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Toute l'actu de l'auteur irlandais à l'occasion du festival Paris Beckett 2006. Lire aussi la biographie de Samuel Beckett.
Oh les beaux jours au Vieux Colombier![]() « La chose la plus terrible qui puisse arriver serait de n’être jamais autorisé à dormir (…) comme si au moment où vous êtes en train de vous assoupir, un grand dring vous obligeait à rester éveillé. Il n’y a pas un pouce d’ombre, rien que cette sonnerie qui réveille tout le temps. J’ai pensé qu’il n’y avait qu’une femme pour affronter cette situation et sombrer en chantant », commentait Samuel Beckett. Voilà sans doute pourquoi il fait de Winnie le premier personnage féminin central d’une de ses pièces, Oh ! les beaux jours ! La voilà, Winnie, dame d’un âge certain, « avec de beaux restes » et qui sombre en chantant. Winnie, qu’on découvre entravée jusqu’à la taille par une pyramide de sable gris-écru sous un ciel bleu et un soleil de plomb.
Souvent, l’auteur a exploré le thème du vide existentiel, qu’on comble comme on peut. Winnie donc, passe le temps, comme elle le peut, avec trois accessoires de rien : une ombrelle, un revolver, un miroir, une brosse à dents. Dresse l’inventaire de son sac, se coiffe, se regarde, égrène les souvenirs, répète, inlassablement, les mêmes gestes. S’apprête. A quoi ? A rien. Et se cherche une oreille attentive en la personne de Willy, compagnon de toujours, vissé à son journal, qui ne communique que par bruits. Le moindre signe de vie est pourtant bon à prendre pour Winnie, grave et légère à la fois, nostalgique fervente, gaie et frivole, qui se convainc que ses jours, qui se suivent, et se ressemblent, sont beaux.
Dans le deuxième acte, elle est ensevelie, plus profondément encore. Hors du tas de sable ne persiste que son visage. Et c’est là qu’éclate tout le talent de Catherine Samie, doyenne de la Comédie Française, dirigée par Frédérick Wiseman. D’une inflexion de voix, d’un regard, d’un sourire mélancolique, elle donne toute la profondeur de son personnage. Ses silences même sont précieux. C’est magnifique.
Oh ! les beaux jours de Samuel Beckett. Jusqu’au 4 novembre, puis du 22 mai au 12 juin 2007 au théâtre du Vieux Colombier. (Photo Lot). Plus d'infos sur le Festival Paris Beckett Fin de partie à l’AthénéeLe festival Paris Beckett a commencé voilà près d’un mois. C’est le moment ou jamais pour une plongée en profondeur… Et pourquoi pas commencer par le mythique Fin de partie, encore pour quelques jours au théâtre de l’Athénée. Une sage, fidèle, mais réjouissante version, mise en scène par Bernard Levy. Qui a d’abord choisi de respecter scrupuleusement les indications de l’auteur. Le ton est donné dès le début avec la projection, sur une vaste toile, de la couverture du livre édité chez Minuit. Avec, ensuite le décor installé : une boîte très blanche et des fils très noirs, doublés de lignes fluorescentes, posés, comme dessinant la géométrie de l’espace, réel et mental. Avec, enfin, les didascalies suivies à la virgule près. Quelle liberté trouver dans ce cadre posé ? Celle des acteurs, tous magnifiques.
Thierry Bosc, Gilles Arbona, Marie-Françoise Audollent et Georges Ser. Alias Hamm, aveugle paralytique qui souhaite être « au centre » et tyrannise son monde, Clov, ami-souffre-douleur, boiteux et corvéable à merci, qui rêve de mettre les voiles. Mais aussi Nell et Nagg les parents du premier, condamnés à finir leurs jours au fond d’une poubelle.
C’est implacable, cruel, absurde –la vie ne l’est-elle pas-, mais aussi drôlissime et traversé d’éclats poétiques de toute beauté. Très beckettien en somme.
Samuel Beckett : Not I / Pas moiPièce en un acte pour une bouche, écrite d'abord en anglais puis traduite en français par Samuel Beckett lui-même, Not I est un "monologue-syphon", une spirale de mots qui semble aspirer l'existence de la comédienne toute entière... A lire - sur le mag - notre dossier sur le Festival Paris Beckett. Et si vous êtes in a mood for video, direction la sélection Youtube de Playlist. Beckett a 100 ansPosté par Van le 03.04.06 à 14:07 | tags : théâtre, international, festival, beckett, arts visuels, religion
![]() >> Lire la chronique du festival Paris Beckett >> Entretien avec Tom Bishop, co-directeur du festival |
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