chasseur de nuages ! Ils vont tous lui restituer des petits bouts d’elle-même, l’aidant ainsi à retrouver son identité, jusqu’à sa rencontre avec l’Enfant bulle… qui a crevé sa bulle par amour pour elle… Cette quête, aussi ludique que romantique est un hymne à la mémoire, mais aussi une magnifique histoire d’amour. Ce conte musical, de par la magie et la poésie qu’il dégage, a su ravir les enfants, mais aussi séduire les grands. Il aborde des thèmes graves et très actuels comme l’indifférence, l’exclusion, la maladie et la mort toujours traités avec humour et pudeur, le spectacle se termine en faisant la part belle à l'optimisme et à la renaissance. Il est servi par 6 interprètes totalement polyvalents (chanteurs, comédiens, danseurs, musiciens) qui se donnent à fond dans une mise en scène à vous couper le souffle !

Amnésia a été lauréate au festival des Musicals à Béziers en janvier 2006 du Prix Découverte, qui a été décerné par un jury présidé par monsieur Claude-Michel Schönberg

Amnésia, mis en scène par Pierre Barayre, et chorégraphié par Floriane Mouchel.
Studio des Champs-Elysées, 15 avenue Montaigne, 75008 Paris.
Les 24, 25, 26, 27, 28 décembre à 15h et le 30 décembre à 19h. Réservations : 01.53.23.99.19

 


Le dernier guerrier

Posté par Floriane le 13.11.07 à 16:38 | tags : théâtre du lucernaire, spectacle à paris, théâtre

Massimo Schuster ! Tel qu’en lui-même, comédien généreux, à la plume précise et impertinente, homme d’aventure et de découvertes. Son Théâtre de l’Arc en terre a parcouru le monde, fait une halte l’an dernier au Théâtre Claude Lévi-Strauss avec une adaptation du Mahabharata et revient cette saison au Théâtre du Lucernaire avec Le Dernier guerrier, l’histoire d’Achille vue à travers le prisme de toutes les littératures qui ont pu être écrites à son sujet. Et pourtant, pas livresque pour un sou, cette adaptation du comédien qui endosse pour l’occasion la livrée d’un artisan un peu porté sur la bouteille.
Avec deux valises, un bout de chiffon, quelques ustensiles détournés (marionnettes et décor de Roberto Abbiati), tout un monde se crée. Aucun désir d’illusion pourtant, une distance soigneusement gardée, avec l’histoire racontée, les personnages en présence : le regard qu’un humain du 21è siècle peut porter sur un demi-dieu de la Grèce antique. Un spectacle resserré, au montage nerveux, dont on pourra retrouver des effluves en en relisant le texte, publié par le TJP.
Ceux qui désireront approfondir leur connaissance de ce diable d’homme pourront également se pencher sur le livre qu’il a consacré au Bread and Puppet. Car après ses classes au Piccolo de Milan, un beau jour de 1969, Massimo Schuster a croisé la route de Peter Schumann et le virus des marionnettes, depuis, ne l’a plus quitté. Illus ©Brigitte Pougeoise
Le dernier guerrier au Théâtre du Lucernaire jusqu’au 29 décembre. www et www
Massimo Schuster, Bread&Puppet Museum, Titivillus Edizioni, 2006


Texte ou pas texte ?

Posté par Floriane le 13.11.07 à 10:19 | tags : théâtre, spectacle à paris, odéon
Parfois, l’on bénit le surtitrage qui permet de jouir, de façon plus aisée, d’un spectacle donné en langue étrangère. Parfois, au contraire, l’on préférerait être sourd ou ne pas comprendre la langue de certaines représentations au texte affligeant. Deux spectacles à l’affiche parisienne cette semaine illustrent parfaitement ce contraste. Moby Dick, revisité par Antonio Latella à l’Odéon n’est pas formellement d’une nouveauté absolue. Décor en arêtes de poisson ; clavecin, violon et haute contre sur scène ; ballet d’assiettes et de verres visant sans doute à mimer le tangage : tout cela fonctionne proprement. Le jeu, à l’unisson, harmonise les soli et les scènes de groupe, la jeunesse de la distribution et l’expérience matoise du grand aîné, Giorgio Albertazzi, quasi une légende vivante en Italie. Les spectateurs se tordent le cou pendant plus de deux heures, pour capter quelques bribes du texte dense, œuvre de libre adaptation de Federico Bellini. Tout cela roule, malgré la barrière du langage.
Au Théâtre de la Ville, le flamand Wayn Traub expose le fruit de plusieurs mois de travail et de recherches menées avec des scientifiques et des artistes de tous bords. NQZC (prononcer : Inquisitie) se veut l’archéologie du mental d’un astronaute en difficulté avec sa femme. Passé les effets lumineux et sonores dignes des séries télévisées et de certaines boîtes à la mode il y a plusieurs années déjà, le spectateur se trouve aux prises avec le texte de Paul Pourveur. Et là, toute la magie des ambiances, des postures, de certains éléments de costume rappelant l’ère médiévale et tirant l’écriture scénique vers une certaine forme de rituel, tout cela s’effondre ou plutôt se heurte douloureusement à un humour au quatorzième degré qu’il faut sans doute être Belge (comme la troupe) pour en apprécier toute la saveur. A moins qu’il ne s’agisse de platitude stylistique assumée, en vue d’une improbable mise en perspective de la vacuité de notre monde … Bref, on a, face à ce spectacle, envie de couper le son, de s’envoler sur les images et de se dire : « Quelle poésie visuelle, ces … Coréens ! ».Illus N.Q.Z.C. Wayn Traub © Koen Broos
La Cena de le ceneri, mis en scène par Antonio Latella au Théâtre de L'Odéon, du 14 au 18 novembre.
N.Q.Z.C., mis en scène par Wayn Traub




La question black vue par les Iraniens

Posté par Floriane le 13.11.07 à 09:59 | tags : spectacle à paris, théâtre, bastille

 

 

C’est un spectacle fascinant que l’Iranien Koohestani propose, jusqu’au 18 novembre, au Théâtre de la Bastille. Certains avaient vu, dans le même lieu, son Dance on glasses. Cette fois, avec Recent experiences, c’est l’adaptation en farsi d’un texte d’auteurs canadiens que nous livre le metteur en scène.
Dans un montage minimaliste, largement inspiré par l’écriture cinématographique, la parole circule, distribuée entre six acteurs répartis autour d’une table familiale quasi nue. Rien n’est gratuit, dans ce théâtre choral : la moindre inflexion, un sourire, une larme, un regard permettent de camper un personnage, une situation et d’égrener le destin sur un siècle d’une famille mixte canadienne.
Là est le plus fascinant : l’on se rend compte, au fur et à mesure que les générations entrent en scène, que les « mains blanches » dont le premier homme semblait tant amoureux, l’attiraient parce que lui était noir. Au début du XXè siècle, un tel mariage mixte avaient figure d’exception. Etonnement aussi lorsque les références à la religion catholique pratiquée dans la famille s’inscrivent dans le texte et la gestuelle. Le sel de cette interprétation, par des Iraniennes portant le voile, et de cette mise en scène posée, toute en nuances, c’est la notion d’acceptation du destin qui s’en dégage. D’autres pourraient donner au même texte une couleur plus révoltée, plus politique, plus socio-centrée. Koohestani lui offre une paix douce, comme résignée. Le monde continue.

Recent experiences,

Mis en scène par Amira Reza Koohestani,

Au Théâtre de la Bastille, jusqu'au 18 novembre

 


Rodrigo Garcia rase gratis...

Posté par Nedjma le 09.11.07 à 17:30 | tags : spectacle à paris, théâtre, festival d'automne, rond-point

"Je ne pousse pas un cri. Ce serait plutôt une rumeur. Mais ce qui est susurré là n'est pas agréable à entendre ; peut-être même que cela fait encore plus mal aux oreilles qu'un hurlement." Ainsi Rodrigo Garcia, auteur-metteur en scène argentin installé à Madrid évoque-t-il son nouveau spectacle, "Et balancez mes cendres sur Mickey", présenté au Théâtre du Rond Point dans le cadre du Festival d'Automne.

La note d'intention pourrait s'appliquer à toutes ses créations-manifestes tant l'homme manie (plus ou moins habilement d'ailleurs) l'art de la provoc. Quoi qu'il en soit, Garcia est un auteur, un créateur, et a des choses souvent intéressantes à dire. Les habitués savent qu'elles ne sont pas toujours bonnes à entendre... Aujourd'hui, c'est une drôle de polémique qui enflamme le milieu autour de "Et balancez mes cendres...". Rodrigo Garcia a, une fois de plus, comme il le fait régulièrement, sollicité des figurants, avec une annonce parue à la fois sur le site de l'ANPE spectacle et du Théâtre du Rond Point. "Urgent : le Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle (...) 15 jeunes femmes acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle". Rodrigo Garcia rase gratis. Enfin, presque. La rémunération est quand même de 200 euros bruts. La comédienne Sophie Caffarel et le très progressiste chroniqueur Alain-Gérard Slama notamment, s'émeuvent de ce fait et s'indignent que des directeurs de théâtre acceptent "pareille infamie". Et d'évoquer un spectacle "dégradant", renvoyant aux pires heures de notre histoire. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, qui ne devrait pas empêcher un public curieux, et ouvert, d'aller voir, par lui-même, de quoi il en retourne. Illus © Christian Berthelot

"Et balancez mes cendres sur Mickey" de Rodrigo Garcia, au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 18 novembre. (www)




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