Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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Théâtre de la Bastille à Paris. Tous les billets (spectacles et événement) consacrés à ce théâtre parisien sur Saisons.

sexAmor au théâtre de la Bastille

Posté par JdF le 11.11.09 à 12:53 | tags : théâtre, bastille

 

Pierre Meunier revient au Théâtre de la Bastille, en compagnie d’une nouvelle venue dans son univers, Nadège Prugnard. Avec elle, Meunier déplace son obsession :  le minéral laisse place à l’organique. Alors qu’au milieu du Désordre, les cailloux de toutes formes tenaient le haut du pavé, ici, comme le titre du spectacle l’indique, ce sont des corps qui sont la matière et le propos de  sexAmor : Pierre Meunier, marin ballotté par les flots, voit arriver à lui une femme sirène qui se débat dans une bulle, se tord dans tous les sens pour parvenir à s’en extraire. Une fois sur la terre ferme, leur union passe par des épreuves complexes, où les étranges machineries auxquelles Pierre Meunier nous a habitué, donnent l’occasion aux deux amants de mesurer leur forces dans une guerre des sexes où chaque adversaire ne demande qu’à se livrer à l’autre.

 

Décousu, paraissant construit par impulsions, le spectacle est une suite de moments superbes et poignants, parsemée de baisses de tension, à l’image d’un ballet érotique où le désir doit reprendre haleine avant de renaître. À l’instar du discours amoureux, le texte, écrit par Pierre Meunier et Nadège Prugnard, fait entendre alternativement lyrisme et de trivialité en adéquation avec cette mise en scène fantasque et burlesque de la sexualité et du sentiment.

sexAmor de Pierre Meunier et Nadège Prugnard, jusqu'au 28 octobre au Théâtre de la Bastille (www)

Illus. © Jean-Pierre Estournet




Festival Trans-09 à la Bastille

Posté par JdF le 18.06.09 à 12:48 | tags : festival, théâtre, bastille

 


 

Trans-genre, trans-gressif, trans-frontalier (entre théâtre, musique et danse)... Le festival trans-09 a commencé lundi au Théâtre de la Bastille. Et très bien commencé !

"Blanche-Neige" de Robert Walser (l'auteur suisse allemand mort au cours d’une promenade dans la neige, un jour de Noël, après vingt-trois années d’internement dans un hôpital psychiatrique) est mis en scène par Sylvie Reteuna, avec la grandeClaude Degliame dans le rôle de la reine, et une excellente (et ravissante) actrice, Aurélia Arto dans le rôle-titre.

La pièce raconte le conte après le conte : les démêlés de la ressuscitée avec sa mère qui, chez Grimm, n’est que sa belle-mère, mais Walser aime à pousser le bouchon freudien un peu plus loin ! Nous entrons alors dans les tréfonds d’une névrose familiale pas piquée des hannetons : une mère à la sexualité dévorante, aimée par le chasseur qu’elle avait jadis envoyé tuer Blanche-Neige et par le prince qui la préfère à sa fille, asexuée, nostalgique du pays des nains, où l’amour, dit-elle, était si pur !). Dans un décor drapé de blanc, les acteurs et surtout les actrices interprètent la partition de Walser, en oscillant entre une intériorisation du tragique de l’affaire et un sur-jeu qui insiste sur le décalage entre la pièce et le conte.

"Strip-tease", proposé dans le même festival, joue tout autant sur le décalage entre le titre et le contenu. Certes, le spectateur va être confronté à un effeuillage, mais celui-ci ne se fait pas tout à fait dans les règles, puisque Céline Milliat Baumgartner en y raconte l’histoire du strip-tease et en commente le fonctionnement. Le texte et la mise en scène est de Cédric Orain qui monte, toujours dans le cadre du Festival Trans-09, Les Charmilles, d’après Les Charmilles et les Morts de Jean-Michel Rabeux, qui constituait la première partie d’Un si funeste Désir dont il a déjà été question ici.

Festival Trans-09, jusqu'au 28 juin au Théâtre de la Bastille.

Reprise de Blanche-Neige à l'étoile du nord, dans le cadre du festival "On n'arrête pas le théâtre" du 15 au 26 juillet 2009

Illus. "Blanche neige" dr.







Éloge du poil à la Bastille

Posté par JdF le 11.05.09 à 11:11 | tags : théâtre, bastille

 

Titre saugrenu pour un spectacle qui ne l'est pas moins.Jeanne Mordoj offre dans Éloge du poil un curieux mélange d’acrobaties, de ventriloquie et de fantaisie à tout crin. Comment décrire ce drôle d’objet ? La scène est toute petite, recouverte de bois, les spectateurs sont disposés en fer à cheval, selon un dispositif tri-frontal disent les doctes. Quant à l’éclairage, la musique, au jeu des couleurs primaires, tout cela évoque l’univers du cirque sans trop appuyer. Est-ce parce que la donzelle a été, comme l’indique le dossier, mise à la porte de l’école de Châlon après une rude année ? Toujours est-il qu’elle se démarque du cirque, (le nouveau comme l’ancien) et que son spectacle, mis en scène par Pierre Meunier (un drôle d’oiseau lui aussi) offre nombre de liens de parenté avec les dernières créations de cet hurluberlu...

 

Quant à l’ensemble, un peu inégal -mais c’est inévitable dans un spectacle patchwork comme celui-ci-, demeure néanmoins très attachant. Les numéros de Jeanne Mordoj semblent parfois sortis de l’esprit d’un petit Prince dont la lecture des surréalistes aurait troublé le cerveau. La patte de Pierre Meunier est repérable en particulier lors du concert final donné par le chœur des crânes…

Je n’en dis pas plus, allez-y voir vous-même au Théâtre de la Bastille (www) où Éloge du poil se joue jusqu’au 31 mai.


Réserver ? c'est ici

Illus © Marie Frécon




Hors-série à la Bastille : Un si funeste désir

Posté par JdF le 05.02.09 à 11:25 | tags : bastille, théâtre

 


 

Le spectacle mis en scène par Cédric Orain qui ouvre le festival "Hors-série" au théâtre de la Bastille est d'abord déconcertant, puis émouvant, avant de devenir un peu exaspérant... Expliquons-nous. Cédric Orain a choisi de monter deux textes, d'abord le premier chapitre d'un roman de Jean-Michel Rabeux, Les Charmilles et les morts, puis un extrait du Mort de Georges Bataille. Vous aurez compris la thématique du spectacle...

Pourtant, alors qu'on s'attend à une débauche de corps mutilés, disloqués et sanglants, le spectacle débute tout en douceur, une très belle actrice, Eline Holbo-Wendelbo, dont la présence bien vivante, forte et gracieuse, est rassurante. Elle lave le sol, se lave elle-même puis commence à raconter son histoire, celle d'une enfant élévée dans une clinique regroupant des corps auxquels l'accident ou la maladie a hôté un ou plusieurs membres, êtres difformes dont elle s'éprend parfois et qui la conduit à voir dans tout corps la mort au travail. Le texte est beau, et l'actrice parvient à en montrer l'humanité qui affleure dans ces récits de souffrances et de deuils.

Le bât blesse dans la suite du spectacle qui paraît tout bonnement plaqué sur la première. D'accord, il y a un point commun entre les deux textes : Eros/Thanatos, tout ça, on a compris, mais alors que celui de Rabeux nous fait entrer dans la relation amoureuse de cette femme avec la morbidité des corps vivants, le second, dans une langue léchée (si j'ose dire) décrit en entomologue distant et fasciné les manifestations de la souffrance et du deuil impossible d'une femme qui a perdu son amant et qui choisi de la rejoindre dans la mort à l'issue d'une orgie assez pitoyable.

Le sérieux avec lequel le metteur en scène considère ce texte, somme toute assez farcesque, fait tomber le spectacle dans le poncif : l'obscurité, l'expression raide des acteurs, la voix bêlante de l'actrice (Courtney Krous) dont on ne sait si on est supposé en rire ou en pleurer, le déshabillage de tout le monde (mais attention : lumières tamisées, restons digne !), tout cela est fatigant et bien dommageable à l'ensemble de la pièce .

Un si funeste désir, textes de Jean-Michel Rabeux et Georges Bataille, adaptation et mise en scène de Cédric Orain, jusqu'au 11 février au Théâtre de la Bastille.

Réservez vos places !

Illus dr




Brecht on the rock !

Posté par JdF le 13.01.09 à 18:31 | tags : bastille

Jean la chance : retrouvée à la fin du siècle dernier (le XXe) dans les archives Brecht à Berlin, Jean la chance est une pièce inachevéeClotilde Hesme dont le protagoniste est un parfait épicurien. Las de s'occuper de sa ferme après le départ de sa femme, il la cède (la ferme) à un marchand ambulant en échange de ses charrettes. Puis confie l'une d'elles à un supposé ami qui prend la clef des champs, et enchaîne ainsi, d'échange en échange, chacun moins équitable que le précédent, abusé par tous et pourtant toujours confiant, il finit par ne plus rien posséder.

La fable est inspirée du conte de Grimm et en garde l'esprit. Pour autant, le protagoniste annonce déjà par bien des aspect celui de Homme pour homme : haro sur la psychologie traditionnelle, d'où le fait de puiser dans les contes où les personnage ne se construisent qu'au travers des épreuves qu'ils traversent. Quelques scènes produisent a minima, de grands moments théâtraux. Alban Guyon qui joue Jean a tout de l'hédoniste frénétique de Baal et de quelques autres héros des premières pièces de Brecht.

Une révélation ? peut-être pas. Mais une confirmation du génie de l'auteur servie par l'énergie communicative déployée par les acteur. Un petit bémol cependant : si le côté concert punk du spectacle est bien dans la ligne du Brecht anarchiste prônant la tabula rasa culturelle (ce qu'il partage alors avec Dada et autres futuristes), la performance musicale n'est pas à la hauteur de l'enjeu. La troupe, elle, semble ravie de cet esprit potache et reprend allègrement un de leur "tubes" après quelques salves d'applaudissements. Pour un public qui, me semble-t-il, n'en demande pas tant...

Photo : Victor Ede

Jean la chance, de Bertolt Brecht, mis en scène par François Orsini, jusqu'au 1er février au théâtre de la Bastille (www).




La question black vue par les Iraniens

Posté par Floriane le 13.11.07 à 09:59 | tags : bastille, spectacle à paris, théâtre

 

 

C’est un spectacle fascinant que l’Iranien Koohestani propose, jusqu’au 18 novembre, au Théâtre de la Bastille. Certains avaient vu, dans le même lieu, son Dance on glasses. Cette fois, avec Recent experiences, c’est l’adaptation en farsi d’un texte d’auteurs canadiens que nous livre le metteur en scène.
Dans un montage minimaliste, largement inspiré par l’écriture cinématographique, la parole circule, distribuée entre six acteurs répartis autour d’une table familiale quasi nue. Rien n’est gratuit, dans ce théâtre choral : la moindre inflexion, un sourire, une larme, un regard permettent de camper un personnage, une situation et d’égrener le destin sur un siècle d’une famille mixte canadienne.
Là est le plus fascinant : l’on se rend compte, au fur et à mesure que les générations entrent en scène, que les « mains blanches » dont le premier homme semblait tant amoureux, l’attiraient parce que lui était noir. Au début du XXè siècle, un tel mariage mixte avaient figure d’exception. Etonnement aussi lorsque les références à la religion catholique pratiquée dans la famille s’inscrivent dans le texte et la gestuelle. Le sel de cette interprétation, par des Iraniennes portant le voile, et de cette mise en scène posée, toute en nuances, c’est la notion d’acceptation du destin qui s’en dégage. D’autres pourraient donner au même texte une couleur plus révoltée, plus politique, plus socio-centrée. Koohestani lui offre une paix douce, comme résignée. Le monde continue.

Recent experiences,

Mis en scène par Amira Reza Koohestani,

Au Théâtre de la Bastille, jusqu'au 18 novembre

 




Blessed : que reste-t-il quand il n'y a plus rien ?

Posté par JdF le 01.11.07 à 13:55 | tags : bastille, festival d'automne

Au Théâtre de la Bastille et dans le cadre du festival d'automne, se joue Blessed : un homme, Francisco Camacho, évolue, tel Robinson, dans un décor en carton : une cahute, un cygne géant et un palmier. Mais la pluie vient et le décor se voit peu à peu réduit à de la bouillie, un magma informe qui rappelle le papier mâché.

Native de la Nouvele Orléans, Meg Stuart a voulu évoquer le ravage produit par le cyclône, il y a deux ans. Alors, bien sûr, cela peut sembler dérisoire face à la réalité du cataclysme qui a frappé la ville et les habitants qui n'avaient pu la fuir. Mais le spectacle est émouvant car Meg Stuart a conscience de la relative impuissance de l'artiste face aux désordres du monde : le danseur finit par faire corps avec le boue de carton dans laquelle il roule, geste par lequel il paraît à la fois lucide et résigné. Kotomi Nishiwafi, de son côté, fait une apparition spectaculaire (combinaison moirée, bottes blanches à talons XXL et la tête surmontée d'une coiffure à plumes), parade sur scène avec conviction dans ce qui semble une tentative désespérée de nier l'évidence de la destruction.

Blessed, jusqu'au 2 novembre au Théâtre de la Bastille : 01 43 57 42 14 (www)

Photo © Chris Van der Burght




Égarés à la Bastille

Posté par JdF le 12.06.07 à 14:01 | tags : bastille, théâtre
Pierre Meunier est de retour : il investit le plateau du Théâtre de la Bastille, non pas en personne (on ne le voit pas), mais par sa voix qui reste off. Les énergumènes qu'il a rassemblés se livrent à des variations sur son sujet de prédilection : le rapport de l'humain à la matière. Pierre meunier explique que ce spectacle est né d'un travail mené en 1997 avec les patients d'un hôpital psychiatrique. La forme kaleïdoscopique de l'ensemble, les épisodes qui se suivent selon une logique qui nous échappe parfois mais qui laissent un souvenir prégnant.
Jean-Louis Coullo'ch (qui fut l'amant de Lady Chatterley dans le film de Pascale Ferran) commence très fort en infligeant à sa veste fourrée une tentative d'immolation par le feu. La suite montre des êtres qui affrontent un univers hostile, faits d'objets qui les emprisonnent ou les entravent. Lutte constante, rythmée par des moments d'un lyrisme poignant, tempérée par une bonne dose d'auto-dérision. Sans complaisance aucune, Meunier dresse un état des lieux des souffrances de nos contemporains.
Les Égarés, de Pierre Meunier avec Jean-Louis Coullo'ch, Frédéric Kunze, Valérie Laroque, François Tizon, Isabelle Védie. Jusqu'au 1er juillet au Théâtre de la Bastille (www).
Sur le mag : Lire la chronique de Floriane Gaber.



Un spectacle qui ne porte pas bonheur

Posté par JdF le 05.11.06 à 17:53 | tags : bastille, théâtre
Encore un spectacle alléchant à première vue.
Déjà le titre : Je porte malheur aux femmes, mais je ne porte pas bonheur aux chiens : prometteur...
Et d'ailleurs l'affaire ne commence pas trop mal. Disons que la première scène est belle : derrière un tulle, un homme nu et alitée, objet passif aux mains de l'infirmière qui le soigne, fumant cigarettes sur cigerettes. Cet homme, c'est l'écrivain, Joe Bousquet, qui est revenu paralysé du front, en 1918. Depuis il écrit. Le spectacle de Bruno Geslin tente de donner corps à son œuvre.
Eh bien, à part ces premières minutes, c'est raté. Pourtant Denis Lavant  est, comme chacun sait, un grand acteur et il fait tout ce qu'il peut pour sauver le spectacle. Mais comment lutter contre une déco qui se veut reconstitutive, mais pas trop : une lampe années 30, par ci, un fauteuil club par là... Comment lutter surtout contre la complaisance dont metteur en scène fait preuve en faisant sautiller sur le plateau des donzellles affriolantes, dont l'une se voit pourchassée par un grand méchant loup, ou plutôt un acteur qui en porte le masque (lupi personna)...
Ah, non, pitié ! Je refuse de me souvenir de ce spectacle plus longtemps, la prochaine fois, je vous parle de l'OULIPO, cela changera.

Je porte malheur aux femmes, mais je ne porte pas bonheur aux chiens, de Bruno Geslin, d'après Joe Bousquet, avec Denis Lavant, jusqu'au 1er décembre au Théâtre de la Bastille.



Automne et hiver, miroir de toutes nos névroses

Posté par Anne le 31.03.06 à 13:14 | tags : arts visuels, bastille, théâtre

Alors que la compagnie des Lucioles nous régalait avec Eva Peron dans la grande salle du Théâtre de la Bastille (chronique par ici, interview de Martial di Fonzo Bo par là) ; elle nous présente maintenant une tout autre facette de son travail, toujours à la Bastille, la pièce de Lars Norén Automne et Hiver, mise en scène par Mélanie Leray et Pierre Maillet. Même compagnie donc, mais ambiance radicalement différente : ici point de travestissement, de carnaval grandiloquent, ni d’orchestre délirant ; tout ce qui fait habituellement la marque des Lucioles est absent. Les spectateurs prennent place alors que les comédiens sont déjà sur scène, confortablement installés autour de la grande table Ikea pour le sacro-saint dîner familial. La mère, formidable Catherine Riaux, toute de rose vêtue, virevolte autour de son mari et de ses deux grandes filles, ne cessant de sanctifier la réussite familiale. Evidemment, on sait déjà que cette apparence de bonheur ne va pas durer. Ann, la cadette, va faire exploser le consensus. Marginale, élevant seule son fils, elle vomit l’hypocrisie parentale, hurle à tout rompre sa douleur et cherche désespérément un coupable. Qui est responsable de sa souffrance, de son délabrement ? Le père trop aimant ? La mère perverse et hystérique ? Ann exige des explications. Malaise garanti tant cette famille concentre à elle seule toutes les névroses possibles et imaginables. Mais le plus intéressant dans la pièce de Norén est le refus d’identifier un coupable ou un crime. Tour à tour, chacun des personnages apparaît à la fois comme victime (de sa propre souffrance) et bourreau (de ce qu’il fait subir aux autres). Et l’on comprend alors que c’est la cellule familiale elle-même qui sécrète angoisse et frustration. Le parti pris réaliste ne fait que renforcer le mal-être, ici point de catharsis possible, point d'issue : la famille ne meurt jamais...
Automne et hiver, au théâtre de la Bastille, jusqu'au 8 avril (photo Christian Berthelot)



Un spectacle noir, sang, et sale

Posté par JdF le 10.02.06 à 16:40 | tags : bastille, danse, gisèle vienne
Hier au théâtre de la Bastille, second opus de Gisele Vienne : le feuilleton continue !
Eh bien, I apologize n'a pas le côté S.M. chic, l'esthétique de papier glacé qui édulcorait, à mon sens, le propos d'Une belle enfant blonde. Autant ce dernier était blanc, rose et lisse, autant I apologize est noir, sang et sale. Les textes de Dennis Copper donnent le ton : bruts, incisifs, ils évoquent sa (?) vie de prostituée, sa dépendance à la drogue, sa détresse affective. Autobiographie ou fiction, peu importe. Le malaise qui en exsude empoisse le spectacle. Il est parfois difficile de ne pas détourner le regard quand les acteurs et danseurs se vautrent dans l'hémoglobine ou se roulent de longs baisers. C'est justement l'inconfort dans lequel se trouve le spectateur qui fait la force de I apologize. Malgré quelques passages à vide, le spectacle touche son but : le mal-être est contagieux.



Gisèle Vienne sans latex : Sade édulcoré ?

Posté par JdF le 03.02.06 à 16:55 | tags : bastille, danse, gisèle vienne
Bon, ça y est, j'ai vu Une belle enfant blonde, ce spectacle de Gisèle Vienne qui me plongeait dans l'expectative il y a quelques jours... Eh bien, à vrai dire, je suis décontenancée, car, finalement, contrairement à notre ami blogueur - qui, à mon sens, use des termes de "cruauté" et de "dégoût" de manière exagérée - Une belle enfant blonde m'a paru un peu lisse... Et je ne me considère pas comme recelant en mon âme un abîme de perversité.
Les poupées sont bien là et sont très belles, rien à voir avec les poupées gonflables que j'avais imaginées, à la lecture de diverses présentations du spectacle. Une danseuse mime quelques postures évoquant les rites d'un univers sadien (très édulcoré) : bandeau sur les yeux, mains dans le dos, comme menottées. La danseuse, très belle, est glaçante. C'est étrange que le mythe sadien soit ainsi réinvesti d'un certain hygiénisme : blancheur immaculée du sol, corps fuselés : ici pas de chair à proprement parler, donc pas de mutilation (à peine une trace de sang), et pas d'excréments. Ce n'est pas que je le regrette, mais c'est simplement étonnant.
Un personnage masculin, juché sur des talons aiguille, puis Catherine Robbe-Grillet en personne, rejoignent la belle enfant sur le plateau. Lui est dans la soumission, elle dans la domination. Mais, pour les raisons exposées ci-dessus, leur petit jeu dans ce sens n'est pas convaincant. En revanche, le récit que Dennis Cooper a fait de ses jeunes années - dit par Catherine Robbe-Grillet - entremêlé d'épisodes de sa propre vie, introduit brutalement la violence réelle dans ce spectacle un peu aseptisé.



Gisèle Vienne : latex et poupées gonflables

Posté par JdF le 30.01.06 à 12:42 | tags : bastille, danse, gisèle vienne
I apologize de Gisele Vienne Le Théâtre de la Bastille présente deux spectacles de Gisele Vienne : Une belle enfant blonde et I Apologize. Tous deux avaient été joués lors du Festival d'Avignon 2005 et faisaient partie des productions qui avaient donné lieu à toutes sortes de controverses. A la Bastille, les premières étaient déjà complètes, tout ça pour dire que l'engouement que suscitent ces deux spectacles a fini par piquer ma curiosité. Bon, c'est sûr que l'on trouve beaucoup d'avis très négatifs sur le net et je parle uniquement de critiques glanées ça et là sur les blogs persos ou semi-persos et non de la presse "institutionnelle" (celle dont la revue de presse du théâtre propose des extraits) qui, pour des raisons d'ordre diplomatique, la crainte de passer pour ringard en ne criant pas au chef-d'œuvre devant toute tentative un brin provocatrice, admiration peut-être sincère, que sais-je encore ?, encensent Gisèle Vienne.
Apparemment, son univers est plein de personnages en latex et de poupées (genre gonflables) et les uns font des misères aux autres. Pour ceux que cela intéresse, il y a Catherine Robbe-Grillet dans l'affaire. Bon, nous verrons bien, à suivre, donc.

Une belle enfant blonde, du 1er au 5 février, et I Apologize, du 8 au 12 février, conception Gisèle Vienne, au Théâtre de la Bastille (Paris 11e)



Danse : Déshabillage de saison(s)

Posté par Hélène Fectay le 17.09.05 à 20:38 | tags : bastille, cité internationale, danse

Olé ! Crédit : Lloyd Newson, Cie DV8C’est reparti ! L’heure de la rentrée a sonné tandis que vous n'avez pas même pris le temps de consulter les programmes. Attention, on va aller vite, vous êtes prêts ?
Cette année, ce sont le Théâtre de la Cité (www.theatredelacite.com) et le Centre National de la Danse (www.cnd.fr) qui procèdent au lancement de saison  - avec ‘Visitations’ de la jeune chorégraphe française Julia Cima pour le premier,  et le fameux ‘We must eat our suckers…’de Robyn Orlin pour le second - du 22 au 27 septembre. Ils sont talonnés de près par le Théâtre de la Ville (www.theatredeleville.com) qui accueille Angelin Preljocaj et ses ‘4 Saisons’ du 27 septembre au 8 octobre, et le Théâtre de la Bastille (www.theatre-bastille.com) avec ‘Histoire(s)’ d’Olga de Soto jusqu’au 5 octobre.
Nous retrouverons ces derniers en octobre avec dans le désordre : ‘Swan Lake’ de l’étonnant Raimund Hoghe du 11 au 22 (à la Bastille), la dernière création d’Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui, ainsi que le décapant duo de Vera Mantero et Robyn Orlin ‘Hey dude…I have talent…’ du 11 au 16, au Théâtre de la Ville et aux Abesses. Puis c'est l’Australien Lloyd Newson, du collectif DV8 (illus.), qui attirera très probablement les projecteurs, avec ‘Just for Show’ du 20 au 29 octobre.
Au CND (appréciez en passant le nouveau site), un solo de Claudia Triozzi tout en voix  à partir du 26 octobre. Vous pensez déjà à réserver pour la suite ? Voici une belle programmation de novembre, dans l’ordre : ‘Bâche’ de Koen Augustijien aux Abesses du 2 au 5, Mark Tompkins et sa dernière création ‘Animal’ à la Cité du 7 au 19, puis Ea Sola au Théâtre de la Ville du 7 eu 10, enfin la brésilienne Lia Rodrigues au CND à partir du 10 novembre. Bref, en résumé : La Ville, LE CND, La Cité internationale et Bastille et le tour est joué. Quarté gagnant.

Et en décembre ? Un peu de patience, prenez le temps de lire, de regarder, d'écouter…et d'ici là, bonne rentrée ! 






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