Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité du Festival off d'Avignon. Tous les billets consacrés à cette manifestation sur Saisons. Voir aussi l'actualité du festival d'avignon

Le cul de Judas au Théâtre Marigny

Posté par Nedjma le 15.12.06 à 17:33 | tags : avignon off, théâtre marigny
« Si j’avais 15 théâtres, je programmerais 15 fois par jour le Cul de Judas. Comme je n’ai pas de théâtre, je me suis contenté de le voir 15 fois ». La phrase, signée Daniel Pennac, est placée en exergue du programme du spectacle. On ne partage pas franchement son avis. La pièce, grand succès du festival off d'Avignon en 2005 et 2006 montre selon nous, les limites de l’exercice du monologue au théâtre. Le très beau texte d’Antonio Lobo Antunes est le récit de la descente aux enfers d’un médecin des armées dans l’enfer du bourbier angolais. L’écriture est ténue, imagée, l’histoire poignante et l’acteur, François Duval, plutôt convaincant. Pourtant, le spectacle tient difficilement la durée, et la mise en scène quasi-inexistante – un homme assis seul sur une chaise pendant une heure quarante - nous fait perdre le fil d’un récit qui aurait pu nous passionner.
 
Le cul de Judas d’Antonio Lobo Antunes, mis en scène et interprété par François Duval, jusqu’au 30 décembre, mar-sam 21h, dim 16h30. 01 53 96 70 00. (www)

Avignon, sa rumeur, son bar-bar

Posté par Nedjma le 24.07.06 à 16:41 | tags : avignon off
"- Tu trouves pas qu'il y a moins de monde que d'habitude ?
- Ah non au contraire...
- Moi je crois que les gens sont pas venus parce qu'ils croyaient qu'il y aurait des grèves...
- Non, c'est à cause de la crise dans le Off...
- Ouais ou plutôt du programme...
- J'ai entendu dire qu'un tiers des compagnies étaient déjà parties"
Ainsi va Avignon. Ainsi va son festival. Ainsi vont les discussions du type café du commerce. Ce genre de phrases, on les entend à peu près chaque année, à peu près partout... Au bistrot, dans les files d'attente, dans les allées du Cloître Saint-louis ou chez la boulangère du coin. L'édition 2006, soixantième du nom, ne déroge donc pas à la règle.
Quoi qu'il en soit, quinze jours après le lever de rideau, cinq jours avant la fin du In, une semaine avant celle du Off, le public est là - il faudra attendre un peu pour les bilans -, les comédiens jouent, les tracteurs tractent, les commerçants commercent, et les intermittents luttent encore. Et c'est normal, et ça n'est pas gagné... Quant à moi, qui ai pris le relais de Julie, Catherine et Julien, j'arrive... Le temps de goûter à l'ambiance d'un festival presque en touriste - ce qui me change -, et aux rhums coca du Bar-Bar. Le lieu de rencontre, et plus si affinités, des équipes du In - dont Catherine a dit le plus grand bien après une soirée de fête - est cette année plus convivial. Scénographié par Camille Perreau, il joue la carte de la couleur, du bois, et de la bonne musique. Le temps de goûter, aussi et surtout, aux spectacles, je vous rassure.
On y revient... très vite.

Alis, la langue coupée en 2

Posté par Julien le 18.07.06 à 18:25 | tags : avignon off

Petite entreprise onirique depuis près de 20 ans, Alis officie aux frontières du spectacle vivant, de l’édition, des arts plastiques et des arts numériques. Essentiellement visuels, ses spectacles procèdent d’une étonnante découverte : chaque mot de la langue française, écrit, peut être sectionné « d’un gigantesque coup de bistouri horizontal », puis chacune des moitiés célibataires recollées à une autre selon un nombre conséquent de possibilités.

Par ce procédé que les surréalistes n’auraient pas renié, on découvre que des mots qu’on croyait familiers recèlent tous des moitiés insoupçonnées et parfois cocasses. Voici la poésie à 2 mi-mots. Montée comme une conférence et une pseudo-enquête historique, à la fois très docte et complètement branque, La langue coupée en deux est le genre de spectacle qui vous décroche lentement la mâchoire inférieure et vous fait lâcher des « ooh » béats.

 

La langue coupée en 2 de Pierre Fourny, Cie ALIS / Picardie
à 14h00 | du lundi 10 au 21 juillet, sans relâches. Durée : 1h10
au Palace  Théâtre 38, cours Jean-Jaurès, Avignon

Une laborieuse entreprise - H. Levin à Avignon

Posté par Catherine le 17.07.06 à 12:34 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off, arts visuels

Laborieuse entrepriseSi certains se découvrent fan de Nadj, je suis pour ma part une inconditionnelle d’Hanokh Levin. Voir ici, ici, ou encore . Donc, quand j’ai vu qu’ici à Avignon une seule pièce de cet auteur israélien était présentée, je me suis précipitée. Il s’agit de Une laborieuse entreprise, comédie écrite en 1990 .
Un couple au lit. Yona, le mari, n’en peut plus de cette vie, il rêvait d’autre chose et il le dit à sa femme, Leviva. Il veut la quitter. Les échanges sont féroces. Longue scène de ménage où les aveux les plus personnels ne changent rien à la vacuité et à l’inutilité de l’existence. D’ailleurs la mort qui survient ne change rien non plus. En tout cas, elle n’empêche pas Yona de se lever pour aller aux toilettes.
Sur le mode de la comédie, Levin décline une fois de plus sa vision joyeusement désespérée du monde. Un texte au scalpel, comme d’habitude, très bien servi ici par le jeu subtil et précis des comédiens du Théâtre des Agités, pour qui l’interprétation de ces rôles, très physique, est une véritable performance.
Allez, je vais me risquer à une petite critique du texte: quelques redites aurait pu être évitées, le tout est légèrement trop long. (Mais c’est quand même une pièce géniale).
Une laborieuse entreprise, de Hanokh Levin, par le théâtre des Agités, mise en scène Jean-Pierre Berthomier
avec Christine Joly, Phlippe Lebas, Jean-Pierre Mesnard
jusqu’au 29 juillet 2006 à 11 heures au théâtre des Halles, Festival d’Avignon Off


Koffi Kwahulé - reproduire l'émotion de l'improvisation

Posté par Catherine le 16.07.06 à 08:17 | tags : théâtre, entretien, festival d'avignon 2006, avignon off

Koffi KwahuléKoffi Kwahulé présente au festival Off d'Avignon 2006 son avant-dernière pièce, Blue-S-Cat, qu'il met lui-même en scène. Rencontre impromptue après la représentation.

Est-ce la première fois que vous mettez en scène vos pièces ?
Non, je l’avais déjà fait deux fois. En ce moment, j’écris moins de théâtre et de plus en plus de romans. Mettre en scène est une façon de rester dans le théâtre.

Vous n'avez plus envie d'écrire pour le théâtre ?
J'ai l'impression d'avoir besoin de me mettre en jachère par rapport à l’écriture théâtrale. J’ai écrit une trentaine de pièces de théâtre et j’ai besoin d’explorer d’autres formes littéraires, quitte à revenir ensuite au théâtre. En effet, j’ai l’impression d’être arrivé au bout d’un processus avec Misterioso 119 (paru en 2004, ndlr).

En quoi consistait ce processus ?
J’ai travaillé sur les différentes formes de choralité : comment orchestrer des voix, comment deux personnes ensemble suffisent, si on écoute attentivement, à créer un choeur en se disant simplement "bonjour/bonsoir." Ce sont les moments où les mots deviennent autre chose que de la parole et s’approchent de la musique, qui m’intéressaient.

Vous basez votre écriture sur la musique.
Oui, très souvent je pars de thèmes ou de moment musicaux, essentiellement de jazz, que j’essaie de retraduire au théâtre. Ce qui n'est pas évident puisque justement, le jazz est une musique non écrite.  Il s’agit de chercher à reproduire l’émotion que produit l’improvisation dans quelque chose qui sera de toute façon fixé.

Que signifie ce titre étrange, Blue-S-cat ?
Blues car la pièce peut être reçue comme un long blues, mais un blues entrecoupé de scat. Les titres de mes oeuvres sont souvent en anglais. Cela a bien sûr à voir avec le jazz, mais c’est aussi parce que les thèmes que j’aborde relèvent souvent d'univers plutôt anglo-saxons, américains. Je ne suis pas spécialement un missionnaire de la francophonie. J’essaie de fabriquer des émotions et je pense que ces titres (Babyface, Big Shoot, Blue-S-cat etc.) correspondent à ce que j’écris, tout simplement.

Parlez-nous de Blue-S-cat.
C’est mon avant-dernière pièce. En fait, je l’ai écrite en même temps que Misterioso 119. J’ai voulu l’écrire contre mes autres pièces qui elles, s’inscrivent dans la vitesse. Ce qui m’intéresse, ce sont les corps traversés par la parole et comment orchestrer ces corps ; car la musique n’est pas simplement sonore, elle peut être aussi visuelle. Cette pièce est un peu comme une liturgie. D’ailleurs, elle commence et se termine par le Kor Nidr, un vieux chant sacré juif, qu’on chante juste avant le Grand Pardon. C’est donc aussi un moment de repentance. L’espace de l’ascenseur devient le lieu de cette liturgie, durant laquelle par cet accident mécanique, on revient sur soi, sur ses propres peurs.

Blue-S-cat est publié aux Editions Théâtrales


Blue-S-cat / le temps suspendu

Posté par Catherine le 16.07.06 à 08:14 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off

Le plateau est nu. Juste un petit podium illuminé de blanc et des lumières qui sculptent l’espace. Un homme et une femme. De la musique. Ils sont dans un ascenseur. Ils rentrent chez eux. Ils sont détendus. Leurs corps relâchés laissent grandir des mouvements de plénitude. Soudain, c’est la panne. Les voici bloqués. Ils étaient si bien, chacun dans leur monde. Ils tentent d’y rester, mais la proximité amène forcément la collision. Leur paraître n’en sortira pas indemne et ce temps suspendu sera l’occasion pour eux de se confronter à leurs peurs, leur désir, leur être véritable. L’ascension pourra reprendre, dans une plénitude encore plus réelle. Loin de nous donner à voir le banal d’une telle situation (un homme et une femme qui ne se connaissent pas, coincés dans un ascenseur), Koffi Kwahulé explore l’envers de l’ordinaire. Il sonde les mondes intérieurs et les restitue à travers un verbe délicat. Il met lui-même en scène ce texte écrit en 2004 et habille sa poésie d’un univers visuel qui privilégie le geste. Le genre d’expérience théâtrale qui reste longtemps dans les mémoires. A ne pas manquer.

Blue-S-cat de Koffi Kwahulé, mise en scène de l’auteur, festival d’Avignon Off
avec Olivier Brunhes et Nanténé Traoré
du 7 au 29 juillet 2006 à 12h15 à la chapelle du Verbe Incarné
photo Frédéric Jessua


Peepshow dans les Alpes / théâtre-réalité

Posté par Catherine le 15.07.06 à 17:55 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off

peep showEh bien si, quoiqu’en disent certains de nos lecteurs, cela vaut vraiment le coup de s’aventurer du côté du Off. Si je ne m’étais pas écartée de la liste des artistes bien rodés du In (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours garantie de qualité, nous sommes bien d’accord), je n’aurais pas découvert ce petit bijou de pièce qui m’a absolument ravie, enchantée, transportée, et auquel je n’arrête pas de penser depuis que je l’ai vu il y a maintenant deux jours. Peepshow dans les Alpes pour titre, et la vache que vous voyez ci-contre pour affiche. Ajouter à ça un auteur qui, bien que n’étant pas le dernier des petits aspirant-auteurs de base, ne figure pas (encore) parmi ceux qui attirent les foules : Markus Köbeli (car en plus, il est Suisse...). Bref, je vous le concède, j’ai eu le nez fin pour flairer là-dessous le clou du festival.
Le décor : l’intérieur d’une famille de cultivateurs dans la montagne suisse (décidément, après Mnemopark, il y avait de la Suisse dans l’air). Buffet de cuisine, table et bancs en bois, poêle, fauteuil, télévision etc., cela change des plateaux nus auxquels nous sommes tant habitués ! Une famille banale : le père, la mère, le fils, la fille, le grand-père. Ils se mettent à table, mangent la soupe. Rien de spécial. C’est qu’il ne se passe rien au milieu des alpages. Et c’est bien ça le problème. Les enfants, devenus adultes, s’ennuient. Alors le fils imagine un moyen simple et efficace de gagner de l’argent : proposer aux touristes qui descendent des cars pour une pause-pipi à côté de leur ferme, de payer pour regarder à travers leur fenêtre comment « c’est quand c’est resté comme c’était ». ça n’a l’air de rien, puisqu’il suffirait de ne rien faire de plus que d’habitude. Mais le regard d’autrui change tout... les comédiens le savent bien.
Bien plus qu’une simple comédie rurale, l’histoire de cette famille est une superbe métaphore du théâtre : la recherche d’instants dramatiquement intéressants les amènent à jouer une scène écrite, pour laquelle ils se procurent les costumes adéquats. Ils font ensuite l’expérience de la difficulté de jouer encore et toujours la même scène. D’autant qu’en parallèle, les relations au sein de la famille évoluent. Forcément. Ils ont maintenant de l’argent. Rien n’est plus comme avant, et dans l’optique de coller encore plus aux attentes des clients/spectateurs, ils en arrivent à mimer une scène de Heidi dont la bande-son est enregistrée à l’avance.
Entamée dans un naturalisme complet, servie par d’excellents comédiens, cette production de Peep-show dans les Alpes se révèle une bombe théâtrale aussi folle que percutante qu’il faut absolument chercher à voir, à Avignon ou ailleurs !

Peepshow dans les Alpes, de Markus Köbeli (éditions Théâtrales), mise en scène Patrick Pelloquet. Théâtre Régional des Pays de la Loire
Au Grenier à Sel, à 15h15, Festival d’Avignon Off


Tenue de Soirée : Demain j'arrête

Posté par Catherine le 12.07.06 à 21:10 | tags : théâtre, avignon off, festival d'avignon 2006

soiréeLe bonheur à Avignon, c’est qu’à côté du programme très carré et documenté du In, on peut se détendre dans la joyeuse pagaille du Off, car les billets sont quand même un peu moins chers – et surtout, moins préemptés. Mais comment choisir ? L’auteur ? Le titre ? L’affiche ? Le sourire de la demoiselle qui vous glisse un tract rue des Teinturiers ? En attendant qu’un certain bouche-à-oreille se mette en branle, on est parfois désemparé et il arrive que le choix réponde à des critères aussi stupides que… l’horaire. C’est ainsi que je me suis retrouvée à aller voir, à 17h15, une adaptation au théâtre d’un super film de Bertrand Blier. Oui, j’aime Tenue de Soirée, alors je me suis dit que peut-être, peut-être, sa transposition à la scène serait géniale, fantastique, unique. Eh bien non. Dans une mise en scène balourde, trois comédiens se donnent beaucoup de mal mais devant leur jeu bêtement outré et leurs cris grand-guignolesques , on ne cesse de regretter la subtilité du trio Miou-Miou, Depardieu, Blanc. Demain j’arrête d’aller voir n’importe quoi dans le Off.

Tenue de Soirée de Bertrand Blier
Adaptation et mise en scène Hélène Zidi-Cheruy
A 17h15 au théâtre de l’Etincelle - Festival d'Avignon 2006


L'ADAMI en Avignon

Posté par JdF le 10.07.06 à 09:57 | tags : théâtre, avignon off, festival d'avignon 2006, arts visuels
Tout au long du festival d'Avignon, l'Adami, association qui défend les intérêts des artistes et interprètes du spectacle vivant popose une programmation dans le off. Des pièces d'auteurs contemporains pour la plupart : Jon fosse, Davide Harrower, mais aussi Henry James, Gogol, Goldoni, des créations collectives et des concerts. En tout, 22 spectacles qui, soutenus par L'Adami, sont présentés dans différents lieux d'Avignon.

 Le programme est disponible sur le site de l'Adami.

Tragédie des enfants-soldats dans le off

Posté par JdF le 04.07.06 à 10:27 | tags : théâtre, avignon off, des planches et des livres, cinéma, arts visuels

Allah n'est pas obligé est un roman d'Ahmadou Kourouma, auteur ivoirien qui raconte la tragique épopée d'un enfant-soldat dans les guerres du Sierra-Leone et du Libéria. Ce roman a déjà été adapté à la scène et a ainsi marqué la mémoire de nombreux spectateurs. Cette année, à Avignon, dans le cadre du festival off, la Compagnie L'ANTRE-DEUX, fondée par Arlette Nourly et Laurent Maurel, en propose une nouvelle création.


1933 : Brecht, Weill et Friends

Posté par JdF le 29.06.06 à 16:02 | tags : théâtre, avignon off, bertolt brecht, technologeek
Brecht, weill and friendsLe festival d'Avignon approchant à grands pas, je consulte les dossiers reçus et conservés à cet effet pour vous livrer une (modeste) sélection de spectacles joués dans le off. Modeste, car, comme chaque année, il y a plétore.
Commençons par un spectacle musical : à l'AJMI (association pour le jazz et la musique improvisée), la Compagnie Dual Band présente 1933 : Brecht, Weill et Friends. Le titre est alléchant, bien qu'en 1933, Brecht ne travaillait plus avec Kurt Weill (à vrai dire, leur collaboration n'avait pas été au-delà de l'Opéra de Quat'sous), mais bon, on ne commencera pas par chipoter, surout que le sous-titre : "Le Cabaret des destins entrecroisés" indique manifestement qu'il s'agit d'un état des lieux de la nébuleuse artistique allemande au moment où tous pliaient bagages pour fuire le Reich.

1933 : Brecht, Weill et Friends
avec Anna Zapparoli 
Piano : Mario Borciani 
Contrebasse : Sandro Dandria  Percussions : Carlo Battisti   
Mise en scène et direction musicale : Mario Borciani

Du 6 au 22 juillet à 21 heures         
Ajmi  4, rue des Escaliers Sainte Anne
84000 Avignon
Prix des Places : 15 et 9 € 
Réservations au 04 90 86 08 61

Avignon d'août à juin

Posté par JdF le 28.03.06 à 10:01 | tags : avignon off, festival d'avignon 2006
Bon, puisque je viens de m'éreinter à expliquer que mon propos n'était pas de moquer les efforts de ceux qui s'emploient à développer une vie culturelle dans les villes laissées pour compte de la décentralisation théâtrale, je m'attaque à l'autre versant du problème : Avignon et sa sur-offre culturelle (si vous me permettez le néologisme). Vous me direz, cela ne dure que trois semaines : en comptant le off, cela fait donc plusieurs dizaine de spectacles différents par jours. Le reste de l'année, néanmoins, le Théâtre municipal (illus.), le Théâtre du Chêne noir ou le Théâtre des Carmes programment des spectacles toute l'année. Bref, je voulais parler de la programmation du Festival 2006, mais voilà que je me suis laissée entraîner à parler de tout autre chose. Vous ne perdez rien pour attendre : j'y reviendrai.

Qui organisera le festival d'Avignon off en 2006 ?

Posté par fluctuat.net le 06.01.06 à 13:43 | tags : avignon off, festival d'avignon 2006

Haro sur la refondation ? On avait vu apparaître l'Alfa (association des lieux et festival d'Avignon) l'été dernier en ligne, sans trop comprendre la portée de cette nouvelle asssociation dans la géographie festivalière du Avignon Off. Le festival était organisé depuis sa céation par l'asssociation APO, pour Avignon Public OFF, dirigée par Alain Léonard. Depuis qu'il en a quitté la direction, les acronymes et les stuctures se sont multipliés. APO donc, ALFA, et plus récemment ARTO. Comment ça, des guerres pycrocolynes dans l'enceinte de la cité des Papes ? APO en a quand même déménagé cet hiver (depuis le 28 décembre dernier, l'association siège en effet à l'année en Avignon). Bref, c'était à y perdre son latin de festivaliers. Question donc : qui organise le festival d'Avignon off en 2006 ? A qui s'adresser demain pour avoir le programme ou réserver des places ? Heureusement, un papier dans Libé fait le point. [lire aussi le communiqué de l'APO sur Rue du théâtre]


Avignon, Bruxelles, Belgrade - La Trilogie de Biljana Srbljanovic

Posté par Catherine le 27.07.05 à 11:18 | tags : avignon off, festival d'avignon 2005

Trilogie_de_Belgrade.jpgMAJ : Voir aussi l'actualité du festival d'Avignon 2006 

Attention, les belges envahissent aussi Avignon off ! Juste en face du studio Hivernales où Maria Clara Villa-Lobos, brésilienne de Bruxelles (cf. M, une pièce moyenne sur le blog Saisons), fait un tabac, se trouve le théâtre des Doms, soit la "vitrine Sud de la création en communauté française de Belgique". C'est là que la compagnie Petite âme, composée de comédiens issus du conservatoire de Bruxelles, présente la Trilogie de Belgrade de Biljana Srbljanovic. Ici, point de parfum de scandale : une auteur, un texte, des situations, des personnages, tout est "normal". Et les comédiens n'ôtent jamais le bas. Bon, il y a bien une scène de copulation, mais celle-ci reste suffisamment habillée et stéréotypée pour ne pas choquer grand-monde.

La Trilogie de Belgrade raconte le conflit Yougoslave du début des années 90 à travers les histoires de trois groupes de Serbes exilés en Europe, aux Etats-Unis et en Australie : l'impossibililté de rester au pays, l'arrachement, les difficultés rencontrées en exil, d'autant plus terribles qu'inavouables à ceux qui sont restés...
Depuis cette première pièce écrite en 1996, Biljana Srbljanovic a fait de ce procédé sa marque de fabrique : c'est par le biais de l'exil qu'elle nous parle de son pays. C'est bien vu et ses compatriotes semblent s'y reconnaître et apprécier. Dommage que la petite histoire finisse souvent par prendre le pas sur la grande et les mesquineries au sein de couples qui se déchirent par ne pas être tant typiquement yougoslaves que tristement universelles.
Heureusement, par leur vitalité, et la belle naïveté qu'ils offrent à chacun des trois personnages, les comédiens de la compagnie Petit âme réussissent à rendre la potion tout à fait digeste. Mention spéciale à la formidable idée de mise en scène du "tout en un" : les comédiens gèrent eux-mêmes sur scène le son et la lumière, au moyen d'éléments intégrés à la scénographie (poste radio, néons, lampes sur pieds...). Un Système D à la yougoslave donc, parfaitement adapté aux conditions techniques difficiles du festival off.

La Trilogie de Belgrade, mise en scène Yves Claessens, Compagnie Petite âme, au 59ème festival d'Avignon (off)
Au Théâtre des Doms, jusqu'au 30 juillet à 17h30


Dura Vita Sed Vita - Durax Lex de Marianne Groves

Posté par Catherine le 22.07.05 à 19:05 | tags : festival d'avignon 2005, avignon off
MAJ : Voir aussi l'actualité du festival d'Avignon 2006

DuraLex_4.jpgDure vie que celle du festivalier qui, à peine commence-t-il à s'acclimater à un univers, est aussitôt catapulté dans un monde totalement autre.
C'est ainsi que je passai avec pour seule transition un rapide panini, de l'univers éthéré et silencieux de l'Italien Roméo Castellucci (Berlin B. #03 ) au monde bavard et bien réel de l'Américain Stephen Adely Guirgis. Dura Lex (Jesus hopped the 'A' train en version originale), troisième pièce de ce jeune auteur New Yorkais encore inconnu par chez nous, raconte comment Angel se retrouve en prison pour avoir tiré sur le gourou de la secte qui détient son meilleur ami. Dans le quartier d'isolement, il croise Lucius, tueur en série en fauteuil roulant qui a rencontré Dieu. Son avocate, la jeune Mary Jane, se prend de compassion pour lui mais rate complètement sa défense. Il écope de 35 ans.
Peu de moyens pour cette compagnie parisienne : décors, costumes, accessoires, lumières, tout est très simple et sans éclat. Le texte, bien que très dense, est tout à fait honorable, avec son lot de répliques bien lancées à la manière de ces personnages des séries policières qui trouvent toujours la petite expression ironique parfaite dans les pires moments.
Un petit côté série B donc, pour cette pièce qui vaut malgré tout le détour d'une part pour ceux qui n'ont pas la télé et sont par conséquent en manque de ce genre de programmes, et d'autre part pour la qualité du jeu d'acteur très "méthode américaine" : personnages pleinement incarnés, action / réaction, émotions vraies. Du bon vieux jeu de comédien comme on n'en fait plus guère.

Dura Lex de Stephen Adly Guirgis, traduit de l'américain et mis en scène par Marianne Groves, au 59ème festival d'Avignon (off)
Présence Pasteur du 8 au 30 juillet 2005 à 21h30 [illus. © Florence Dugowson]

 


Quelques pas de danse dans le off - Nathalie Béasse

Posté par JdF le 18.07.05 à 12:43 | tags : avignon off, festival d'avignon 2005
Pas de deux - la Danse théâtre selon Nathalie BéasseAu Grenier à Sel où je m'étais rendue pour voir un spectacle d'objets (c'est bien, les objets, c'est souvent moins agaçant que les humains) sans avoir pris garde au fait que le spectacle en question ne commençait que la semaine suivante, je me suis trouvée, un peu par hasard, devant un spectacle de danse/théâtre. C'était chorégraphié et mis en scène par une certaine Nathalie Béasse (qui a notamment travaillé avec le mirifique groupe Zur ndlr).
Ce spectacle m'a confirmé qu'une même personne n'était pas forcément apte à assumer les deux rôles. Dans le cas précis, le spectacle est découpé en trois scénettes : les deux premières étant plutôt des sketches joués sans parole (ou dans des langues étrangères), la troisième étant dansée. Nathalie Béasse parle, dans la plaquette consacrée au spectacle, de trois "paysages", d'où le titre. Personnellement, je distingue difficilement la relation entre cet énoncé et le spectacle : il n'est pas vraiment question de paysages (pas même de paysages intérieurs) mais de rapports interpersonnels entre des hommes et des femmes. Ces rapports sont montrés dans les deux premières scènes de façon minimale et pour tout dire assez fruste : gestes d'approche, mouvements non synchronisés aussi évoquant - on peut du moins l'imaginer - l'incompréhension mutuelle.
Heureusement, les deux danseurs, intervenant dans la troisième scène, donnent au spectacle la tension et le lyrisme qui lui manquait précédemment. Carole Bonneau donne à ses envolées une chaleur et un dynamisme qui fait pendant à la danse de son partenaire, Ivan Fatjo, remarquable d'intensité retenue, évoquant par des mouvements entravés et comme involontaires, par des tremblements et des déséquilibres maîtrisés, un personnage miné par l'angoisse et la prostration.

Landscape de Nathalie Béasse au 59e Festival d'Avignon (Off)
Reprise. Au Grenier à Sel jusqu'au 18 juillet [photo Jeff Rabillon DR]

Encore une fois Sarah Kane...

Posté par JdF le 13.07.05 à 19:11 | tags : théâtre, avignon off

Une dernière fois on screen Décidément, Sarah Kane est présente dans cette édition 2005 de l'Avignon off... Crave, par-ci, Anéantis par-là... Alors j'ai voulu essayer... a last one... et je me suis retrouvée à deux heures de l'après-midi, au cœur d'une boîte noire, devant une mise en scène d'Anéantis. Heureusement, la mise en scène a évité le principal écueil et n'ont pas versé dans l'hyper-réalisme. Durant la première partie, la télévision allumée distrait l'attention et permet d'échapper à la tension présente entre les deux personnages. Ensuite, quand cela devient vraiment gore, les didascalies sont lues et des visages d'autres acteurs grimaçant et donnant une interprétation à la Kastrof de ce qui est censé se jouer sur scène sont projetés sur les moniteurs vidéo, donnant eux aussi du champ à l'insoutenable décrit dans le texte de Kane. Mais finalement ?

La violence répond à la violence, d'accord : œil pour œil (c'est le cas de le dire), on a compris ! Mais la raison de cette fascination pour l'horreur et le mal qui émane de la pièce ? Je n'ai pas encore trouvé la réponse, peut-être faut-il la demander à Jacques Deculleverie qui commence à devenir spécialiste en la matière, lui aussi.

Anéantis de Sarh Kane par la Compagnie Thec, au 59e Festival d'Avignon (Off)
Mise en scène, Antoine Lemaire
Jusqu'au 29 juillet à 14 h 30 à l'Espace Présence Pasteur
Réservations : 04 32 74 18 54 [Illus Avignon Off DR]



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