Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité du Festival Chalon dans la rue (arts de la rue). Tous les billets consacrés à cette manifestation sur Saisons.

Sans noms ou sans raisons : le cirque

Posté par Floriane le 25.07.07 à 12:36 | tags : cirque, chalon dans la rue
On les a connus plus nombreux, une vraie petite tribu qui, après des formations diverses en arts de la piste, avait fait l’effort d’acquérir un chapiteau, des camions, et de vivre la « vraie vie » des nomades. On les retrouve allégés d’une bonne partie de la distribution, égayée en quête d’autres aventures circassiennes. N’est resté que le noyau : un acrobate, un clown et un musicien. A eux trois, ils tentent de faire tenir une heure de spectacle, multipliant les apparitions, les techniques, les gags. L’écriture s’essouffle un peu, vers la fin ; on aimerait juste que la magie des premières apparitions se prolonge, que certaines trouvailles se développent. Mais on aime, malgré tout, l’atmosphère si particulière qui se dégage de l’ensemble, ce chapiteau-bar-brocante qu’ils ont aménagé comme ils vivent : avec simplicité et honnêteté. On aime la juste place laissée aux trois interprètes principaux, leurs rôles dans la petite musique qui s’égrène. Mention spéciale, et sans conteste, à cette incroyable figure de clown impassible née de la personnalité d’Amandine. C’est cela, le Cirque sans noms : un morceau de vie, en forme de spectacle.
[à lire côté mag : compte rendu du festival Chalon dans la rue 2007]

Chalon 2005 : « un pas d’avance »

Posté par Floriane le 01.08.05 à 12:29 | tags : chalon dans la rue
Génération par la cie Mossoux Bonté Résolu, le directeur de Chalon dans la rue, Pedro Garcia : « ce qui fonde le festival, c’est l’invention. (…) nous devons avoir la sagesse que le déplaisir soit dans le In et offrir des spectacles plus divertissants en Off. (…) les artistes qui marquent leur siècle sont dans ce que l’on ne reconnaît pas encore. » (extraits du Journal de Saône et Loire daté du 22 juillet).
Très lucide, très serein, solide et affuté : Pedro Garcia a su, en à peine deux éditions, se montrer plus que digne de la relève des deux créateurs historiques de l’un des plus importants festivals de rue de l’Hexagone. Et l’on doit avouer que la récente enquête sur les publics européens ne peut que le conforter : les festivaliers sont, en majorité, composés de personnes ayant de fortes pratiques culturelles. Leur proposer, en In, les étrangetés chorégraphiques de Mossoux-Bonté, des conférences rassemblant des intellectuels de pointe (on se croirait au Verger, à Avignon) ou les délires urbanistico-plastiques de Juillot n’est pas pour les défriser et permet aux artistes d’expérimenter leur rapport à l’espace public. Pour la foule, un bon gros spectacle de masse, style Pan Optikum, aériens et feux d’artifice en prime, à défaut de pouvoir véritablement saisir le texte de Neruda crachouillé par les hauts parleurs.
Mais sans oublier que la rue reste, c’est évident, un art qui attire de nombreux jeunes. Pour eux, les Folles nuits de l’Abattoir, programmées par Smooz : enfin une proposition cohérente et de qualité qui tient, autour de propositions artistiques (musique, projection, graff') et pas uniquement de l’alcool et d’autres substances en leur temps farouchement combattues, des centaines de jeunes que l’on accueille au lieu de les parquer. Bref, une édition intelligente, qui fait le pari de l’audace et n’a qu’un seul mot d’ordre : « Qui m’aime me suive » ! »

Voir la galerie photo de l'édition 2005

Compte rendu de la 19e édition de Chalon dans la rue, été 2005 [illustration : Générations par la Cie Mossoux-Bonté - Photo © Mikha Wajnrych]

Deux perles à Chalon - Braakland et Note à vacarme

Posté par Floriane le 01.08.05 à 12:03 | tags : festival, chalon dans la rue
Braakland par la Cie DakarLa programmation de Chalon dans la rue se voulait ouverte à la nouveauté, à l’innovation. Avec la compagnie hollandaise Dakar, c’est chose faite : jamais encore ces dernières années, dans l’Hexagone du moins, une troupe n’avait pensé son théâtre à tel point en relation avec le paysage. Lotte van den Berg, la metteur en scène de Braakland a beau se défendre de faire du « land art », c’est avec un œil véritablement exercé qu’elle a choisi le terrain vague au bout de rien, écrin à sa dramaturgie très cinématographique ou digne d’une installation vidéo, inspirée des textes du Sud africain Coetzee. C’est sur l’île de Terschelling qu’elle a pris conscience de la vertu du « théâtre in situ », dont le festival Oerol a fait sa spécialité et son terrain d’expérimentation. Braakland est un produit des plus convaincants, à la pointe de ces spectacles de territoire. A suivre.

Note à vacarme par le Cyrk KlotzA l’opposé, confinés sous la toile d’un chapiteau moyen format, les spectateurs de Note à vacarme du Cyrk Klotz assistent à un ballet expressionniste pour pianos, acteurs et acrobates. Quelle poésie dans ces évolutions aréiennes de clowns blancs au nez et chapeau noirs ! Des personnages d’affiches polonaises dans les airs ! Peu à peu, à force d’harmonies contradictoires à coups de savates sur les claviers, et au hasard d’un tour de chant de beuglant, on assiste à la naissance du cinématographe, des enregistrements et des communications à longue distance … Le tout dans une ambiance irréelle, suspendue, où l’homme, après avoir fait un petit tour sur la terre, décide bien vite de retourner là haut, sur la lune de Méliès peut-être ? 

Braakland de la Cie Dakar, mes Lotte van den Berg. 
Note à vacarme du Cyrk Klotz
Vus au Festival de
Chalon dans la rue (in), été 2005 [illus. Braakland © Sanne Peper et Note à vacarme © Dodeskaden Courtesy Châlon 2005]

Les Caissières sont moches - à Châlon dans la rue

Posté par Catherine le 29.07.05 à 17:18 | tags : théâtre, chalon dans la rue, arts de la rue

les_caissi__res_sont_moches.jpgLa rue du Cloître est bondée. Mais où est donc la scène ? On verra bien, on s'assoit n'importe où. Après de longues minutes d'attente où chacun tente de préserver son bout de macadam, les projecteurs dirigent vers la fenêtre d'une des façades qui bordent la place. C'est donc là. On se tourne. Les volets s'ouvrent. Un couple nous raconte son bonheur. Ils sont heureux. Tellement heureux. Autre lieu, autre couple : de l'autre côté de la place (il faut se retourner), sur un trottoir et sous leurs parapluies, Monsieur et Madame Machin - beaucoup moins vieux-jeu qu'il  n'y paraît - causent avec leurs voisins. A un autre angle de la place, dans leur camion, Monsieur le Boucher et Madame la Bouchère trompent l'ennui en s'envoyant en l'air. Beaucoup de poésie dans ces tranches de vie qui progressent en parallèle, une bonne dose d'humour décalé, pas mal de sexe, un soupçon de danger...

En intermède, pendant que les trois mêmes comédiens des "Caissières sont moches" passent d'un endroit à l'autre, la compagnie les Octavio tire son estrade roulante jusqu'au milieu de la place (il faut se pousser !), et régale le public de scènes clownesques aux gags simples et efficaces. C'est ainsi que le public assiste, hilare et trempé, à la lutte acharnée entre un homme et la pieuvre qu'il découvre dans sa baignoire alors qu'il prenait tranquillement son bain, là tranquille au milieu de la place.

Deux spectacles en un, plaisir dédoublé. On a beaucoup marché sur les pieds de son voisin, on n'a pas toujours su où poser son postérieur, où ranger ses jambes, on doit encore batailler dur pour se désolidariser de la cohue. A Châlon, la nuit est encore longue...

Les Caissières sont moches, par Pierre Guillois et les Octavio.
Vu au Festival Chalon-dans-la-rue, été 2005, 19ème édition


Châlon de 4 à 5 - Cirque Phare Ponleu Selpak

Posté par Catherine le 27.07.05 à 10:58 | tags : cirque, chalon dans la rue

Phare Ponleu Selpak_1.jpgChâlon dans la rue en est à sa 19ème édition : bientôt un gros anniversaire ? En attendant, le festival des arts de la rue continue à drainer les foules. C'en est même devenu très difficile de circuler dans les rues de la vieille ville. Guère évident de parvenir à s'extraire du flot de visiteurs pour profiter des animations qui apparaissent finalement peu nombreuses tant elles sont noyées par la foule. Pas facile non plus de s'assurer une entrée aux spectacles proposés, dans des lieux aux jauges pourtant pas si réduites...

Il faut donc un peu de courage, beaucoup de patience et une bonne montre pour profiter à plein du festival à la double programmation (in et off) très fournie. Autre difficulté de ce côté-ci : le petit fascicule du festival donne très peu d'indications. Les résumés des spectacles ne sont guère éclairants et hormis l'horaire et la situation géographique du lieu, le seul critère de choix consiste en une distinction bien large entre théâtre, arts de la rue et cirque. Le festivalier de Châlon se doit donc d'être également aventurier (la quasi-totalité des spectacles étant gratuits, la prise de risque reste toutefois limitée).

Parmi les spectacles vus, la troupe de l'école de cirque de Phare Ponleu Selpak (illus.), cinq très jeunes gens aux capacités physiques phénoménales. Venu du Cambodge, le cirque de Phare Ponleu Selpak, bouscule nos répères : le temps s'étire parfois avec nonchalance, mais c'est pour mieux nous emporter tout à coup à des rythmes improbables dans un tourbillon de sonorités aigrelettes inhabituelles à nos oreilles, musique étrange qui accompagne une succession de numéros - contorsions, équilibres, jongle, acrobatie, voltige - époustouflants d'habileté. Dépaysement assuré, admiration béate garantie.

De quatre à cinq, troupe de l'école de cirque de Phare Ponleu Selpak, Cambodge
Vu à Chalon-dans-la-rue, été 2005, 19ème édition




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