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L'actualité du Festival off d'Avignon. Tous les billets consacrés à cette manifestation sur Saisons. Voir aussi l'actualité du festival d'avignon
Théâtre à Paris : ça continue (parfois) l’été
Et à Paris ? Paris quartier d’été célèbre ses vingt ans avec Bartabas notamment. Les théâtres publics, eux, ont baissé leur rideau en juin et le rouvriront en septembre. Bon nombre de théâtres privés aussi. Outres les temples de l’humour, restent pourtant quelques oasis qui accueillent les amateurs de mots au calme… La preuve en trois escales...
Le jour de l’italienne. Plongée dans les coulisses d’un spectacle, en compagnie… d’une jeune compagnie. C’est « Le jour de l’italienne », créé au festival Off d’Avignon en 2007 et qui, depuis, taille joliment sa route. Après le Théâtre 13, où il a été repéré par Gérard Maro, directeur de l'Oeuvre, il est donc à l’affiche du Théâtre de l’œuvre jusqu’au 8 septembre. Antigone. On n’a pas encore vu ce spectacle, qui vient tout juste de commencer mais on aime la démarche du Théâtre permanent de Gwenaël Morin qui, depuis le 1er janvier dernier et jusqu’au 31 décembre prochain accueille le public chaque soir pour des représentations et chaque matin pour des ateliers de transmission. On plonge là aussi dans les coulisses de la création avec des œuvres du répertoire qui portent toutes un nom de héros. Après "Tartuffe" et "Bérénice", place à "Antigone" et bientôt "Hamlet". Jusqu’au 24 septembre, Laboratoires d’Aubervilliers. Illus dr. Pierrette Dupoyet - le théâtre pour sacerdoceCela fait 27 ans qu'elle est fidèle au festival d'Avignon. Et attention les yeux, Pierrette Dupoyet ne se contente pas de venir y présenter sa dernière création, seule en scène. Non, la comédienne / metteur en scène auto-produite propose pas moins de trois créations, seule en scène, dans trois théâtres différents ! Figure du festival, elle tourne énormément le reste de l'année. "Je me reposerai quand je serai morte" aime-t-elle à dire. Depuis le début des années 80, elle choisit de grands personnages - Soeur Emmanuelle, George Sand, Dreyfus, Don Quichotte, Sarah Bernhardt et, dernièrement, Boris Vian et Jean Cocteau, et s'empart de leur biographie à coeur perdu afin d'en offrir un pan au public, dans une incarnation habitée. De et par Pierrette DupoyetUne telle énergie méritait qu'on s'y arrête un petit peu. Ce fut une dure journée que de suivre Pierrette Dupoyet. Et encore, je n'ai pas poussé le professionnalisme jusqu'à me lever aux aurores pour aller accrocher des affiches avec elle, ni à me coucher à point d'heure pour l'observer dans ses arcanes administratives. Vian, je t'attends... à 11 heures au Bourg Neuf Cocteau... lettres à une amie chère : ma mère, à 14h30 à l'Albatros L'amour plus fort que la mort ou une Fleur chez les Chiffonniers, à 17h55 à la Luna Video C. Richon Les affiches les plus mystérieuses
Devant certaines, on reste pantois. C'est quoi, c'est où, c'est quand ? C'est bien une affiche annonçant un spectacle au moins ? A ma gauche voici Hsu Yen-Ling x Sylvia Plath, une pièce des Shakespeare's Wild Sisters Group venues de... Taïwan (festival de théâtre INTERNATIONAL, s'il vous plaît). "Le nom de la troupe est inspiré par un personnage d'un livre de Virginia Woolf. Cette troupe met en évidence le talent de femme contraint par le patriarcat. Dans la pièce, le rôle principal est tenu par une actrice, Hsu Yen-Ling, qui interprète la poétesse Sylvia Plath. Incarne-t-elle le moi de Sylvia Path qui se reflète dans ses oeuvres, toutes les facettes du moi profond de la poétesse, tous les personnages qui ont rythmé sa vie ?" Enfin, on vous dit ça parce qu'on a fini par trouver plus de détail dans le (gros) programme du Off, après déchiffrage des toutes petites écritures sur l'affiche... Finalement, malgré l'aspect inquiétant et assez illisible du support de communication, cette pièce fait bien envie. A ma droite, quoi donc ? Il m'a fallu plusieurs jours pour déchiffrer le titre (hum. Après l'avoir lu à haute voix, et enfin compris, je me suis dit que, décidément, le tourbillon d'Avignon boulverse bien les neurones!) Pas ce qu'il y a de plus immédiat, tout de même, d'autant que les gugusses derrière - hommes ou sculptures ? - n'aident guère à percer le mystère. Mais il se dit dans les rues d'Avignon que ce spectacle venu d'Israël serait un des moments forts du festival. Alors...
Hsu Yen-Ling x Sylvia Plath, de Man-Nung Chou, par les Shakespeare's Wild Sisters Group, du 8 au 30 juillet à 22h05 à la Condition des Soies STONES, du Orto-Da Theatre Groupe (Israël), du 8 au 29 juillet à 12h40 au Théâtre Buffon Une scène gratuite ! Courteline opéretteGeorges Courteline a écrit à la fin du XIXème siècle et pourtant, on croise tous les jours des gens qui ressemblent aux personnages qui peuplent ses pièces. C'est même assez étrange de constater combien les ressorts d'une conversation entre un employé et un patron n'ont pas changé, combien les engueulades de couple empruntent éternellement le même chemin... La compagnie Ici et Maintenant propose un univers en noir et blanc et en musique pour donner corps à quatre courtes pièces de l'auteur : La paix chez soi, Monsieur Badin, La peur des coups et Mentons Bleus. Les visages sont peints en blanc pour mieux transformer les sketches naturalistes en saynètes expressionnistes. Un moment très plaisant dont on regrette seulement qu'il soit trop court. Et comme la maison ne recule devant rien, voici une scène gratuite. Courteline opérette, quatre pièces de Georges Courteline, mise en scène Christine Berg Aux Trois Soleils du 8 au 31 juillet à 13h30 Avignon Off Les affiches les plus sexe
Les affiches les plus sexe sont sans conteste celles du Palace. Faites l'amour avec un Belge, Les monologues du pénis, Ma femme me prend pour un sextoy, ou encore Ma voisine ne suce pas que de la glace, (j'en passe et des tout aussi joyeuses), un programme salace à méditer... en suçant sa glace dans les chaudes ruelles d'Avignon. Mhmm...
Le Palace, 38 cours Jean Jaurès, 5 salles climatisées, 30 spectacles : one man show, comédie, chansonnier, stand up, vedette découverte... Les affiches les plus basiques
Le titre, le lieu et l'heure, c'est tout ce qu'on demande ! Ah, peut-être juste une petite photo. D'accord, mais alors basique elle aussi s'il vous plaît.
La photo du spectacle La belge et le clochard (!), voir cliché central ci-dessus, illustrant une affiche format géant mais néanmoins ultra-basique, mérite un agrandissement.
Le flyer du spectacle nous en dit beaucoup plus. Par exemple, et je ne résiste pas à l'envie de vous les recopier, il répercute des vrais avis de vrais spectateurs : "J'en suis resté baba" (un patissier) "Les Sullon nous envoient du rire en plein dans la poire" (William) "En tant que reine des fleurs, nous disons de leur spectacle : le beau joli est arrivé" (les 6 roses) Désopilant on vous dit.
La Belge et le Clochard par les Sullon, du 8 au 31 juillet au Théâtre le Forum à 17h45
Quebrada, couleur tango
Sous une déstructuration feinte, la danseuse construit son solo à grands renforts de séquences chorégraphiques fragmentées et de sourires malicieux. Elle s’habille et se déshabille, tour à tour sensuelle créature en robe et hauts talons, gaucho argentin ou Indien du fin fond de la campagne. Elle explore divers genres, tango et danses traditionnelles, jeu burlesque façon films muets des années 30 et pas folkloriques, sans oublier d’en rire. « Je danse de l’orteil à l’oreille ». Elle est drôlissime et sérieuse, fragile et solide, sensible et pleine d’une imagination joliment orchestrée par Karine Monneau. « Quebrada », mis en scène par Karine Monneau. Maison des avocats, 15 heures, jusqu’au 28 juillet.
Diogène Ntarindwa de la guerre au théâtre
Nom : Ntarindwa. Prénom : Diogène. Signes particuliers: d'origine rwandaise, l'homme est né en 1977 au Burundi. Dans son parcours, le Front patriotique rwandais et le conservatoire de Liège. Aujourd'hui comédien, il est face à nous, long corps mince, tenue noire, fines lunettes, pour se raconter. Et dire l'influence de la grande histoire sur des foules de petites histoires. Celui qui « a toujours été curieux et turbulent » interroge encore, et toujours le passé de son pays et le sien. Avec humour et gravité parfois. Les souvenirs d'enfance, d'adolescence, c'est un parfum de nourriture autant que les couleurs d'un marché, les odeurs de cadavres et les terrains minés, l'ombre du génocice qui plane sur tout. Diogène incarne tour à tour les sages de son pays et les instituteurs, les gosses et les jeunes soldats -dont il fut-. Il vibre, il rit, il vit. Et nous avec lui. « Carte d'identité », à la Manufacture, jusqu'au 28 juillet. Relâche le 20. Pierre Ascaride ou le plaisir des mots
Deux énergumènes jonglent avec les mots de Francis Blanche, Pierre Dac, Bobby Lapointe, Alfred de Musset, Georges Perec, François Rabelais, Marcel Proust et bien d'autres encore ! Pierre Ascaride avait imaginé ces jeux de langues il y a plus de dix ans. Aujourd'hui, il a éprouvé le besoin d'en rajouter une couche car, comme l'explique un comédien en introduction au spectacle, la langue française a plus besoin que jamais qu'on se batte pour faire entendre son infinie richesse. Revoici donc Pierre Ascaride avec Jeux de langues, le retour. Le spectacle fait salle comble à Avignon. Un petit plaisir des mots le matin, ça ne peut pas faire de mal au festivalier engourdi ! Pour vous et pour vous seuls, chers lecteurs, Pierre Ascaride a accepté de répondre à quelques questions... du 8 au 31 juillet, Au Petit Louvre (Van Gogh), à 11 heures Avignon Off
De truculents « Délires à deux » Ils ont le même pyjama blanc. Voilà tout. Pour le reste, ces deux-là n’ont pas de point commun, et ne s’entendent sur rien : la différence entre une tortue et un limaçon , la raison pour laquelle ils sont ensemble depuis 17 ans et pourquoi lui l’a arrachée à son matelassier de mari et à ses enfants –même si elle n’en a pas- ? Ils se donnent du « mollusque » et de l’«andouille » en guise de petits noms affectueux, et affichent une triste lucidité sur leur histoire. « Dès le premier jour, j’ai compris qu’on ne se comprendrait pas », lâche-t-il. L’incommunication est grande, l’espace se rétrécit… et dehors c’est la guerre. Décor noir et blanc, mariés de pièce montée enfermés dans une cage à oiseaux, noms d’oiseaux qui volent. « On n’est pas difficiles, on s’amuse partout tant qu’il y a du conflit ! »
Et le public aussi s’amuse, qui assiste, hilare, à cette chronique d’un désastre annoncé. La langue de Eugène Ionesco, comme toujours magnifiquement tricotée, est ici servie par deux acteurs de haut vol : Danièle Lebrun, délicieusement désagréable, Bernard Malaka, merveilleusement odieux, sous la baguette de Christophe Lidon. C’est absurde et cocasse, c’est une truculente récréation , c’est une parenthèse réjouissante pendant que tant d’autres spectacles s’attachent à dire les horreurs du monde… « Délires à deux » de Ionesco, mis en scène par Christophe Lidon. Théâtre du Chien qui fume, 19h15, jusqu’au 31 juillet. Nos fidélités dans le Off - La bataille de WaterlooOn n'oublie pas de si tôt un coup de coeur comme celui que j'avais vécu en 2006. Rappelez-vous, Peepshow dans les Alpes de Markus Köbeli. Tombée immédiatement sous le charme du Théâtre Régional des Pays de Loire, je n'avais pas manqué, plus tard, la troupe de Patrick Pelloquet lorsqu'elle était passée en région parisienne avec un Labiche. En bonne fan, je me devais donc de prendre mon ticket les yeux fermés pour leur dernière production présentée à Avignon.
L'enfer : seule avec quatre kilos de pâte à pain
Pour donner corps à ces images mentales, Babette Masson, férue de théâtre d’objets, pétrit la pâte et donne naissance à des figures animales ou humaines, ou les deux à la fois. L'enfer de Marion aubert, avec Babette Masson, mise en scène Laurent Fraunié. Jusqu'au 28 juillet à 20h30 à La Manufacture, 2 rue des Écoles, Avignon, 04 90 85 12 71. Ill. © : Jef Rabillon « L’amour de l’art » ne suffit pas Diastème connaît bien le festival d’Avignon. Il y a écrit et mis en scène plusieurs pièces, « 107 ans » ou « Les justes » d'Albert Camus, l’an dernier. Il en a même fait un joli film, « Le bruit des gens autour », sur la condition d’artiste et les coulisses du plus grand événement théâtral du monde. Alors son « Amour de l’art », on y allait avec appétit. On en ressort le ventre vide. Commençons par le point positif : la distribution féminine. Ces damoiselles, Emma de Caunes et Jeanne Rosa tirent assurément leur épingle du jeu. Celle-là, en Manon, jeune actrice incarnant Marilyn dans sa dernière journée, celle-ci en Sissi, fidèle amie, maquilleuse, costumière et, tout naturellement, éponge des pleurs et des doutes de la vedette qu’elle accompagne. Toutes deux sont fraîches, pétillantes, drôles quand il le faut, touchantes, aussi parfois. Là où ça se gâte, c’est quand Frédéric Andrau, alias Manu, le régisseur lumière fait son entrée, vraiment un cran en dessous.
L’histoire, rencontre amoureuse de l’étoile et de l’homme de l’ombre, est cousue de fil blanc, le texte léger, les clichés véhiculés sur les techniciens de théâtre en province vraiment limite, même sous couvert d’humour, les va-et-vient entre scène et coulisses un peu répétitifs. Enfin, le final sous un ciel étoilé, neu-neu à souhait. L’amour de l’art ne suffit pas. Encore faut-il avoir la manière… « L’amour de l’art », Théâtre du Chêne noir, 21h, jusqu’au 29 juillet.
Titres de spectacles: le Top 3 du pireLe moins qu'on puisse dire c'est que le mot "festival d'Avignon" ne rime pas toujours avec bon goût. Au petit jeu des spectacles à l'humour au ras des pâquerettes, on peut évoquer les spectacles eux mêmes, les parades ou les affiches. Mais aussi les titres. Parfois quelques mots suffisent pour donner le ton...Au sommet du top 3 des pires titres, pas de doute, la pièce à l'affiche du Palace à 22 h15 décroche le pompon: "Ma voisine ne suce pas que de la glace". Pas sûr d'avoir envie de savoir ce qu'elle suce d'autre... Dans le même goût... et dans le même théâtre, à 18h20 cette fois "Ma femme me prend pour un sextoy (Las Vegas Libido)". On est un peu sceptiques sur l'humour inhérent à "Buchenwald, concentrons-nous", aux Ateliers d'Amphoux, qui raconte "la rencontre insolite entre un philoosophe aveugle et un simple d'esprit unijambiste". Hmmm...
Karl Valentin et rien d'autre : démonstration !Ils sont sympas : ils nous offrent une petite démonstration en vidéo de leur spectacle ! Nul doute que ces quelques images rapides aiguiseront le besoin de nos lecteurs d'aller voir ces deux charmants garçons en chair et en os - et en slip. Ceux qui aiment en avoir pour leur argent côté costumes flamboyants, décors fantasmagoriques, bandes-son délirantes, devront réviser un chouillat leurs attentes. Ceux qui aiment une certaine radicalité seront servis. Avec la compagnie Obrigado, la radicalité est de celles qui misent avant tout sur le jeu du comédien. Et ça change au passage de ces spectacles où radical rime avec lecture sur ton monocorde par exemple. Suivez mon regard. Karl Valentin donc. Ils avaient envie de jouer Karl Valentin. Mais Karl Valentin, c'est la liberté absolue. Alors ils ont pris la liberté de digresser. D'aller au bout, et plus loin encore, du délire de l'auteur. Quand ils disent Karl Valentin et rien d'autre, ils mentent bien sûr, d'une mauvaise foi fascinante. Il y a Karl Valentin, à la lettre, et il y a aussi beaucoup beaucoup d'autres choses. Les jeux de lumière les plus osés de la terre par exemple. Des questionnements métaphysiques graves. De la schizophrénie alarmante. De l'action, de la réflexion, de la déconstruction ! Clown, burlesque, absurde, Karl Valentin et rien d'autre est tout ça à la fois, dans ce que chacun de ces termes a de plus beau. Vous l'aurez compris : ce spectacle est un bijou à voir et puis c'est tout. Karl Valentin et rien d'autre - une comédie burlesque, textes de Karl Valentin et de la compagnie Obrigado A l'Alibi, du 8 au 31 juillet à 17h15 Avignon Off Un Pourceaugnac haut en couleur(s)
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Isabelle Starkier, reine du Off ? La metteuse en scène a rien moins que six spectacles à l'affiche cette année, dont deux destinés au jeune public. Parmi les quatre autres, « Monsieur de Pourceaugnac », qui revient à Avignon après un franc succès l'an dernier et une programmation au long cours au Théâtre Silvia Monfort, à Paris. Ce Pourceaugnac-là vaut largement le détour... D'abord parce que le texte de Molière, pas si souvent monté, est d'une acuité et d'une actualité féroces. Ensuite, parce que pour dénoncer l'intolérance criante et la mesquinerie, elle confie le rôle de la victime du Limousin, de « l'étranger » à un acteur noir, ici tout de blanc vêtu et perruqué. Enfin, parce qu'elle mène cette comédie-ballet tambour battant et que ses cinq acteurs font merveille. Julie et Eraste, tourtereaux contrariés dans leur amour par la volonté de la mère qui entend marier sa fille à un môssieu de Limoges, multiplient les stratagèmes pour bouter l'indésirable hors de chez eux en l'accusant de tous les maux. Ils sont aidés en cela par un valet napolitain. A grand renfort de costumes et de masques, voilà les trois odieux tour à tour médecins et infirmiers, avocats et soldats, créancier belge, épouses tombées du ciel et nourrissons. Là, seul Pourceaugnac avance à découvert avant de repartir chez lui, nu, menotté dans un bruit de charter ! Rien de tel que l'humour débridé et les trouvailles originales et cocasses qui jalonnent cette pièce pour dire la cruauté sans bornes de l'humain. « Monsieur de Pourceaugnac », jusqu'au 31 juillet, Fabrik Théâtre.
Bruits de palaisAvignon n'est pas Cannes, on l'a dit et redit, pourtant, ça n'empêche pas qu'un certain nombre de personnalités du théâtre, du cinéma et de la télé y traînent leurs basques. Premier d'entre eux, Frédéric Mitterrand. Le festival est un passage obligé pour chaque ministre de la culture, à plus forte raison s'il vient d'être nommé. Mais celui-là n'a pas fait escale à la Cour d'honneur, comme le veut la tradition. Il a évité les onze heures de spectacle de Wajdi Mouawad ou la première de "(A)pollonia", hier soir, préférant découvrir "Angelo, tyran de Padoue" mis en scène par Christophe Honoré au Théâtre municipal. Qu'est-ce qu'on court voir dans le Off ? DéBaTailles Si l'esthétique est moins flamboyante que celle du spectacle phare du Studio des Hivernales, DéBaTailles, côté Théâtre des Hivernales, part d'une thématique tout aussi binaire : quand les Delgado Fuchs pariaient sur un rose contre bleu, Denis Plassard, lui, oppose... les blonds aux bruns ! Il est donc question ici de joutes, de défis, de batailles entre mâles sûrs de leur puissance et de leur supériorité. Les alliances se font et se défont au gré des changements de perruques. La musique, jouée en direct, alterne accordéons folkloriques, jazz-rock dynamiques, solos de guitare électrique déchaînée et même, percussions asiatiques. Seize défis en tout. Avec chacun un thème : "défi prise de tête (lentement et grossièrement)", "défi mutants" ou encore "défi kung Fu"- mon préféré... Ces gars-là sont très forts en portés et en "enchevêtrés" (le terme doit bien exister. En tout cas, pour la compagnie Propos, il faudrait l'inventer..) Assez rare dans un spectacle de danse contemporaine, les applaudissements éclatent de ci de là, saluant des performances qui relèvent souvent de l'acrobatie. Décidément, rien que pour pouvoir assister à ce genre de spectacle qui tourne habituellement en régions, les Parisiens ne regretteront pas d'être descendus à Avignon !
DéBaTailles, Cie Propos, Denis Plassard Illus © C. Ganet L'affiche la plus discrète
Il se trouve qu'on a déjà vu le spectacle, et deux fois même. Et qu'on vous en a déjà parlé (une fois, deux fois). On a dit que c'était vraiment très bien (surtout la partie Carmelle), et on le redit maintenant. Voilà ce que c'est, Carmelle, de vouloir faire la modeste ! Et dans le Off ? Jour de tour / Christian Prigent
Illus Qu'est-ce qu'on va voir dans le Off ? Chatroom
Le théâtre se doit d'être en phase avec son temps (n'est-ce pas ?) et le temps d'aujourd'hui, c'est internet, c'est msn, c'est le chat. Oui, mais quoi de moins théâtral qu'un clampin seul devant son clavier ? Enda Walsh, auteur du fameux Disco Pigs, a laissé cette considération aux metteurs en scène et a construit Chatroom comme un thriller trépidant. Six ados discutent sur le forum "sujets coriaces" d'un site de discussion. "On est des somnanbules attendant que les choses se passent plutôt que d'agir pour qu'elles bougent. Ce serait tellement génial d'accomplir quelque chose d'important. D'avoir une véritable cause à défendre". Ainsi s'exprime l'un deux. On remarque au passage que l'auteur ne prétend pas tout dire du phénomène des chatrooms et ne se perd pas en langage msn. Les "mort de rire" prononcés à plein sont d'ailleurs excessivement drôles. Eva l'ex-fan de Britney, Emily la sensée, William le cynique, Jack le suiveur, Laura la déjà-adulte trouvent leur cause en Jim. Jim la tête de turc, pour qui le suicide semble bien la seule issue possible. Ecouter les problèmes de Jim, tenter d'aider Jim, tenter de l'aider à... se suicider. Sylvie de Braekeleer, à la mise en scène, réussit à rendre parfaitement crédible cette bande de jeunes bien de notre temps. Ils sont dans leur chambre, à leurs petites affaires, et pourtant bien là, devant nous, en train de chatter entre eux. Le public n'a même pas le temps de s'ennuyer. Les jeunes comédiens sont absolument géniaux (euh, comment je dirais ça si j'avais quinze ans : "trop top" ?). On rit beaucoup, on a très peur. Ce n'est peut-être pas le spectacle parfait, mais ça y ressemble.
Chatroom, d'Enda Walsh, mise en scène Sylvie de Braekeleer
P.S. Et puisqu'on aime à trouver des ponts entre le In et le Off, notons au passage que Wajdi Mouawad, artiste associé de cette édition du festival, avait monté Disco Pigs d'Enda Walsh... au Théâtre de Poche de Bruxelles il y a de ça, oh, dix ans...
Illus © Stéphanie Jassogne Vu des coulisses - BintouEt de l'autre côté du rideau, c'est comment ? Cliquez et vous saurez. Du maquillage au salut final, la généreuse équipe de Bintou révèle tout. Bintou drame familial sur fond de violence de banlieue et d'excision Pièce de Koffi Kwahulé (1997), mise en scène Laëtitia Guédon A la Chapelle du Verbe Incarné du 6 au 31 juillet à 13h45 Avignon Off Vidéo C. Richon Les affiches les plus divines
Que les âmes perdues festivalent en paix dans la cité papale, Dieu ne les a pas abandonnés.
Inepties volantes / Ecorces de peine : même combat
Dieudonné Niangouna, D' de Kabal. La musique imprègne leurs mots - cris d'accordéon pour l'un, beat box pour l'autre. Les images, sombres et sobres, impriment leurs voix dans nos mémoires. Le Congo-Brazaville ou la Seine-Saint-Denis via les Antilles, c'est une même urgence qui pousse les deux hommes à déverser leur flot de paroles sur un plateau de théâtre. Deux grands moments de quasi-recueillement à vivre pleinement à Avignon. Le privilège du In est pour Dieudonné Niangouna d'avoir la participation de la lune et celle du vent qui souffle dans les arbres du cloître des Célestins, lieu hautement magique du festival...
Les Inepties Volantes de Dieudonné Niangouna
![]() Ecorces de peine, un spectacle conçu par D' de Kabal Théâtre / Slam / Danse / Human beat box
L'affiche la plus accrocheuse
Vite, vite, on se renseigne. Que cache un visuel si aguicheur ? Un coup d'oeil sur la plaquette des Hivernales et on apprend qu'il s'agit du spectacle des Delgado Fuchs, duo belgo-suisse. Que le centre de développement chorégraphique PACA l'ait choisi pour illustrer sa programmation de l'été s'impose comme une évidence. On apprend également que le titre du spectacle est aussi prometteur que le visuel : Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge. En plus du prix de l'affiche la plus accrocheuse, ce spectacle peut également se voir attribuer les mentions spéciales de titre le plus long ou de titre le plus déjanté... Ne reste plus qu'à courir voir le spectacle, car on pressent que voici le genre d'événement pour lequel il va rapidement devenir impossible d'obtenir un sésame pour ces 45 minutes de... de quoi donc alors ? Avec une telle affiche, on rêve de bulles, d'acidulé, d'osé ! Youpi ya ! Mister Delgado et Misses Fuchs ne nous on pas vendu du vent ! Leur manteau long... est un vrai bonheur. Plein d'humour et de légèreté, le spectacle ne tombe jamais pour autant dans l'insignifiant. Dans une succession de micro-séquences et d'ambiances qui savent prendre leur temps, les deux danseurs / chorégraphes appellent le spectateur à être le témoin de l'acte chorégraphique, de l'échauffement des danseurs au cocktail d'after-show, en passant par le comptage des pas, l'importance des costumes ou la problématique des corps dénudés... Sexy et intelligent, un must, vraiment.
Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge, Delgado Fuchs, Belgique francophone / Suisse Pour ceux qui auraient besoin d'un petit appetiser supplémentaire, voir la vidéo sur le site des Delgado Fuchs : www |
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