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L'actualité des Arts de la rue en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons. Voir aussi la collection cirque.
La bible des arts de la rue, comment ça, comment ça ?
Les arts de la rue ont désormais leur bible. Et nous sommes heureux, ici à Fluctuat, parce que c'est l'une de nous qui l'a écrite ! Floriane Gaber sillonne depuis des années les rues de France et d'Europe, avide de rue et de spectacles. C'est elle qui nous emmène régulièrement à Aurillac et à Chalon bien sûr, mais aussi à Amiens, à Vilnius, à Belgrade...
40 ans d'arts de la rue Cyrano pour les nulsEt si nous révisions nos classiques ? Parmi les bonnes résolutions de la rentrée, noter dans un coin "rafraîchir mon Cyrano avec les Batteurs de Pavé". Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand - jadis au programme de cinquième - est une jolie pièce pleine de ces morceaux de bravoure que tout le monde connaît par coeur ("un roc, un pic, un cap ! Que dis-je, un cap ? C'est une péninsule !"), mais que d'aucuns peuvent parfois trouver un tout petit peu over the top au regard de notre argot habituel... Qu'à cela ne tienne. La Compagnie Les Batteurs de Pavé a traversé toute la Suisse pour venir nous présenter une version de la pièce qui conserve la verve et beaucoup des vers de l'auteur, mais en prenant suffisamment de libertés avec l'oeuvre pour que le quidam veuille bien s'y arrêter. Car c'est dans la rue que ces cinq jeunes passionnés suisses se mesurent aux alexandrins de Rostand ! Pari difficile mais pari réussi. Avec peu de moyens mais énormément d'énergie, les Batteurs de Pavé restituent l'essence de la pièce et l'essentiel du texte. En à peine une heure et demi de rires, de sourires et pour tout dire, de plaisir, vous aurez tout capté à Cyrano de Bergerac. Une sorte de "Cyrano pour les nuls" à ne pas manquer, d'autant que la tournée est conséquente et que, partout où ça passe, c'est gratuit ! Que les difficiles à convaincre regardent plutôt :
Macadam Cyrano, par la Companie les Batteurs de Pavé Prochaines dates en région parisienne, en septembre 2009: en octobre 2009: Aurillac : la rue enfin retrouvée ! 24è édition du festival. Moins de jeunes errants dans les rues piétonnes, moins de spectacles Off attachants en centre ville. Et pourtant une rue retrouvée, réinvestie par deux troupes solides, commissionnées par le festival pour « mettre le chaos » : Generik Vapeur et Xarxa. Une affiche également très internationale. Au final : un bon cru.Des Pays-Bas, Tuig et sa scénographie rétroversible, la roue du temps et du karma devenue une sorte de Playmobil. De Pologne, Biuro Podrozy (l’« agence de voyages ») et un Macbeth plus théâtral que jamais, où s’égrennent les images chères à la compagnie : du feu, des échassiers noirs et des échaffaudages mobiles. D’Allemagne, Titanick et ses machines grandioses pour une Odyssée revue, corrigée et largement arrosée d’hémoglobine. Non, décidément, l’hexagone n’a pas l’exclusivité des arts de la rue. L’engagement C’est d’ailleurs du Chili que vient l’une des propositions les plus fortes (à mes yeux) de cette édition 2009. La Patricotico interesante et son Kadogo enfant soldat porte une parole vigoureuse comme savent en développer les troupes de ce pays (le Teatro del Silencio en tête). Ici, tout est fort : le jeu des acteurs, d’une énergie et d’une maîtrise corporelle incroyables, la mise en scène, rapide comme un jeu vidéo, affutée comme une image d’Epinal, et les images précisément, tirées d’une réalité relayée par les photos de presse, les reportages télé. Certains reprocheront à la pièce trop d’évidence, un message trop direct, asséné plus que nuancé. Moi, c’est ce que j’aime : un spectacle qui secoue physiquement le spectateur, parce que les acteurs s’y donnent à fond. Le chaos Ce plaisir immense, de retrouvailles avec le corps, bousculé, tiraillé mais vivant, d’un public foule tanguant sur la place du square après s’être faufilé tant bien que mal dans les rues étroites de la ville, c’est Generik Vapeur et Xarxa qui nous l’ont offert avec G178. Après des années d’interdiction (plus ou moins tacite) des déambulatoires de grand format en centre ville, le spectacle de rue regagne enfin le droit au pavé. Ce n’est pas un hasard si Xarxa, la troupe de Valencia (Espagne) est de la partie : là, les Fallas se brûlent à quelques centimètres des maisons, en plein cœur des quartiers, et la population responsabilisée sait jusqu’où s’approcher pour éviter l’accident. A Aurillac, comme retrouvant ces réflexes, les spectateurs ont suivi le flot lancé par les artistes, plongeant volontairement dans le bouillonnement et n’en sortant la tête qu’une fois les derniers pétards éclatés. On aurait tort de croire pourtant, que seul le mouvement de masse importait aux artistes. L’image d’un Ubu juché sur un caddie et lançant à tour de bras des corn flakes dans le public ne vaut-elle pas cent fois mieux que tous les discours sur la PAC et le gaspillage ? La poésieD’un tout autre style, à l’écart du bruit et de la fureur, le Théâtre du Centaure avait investi le haras où, lors de la première édition du festival, s’était d’ailleurs produit Zingaro. Flux se développe comme un poème, une série de tableaux évoquant la quête, à travers les mers Noire, du Nord et la Méditerrannée, d’un couple de centaures. Peut-on encore parler ici d’écuyers ? Sans doute pas, tant ils font littéralement corps avec leurs chevaux, qu’ils nomment leurs partenaires et avec qui ils travaillent depuis plus de quinze ans. Un tel degré d’intimité, une telle connaissance mutuelle permet aux acteurs de libérer totalement le haut du corps et de ne guider le cheval qu’avec les membres inférieurs, soudés à leur monture, comme l’est le centaure. Cette balade dans la nuit, parsemée de textes murmurés à l’oreille ou d’ambiances entourant les spectateurs, le tout diffusé à travers des casques, est aussi rythmée par des projections de films, tournés aux quatre coins de l’Europe et de ses confins. Odessa, Constanta, Istanbul, Terschelling, Marseille : autant de ports, d’attache et de détachement, de fuite et de retrouvailles, que traverse le couple, au final réuni. De l’engagement, de la fête, de la poésie : une palette assez représentative de ce que développent les arts de la rue aujourd’hui. Ill : La Patriotico interesante Théâtre du Centaure © Frédéric Chehu Chalon dans la rue 23è C’est drôle, cette envie, cette année, de prendre (à nouveau) la parole dans la rue, d’y dire des choses directes, liées à la société, aux préoccupations du quidam. Cela semble (presque) bizarre, tant cette portée inhérente à la rue semblait avoir déserté les trottoirs, non que les compagnies aient rechigné à s’emparer de l’espace public pour s’exprimer, mais parce que certains programmateurs, à la solde des décideurs financiers (souvent les politiques), n’osaient tout bonnement pas jouer le jeu de la diffusion. La compagnie Kumulus en a, plus souvent qu’à son tour, fait les frais ; d’autres aussi.Bref, ce vent de prise de parole, qui rend à la rue son véritable sens (qui n’est, faut-il le rappeler, pas de seul divertissement), a soufflé allègrement sur la vingt-troisième édition de Chalon dans la rue. Cet engagement a su pourtant ne pas prendre le masque grimaçant de la dénonciation brutale. Les artistes se sont aguerris dans l’art de faire passer en douce les messages, tout en travaillant la forme. KompleXKapharnaüm a choisi de mélanger street art (graff, collages) et montages vidéo et sonores pour exalter un certain esprit de résistance. Memento s’inspire, en effet, des mois précédant la Libération, et veut rappeler à chacun, documents d’époque (passée et présente) à l’appui, la nécessité de ne pas prendre pour argent comptant ni les préjugés, ni les discours bien pensants qui se veulent rassurants mais au final nous manipulent. La vraie force de ces parcours tient en fait dans les traces laissées sur les murs de la ville, avant et après les soirs de spectacle. Des silhouettes blanches, presque livrées à l’expression populaire (dont bizarrement personne ne semble oser profiter pour s’exprimer), aux textes qui seront recouverts d’autres images, biffés, tagués, c’est comme si le « plastiquage » de ces murs leur rendait enfin leur force de support de l’expression, et donc de résistance, tant il est vrai qu’aujourd’hui poser une affiche est passible d’amende pour peu que l’endroit ne soit pas officiellement prévu pour. C’est une démarche assez semblable qui a poussé Délices Dada, l’une des compagnies pionnières des arts de la rue, à sortir cette année RUSHs, sans fable ni paroles, simplement basé sur des déplacements, des personnages et une composition musicale, mixée en direct, plus expressive que tous les discours du monde. Et si la seule, l’unique solution face à la violence qui sourd à chaque instant dans nos vies (violence des hommes les uns vis-à-vis des autres, des politiciens ivres de pouvoir, des « hommes de l’ordre » qui font tout sauf garder les citoyens en paix), si face à tant d’absurdité dans les rapports urbains, le seul recours était finalement le nez rouge ? Une simple bille de couleur à (se) poser sur le visage, pour défigurer l’ennemi, le rendant ainsi dérisoire, et se protéger, en prenant la distance du clown face à une réalité insupportable. On connaît l’humour, souvent caustique, dont sait faire preuve Délices Dada. Cette fois, la compagnie prend parti, se prononce (de façon muette mais combien éloquente) sur ce qui merde aujourd’hui dans l’hexagone, et si les personnages ne profèrent pas un mot c’est, avouent les acteurs, parce que tout cela les laisse sans voix … Il faisait bon, cette année, être à Chalon pour se rappeler pourquoi on aime les arts de la rue quand ils se font les porte-parole d’une critique qui ailleurs a souvent bien du mal à s’exprimer. KompleXKapharnaüm et Délices Dada sont également programmés au festival d’Aurillac, qui se tiendra du 19 au 22 août prochain. Ill : Memento, © Michel Wiart Le rêve de Chagall et Boulgakov C’est un rêve en couleurs, à la fois très doux et plein d’énergie. Après son spectacle Emigranti, la compagnie italienne Faber Teater s’est emparée cette fois de l’univers de deux maîtres russes, Chagall et Boulgakov, et a mis à leur service tout son savoir faire en matière de danse, de mime, de musique et de joie de vivre parfois teintée de mélancolie.Un jeune maestro, cheveux longs, redingote et chapeau claque, s’endort dans la rue et son rêve le mène de banquet en mariage, de meurtre en fantasmagorie. On reconnaît, ici et là, telle figure peinte, telle scène décrite, le tout rythmé par des chants et des musiques slaves qui emportent tout. Le plus surprenant est sans doute que, de la commedia dell’arte propre aux Italiens, le Faber Teater réussit, dans ce FaberfEst, à faire le pont avec les clowns russes, si célèbres pour leur force et leur inventivité. Il est rare qu’un spectacle de rue propose, sous une forme joviale et enlevée, des sources d’inspiration si bien assimilées. Présenté en Off au festival de Chalon, ce spectacle a déjà parcouru l’Europe mais étonnamment peu l’hexagone. Dans la région de Turin, le Faber Teater a également la responsabilité d’un festival, Teatri di confine, qui dure cette année jusqu’au 20 septembre. Ceux qui séjournent dans le Piémont peuvent y faire un tour ; ils ne seront pas déçus. 4'sous d'cirq: trois artistes pour un spectacle
On l’avait déjà souligné lorsque le Théâtre de l’Unité avait sorti Oncle Vania des salles, pour le plonger à la campagne, dans le décor naturel dont il est question dans le texte. Une relecture intelligente de la pièce donnait tout son piquant au spectacle. Cette fois, le Cirque Baroque va plus loin : en confiant la mise en scène de L’Opéra des gueux de John Gay à trois artistes, c’est un triple éclairage qu’il permet de porter sur l’œuvre dont il s’inspire. Quasi jamais, en salle, on n’ose pareille approche. Et le plus fort, c’est que ça fonctionne ! Fête dans la ville d'Amiens Increvable, cette Fête dans la ville à Amiens ! 32 éditions et pas une seule ride, si l’on en croit l’engouement du public pour ces artistes du trottoir qui bousculent le centre ville, le troisième week-end de juin, comme un rituel attachant. Jean-Pierre Marcos, son fondateur, aujourd’hui directeur du Pôle régional des arts du cirque et de la rue, revendique haut et fort le genre « animation urbaine ». Et d’expliquer son plaisir à retrouver l’ambiance des origines quand, à Saint Maurice, un quartier peu favorisé, l’événement amène à barrer une rue pour une soirée et à y voir déambuler des spectateurs heureux qu’un changement intervienne dans leur ordinaire. Trente ans après les premières tentatives, rien ne semble avoir changé : les habitants ont toujours besoin que du lien se crée, fût-ce de manière éphémère, et les artistes sont toujours au rendez-vous.Au centre ville, c’est une gigantesque explosion de plumes, place de la Gare, le samedi soir, qui ravit les badauds. Transformé en « place des anges », sous la houlette des Studios Cirque de Marseille, ce carrefour amiénois frémissait encore, le lendemain, de duvets égarés, s’accrochant au mobilier urbain comme autant de traces de la liesse populaire. Dans la rue piétonne et alentour, entre humanoïdes encagés (Les Squames) et sphère domotique (Bull), une trentaine de compagnies tentaient, tant bien que mal, de se frayer un périmètre. Mais le public, bon enfant, heureux d’être dehors par ce week-end ensoleillé de la fin juin, ne semblait pas souffrir outre mesure d’une visibilité parfois difficile, voire impossible. A dix mètres, une autre proposition s’offrait, puis une autre, et encore une autre. Pourquoi se prendre la tête ? Après tout, c’est la Fête dans la ville ! © Laurent Rousselin / Amiens Métropole Le printemps de « De rue de cirque » Bon, c’est un peu convenu, mais on aime le printemps. Les jours qui rallongent, le soleil qui cogne –en théorie- et le retour des spectacles à ciel ouvert. Parmi ceux qui œuvrent joliment à la diffusion des arts de la rue, et du cirque, De rue de cirque, coopérative de diffusion artistique. Elle favorise la circulation des spectacles entre Paris et l’Ile de France, au rayon arts de la rue et cirque contemporain donc, mais aussi marionnette, danse, performances et autres installations d’images… Le coup d’envoi de la saison, c’est ce soir même, devant la Cinémathèque. A l’affiche, « Formation incognito » par la compagnie les Alama’s givrés et « Voyage en bordure du bord du monde » par la compagnie Les 3 points de suspension. Le premier livre un spectacle déambulatoire et dingue sur les questions de sécurité dans la ville ; le second livre l’histoire de Sophoclès sous forme d’odyssée, à grand renfort de géants de foire, crânes chanteurs et vampires prestidigitateurs. Tout un programme… Lire notre rencontre avec Rémy Bovis, à l'occasion du lancement de la saison d’automne 2008 de De rue de cirque. Lancement de la cinquième saison, printemps 2009 vendredi 17 avril à 19h et samedi 18 avril, 15h et 18h, place Léonard Bernstein, Paris 12e, devant la Cinémathèque française. Prog détaillée sur le site de De rue de cirque .
Rêve général à CalaisQuel joli titre pour une manifestation mi-dehors, mi-dedans ! Rêve général prend la place des Jours de fête qui réunissaient à Calais des milliers de spectateurs à l’automne, en alternance avec les Feux d’hiver, clôturant l’année civile. Pour cette première édition (du 8 au 12 octobre), le Channel a réuni des « vieux de la vieille » : Royal de Luxe, Le Phun, Sauvageot, Larrieu, et des plus jeunes qui nous emmèneront dans leurs expériences. Une nuit entière de spectacles est également prévue samedi soir. Rêve général, ou l’art (bien compris) de l’action culturelle qui « retourne » une ville.
Alhambra Container De Ljubljana à Gand, de Cognac à Tarrega, le dernier spectacle de la compagnie Osmosis, créé en coproduction avec le réseau européen de spectacles de rue Meridians, termine (pour cette saison) son périple au festival de Tarrega, haut lieu du spectacle de rue en Espagne. A Gand, lors du festival Mira Miro (anciennement istf), les évolutions des trois danseurs parmi les containers avaient un peu de mal à occuper l’espace, physique et mental, d’un thème aussi solide que l’émigration clandestine. L’idée et le dispositif sont bons et ont fait leurs preuves (notamment dans Flesh et Transit de la même compagnie), reste aux danseurs à trouver leurs marques, les machines, elles, effectuant sans sourciller leur ballet mécanique.Reste que Alhambra Container était, pour les visiteurs étrangers, l’un des spectacles les plus accessibles dans cette édition 2008 de Mira Miro, où la plupart des propositions avaient largement recours au texte (néerlandais). On a un peu de mal à comprendre cette politique de développement d’un art à l’échelle d’une communauté, alors que l’accent est, plus que jamais, mis sur la circulation transnationale des œuvres et des personnes. La rue n’offrant pas, comme la salle, la possibilité de dispositifs de surtitrage, trop de texte, sans que l’image scénique vienne à la rescousse, ne favorise pas vraiment la compréhension. Bref, les arts de la rue en Flandres se portent sans doute très bien, on peut d’ailleurs le vérifier dans le David, le guide fraîchement sorti ; mais ils nécessitent un décodeur … Alhambra Container, au festival de Tarrega, du 11 au 14 septembre Mon Grand Oncle …Posté par Floriane le 12.08.08 à 12:33 | tags : arts de la rue
Il est rare qu’un artiste vienne ouvertement demander un « retour critique » à un journaliste. Généralement, les relations entre les arts de la rue et la presse ne sont pas au beau fixe. Méfiance et surtout méconnaissance des contraintes de l’édition … Programmé à Fest’Arts (Libourne), Sébastian Lazennec n’a pas hésité à faire la démarche. Bingo ! Un blog offre une liberté non négligeable qui permet, notamment, de faire part de coups de cœur dont on n’aurait pas forcément la place ni l’opportunité de parler dans le cadre d’un article plus général. Sébastian Lazennec, membre fondateur de la compagnie Utopium Théâtre, a décidé de mener cette fois une aventure en solo. Il convie, pour l’heure, une vingtaine de spectateurs à l’ouverture du testament de son « Grand oncle », récemment décédé et passionné de marche et des Pyrénées. Un entresort assez basique ? Pas tout à fait. Lazennec qualifie sa proposition de « théâtre intimiste », et il n’a pas tort. Du théâtre, il a la formation et l’expérience ; c’est un acteur rodé, compétent. Le rapport intime au spectateur, on le trouve dans le dispositif choisi : tout le monde s’entasse dans le prétendu appartement du grand oncle. Mais au-delà de ça, c’est le personnage lui-même, conçu et créé par Sébastian Lazennec, et son rapport au public convoqué qui fait mouche. De l’entresort forain, le neveu a le maquillage, trop appuyé pour être honnête, la jambe raide, gaguesque lorsqu’il s’assied, le ton, le regard, les mimiques qui jouent avec habileté sur la corde raide du « vrai faux ». Bien qu’il s’en défende, Lazennec a créé là un texte et un rôle qui pourraient sans problème être joués de manière réaliste, « sérieuse », et tirer larmes et frissons aux spectateurs. Lui, fait naître des sourires, des rires complices, et il a sans doute raison : les messages les plus forts passent mieux quand le public n’a pas l’impression qu’on lui fait la morale. C’est tout en douceur que le drame familial est dévoilé et l’émotion, réelle, naît à la sortie du spectacle, quand on repense à ce couple oncle-neveu qui finalement nous ressemble. Amiens côté rue - la Fête dans la Ville édition 2008
Le week-end dernier, comme nous vous l'annoncions, la ville d'Amiens a respiré au rythme de la Fête dans la Ville, festival des arts de la rue qui porte beau ses 31 ans. Autour de la rue des trois-cailloux, artère principale du centre-ville, des animations quasi non stop, de l'après-midi jusqu'au soir. Ici, un jardinier barbu et à sandales purifie les arbres de la ville au moyen d'étranges cataplasmes (Le balayeur de vent / V.O. Compagnie); là des moutons paissent de manière si réelle sous leur costume que les enfants se pressent pour les caresser ou leur tendre des brindilles d'herbe (Les moutons / Corpus) ; là-bas encore, Madame Lejaune sème le trouble aux feux tricolores. Cette drôle de dame aux allures de reine d'Angleterre en goguette, franchit la ligne jaune dès qu'elle le peut, abat des canards au beau milieu de la chaussée, circule en voiturette électrique sans grand souci du code la route, colle des affiches narcissico-féministes et entreprend tout ce qu'elle peut pour refleurir l'air de la ville. Tout un programme en finesse et en jaune signé Princesses Peluches (illus.).
La Fête dans la Ville d'Amiens
La Fête dans la Ville d'Amiens, 31ème édition, du 19 au 22 juin 2008 (www) La révolte des mannequins du Royal de Luxe![]()
A suivre sur le site La révolte des mannequins (Co-produit par la Ville de Nantes et l'Institut de la marionnette de Charleville-Mézières, cette nouvelle aventure imaginée par Jean-Luc Courcoult s'exportera ensuite à Maastricht, Amiens, Anvers, Calais, Berlin et sans doute Tokyo.) Crédit photo Royal de Luxe/Stéfan/viaFlickr Do you love Lvov ?Posté par Floriane le 12.10.07 à 15:56 | tags : arts de la rue, festival, international, sur la route
Etonnant pays que l’Ukraine. Certains vieillards détalent, littéralement terrifiés, dès qu’un artiste ou un clown tente de les approcher ; certains jeunes adoptent une attitude agressive ; d’autres au contraire se prêtent volontiers au jeu et se portent complices … Un festival de théâtre de rue est souvent une bonne façon de sentir un pays, sa progression vers la démocratie. A Lvov, le festival Golden Lion ne fait pas exception. Là où les révolutions se conçoivent comme une campagne de marketing et où les manifestants sont rémunérés à l’heure, la rue s’avère le reflet d’une population tiraillée entre vieux réflexes et progrès inexorablement en marche : l’Europe n’est pas loin.Quel écart pourtant entre le charme et le confort incomparables d’un hôtel comme le Swiss, sans conteste à l’heure occidentale, et le Lvov, vaisseau d’hébergement hors d’âge ! Quel inconfort de ne pouvoir communiquer directement avec les hôtes, lorsque les traductions entraînent d’inévitables (mais parfois « commodes ») incompréhensions … Il n’en reste pas moins que Golden Lion proposait à l’affiche, fin septembre, une brochette intéressante de spectacles divers : de l’art clownesque généreux du Portugais Enano à la mise en scène léchée et chronométrée de Dansk Rakkerpak dans Le Boxeur et la Ballerine, en passant par les joyeux Hongrois de Langaleta Garabonias sur leurs chevaux-échasses. Les Polonais de KTO présentaient en ouverture leur Don Quichotte tout neuf, où le champ de moulins se transforme visuellement en une image grouillante de clochers (interprétation toute personnelle). En clôture : La Cerisaie, montée par le théâtre Voskresinnia, organisateur du festival. Que dire de ce projet si ce n’est que les dernières images saisissent, en pleine actualité politique. Au moment même où le parti pro-russe remportait les élections législatives, les cerisiers, sur scène, partaient en flammes, la révolution bolchévique gagnait du terrain … Au final, c’est la coalition orange qui s’emparera du pouvoir à Kiev mais ce Tchékhov, à Lvov, avait un goût de clin d’œil, sans doute involontaire. Le Festival Cergy soit ! a soufflé ses 10 bougies Le festival Cergy soit !, qui fêtait ses dix ans le week-end dernier à Cergy-Pontoise, avait décidément mis les petits plats dans les grands. Pas le temps de souffler, tant les propositions artistiques étaient nombreuses et variées. Car n’en déplaise à Serge Chaumier et à son brûlot récemment paru chez L’Harmattan, on ne voit pas très bien comment qualifier, sans les insulter, les centaines de personnes qui oeuvrent pour le divertissement du public sans tomber dans l’animation commerciale pure et dure.Toujours est-il que le public n’a pas boudé son plaisir face à une programmation éclectique, pour tous les âges et toutes les sensibilités. Théâtre d’ombres ingénieusement interactif d’une compagnie au nom improbable : Les chaussettes en pâte à modeler ! Hommage circassien inspiré à Chagall par la famille Rasposo. Voyage sensible et joliment onirique en compagnie de La Valise. Entresort de plein air avec Le Tennis. Chorégraphie ingénument coquine de La Vouivre … Sans oublier la « décoration » du parc : sculptures à base de matériaux de récupération, visant à sensibiliser aux questions environnementales ; pots à feu de Arts tout show … Qu’il est bon de se laisser aller sur l’herbe verte, par l’un des derniers week-ends ensoleillés de l’année, sans se poser de questions existentielles profondes, mais en jouissant de spectacles tout simplement de qualité ! Le site du festival (www) (illus : Prêt à porter, Histoire amère d'une douce frénésie, présenté en 2005) Cargo Sofia : l'Europe des routiers bulgares Comment parler d’un spectacle dont déflorer le processus reviendrait à gâcher le plaisir des spectateurs ? Comment rendre compte de ce périple, Cargo Sofia, qui mène le public de la capitale bulgare à la capitale française ? Tout au plus peut-on souligner la prouesse d’acteurs des deux chauffeurs routiers engagés pour l’occasion, l’intelligence des metteurs en scène, Stefan Kaegi et Jörg Karrenbauer et le renouveau que ce genre d’équipes offre aux spectacles « in situ ». On n’est pas dans le cadre d’un lieu institutionnel, dans la rue tout en n’y étant pas tout à fait – et pourtant le regard porté sur la ville et ses environs n’est plus jamais le même après cette expérience. Kaegi, jeune artiste suisse, aime par-dessus tout le « vrai-faux », la réflexion sociale, politique, les « spécialistes du réel » qu’il met en situation.Créé avec l’aide du réseau THEOREM, Cargo Sofia dresse un tableau original de l’Europe, à travers le regard de deux routiers. Eh oui, toutes les autoroutes se ressemblent, et toutes les villes, d’une certaine manière, finissent par se ressembler, surtout lorsqu’on n’en aperçoit que les périphériques … On n’en dira pas plus. C’est jusqu’au 21 septembre, le nombre de places est très limité. Renseignements auprès du Centre Culturel Suisse (www) qui a eu la bonne idée d’offrir ce spectacle atypique, mais ô combien intéressant, au public parisien. Théâtre de rue : 1er festival Miraklis à Vilnius Le bleu du ciel est tombé dans les yeux des Lithuaniens. Jeunes ou vieux, tous se pressent sur l’avenue rendue piétonne, parsemée de baraques à saucisses, qui jouxtent allègrement les stands d’animation pour gamins et les galeries (pas les pires !) de la capitale. Deux estrades émaillent le parcours, sans compter la grande scène qui trône sur la place de la cathédrale. Pendant trois jours, Vilnius pulse au rythme des Capital Days qui égaille la rentrée depuis 1993. Groupes musicaux bien sûr, sessions de danse en couple, pantomime, capoeira, chorales … tout cela se succède dans une ambiance bon enfant qui mêle les générations.Etonnante Vilnius, qui fêtera en 2009 ses 1000 ans et sera la capitale culturelle de l’Europe. A quelques encâblures du centre ville, les plus aisés barbotent dans « le plus grand parc aquatique couvert d’Europe centrale » : Vichy Vandens Parkas où les danseurs du groupe Tahiti Nui donnent un peu de couleur locale au décor de résine. Au milieu des gratte-ciel aux façades de verre, quelques maisons de bois subsistent, contraste saisissant, avant de replonger au cœur de la vieille ville. Dans le cadre de ces « Jours Capitale », le théâtre d’Oskaras Korsunovas tente, avec l’aide du théâtre de la vielle ville, de renouer avec la tradition du théâtre de rue. Débuts un peu timides pour cette première édition de Miraklis, mais preuve irréfutable que le public est loin d’être frileux et que les événements en plein air sont l’un des leviers majeurs pour les villes actives. Et l’art dans tout cela ? Andrius Rugevicius (illus.) peut en témoigner. Son projet de « DJ instrument collectif » est né dans les galeries d’art et les festivals multi media. Il pose ici en pleine foire ses trois ronds armés de capteurs, où les spectateurs sont invités à piétiner tandis qu’il mixe en direct. Certes le public ne se rend peut-être pas tout à fait compte du processus, mais quel bonheur de voir tout le monde, vraiment tout le monde, s’amuser à s’emparer de l’art contemporain ! Deux facettes d’Aurillac In
© Jean-Pierre Estournet Festival d'Aurillac : mission accomplie !![]() Les rues sont vides, au centre d’Aurillac ; vides de propositions artistiques dépassant le solo ou la fanfare. En lieu et place : des itinérants affalés au milieu de leurs chiens, des vendeurs de chapeaux, ballons et autres produits alimentaires, sono en renfort. L’espace est net, pas toujours propre pourtant, mais ça y est : enfin, il n’y a quasi plus de problème de suraffluence dans les rues de la ville. Pour cela, rien de bien sorcier : programmer la majorité des spectacles In et Off en dehors de la ville, au mieux dans des quartiers reculés, au pire dans des endroits uniquement accessibles en voiture ou en navette. Ce sont les jongleurs, clowns et gratteurs de guitare qui sont heureux : le bitume leur appartient ! Il n’empêche que le visiteur impromptu ou attiré par la réputation du festival en repart avec une impression singulière : « C’est ça, les arts de la rue ? » A force de laisser les valeurs hypersécuritaires faire leur œuvre, sous couvert de permissivité (pas de sélection dans le Off, par exemple), les organisateurs se trouvent coincés dans une logique difficilement défendable, car même certains professionnels, a priori mieux organisés que le spectateur novice, ont fini par jeter l’éponge : impossible de courir aux quatre coins de la ville pour faire moisson de spectacles regardables. On pouvait trouver néanmoins quelques perles, pas trop lointaines. « Plume », le spectacle de La Chouing, duo-duel de comédiens aguerris, au service d’un propos hyper visité (la relation sado-maso d’un couple d’hommes), mais traité ici avec délicatesse, sous la violence apparente. Beaucoup plus léger, mais non sans fond, le groupe Volubilis (illustration) présente, sous couvert de boniment de marché, une méthode « révolutionnaire » d’entretien corporel. La proposition a le mérite de présenter, à tous les publics, un condensé de danse contemporaine bien servi par deux professionnels. Dans le même temps, on se prend à rêver de voir ce spectacle accueillir les aficionados du Théâtre de la Ville, qui reconnaîtraient, au passage, l’écriture de Merce Cunningham, nourrie (réellement) aux méthodes hygiénistes que les Européens avaient emmenées dans leur exil aux Etats-Unis. Dans un autre registre, plus proche de Ex Nihilo, la danse contact improvisée de la compagnie Jeanne Simone sait se jouer des aléas de la rue et compose, avec la complicité d’excellents musiciens improvisateurs tout terrain, une partition mouvante pour circulation, passants et mobilier urbain. Enfin, Eric Sanka revient cette année avec une variation désopilante sur le thème de la répétition du dernier acte : « La Mort d’Elga ». C’est drôle, égratignant largement le milieu du théâtre, ses metteurs en scène mégalo et ses interprètes magnaco-boulimiques. Une belle moisson, finalement, malgré les aléas de la température et des « conditions de sécurité ». Le site du festival d'Aurillac (www) La fête à Libourne Fest’Arts, à Libourne, est un festival sans prétention, ce qui ne signifie pas sans ambition. Patiemment, au fil des ans (16 jusqu’à présent), les organisateurs ont forgé un public, qui a pris l’habitude de ce rendez-vous estival. Dieu merci, cette année, les cieux ont épargné la manifestation, alors que la pluie arrosait généreusement la région quelques jours auparavant. Du coup, dès le jeudi après-midi, plus de mille personnes se pressaient pour les premiers spectacles au parc de l’Epinette. Un public bon enfant, prêt à rire et à s’émerveiller de tout - et malheureusement pas toujours du meilleur, mais comment endiguer ces Off Off Off, chanteurs indiens outrageusement remixés, qui s’incrustent ?Les écoles de cirque pourvoient chaque année le marché de dizaines de groupes plus ou moins originaux. Ils ont ici l’occasion de faire leurs premières armes ou de compléter leur expérience, aux côtés de noms plus reconnus, français et internationaux ; le tout dans une atmosphère de fête, de feria presque. Plus exigeantes, certaines propositions (A petit pas, Albémuth, La Valise) requièrent le repli dans un espace protégé, alors que d’autres (comme Tony Clifton Circus) étalent leur folie créative à découvert. Bref, tout cela est bien vivant et l’on se prend à rêver d’une proposition, un jour (ou une nuit), qui nous permette de redécouvrir les beautés architecturales de la bastide dont les murs dorés n’attendent qu’un chatouillis pour se révéler dans toute leur splendeur modeste. Tous à la rue !Posté par Floriane le 17.04.07 à 12:53 | tags : arts de la rue
Les femmes en noir de Tarrega![]() Un peu plus loin, sur un grand espace vide, c’est le Teatro de la Saca qui a planté ses estrades pour ce que le festival compte sans doute de plus grave de toutes ses propositions de rue : « Führer », titre assez explicite. Parce que les peuples qui oublient leur passé sont immanquablement condamnés au repentir, tous en prennent pour leur grade : les représentants de l’Eglise catholique (et l’Espagne en compta beaucoup) qui, pendant la seconde guerre, se voilèrent la face et livrèrent des juifs aux nazis, mais aussi les victimes de l’holocauste dont le peuple, au nom de la défense d’un territoire, fait aujourd’hui des morts en Palestine. Vietnam, Kosovo, Guernica … autant de noms égrenés à la fin de ce spectacle, pour que personne dans l’assistance ne se sente dédouané. La rue en rose et noir, celle qui s’adresse « au plus grand nombre », pour la divertir mais aussi pour l’avertir. (illus. Fürher) Kristin, 52 ans Jusqu'où une femme de 52 ans, qui cherche du travail, peut-elle aller pour se faire remarquer ?, pour que l’un de ses talents, dont beaucoup prétenduement inutiles ou futiles, soit repéré ? Twirling baton en piétinant le drapeau français dans des grands jets de Coca Cola ; poses désespérées de femme mûre racolant dans une encadrure de porte, sur les paroles d’une chanson parlant de gamine et de viol ; jeu absurde dans une piscine improvisée où les emballages et les aliments, à peine consommés déjà jetés, flottent ou dérivent … Elle sait tout faire Kristin, ou presque, pour dénoncer ce qui la dérange dans ce monde qui, décidément, à bien du mal à tourner rond, sous le vol évocateur d'un hélicoptère jouet et le fracas des pétards qui rappellent trop justement une certaine guerre pas si lointaine. Car ce qu’elle veut, c’est du travail, non pour une compétence technique, mais pour une valeur humaine, la sienne, écorchée, révoltée.L‘une des images les plus fortes de cette performance est l’entraînement au paint ball sur nounours en peluche. Satisfaite, Kristin : elle a presque fait un carton plein ! Mais est-ce pour autant que quelqu’un lui donnera un emploi, à elle qui le réclame à longueur de trottoir, à longueur d’écritures sur sol dénonçant la précarité ? Une fois de plus, Princesses Peluches fait fort, tape juste, parce que, depuis qu’elle vole en solo, entourée de complicités artistiques choisies, l’interprète et conceptrice se sort les tripes à chaque proposition, tout en sachant garder l’élégance de la métaphore, du ludique et d’un regard plein de tendresse pour son personnage. L’une des créations les plus fortes vues au festival Fest’Arts de Libourne. Femmes de rue Contre vents et marées, elles se sont accrochées, au milieu de la foule et des voitures, et ça a marché ! Le public de Fest'Arts les a suivies dans leurs propositions d’univers, de parcours et a pleinement pu goûter leur talent, malgré un environnement peu propice. « Malgré », non dans le sens où une lutte sans merci aurait dû s’engager entre l’artiste, les spectateurs et ce qui les entouraient, mais tout bonnement parce que la magie de l’art et la puissance des interprètes ont eu raison des difficultés.Kristin, la dernière en date des Princesses Peluches, a râlé les premiers jours d’être placée en pleine circulation. Son interprète n’était pas encore assez sûre d’elle, la création étant encore « en cours ». Au final, ce sont ces conditions délicates et la bonne volonté des organisateurs, qui ont permis à Kristin de s’imposer et Caroline (l'interprète) a fini par reconnaître que la difficulté n’a pas que de mauvais côtés, en l’occurrence. Claudia N, elle aussi, a souffert lors de la première représentation de son solo. Crispée, malheureuse, elle a quitté la « scène », désolée d’avoir vu son parterre s’éclaircir. Et pourtant, les valeureux restants avaient été littéralement subjugués par sa force, son personnage et son histoire, au point d’en oublier littéralement ce qui les entouraient, tant l’interprète avait su intégrer habilement les aléas. Le lendemain, plus sûre d’elle, Claudia N ne faisait pas plus de public mais se faisait moins violence, et la magie d’opérer également. Deux grands moments, deux grands spectacles, parmi d’autres, vécus lors de cette quinzième édition de Fest’Arts, un festival qui tient le cap et sait composer une programmation variée, en pleine connaissance des artistes, de la ville et de son public. |
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