Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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Toute l'actu du festival d'Avignon 2007. 

Derniers bonheurs du "Offeur"

Posté par Nedjma le 02.08.08 à 09:53 | tags : festival d'avignon

Voilà, c'est -presque- fini. Ce soir, une semaine tout juste après le In, le Off baisse le rideau. Fin de trois semaines de spectacles, de files d'attente, de coups de chaud, de coups de coeur, de parades, de tractages, d'échanges de tuyaux de théâtrophiles etc. Si vous êtes encore dans cette bonne vieille ville d'Avignon et si vous gardez quelque énergie intacte pour des grandes émotions de théâtre, nos derniers conseils pour une belle journée, et un marathon réussi, avec des destinations soigneusement choisies. A vos marques, prêts, partez.

Ce matin, à 11h, direction le Théâtre des Halles pour "Le jour où Nina Simone a cessé de chanter". Une pièce de Darina al-Joundi, mise en scène par Alain Timar, le maître des lieux. Sous la plume de Mohamed Kacimi, elle raconte son Liban et ses rêves fracassés par la guerre civile. Elle est belle, renversante, poignante et le coeur d'un des succès fous de ce festival. Après une première découverte l'an dernier, dans la Chapelle des Halles, la pièce est revenue, cette fois dans la grande salle du Chapitre, et c'est bondé tous les jours. Alors allez-y tôt.

Si c'était complet, on file au Théâtre du Chien qui fume pour un autre spectacle de vive émotion, "Erendira", adapté de Gabriel Garcia Marquez. Poétique, riche d'images, l'histoire d'une orpheline prostituée par sa grand-mère. Un buzz de l'édition 2008.

Il vous faudra courir un peu, mais le jeu en vaut la chandelle. A 12h20, au Théâtre des Lucioles, les Marseillais du Cartoun Sardines Théatre, grands habitués du Off -où ils avaient planté leur chapiteau sur l'Ile de la Barthelasse, voilà quelques années- vous entraînent dans un monde inracontable, dans les coulisses de la fabrication d'un film muet. C'est drôle et foisonnant, singulier et embarquant. ça s'appelle tout simplement "Le bonheur"

A 14h, on reste aux Halles, pour un changement d'ambiance, mais un solo de grande qualité. Mikaël Chirinian interprète "Rapport sur moi" de Grégoire Bouillet. Un condensé de vie, un récit doux-amer, plein d'humour et servi par un acteur dynamite.

Pause bien méritée dans la foulée, visite d'expos, balade le nez au vent, dînette, et retour au théâtre dans la soirée... 

A 22 heures, Philippe Caubère boucle son "Homme qui danse" au Théâtre du Chêne noir, avec un Epilogue en deux temps: "La Ficelle" et "la Mort d'Avignon". La deuxième partie est clairement la meilleure et l'évocation de Paul Pipe (Paul Puaux, ancien directeur du festival d'Avignon), Georges Wilson, et le jour qui tombe dans la cour d'honneur prend une saveur toute particulière ici-même. Si vous l'avez raté à Paris, au Théâtre du Rond-Point, ne le ratez pas cette fois! 

 


Le In au beau fixe

Posté par Nedjma le 25.07.08 à 18:50 | tags : festival d'avignon

Le festival In d'Avignon s'achève demain, comme il avait commencé, avec une représentation de "Partage de midi", à la Carrière Boulbon. Si les avis sont mitigés sur ce Claudel à la mise en scène collective (lire ici), le reste de la programmation a plutôt tenu ses promesses. Avec Valérie Dreville et surtout Romeo Castellucci comme artistes associés, on pouvait attendre le meilleur de cette 62e édition, on n'aura pas été déçu. Parmi les grands moments de ce In 2009, la trilogie de l'Italien, (très) librement adaptée de Dante. Un "Purgatorio" marquant, un "Inferno" de grande beauté et un "Paradiso" comme vision d'une fulgurante beauté. Le retour de Joël Pommerat, deux ans après sa première étape avignonnaise est aussi un des grands moments de ce festival, tout comme celui de Johann Le Guillerm, OVNI dans la galaxie circassienne française. Citons aussi des mômes très présents, depuis Airport Kids jusqu'à Inferno, des acteurs flamboyants, ceux de Thomas Ostermeier ou des Sujets à Vif qui, une fois n'est pas coutume, a ouvert sa programmation au théâtre. Au total, quelque 116 000 entrées ont été enregistrées pour l'ensemble des spectacles. Les expositions et installations ont aussi fait le plein, avec 14 000 personnes. Ce qui porte le nombre total de spectateurs à 130 000 pour le seul In, et le taux de remplissage à 93%. Autant dire une fréquentation record. Enfin, Seuls est l'un des moments forts de ce festival et augure d'une édition 2009 de belle tenue.
Il faudra attendre le 2 août pour connaître les comptes du Off 2008, qui joue les prolongations encore une semaine, et quelques mois de plus pour savoir quels spectacles poursuivront leur route après le baisser de rideau...


Avignon comme si vous y étiez - la fin

Posté par Catherine le 25.07.08 à 13:15 | tags : festival d'avignon
Festival d'Avignon

L'Ecole d'art, face public

Posté par Nedjma le 24.07.08 à 10:32 | tags : festival d'avignon

Comme l'an dernier, l'Ecole d'art d'Avignon joue les relais entre public et créateurs du festival In. Le matin on y assiste, sous un soleil de plomb, aux rencontres avec les différents créateurs du festival. Une nouvelle fois, on se régale aussi d'y lire les résultats d'ateliers d'écriture animés par les CEMEA: critiques pleines d'humour et lettres aux acteurs des spectacles. Dans un petit coin joliment aménagé et confortable on peut, assis ou couché, feuilleter les revues de presse dédiées aux spectacles programmés. Enfin, on parcourt les différentes expos installées au gré des salles. L'une dévoile des photos signées par Antoine Vitez -on le connait metteur en scène, moins photographe, lui le fils d'un photographe de quartier- et permet de pénétrer dans les coulisses de Don Juan, et de (re)découvrir Dominique Valadié, Ludmilla Mikaël ou Valérie Dreville, en 1988 dans "Le soulier de satin". L'autre nous conduit sur les traces du public de la cour d'honneur saisi, l'an dernier, par le photographe Frédéric Nauziciel. Elle s'intitule "Public/Faces" et trouve impeccablement sa place dans ce lieu. Face public.

Ecole d'art, tous les jours, de 11h à 20h. Aujourd'hui, dialogue avec Joël Pommerat et l'équipe de "Je tremble" à 11h30.


Wajdi Mouawad, seul(s) en scène

Posté par Nedjma le 23.07.08 à 16:12 | tags : festival d'avignon

Wajdi Mouawaddélaisse un temps les fresques flamboyantes dont il a le secret, de Littoral à Incendies, en passant par Forêts, pour une œuvre en solo. Mais, seul sur le plateau, l’auteur-metteur en scène québeco-libanais revisite pourtant les mêmes thèmes : l’identité, la mémoire, les racines. C’est déroutant, bouleversant et laisse présager le meilleur de l'édition 2009 du festival d'Avignon qui le verra succéder comme artiste associé à Valérie Dreville et Romeo Castellucci.

 

Lire la chronique de Seul(s) sur le mag.


 

"Seuls" de, avec et mis en scène par Wajdi Mouawad au Gymnase Aubanel jusqu'au 25 juillet.

Illus : Christophe Raynaud de Lage.

 


 


Un Radeau qui laisse à quai

Posté par Nedjma le 23.07.08 à 10:54 | tags : festival d'avignon

Un plateau profond. Il y a des panneaux, mobiles. Il y a des tables, des chaises, qui se mêlent. Des dames emperruquées, chapeautées, poudrées, des hommes costumés. Du rouge, du jaune, du blanc. Qui sont-ils ? Où vont-ils ? On ne le saura pas. Dans un mouvement perpétuel, ils livrent des textes par bribes, une parole fragmentée. Tour à tour déclament et murmurent. En français, en allemand, en italien. Pirandello, Dante, Lucrèce, Büchner, entre autres. Certaines scènes jouent la carte de l’impressionnisme, il y a de l’humour, de l’incongruité, de la cocasserie. Il y a de la musique, fulgurante, éclatante. Verdi, Chostakovitch, Stravinsky. Des symphonies, des moments plus doux. C’est précisément que le Ricercar, qui donne son titre à la pièce du théâtre du Radeau, évoque une forme musicale, « moins élaborée que la fugue » et qui « enchaîne des épisodes différents qui peuvent être sans lien thématique », précise le programme. Une grande beauté plastique se dégage de l'ensemble. Mais face à cette succession de notes et d’images, on s’interroge sur le sens de tout cela. Certains, y voyant un moment rare de poésie, se sont enflammés pour ce spectacle, créé au Théâtre national de Bretagne à l'automne dernier (lire ici). Mais ce radeau ne nous a pas embarqués, nous a laissés à quai dans un sentiment mêlé d’ennui et de vacuité.

Illus Christophe Raynaud de Lage. Festival d'Avignon.

"Ricercar", au Festival In d'Avignon jusqu'au 25 juillet, puis au Théâtre de l'Odéon du 23 septembre au 19 octobre, au Théâtre national de Strasbourg du 2 au 21 février, à Espaces Pluriels de Pau, du 25 au 28 mars.


Avignon comme si vous y étiez - la nuit, le calme

Posté par Catherine le 23.07.08 à 03:06 | tags : festival d'avignon
Avignon la nuit

Hamlet bouffon

Posté par Nedjma le 22.07.08 à 10:37 | tags : festival d'avignon

Quatre ans après "Woyzeck", lors d'un festival d'Avignon dont il était l'artiste associé, Thomas Ostermeier revient dans la Cour avec « son » Hamlet. Un Hamlet de plus ? Pas vraiment. Dans une nouvelle traduction de son accolyte, Marius von Mayenburg, le directeur de la Schaubühne berlinoise offre une nouvelle lecture de la pièce. « En colère contre Hamlet », et désireux de lui mettre un « coup de pied aux fesses », le metteur en scène montre la figure shakespearienne, non pas comme un héros tourmenté, romantique, mais plutôt comme un bouffon lourdaud et paranoïaque, qui commence par jouer la folie, avant d’y sombrer véritablement. Pourquoi pas ? Le brillant Lars Eidinger, paré d’un costume rembourré, traîne sa carcasse imposante, depuis les obsèques de son père –qui, pour une fois ouvrent la pièce, plutôt que les secondes noces de Gertrude- jusqu’à la représentation théâtrale d’Elseneur, aux allures de cabaret. Il se balade caméra au poing et filme en temps réel une action projetée sur un écran de rideaux or. C’est très réussi. Ils sont six seulement, pour endosser tous les rôles. Simplicité et virtuosité de l’illusion. Gertrude devient Ophélie en un simple glissement de perruque, Polonius est aussi Osrik et Claudius Fortinbras, tandis que Laert joue également les fossoyeurs maladroits. Comme toujours, Ostermeier fait merveille dans une direction d’acteurs énergique et une mise en scène fulgurante. Un plateau mobile recouvert de terre figure à la fois l’obscurité du dehors et la lumière du dedans.

Musique rock à fond la caisse, images coups de poing, glissements burlesques, table de banquet recouverte de cubis de rouge et briques de lait… Le lever de rideau est magistral. Dommage que cette tragédie majeure sombre parfois dans une comédie à gros bouillons : un duel Laert/ Hamlet transformé en match de tennis, Gertrude qui entonne la chanson « Ma came » de Carla Bruni, des allers et venues limite dans le public, une adaptation du texte à l’humour facile… L’équilibriste Ostermeier, d’habitude d’une grande habileté, tire trop sur la corde potache plutôt que de rester sur le fil.

Illus © Christophe Raynaud de Lage. Festival d'Avignon

"Hamlet", Cour d'honneur du Palais des Papes puis à la Schaubühne de Berlin du 17 au 21 septembre et aux Gémeaux de Sceaux scène nationale, du 28 janvier au 8 février 2009.

 


Jean Vilar à la barre

Posté par Nedjma le 21.07.08 à 11:52 | tags : festival d'avignon

Avignon emboîte le pas au cortège de célébrations de mai 68 –célébrations à foison, jusqu’à l’overdose- car on ne le sait pas forcément, mais le mouvement a cheminé jusqu’au sud, quelques mois après la France entière. Et s’est déplacée depuis le social jusqu’à la culture. C’est à la Maison Jean Vilar que ça se passe, au travers d’une expo qui rappelle combien Jean Vilar, maître du festival fut mis à mal après celui de l’Odéon,Jean-Louis Barrault, à l’été 68 par une légion de jeunes enflammés que lui voyait comme des fils de bourgeois. D’un côté l’extrême gauche, de l’autre l’extrême droite, lui furent endosser, dans le bruit et la fureur tous les maux de la terre théâtrale. Julian Beck et son Living Theatre tenaient le haut du pavé, le off naissait dans la foulée. Passionnante revue de presse –Le Monde titrant « Vilar est-il un traître ? » !-, photos d’archives et films se succèdent pour rappeler ces temps pas si lointains où le fondateur du TNP était cloué au piloris au son de « Béjart, Vilar, Salazar ». Egalement des affiches d’époque où on peut notamment lire « Non à la culture du papape » ou encore « Les ouvriers au théâtre non, le théâtre aux ouvriers ». Clou du parcours, une suite de notes prises par Vilar en réponse au mouvement, un texte inédit. « Ce n’est pas l’imagination que vous avez amenée au pouvoir, c’est la masturbation, l’emmanuelisation (…) Vous défendez extrêmement mal une cause juste (…). Après le dialogue, j’ignore toujours quelle est votre doctrine politique et –si cela est trop ardu pour vos petites têtes de fils de bourgeois quel but vous souhaitez atteindre. »

Ironie du sort, c’est lui-même qui, d’une certaine façon initiait le débat avec une réflexion s’interrogeant sur le devenir des festivals et, au-delà, de la culture. « Il s’agit de savoir si les festivals ont fait leur temps, ce qu’ils ont désormais dans le ventre. Que représentent-ils aux yeux du public. Tourisme ? Passe-temps ? Esthétisme des petits loisirs ? Perception des taxes municipales ? Accroissement des recettes des commerçants ? Le théâtre n’est utile que s’il secoue ses manies collectives, lutte contre ses scléroses, dit comme le père Ubu : Merdre ». C’était dans la revue Janus. En 1964…

« Vilar, Béjart, le bazar », exposition à la Maison Jean Vilar, jusqu’au 26 juillet.


Avignon comme si vous y étiez - la nuit aussi

Posté par Catherine le 21.07.08 à 01:09 | tags : festival d'avignon
Avignon le soir  parade de nuit

Calaferte à la fête

Posté par Nedjma le 20.07.08 à 11:36 | tags : festival d'avignon

Alain Timar, metteur en scène avignonnais a rajeuni de 2O ans. Au moins. L'homme, adepte de forts univers plastiques, nous avait habitués à une profondeur plutôt sombre, montant Samuel Beckett et Albert Cohen, Gao Xingjian et Valère Novarina. Cette fois il s'attèle à Louis Calaferte, pour un voyage en son pays, et, ce n'est pas une mince affaire, puise dans mille et un textes de l'auteur, qu'il tricote à sa façon. Plutôt habilement. "Un riche, trois pauvres" ; "Droit de cité", "Pièces intimistes" ou encore "Septentrion"... autant d'œuvres auxquelles il emprunte pour construire « Je veux qu'on me parle ». Le langage comme préoccupation centrale. La difficulté des petites gens à échanger, à dire.

Cercle de gazon vert en guise de piste, loupiotes dessinant un toit de chapiteau, rideaux de velours rouge. Bienvenue dans le grand cirque de la vie. Deux hommes, une femmes, un peu bêtes, un peu méchants, médiocres attachants et losers magnifiques campent des duos et trios aux prises avec une existence tant absurde que terrible, une angoisse profonde sous les éclats de rire et une métaphysique débridée. A travers tous ces personnages, Calaferte dit son amour « des crapules, bandits, escrocs » et Timar livre une mise en scène au cordeau, derrière une apparente nonchalance. Jusqu'à la ritournelle finale, qui nous suivra longtemps, le trio d'acteurs bondissants jubile, et nous avec. Mention spéciale à Roland Pichaud, qui fait merveille, tour à tour en idiot truculent, employé harcelé, môme mélancolique, rouleur de mécaniques.

Je veux qu'on me parle, festival Off, jusqu'au 1er août, Théâtre des Halles, 17h.


Avignon comme si vous y étiez - parade toujours

Posté par Catherine le 20.07.08 à 09:49 | tags : festival d'avignon


 

 Photos de la rue des Teinturiers à Avignon. En 3 : la compagnie du Mystère Bouffe en parade.


Avignon comme si vous y étiez - plus de parades

Posté par Catherine le 19.07.08 à 11:42 | tags : festival d'avignon

Juliette ou la clef des songes

Tristan et Yseult

Dee gauche à droite et de haut en bas : le bonheur au travail, Juliette ou la clef des songes, Tristan et Yseult, un spectacle parmi (tant) d'autres. 

 

 


C'est du 36 mais ça chausse grand - Cendrillon tout simplement

Posté par Catherine le 19.07.08 à 08:18 | tags : festival d'avignon
Ces deux-là font tous leurs efforts pour présenter le spectacle que le public est venu voir. Ils ont prévu de jouer Cendrillon au moyen de quelques chaussures et d'une cassette enregistrée. Enfin, sans la cassette puisque le poste ne fonctionne pas. Enfin, rien ne fonctionne vraiment comme prévu. Les spectateurs finiront par voir le spectacle, mais cela ne sera pas sans quelques oublis, retards, explosions et électrocutions... Jouer le ratage, rien de plus difficile. Mais Olivier Chancelier et Alain Merlet le font avec tant de douceur et de gentillesse qu'on les excuse même de s'excuser à la fin du spectacle. Un doux moment de théâtre sans prétention, pour les petits comme pour les grands.

C'est du 36 mais ça chausse grand, à l'Espace Alya à 10h45
Jusqu'au 25 juillet - Avignon Festival Off

Clowns en liberté - Folygamie

Posté par Catherine le 18.07.08 à 19:15 | tags : festival d'avignon
FolygamieLes Nouveaux-Nez ont été parmi les premiers à amener le clown vers le théâtre à la fin des années 80. Puis au début des années 2000, ils ont eu envie de retourner voir du côté du cirque ce que le clown pouvait y faire. C'est ainsi qu'ils ont tourné pendant quatre ans, sous chapiteau, le Cirque des Nouveaux Nez. Mais voilà, les Nouveaux Nez ont à nouveau envie de légèreté, de simplicité, et pour tout dire, de théâtre ! Alors ils ont créé deux spectacles qu'ils testent en ce moment au festival d'Avignon. Madame Framboise s'adonne pour la première fois au solo avec Alpha-bête, et c'est un vrai bonheur. Et puis Georges Pétard (Nicolas Bernard) propose un duo avec une nouvelle venue dans la troupe, Motoreta (Raquel Esteve Mora). Intitulé Folygamie, le spectacle fonctionne sur le principe de la conférence qui foire plus ou moins ou à peu près. Le duo hésite un peu sur le chemin à emprunter, se perd et tournicote, finit par soudoyer le public pour s'arracher ses faveurs, et se décide finalement pour le sentier du numéro musical, avec une embardée assez peu commune pour des clowns, du côté de la manipulation d'objets et de la vidéo. Au final, Folygamie est un moment encore un peu chaotique mais emprunt d'une savoureuse poésie. Un spectacle sans danger, à apprécier en famille.

Folygamie, par la Compagnie des Nouveaux-nez, au Collège de la Salle à 20h45.
Avignon festival Off

Le Guillerm, c'est sûr, il est d'ailleurs...

Posté par Nedjma le 18.07.08 à 18:28 | tags : festival d'avignon

Qui est donc cette créature étrange, longue et au corps bien dessiné, fines tresses blondes, pelure rouge, chaussures de métal pointu ? Qui donc est ce personnage, homme à l'allure animale, mi-reptile, mi-fauve, au regard inquiétant et au claquement de langue idoine ? Où va-t-il chercher tout ça ? Johann Le Guillerm, enfant prodige du cirque, sorti de l'école de Châlon « avec les félicitations du jury » précise le programme du festival, est un artiste singulier, virtuose, passionnant.

Déjà présent à Avignon en 2004, il y revient cette année avec une nouvelle version de son spectacle « Secret » A la fois lointaine et proche. Jamais dans l'épate, plus dans l'épure, mais toujours dans un climat à nul autre pareil. Lumières, musiques, réglées au millimètre par une armada de techniciens aux costumes futuristes, pendant que le maître de la scène, le maître de la piste semble, lui, venu du moyen-âge.
Il dompte des carrés de peluche synthétique, joue au grimpeur fou sur une pyramide de bouquins à l'équilibre savamment maîtrisé, toujours sur le fil du rasoir, manie le rodéo sur un cheval de métal et construit planche après planche une improbable embarcation. Qui l'embarque loin. Et nous avec lui. C'est minutieux et virtuose, étonnant et inquiétant, poétique et d'une imagination foisonnante. Le Guillerm propose aussi une installation à la Miroiterie, "Attraction", -on y revient très vite-.

Secret, festival In, jusqu'au 26 juillet, Lycée Mistral, 22h.


La pluie, l'enfer, le monde

Posté par Nedjma le 18.07.08 à 15:27 | tags : festival d'avignon

Ça y est, le passage de relais est effectué, Catherine et Julie voguent vers d'autres cieux, j'ai pris la suite. Dans les conversations, au fil des rues, des troquets, et des files d'attente, les festivaliers évoquent 1. le temps -il fait chaud, il fait froid, il pleut etc.- La pluie d'ailleurs qui a provoqué, voilà quelques jours, l'annulation de moult spectacles de plein air, le report d'autres, le retard enfin des derniers. Voir "Inferno" est une expérience chamboulante. Voir "Inferno" les fesses dans l'eau, une expérience éprouvante... 2. l'affluence : y a plus, moins de monde, ou autant, que les années précédentes ? Chacun a son avis sur la question 3. le démarrage un peu cafouilleux entre les deux festivals, qui ont levé leur rideau avec une semaine d'intervalle. Du coup, pas mal de spectateurs se sont cassés les dents les premiers jours. Conclusion provisoire : un festival unifié, c'est pas franchement pour demain ! 4. Bien sûr, les-spectacles-qui-comptent. Si côté in, les réservations sont bouclées depuis longtemps, pour ce qui est du off, le bouche à oreille règne en maître. Pas étonnant alors, si la première question qu'on pose aux autres c'est : « alors, faut voir quoi cette année ? » Réponse ardue, puisque rien moins qu'un millier de pièces se partagent l'affiche de cette édition 2008. On ne les verra pas toutes, alors on vous guide seulement, depuis le début, sur les traces de quelques coups de cœur, ou de gueule... A bon entendeur...

 


Avignon comme si vous y étiez - parades

Posté par Catherine le 18.07.08 à 14:39 | tags : festival d'avignon

 

 


Don quichotte aujourd'hui ?

Posté par JdF le 18.07.08 à 14:19 | tags : festival d'avignon

Poussé par mon instinct d'aventurière, je décidai  de prendre un bus, direction Villeneuve, pour voir ce qui se passait du côté de l'autre festival, celui qui s'intitule "Villeneuve en scène" (www). Première impression : l'endroit est enchanteur ! Une immense étendue de verdure, où se succèdent chapiteaux et caravanes, des guirlandes lumineuses indiquant l'entrée des spectacles de plein air. On se croiraient dans une kermesse à l'ancienne, avec un petit côté flok que le spectacle d'Irina Brook, Somewhere La Mancha, promet de confirmer....

Alors en effet, c'est country, c'est folk, mais c'est aussi un peu n'importe quoi... Les scénettes se succèdent racontant les pérégrinations d'un Don Quichotte contemporain de la manière la plus désinvolte qui soit, un peu comme un spectacle de vacance qu'on monte entre copains. L'ensemble demeure sympathique, les acteurs sembent heureux d'être là, mais on attendait mieux de la part d'Irina Brook.

Somewhere La Mancha, librement adapté de Don Quichotte de Cervantes par Irina Brook et Marie-Paule Ramo.

Jusqu'au 21 juillet au Festival Villeneuve en scène, place Chales David à Villeneuve-lez-Avignon. Réservation : 04 90 26 07 40


Gros buzz sur Avignon - BASH

Posté par Catherine le 18.07.08 à 10:40 | tags : festival d'avignon

BashUn tapis blanc et moelleux. Un homme assis dans un fauteuil, un verre à la main. La photo d'un pavillon de banlieue, de nuit, projetée sur un écran. L'homme raconte sa vie au bureau et la mort de sa petite fille. Pour une fois, la seule fois, dit-il. Il prend son temps, précise chaque circonstance, explique chaque pensée, chaque arrière-pensée. De prime abord, l'histoire de cet homme est très triste. Petit à petit, témoin surpris, le spectateur réalise toute l'horreur de cette confession. La seconde histoire, narrée par un couple de jeunes fiancés bon chic bon genre, commence sur un ton très sympa, très sucré. Mais le public se doute déjà que derrière les beaux sourires se cachent des souvenirs moins mielleux. Il aura eu raison d'avoir peur. Puis vient un troisième moment, où une jeune femme raconte comment son professeur l'a mise enceinte alors qu'elle n'avait que treize ans. Si son histoire à elle est terrible dès le début, elle n'en sera pas moins terrible à la fin. Regroupés sous ce titre Bash - qui veut dire en argot américain "cogner, frapper, défoncer" - les trois textes de Neil LaBute, auteur né à Detroit en 1963, disent la part d'ombre en l'homme, faite de croyances profondes, de calculs privés, de blessures intimes, part d'ombre qui mène parfois les gens ordinaires au crime. Si les trois vies étalées sont captivantes, la construction de chacun des trois monologues est très habile. A tel point qu'une simple lecture suffirait à en rendre toute la force. René Georges fait donc bien de limiter sa mise en scène au minimum, avec quasiment aucun déplacement, et de miser tout sur le jeu des comédiens. En Fabrice Rodriguez, Edwige Baily, Bruno Mullenaerts et Lara Persain, il a trouvé des interprètes incroyables de précision et de sincérité. Un grand moment de littérature et un grand moment de théâtre.


Bash, latterday plays (scènes des derniers jours)
de Neil Labute, mise en scène et adaptation : René Georges
Une production de l'XK Theater Group
Au théâtre des Doms, du 7 au 27 juillet, à 16h00
Avignon Festival Off


Mâ Ravan' - la mémoire des corps

Posté par Catherine le 18.07.08 à 09:07 | tags : festival d'avignon

Où s'arrête le rituel, où commence la représentation ? En tout cas, c'est certain, quand le public paie sa place pour venir assister à des danses de l'autre bout du monde et entendre des invocations dans une langue qu'il ne comprend pas. Et encore plus dans le cadre d'un festival de théâtre. "Entre rituel et représentation, à travers l'évocation et l'invocation des grands Marrons, rebelles et résistants, héros intemporels qui ont ouvert les chemins de la liberté, Mâ Ravan' met en scène, met en "chair", les forces de vie inscrites dans les corps de chacun aujourd'hui", précise bien le programme. A nouveau, au moment de la demande d'extinction des portables, on nous rappelle que nous allons assister à un instant à la mémoire des esclaves rebelles qui se sont battus pour la liberté. Pas de problème, les spectateurs qui sont là sont donc bien prévenus.

Ainsi que l'indique le titre, le spectacle est axé autour de la ravanne. La ravanne, c'est une sorte de tambourin très large, percussion commune à toutes les îles de l'Océan Indien et que l'on retrouve aussi en Afrique de l'Est, en Inde, au Sri Lanka...  Trois beaux jeunes hommes noirs, tout en muscles, le crâne rasé, et un homme noir plus âgé, à l'épaisse chevelure, frappent sur la ravanne l'appel des ancêtres, l'appel des origines. Ils chantent des noms d'esclaves et les entrecoupent d'invectives brutales : les noms insultants donnés par les maîtres aux esclaves. Ils dansent, jusqu'à la transe.

Alors oui, les sons et les rythmes de la ravanne sont splendides, les corps sont beaux, les mouvements sont plein de force et de grâce. Mais, de même que Julie devant les moines Shaolin (www), je me suis sentie très spectatrice de tout ça, et en aucun cas partie prenante à un rituel. Du coup, l'ennui pointe assez rapidement le bout de son nez. Mais ne voyez ici que paroles de mécréante : ce spectacle est un des buzz du festival.

Mâ Ravan', par le théâtre Talipot (Saint-Paul de la Réunion)
Ecriture, mise en scène, chorégraphie : Philippe Pelen Baldini

Du 10 juillet au 2 août à 15h35 à la Chapelle du Verbe Incarné / Avignon Festival Off


Les frères Quay - du cinéma au festival d'Avignon

Posté par Catherine le 18.07.08 à 08:38 | tags : festival d'avignon

Le plus difficile, c'est de trouver l'hôtel de Forbin La Barben. Bien caché quelque-part derrière la place principale et un peu à l'ouest de la place Saint-Didier, le bâtiment héberge l'exposition Night Nursery, des frères Quay. L'architecture et la décoration de cet hôtel particulier renvoient parfaitement à l'univers excentrique et inquiétant des oeuvres de ces deux jumeaux identiques. Une échappée vers le cinéma d'animation, bienvenue en ce temps de festival de théâtre à haute dose. L'idéal est de courir s'y abriter en cas d'orage (depuis la jonction de la place Principale et de la place Saint-Didier, prendre à l'Ouest, puis à gauche, puis encore à gauche).

Night Nursery, ceux qui désirent sans fin, exposition
Conception et réalisation : Stephen et Timothy Quay
Hôtel de Forbin la Barben, de 12h à 19h
Avignon Festival In

Illus. Stille Nacht (1988)


Eaux-les-Bains, heureux hasard du Off

Posté par Catherine le 17.07.08 à 08:38 | tags : festival d'avignon

Ce n’est ni la région Alsace-Lorraine dont est originaire la compagnie du Kafteur (région avec laquelle je n’ai pas d’affinités particulières), ni l’auteur (il n’y a pas de texte, donc pas d’auteur – cela ce discute d’ailleurs, mais c’est comme ça ), ni l’horaire (matinal) ni le lieu ni le pur hasard, qui ont guidé mon choix, mais tout simplement l’affiche. Une vue plongeante sur un barbu costaud torse nu portant un bonnet de bain, trois autres gugusses en maillot, sur un « eaux les bains » écrit façon piscine rétro. Et puis la description : « ballet burlesque, en peignoir et sans parole ». Envie d’un petit coup de burlesque sympa, je me suis laissé tenter, et j’ai vraiment bien fait !

 

Maillots, peignoirs, serviettes de bains, cabines, table de massage, petite fontaine, distributeur d’eau fraîche, vapeur d’eau, carte du curiste, le petit monde de la cure thermale est recréé sur le plateau, dans un décor tout en blanc et en bleu. D’un côté les curistes, venus seuls et d’horizons différents, en recherche de bien-être un petit peu et d’attention beaucoup, voire plus si affinités. De l’autre, le personnel, restreint et plutôt débordé. Les portes claquent, les robinets débordent, les serviettes s’échauffent, les maillots tombent, le tout contenu régulièrement par de profondes prises d’inspiration. Quelques bonjour, merci, voilà, et hop rythment ce ballet incessant et hilarant, sur une création sonore impeccable aussi bien pour souligner que pour décaler l’action. Eaux-les-Bains est un petit bijou burlesque à la Jacques Tati, à consommer sans modération.

 

Eaux-les-Bains, création collective visuelle burlesque de la Compagnie du Kafteur
Mise en scène Luc Falbriard
du 10 au 29 juillet au théâtre la Luna, à 10h45
Festival Avignon Off


Monsieur de Pourceaugnac a la peau noire

Posté par Catherine le 17.07.08 à 07:50 | tags : festival d'avignon

Isabelle Starkier et son Star Théâtre présentent à Avignon l'un des treize Molière programmés et dont je vous parlais dans mon analyse statistique : Monsieur de Pourceaugnac. Tout l'intérêt de la proposition réside dans le renversement du ridicule. La pièce de Molière met en scène un Limousin fraîchement débarqué à Paris. Les habitants du Limousin étant de nos jours plutôt bien acceptés à Paris, Isabelle Starkier a décidé de marquer la différence du personnage en lui donnant pour interprète un comédien noir. Monsieur de Pourceaugnac a la peau noire... mais un beau costume blanc. De plus, il s'exprime bien, calmement, poliment. Et ce sont les autres, tous les autres, qui sont ridicules. Les deux amoureux sont d'une mièvrerie sans fond, le valet est un vieux mafieux italien qui porte d'horribles costumes bigarrés, la mère est obligée de cacher sa monstruosité derrière une voilette... Et comme tout ce petit monde va jouer la comédie à l'étranger pour l'obliger à retourner "dans son pays", et surtout à renoncer à la jeune fille qu'il est censé venir épouser, ils vont chausser d'extraordinaires masques qui auront pour effet d'accentuer encore le grotesque de leurs caractères. Les costumes et les masques sont signés Anne Bothuon, artiste qui avait déjà collaboré avec le Star Théâtre lors de précédentes créations, comme Têtes Rondes, Têtes Pointues ou encore le Bal de Kafka, et dont on avait pu apprécier la superbe exposition de statues molles à l'occasion des Scènes Ouvertes à l'Insolites en juin dernier au Théâtre de la Cité Internationale. Un spectacle énergique et visuellement impressionnant.

Monsieur de Pourceaugnac, de Molière, mise en scène Isabelle Starkier
A 16h15 à l'Espace Alya
Avignon Festival Off


Pêche en eaux troubles

Posté par JdF le 16.07.08 à 11:36 | tags : festival d'avignon

La Pesca de Ricardo Bartis débute par la vision d'un décor assez facinant, celle d'une sorte d'arrière-cour, donnat sur une rivière, un ruisseau, un égoût... mystère ? Les spectateurs ne peuvent le voir puisqu'ils sont précisement assis là où il devrait se situer. Les personnage venus pour pêcher dans ce trou humide.

Avant d'en arriver là, ils ont dégringolé le long d'un escalier "casse gueuele" qui longe le mur de la maison figurée au fond de la scène. Là dessus la discussion entre les personnages évoquent l'histoire récente de l'Argentine, au point qu'un lexique décrptant les allusion politiques et culturelles est imprimé au dos de la brochure.

Sinon que dire de plus ? Une fois habitué au décor, qu'on a vu apparaître les personnages, on a peine à suivre leurs dicussions (très allusives et décousues) et l'affaire traine en longueur bien que le spectacle ne dure qu'un peu plus d'une heure.

En le revoyant, un souvenir m'a traversé l'esprit : "mais bon sang ! j'avais vu un autre spectacle de Ricado Bartis, passé en 2004 à Toulouse lors du festival Mirà et alors déjà, l'apect poisseux de son univers m'avait frappé, chose qui n'est pas pour me déplaire, mais qui, ici, était parasité par une intrigue difficile à suivre. La pêche n'a pas été miraculeuse, cette fois-ci....

La Pesca de Ricardo Bartis, jusqu'au 23 juillet, à 17h, à Chateaublanc. 




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