Des anges comédiens sur les toits de Berlin
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Le spectacle vivant, parent pauvre du nouveau budget
Le président du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles met ce chiffre en regard de celui de l’inflation (1,2%) et évoque, au final, une baisse d’1 point. Mais que fait le Conseil de la création artistique présidé par Marin Karmitz, est-on tenté de se demander ? Et d’où viennent les 10 millions qui lui sont alloués ? Le temps risque d’être –de plus en plus- morose pour nombre de compagnies et lieux non identifiés comme des « paquebots de la culture » richement dotés, à Paris et en province. Exemple parmi tant d’autres, celui du Théâtre Toursky à Marseille qui a vu purement et simplement ses subventions de la Drac supprimées (lire ici)… Drac qui se sont vues demander, « dans un contexte économique difficile, la nécessité de poursuivre l’effort de maîtrise des coûts et le développement des ressources propres ».
Tant d’images à la ferme du Buisson
A voir notamment lors du festival 2009, « Moscow » (illus). Le collectif Berlin poursuit son grand œuvre sur les villes du monde et s’attache à la capitale russe après Jérusalem et Bonanza (spectacles présentés ici même, lors de l’édition 2008 de Temps d’images). Dans « Les belles endormies », Kris Defoort et Guy Cassiers, l’un des artistes qui avaient fait sensation lors du festival d’Avignon 2008, adaptent un roman du Japonais Yasunari Kawabata, sous forme d’opéra vidéo. Création estampillée Temps d’images 2009, « L’ultima volta che vidio moi padre » déroule son fil entre dessin animé et musique. François Verret et Sylvie Blum explorent des sentiments mêlés dans « Mixed feelings », installation d’un homme et d’une femme « dos à deux ». On assistera encore à une « Nuit curieuse », parcours de découvertes ludiques et rencontres singulières (le samedi 10 octobre, soit une semaine tout rond après la Nuit blanche parisienne…), à des projections de films, des installations au Centre d’art… Temps d’images 2009, du 2 au 11 octobre, Ferme du Buisson, Marne la Vallée. Lire aussi notre dossier sur le festival Temps d’images 2007.
Podalydès: mais où est sa cassette?!
Au cinéma, où "Neuilly sa mère!" fait un tabac, dans le joli film de son frère, "Bancs publics", et bientôt dans "Le petit Nicolas", on n'a pas fini d'en entendre parler. Au théâtre aussi, où l'acteur met la touche finale à sa composition d'Harpagon, salle Richelieu de la Comédie-Française. Sous la direction de l'actrice Catherine Hiegel, il campe en effet ce vieux grigou d'avare, un monstre de farce. L'actrice revient à Molière pour la quatrième fois, après "Le Misanthrope", "Les femmes savantes", et "Georges Dandin".
A ses côtés Marie-Sophie Ferdane, Benjamin Jungers, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim. Cette pièce centrée sur l'argent devrait prendre une résonance toute particulière en cette période de (sortie de?) crise. On en reparle très vite... "L'avare", mis en scène par Catherine Hiegel, Comédie-Française, du 19 septembre au 21 février. Jean-Paul Roussillon est mort
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Voilà quelques mois, en campant Firs, le vieux valet oublié dans « La Cerisaie » d'Alain Françon, à la Colline, il bouleversait… Jean-Paul Roussillon, grand homme de théâtre et de cinéma est mort hier à l’âge de 79 ans. Il avait eu un cancer du poumon voilà dix ans et avait subi récemment une nouvelle opération. Marié à Catherine Ferran, autre figure de l’institution, il a fait partie de de la Comédie-Française, pendant plus d’un demi-siècle et en était sociétaire honoraire. Il y fut comédien puis metteur en scène. L’administratrice du Français, Muriel Mayette a évoqué "un camarade d'une humilité inouïe. Son exigence, sa rigueur et sa passion ont fait des chefs-d'œuvre de Molière ou de Racine qu'il a montés des succès historiques » et salué « une voix profonde, caverneuse, patriarcale, primaire, étrangement musicale ». On l’a également vu au cinéma dans des films de Bertrand Tavernier ou Joseph Losey et, plus récemment dans « Un conte de Noël » d’Arnaud Desplechin où il incarnait l’époux de Catherine Deneuve, ce qui lui valut un césar du meilleur second rôle. Dans "Un conte de Noël", illus dr.
Bourdon et Clavier en Renato et Zaza
"La cage aux folles" Théâtre de la Porte Saint-Martin, Paris.
Avignon 2009 et les bouleversements du monde Après Avignon, c’est au 104 parisien que le tandem de direction du festival, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, ainsi que l’artiste associé, Wajdi Mouawad, ont présenté les grandes lignes de la programmation 2009. Le 63e festival -dont le visuel évoque tant des oiseaux de sang, que des avions...- sera placé sous plusieurs signes : celui d’un monde marqué par des bouleversements, depuis les révoltes en Grèce aux différents conflits en passant par l’élection de Barack Obama (sic) ; celui d’un territoire géographique de la Méditerranée élargie. Mouawad est Libanais installé au Québec, et plusieurs artistes invités cette année viennent du Moyen Orient, mais pas seulement. D’Histoire et d’histoires, il sera question, car Mouawad est un grand conteur, adepte des récits-voyages, qui interrogent inlassablement les thèmes de l’exil, la guerre, les racines. Son art ? « Tenter de dire le monde en le colmatant, en comblant ses fissures, ses blessures »… C’est au cinéaste Amos Gitaï que revient l’honneur d’ouvrir les réjouissances, à la Carrière Boulbon. « La guerre des fils de la lumière contre les fils des ténèbres » mêlera cinéma, musique et théâtre (7-13 juillet). Les trois temps programmés dans la Cour s’avèrent plein de promesses. Dans la foulée, Krzysztof Warlikovski, enfant chéri d’Avignon monte (A)pollonia, montage de textes antiques et contemporains (16-19 juillet). Enfin, très attendu aussi, en baisser de rideau, le « Casimir et Caroline » de Johan Simons, dont on garde en mémoire la fantastique « Chute des dieux », en 2004 (23-29 juillet). Nombre d’artistes québecois également de la partie: Christian Lapointe, qui présente « CHS », Dave Saint-Pierre et ses quinze danseurs débridés pour « Un peu de tendresse, bordel de merde » et le très subtilDenis Marleau qui porte à la scène le premier texte de Thomas Bernhard, « Une fête pour Boris », plongée festive et dingue chez les culs-de-jatte ! Côté français, Claude Régy, longtemps absent d’Avignon s’attaque au long poème de Fernando Pessoa, « Ode maritime », avec Jean-Quentin Châtelain. Hubert Colas revient cinq ans après « Hamlet », avec un texte qu’il signe « Le livre d’or de Jan ». L’écrivain et réalisateur Christophe Honoré fait ses premiers pas au théâtre avec « Angelo, tyran de Padoue », adapté de Victor Hugo (12-27 juillet). La comédienne Clotilde Hesme notamment sera de la partie. Parmi les fidèles d’Avignon, noter le retour réjouissant de Jan Lauwers, qui boucle sa trilogie « Sad Face, Happy Face », de Jan Fabre, artiste associé de 2005, ou encore de Pippo Delbono (18-27 juillet) qui, avec « La Menzogna » revisite le drame d’une usine de Turin où plusieurs ouvriers avaient péri brûlés. Et puis événement annoncé, la venue de Christoph Marthaler avec « Butzbach-le-Gros, une colonie durable » (23-26 juillet) premier temps fort de sa collaboration avignonnaise. Il sera artiste associé de l’édition 2010, aux côtés de l’auteur Olivier Cadiot… 63e festival d’Avignon , du 7 au 29 juillet. Programme complet disponible en mai. Festival Off du 8 au 30 juillet. Théâtre ET sociétéChristian Biet, qui signe l’avant-propos du livre de Richard Schechner, Performance, vient de diriger, avec Olivier Neveux, une somme consacrée à Une histoire du spectacle militant (1966-1981), aux Editions L’Entretemps. Le hasard des calendriers de publication n’est sans doute pas fortuit. A l’heure où les crédits de l’Etat en matière de culture font l’objet de polémiques aussi vives que récurrentes, le temps est sans doute venu de s’interroger sur la place du théâtre dans la société, jouissant-elle ou pas d’une exception culturelle, et de jeter un coup d’œil dans le rétro pour apprendre comment la société a pu se refléter dans le théâtre.
Dans cette histoire du spectacle militant, théâtre et cinéma vont de pair, théâtre de salle, de rue, invisible, cinéma de Gatti … Les nombreux contributeurs font le tour de ces formes d’art souvent ignorées de la doxa esthétique et en révèlent les facettes parfois paradoxales. Le retour aux faits historiques et aux pratiques diverses, où l’art est convoqué « au service » d’une pensée, d’une dénonciation, d’une idéologie, n’est pas le moindre intérêt de cette tentative de cerner cette vivacité unique, ce moment (trop court, diront certains) où société et théâtre s’électrisaient dans une cristallisation jamais retrouvée. Une histoire du spectacle militant (1966-1981), Editions L’Entretemps, en collaboration avec UPX Nanterre, 464 pages, 30 €. Tragédie des enfants-soldats dans le offPosté par JdF le 04.07.06 à 10:27 | tags : arts visuels, avignon off, cinéma, des planches et des livres, théâtre
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