Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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Théâtre de la Bastille à Paris. Tous les billets (spectacles et événement) consacrés à ce théâtre parisien sur Saisons.

La question black vue par les Iraniens

Posté par Floriane le 13.11.07 à 09:59 | tags : spectacle à paris, théâtre, bastille

 

 

C’est un spectacle fascinant que l’Iranien Koohestani propose, jusqu’au 18 novembre, au Théâtre de la Bastille. Certains avaient vu, dans le même lieu, son Dance on glasses. Cette fois, avec Recent experiences, c’est l’adaptation en farsi d’un texte d’auteurs canadiens que nous livre le metteur en scène.
Dans un montage minimaliste, largement inspiré par l’écriture cinématographique, la parole circule, distribuée entre six acteurs répartis autour d’une table familiale quasi nue. Rien n’est gratuit, dans ce théâtre choral : la moindre inflexion, un sourire, une larme, un regard permettent de camper un personnage, une situation et d’égrener le destin sur un siècle d’une famille mixte canadienne.
Là est le plus fascinant : l’on se rend compte, au fur et à mesure que les générations entrent en scène, que les « mains blanches » dont le premier homme semblait tant amoureux, l’attiraient parce que lui était noir. Au début du XXè siècle, un tel mariage mixte avaient figure d’exception. Etonnement aussi lorsque les références à la religion catholique pratiquée dans la famille s’inscrivent dans le texte et la gestuelle. Le sel de cette interprétation, par des Iraniennes portant le voile, et de cette mise en scène posée, toute en nuances, c’est la notion d’acceptation du destin qui s’en dégage. D’autres pourraient donner au même texte une couleur plus révoltée, plus politique, plus socio-centrée. Koohestani lui offre une paix douce, comme résignée. Le monde continue.

Recent experiences,

Mis en scène par Amira Reza Koohestani,

Au Théâtre de la Bastille, jusqu'au 18 novembre

 


Blessed : que reste-t-il quand il n'y a plus rien ?

Posté par JdF le 01.11.07 à 13:55 | tags : festival d'automne, bastille

Au Théâtre de la Bastille et dans le cadre du festival d'automne, se joue Blessed : un homme, Francisco Camacho, évolue, tel Robinson, dans un décor en carton : une cahute, un cygne géant et un palmier. Mais la pluie vient et le décor se voit peu à peu réduit à de la bouillie, un magma informe qui rappelle le papier mâché.

Native de la Nouvele Orléans, Meg Stuart a voulu évoquer le ravage produit par le cyclône, il y a deux ans. Alors, bien sûr, cela peut sembler dérisoire face à la réalité du cataclysme qui a frappé la ville et les habitants qui n'avaient pu la fuir. Mais le spectacle est émouvant car Meg Stuart a conscience de la relative impuissance de l'artiste face aux désordres du monde : le danseur finit par faire corps avec le boue de carton dans laquelle il roule, geste par lequel il paraît à la fois lucide et résigné. Kotomi Nishiwafi, de son côté, fait une apparition spectaculaire (combinaison moirée, bottes blanches à talons XXL et la tête surmontée d'une coiffure à plumes), parade sur scène avec conviction dans ce qui semble une tentative désespérée de nier l'évidence de la destruction.

Blessed, jusqu'au 2 novembre au Théâtre de la Bastille : 01 43 57 42 14 (www)

Photo © Chris Van der Burght


Égarés à la Bastille

Posté par JdF le 12.06.07 à 14:01 | tags : théâtre, bastille
Pierre Meunier est de retour : il investit le plateau du Théâtre de la Bastille, non pas en personne (on ne le voit pas), mais par sa voix qui reste off. Les énergumènes qu'il a rassemblés se livrent à des variations sur son sujet de prédilection : le rapport de l'humain à la matière. Pierre meunier explique que ce spectacle est né d'un travail mené en 1997 avec les patients d'un hôpital psychiatrique. La forme kaleïdoscopique de l'ensemble, les épisodes qui se suivent selon une logique qui nous échappe parfois mais qui laissent un souvenir prégnant.
Jean-Louis Coullo'ch (qui fut l'amant de Lady Chatterley dans le film de Pascale Ferran) commence très fort en infligeant à sa veste fourrée une tentative d'immolation par le feu. La suite montre des êtres qui affrontent un univers hostile, faits d'objets qui les emprisonnent ou les entravent. Lutte constante, rythmée par des moments d'un lyrisme poignant, tempérée par une bonne dose d'auto-dérision. Sans complaisance aucune, Meunier dresse un état des lieux des souffrances de nos contemporains.
Les Égarés, de Pierre Meunier avec Jean-Louis Coullo'ch, Frédéric Kunze, Valérie Laroque, François Tizon, Isabelle Védie. Jusqu'au 1er juillet au Théâtre de la Bastille (www).
Sur le mag : Lire la chronique de Floriane Gaber.

Un spectacle qui ne porte pas bonheur

Posté par JdF le 05.11.06 à 17:53 | tags : théâtre, bastille
Encore un spectacle alléchant à première vue.
Déjà le titre : Je porte malheur aux femmes, mais je ne porte pas bonheur aux chiens : prometteur...
Et d'ailleurs l'affaire ne commence pas trop mal. Disons que la première scène est belle : derrière un tulle, un homme nu et alitée, objet passif aux mains de l'infirmière qui le soigne, fumant cigarettes sur cigerettes. Cet homme, c'est l'écrivain, Joe Bousquet, qui est revenu paralysé du front, en 1918. Depuis il écrit. Le spectacle de Bruno Geslin tente de donner corps à son œuvre.
Eh bien, à part ces premières minutes, c'est raté. Pourtant Denis Lavant  est, comme chacun sait, un grand acteur et il fait tout ce qu'il peut pour sauver le spectacle. Mais comment lutter contre une déco qui se veut reconstitutive, mais pas trop : une lampe années 30, par ci, un fauteuil club par là... Comment lutter surtout contre la complaisance dont metteur en scène fait preuve en faisant sautiller sur le plateau des donzellles affriolantes, dont l'une se voit pourchassée par un grand méchant loup, ou plutôt un acteur qui en porte le masque (lupi personna)...
Ah, non, pitié ! Je refuse de me souvenir de ce spectacle plus longtemps, la prochaine fois, je vous parle de l'OULIPO, cela changera.

Je porte malheur aux femmes, mais je ne porte pas bonheur aux chiens, de Bruno Geslin, d'après Joe Bousquet, avec Denis Lavant, jusqu'au 1er décembre au Théâtre de la Bastille.

Automne et hiver, miroir de toutes nos névroses

Posté par Anne le 31.03.06 à 13:14 | tags : théâtre, bastille, arts visuels

Alors que la compagnie des Lucioles nous régalait avec Eva Peron dans la grande salle du Théâtre de la Bastille (chronique par ici, interview de Martial di Fonzo Bo par là) ; elle nous présente maintenant une tout autre facette de son travail, toujours à la Bastille, la pièce de Lars Norén Automne et Hiver, mise en scène par Mélanie Leray et Pierre Maillet. Même compagnie donc, mais ambiance radicalement différente : ici point de travestissement, de carnaval grandiloquent, ni d’orchestre délirant ; tout ce qui fait habituellement la marque des Lucioles est absent. Les spectateurs prennent place alors que les comédiens sont déjà sur scène, confortablement installés autour de la grande table Ikea pour le sacro-saint dîner familial. La mère, formidable Catherine Riaux, toute de rose vêtue, virevolte autour de son mari et de ses deux grandes filles, ne cessant de sanctifier la réussite familiale. Evidemment, on sait déjà que cette apparence de bonheur ne va pas durer. Ann, la cadette, va faire exploser le consensus. Marginale, élevant seule son fils, elle vomit l’hypocrisie parentale, hurle à tout rompre sa douleur et cherche désespérément un coupable. Qui est responsable de sa souffrance, de son délabrement ? Le père trop aimant ? La mère perverse et hystérique ? Ann exige des explications. Malaise garanti tant cette famille concentre à elle seule toutes les névroses possibles et imaginables. Mais le plus intéressant dans la pièce de Norén est le refus d’identifier un coupable ou un crime. Tour à tour, chacun des personnages apparaît à la fois comme victime (de sa propre souffrance) et bourreau (de ce qu’il fait subir aux autres). Et l’on comprend alors que c’est la cellule familiale elle-même qui sécrète angoisse et frustration. Le parti pris réaliste ne fait que renforcer le mal-être, ici point de catharsis possible, point d'issue : la famille ne meurt jamais...
Automne et hiver, au théâtre de la Bastille, jusqu'au 8 avril (photo Christian Berthelot)

Un spectacle noir, sang, et sale

Posté par JdF le 10.02.06 à 16:40 | tags : gisèle vienne, bastille, danse
Hier au théâtre de la Bastille, second opus de Gisele Vienne : le feuilleton continue !
Eh bien, I apologize n'a pas le côté S.M. chic, l'esthétique de papier glacé qui édulcorait, à mon sens, le propos d'Une belle enfant blonde. Autant ce dernier était blanc, rose et lisse, autant I apologize est noir, sang et sale. Les textes de Dennis Copper donnent le ton : bruts, incisifs, ils évoquent sa (?) vie de prostituée, sa dépendance à la drogue, sa détresse affective. Autobiographie ou fiction, peu importe. Le malaise qui en exsude empoisse le spectacle. Il est parfois difficile de ne pas détourner le regard quand les acteurs et danseurs se vautrent dans l'hémoglobine ou se roulent de longs baisers. C'est justement l'inconfort dans lequel se trouve le spectateur qui fait la force de I apologize. Malgré quelques passages à vide, le spectacle touche son but : le mal-être est contagieux.

Gisèle Vienne sans latex : Sade édulcoré ?

Posté par JdF le 03.02.06 à 16:55 | tags : gisèle vienne, bastille, danse
Bon, ça y est, j'ai vu Une belle enfant blonde, ce spectacle de Gisèle Vienne qui me plongeait dans l'expectative il y a quelques jours... Eh bien, à vrai dire, je suis décontenancée, car, finalement, contrairement à notre ami blogueur - qui, à mon sens, use des termes de "cruauté" et de "dégoût" de manière exagérée - Une belle enfant blonde m'a paru un peu lisse... Et je ne me considère pas comme recelant en mon âme un abîme de perversité.
Les poupées sont bien là et sont très belles, rien à voir avec les poupées gonflables que j'avais imaginées, à la lecture de diverses présentations du spectacle. Une danseuse mime quelques postures évoquant les rites d'un univers sadien (très édulcoré) : bandeau sur les yeux, mains dans le dos, comme menottées. La danseuse, très belle, est glaçante. C'est étrange que le mythe sadien soit ainsi réinvesti d'un certain hygiénisme : blancheur immaculée du sol, corps fuselés : ici pas de chair à proprement parler, donc pas de mutilation (à peine une trace de sang), et pas d'excréments. Ce n'est pas que je le regrette, mais c'est simplement étonnant.
Un personnage masculin, juché sur des talons aiguille, puis Catherine Robbe-Grillet en personne, rejoignent la belle enfant sur le plateau. Lui est dans la soumission, elle dans la domination. Mais, pour les raisons exposées ci-dessus, leur petit jeu dans ce sens n'est pas convaincant. En revanche, le récit que Dennis Cooper a fait de ses jeunes années - dit par Catherine Robbe-Grillet - entremêlé d'épisodes de sa propre vie, introduit brutalement la violence réelle dans ce spectacle un peu aseptisé.

Gisèle Vienne : latex et poupées gonflables

Posté par JdF le 30.01.06 à 12:42 | tags : gisèle vienne, bastille, danse
I apologize de Gisele Vienne Le Théâtre de la Bastille présente deux spectacles de Gisele Vienne : Une belle enfant blonde et I Apologize. Tous deux avaient été joués lors du Festival d'Avignon 2005 et faisaient partie des productions qui avaient donné lieu à toutes sortes de controverses. A la Bastille, les premières étaient déjà complètes, tout ça pour dire que l'engouement que suscitent ces deux spectacles a fini par piquer ma curiosité. Bon, c'est sûr que l'on trouve beaucoup d'avis très négatifs sur le net et je parle uniquement de critiques glanées ça et là sur les blogs persos ou semi-persos et non de la presse "institutionnelle" (celle dont la revue de presse du théâtre propose des extraits) qui, pour des raisons d'ordre diplomatique, la crainte de passer pour ringard en ne criant pas au chef-d'œuvre devant toute tentative un brin provocatrice, admiration peut-être sincère, que sais-je encore ?, encensent Gisèle Vienne.
Apparemment, son univers est plein de personnages en latex et de poupées (genre gonflables) et les uns font des misères aux autres. Pour ceux que cela intéresse, il y a Catherine Robbe-Grillet dans l'affaire. Bon, nous verrons bien, à suivre, donc.

Une belle enfant blonde, du 1er au 5 février, et I Apologize, du 8 au 12 février, conception Gisèle Vienne, au Théâtre de la Bastille (Paris 11e)

Danse : Déshabillage de saison(s)

Posté par Hélène Fectay le 17.09.05 à 20:38 | tags : bastille, cité internationale, danse

Olé ! Crédit : Lloyd Newson, Cie DV8C’est reparti ! L’heure de la rentrée a sonné tandis que vous n'avez pas même pris le temps de consulter les programmes. Attention, on va aller vite, vous êtes prêts ?
Cette année, ce sont le Théâtre de la Cité (www.theatredelacite.com) et le Centre National de la Danse (www.cnd.fr) qui procèdent au lancement de saison  - avec ‘Visitations’ de la jeune chorégraphe française Julia Cima pour le premier,  et le fameux ‘We must eat our suckers…’de Robyn Orlin pour le second - du 22 au 27 septembre. Ils sont talonnés de près par le Théâtre de la Ville (www.theatredeleville.com) qui accueille Angelin Preljocaj et ses ‘4 Saisons’ du 27 septembre au 8 octobre, et le Théâtre de la Bastille (www.theatre-bastille.com) avec ‘Histoire(s)’ d’Olga de Soto jusqu’au 5 octobre.
Nous retrouverons ces derniers en octobre avec dans le désordre : ‘Swan Lake’ de l’étonnant Raimund Hoghe du 11 au 22 (à la Bastille), la dernière création d’Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui, ainsi que le décapant duo de Vera Mantero et Robyn Orlin ‘Hey dude…I have talent…’ du 11 au 16, au Théâtre de la Ville et aux Abesses. Puis c'est l’Australien Lloyd Newson, du collectif DV8 (illus.), qui attirera très probablement les projecteurs, avec ‘Just for Show’ du 20 au 29 octobre.
Au CND (appréciez en passant le nouveau site), un solo de Claudia Triozzi tout en voix  à partir du 26 octobre. Vous pensez déjà à réserver pour la suite ? Voici une belle programmation de novembre, dans l’ordre : ‘Bâche’ de Koen Augustijien aux Abesses du 2 au 5, Mark Tompkins et sa dernière création ‘Animal’ à la Cité du 7 au 19, puis Ea Sola au Théâtre de la Ville du 7 eu 10, enfin la brésilienne Lia Rodrigues au CND à partir du 10 novembre. Bref, en résumé : La Ville, LE CND, La Cité internationale et Bastille et le tour est joué. Quarté gagnant.

Et en décembre ? Un peu de patience, prenez le temps de lire, de regarder, d'écouter…et d'ici là, bonne rentrée ! 




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