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L'actualité du cirque en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons. Voir aussi la collection art s de la rue.
Le retour des Romanès Du 11 avril au 4 mai, le cirque Romanès pose à nouveau son chapiteau à Paris, boulevard de Reims. Le spectacle s’appelle, cette fois, « Rien dans les poches » ; joli titre pour des marcheurs de grand chemin. On se souvient de l’éclosion de ces spectacles pas ordinaires, il y a quelques années, vers Clichy. Une odeur d’authenticité, une envie de partager un moment avec ces gens du voyage. Bon an mal an, l’expérience se poursuit, et revoilà les Romanès à Paris, inchangés, fidèles à eux-mêmes. Le 30 avril, une nuit tzigane permettra, annonce-t-on, de danser jusqu’au but de la nuit. Cet été, Alexandre Romanès, à qui l’on doit déjà Paroles perdues, publié chez Gallimard, se lancera dans le cinéma, avec la complicité de Robert Guédiguian. Son projet de spectacle imaginé avec Jean Genet n’avait pas abouti. Espérons que cette fois, il pourra aller jusqu’au bout.3 questions à Joëlle Berrebi, autour du premier salon mondial du cirque.
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Pourquoi un salon mondial du cirque ? Je travaille dans une structure de production qui travaille avec des circassiens depuis 10 ans maintenant. Evoluant dans ce monde, j’ai pu faire plusieurs constats, tout d’abord que cet univers se développe de plus en plus, se professionnalise et se spécialise. Et un second constat, à savoir qu’ il n’existe pas de temps ou de lieu de rencontre et d’échange des professionnels du cirque. Les informations ne s’échangent pas facilement. Ce qui n'est pas évident autant, par exemple, pour des fabricants de chapiteaux que des artistes qui débutent...
Sur Flu : Gagnez 20 places avec le concours Fluctuat / Salon mondial du cirque
Illus. Flickr, cirque Krakatuk ©Promarket (propos recceuillis par Lucie Prost)
Le salon mondial du cirque (www), du 11 au 13 avril, Porte de Versailles. Tous en piste !C’est sous le chapiteau du cirque Diana Moreno-Bormann que la soirée caritative de l’association Tous en piste a eu lieu, en fin de semaine dernière. Trop peu de public, malheureusement, pour cette action généreuse et nécessaire. Aucun élève des écoles de cirque, pas de centre de ressources national … Mais des artistes, nombreux, engagés, investis par leur art. On peut ne pas aimer la présence des animaux sur la piste ou les fesses nues de l’assistante du numéro de lasso. Pincer le nez ne sert à rien. Le cirque, tel qu’il se pratique sous toutes les latitudes, véhicule aussi ce genre d’images. On ne changera pas la piste en un jour. Plus surprenante pour les novices, et encourageante, est la présence de nombreux juniors, enfants de la balle tombés tout petits dans l’atmosphère de la sciure et des chapiteaux et qui ne font pas mentir l’adage.
Bref, une soirée joyeuse, malgré la pluie et le froid au dehors, au profit d’une cause importante : les artistes en difficulté. Une tempête et un chapiteau s’envole ; une partenaire enceinte et le duo de trapèze est à l’eau … Les aléas du métier sont suffisamment nombreux pour que l’on vienne en aide à ceux qui en ont besoin. Tous en piste le fait. Il n’est pas trop tard, pour les absents de la semaine dernière, de faire un geste généreux. Les dons sont toujours les bienvenus. Ça Tchatche aux Subsistances (Lyon)
Et cette année « Ça Tchatche ». Performances, spectacles et installations questionneront « ce que parler veut dire » (c’est d’ailleurs le titre du spectacle de Jade Duviquet et Cyril Cazmèze). Voir le programme complet sur le site des Subsistances (site où il est d'ailleurs possible de créer son avatar en poussin...). Week end "Ça Tchatche" les 3-4-5-6 avril aux Subsistances, laboratoire internationale de création artistique, Lyon 1er. Housch-Ma-Housch, clown waouh au Samovar
Housch-Ma-Housch au Théâtre du Samovar, les 18, 19 et 20 mars à 20h30 Cannibales (Ronan Chéneau, David Bobée) : Pas iDéal, iKéal…
On apprécie à l’inverse les moments (nombreux) où la poésie s’extrait de ces assemblages. Lorsqu’on voit sur l’écran les rues d’une mégalopole américaine qui défilent à toute allure, et qu’on entend un texte (proche de la poésie sonore) sur les soirées glamour de Cannes qui dérivent sur les backrooms obscènes de cannes. L’investissement physique du comédien rivalise avec la dose d’énervement que contient le discours et la furie de la vidéo et crée un cocktail détonnant.
Illustr©Sophie Colleu Cannibales de Ronan Chéneau, mise en scène David Bobée, au Théâtre de la Cité Internationale (www) du 6 mars au 5 avril 2008. Le cirque de demain Ce n’est plus au Cirque d’hiver mais sous le chapiteau du Cirque Phénix, à la pelouse de Reuilly, que s'est niché le Festival mondial du cirque de demain. Pour sa vingt-neuvième édition, lancée jeudi soir, ce rendez-vous incontournable fait, une fois de plus, le plein de talents en passe de séduire les scènes du monde. Par « cirque de demain », il ne faut pas entendre une conception étroite du « nouveau cirque » à la française. Les organisateurs, renifleurs planétaires, vont puiser dans toutes les esthétiques circassiennes pour composer le plateau des deux soirées qu’ils proposent. Ecritures traditionnelles ou plus contemporaines se côtoient donc, et la palette est large. Indescriptible équilibriste arménienne (Arevik Seyranyan), efficaces aériens russes (Garamovs), talentueux équilibristes chinois (troupe de Suining) partagent l’affiche avec la poésie plus délicate du Carré curieux (jonglage et diabolo) ou encore de la troupe québécoise Les sept doigts de la main, présentant un extrait du spectacle Traces.Les deux programmes ont été repris samedi, en matinée et en soirée. Enfin, dimanche à 14 heures, un hommage au cirque français a rassemblé tous les lauréats hexagonaux des éditions précédentes. L'an prochain, le festival fêtera sa trentème édition. On ne la ratera pas! Leçon de vie au Théâtre de la VillePlus que tout autres, les Orientaux savent que le sens prévaut sur la forme. Les artistes de Dalian, réunis par Aurélien Bory, y excellent. Chanteurs d ‘exception, acrobates, danseurs, ils n’esquissent que quelques sauts, quelques échanges d’arts martiaux, mais font preuve, tout au long du spectacle, d’une incroyable maîtrise et d’un équilibre parfait. A ce titre, ils s’imposent comme les artistes les plus impressionnants qui soient. Dans Les Sept planches de la ruse, ce n’est pas la prouesse extérieure qui est mise en valeur, mais celle de la précision, de la patience nécessaires à la manipulation des éléments de ce puzzle géant, casse-tête ancestral et scénographique, le tangram.
Léchées, les lignes se profilent en contre-jour ou dans des rasants qui les découpent sur le cyclo dont les teintes varient au fil des transformations. Car le sens de tout cela est à trouver dans le Yi Jing, jeu divinatoire, à la base de la culture chinoise, et terriblement en accord avec la réalité contemporaine. Tout va extrêmement vite, dans ce vaste pays dont la « marche en avant » avait gelé, pur un temps, les rouages. Lentement, sans heurts, la Chine s’éveille aujourd’hui, à l’image de ces sept planches, glissant les unes sur les autres, s’équilibrant et formant des figures sans cesse renouvelées où l’homme a parfois du mal à trouver sa place. Ce poème visuel d’une pureté absolue est dû aux talents conjugués d’Aurélien Bory, qui s’impose ici comme l’une des figures les plus marquantes de la scène contemporaine internationale, et des artistes de Dalian, province chinoise côtière. La pièce ne tient que quelques jours l’affiche du Théâtre de la Ville, mais sera visible un peu partout en France jusque fin avril. Tout change, tout passe, mais tout finit par s’équilibrer et s’emboîter parfaitement. On devrait se le rappeler à chaque instant. "Rain": la pluie tombe encore... à Lyon
Chaque venue du cirque Eloize en France est un enchantement. En mai 2006, la création du spectacle "Rain, comme une pluie dans tes yeux" avait réjoui le public du Trianon. Un spectacle qui se veut "comme une caresse, simple et directe, pleine de sensualité et d'un doux espoir", de l'aveu de son auteur et metteur en scène Daniele Finzi Pasca. Dans le cadre d'une tournée au long cours, la troupe canadienne est aux Célestins de Lyon. Ne la manquez pas... Lire ici la chronique du spectacle, sur le mag Scènes. Illus © Cirque Eloize 2005-Agnieszka Stalkoper Rain, comme une pluie dans tes yeux, du 13 au 23 février, Théâtre des Célestins, Lyon. www Quand le cirque flirte avec le music hallLe Cirque d’hiver se donne des allures de casino, cet hiver. Pas de lion ni de panthère, mais des girls (sans plumes) pour rythmer le spectacle, semé de numéros dans le ton.
Pour son dernier spectacle, Vertige, la famille Bouglione flirte avec les paillettes et les jongleurs, quelques animaux et l’éléphante Micky rappelant néanmoins que nous sommes sur la piste, et non au music hall. Monsieur Loyal, très stylé, égrène au fil du spectacle l’histoire du lieu, jeune cent cinquantenaire. Il est vrai que, les cirques en dur disparaissant de plus en plus dans l’Hexagone, ce rescapé n’en a que plus de mérite de poursuivre la tradition. Pourtant, le spectacle présenté, s’il alterne les morceaux de bravoure ou d’humour, fait plutôt penser aux revues où se glissent quelques « attractions ». Un coup de jeune, pour cet art ancestral polymorphe. Cochons et chèvres, numéro de tissu ou de danse aquatique, jongleur plus rapide que la musique et cyclistes chinoises retiennent toute l’attention. Mais le fil rouge du spectacle, ce Housh-ma-Housch ukrainien qui remporta une médaille de bronze au Festival Mondial du cirque de demain, est sans conteste le personnage le plus attachant. Rappelant Buster Keaton par ses mimiques et sa mutité, il embarque le public à qui, sans ciller, il fait jouer le beau rôle. Pas étonnant que Vertige joue les prolongations. Le spectacle devait s’arrêter fin janvier, mais la ferveur des spectateurs a poussé les organisateurs à tenir l’affiche jusqu’au 9 mars. Un joli moment à passer, en famille ; enfants, adolescents, parents et grands-parents : tous y trouveront leur plaisir. L'envol du grand Céleste![]() Drôle de monde 2, Cirque du grand Céleste, Paris 20e. Jusqu'au 27 janvier. www Dernier tour de piste pour Battuta à Aubervilliers
Grosse colère pour Bartabas ! Informé de sa baisse drastique de subventions, le créateur de Zingaro a saccagé, le 21 décembre dernier, une partie du mobilier de la DRAC (Direction régional des affaires culturelles) d'Ile de France, et placé, pour cela, en garde à vue une partie de la nuit. On quitte la rubrique faits divers pour revenir à l'artistique : que cela ne vous empêche surtout pas d'aller voir Battuta, dernier spectacle de Zingaro, création réjouissante, où l'artiste a retrouvé la spontanéité échevelée des débuts, après un détour vers l'épure. On retrouve dans cet univers festif en diable quelque chose des films d'Emir Kusturica: une mariée singulière, une fumeuse de pipe et une cohorte d'animaux, chevaux en tête, bien sûr. Il ne vous reste que quelques jours pour découvrir le spectacle au Fort d'Aubervilliers. Ensuite Zingaro s'envole direction Hong-Kong... Battuta, Fort d'Aubervilliers, jusqu'au 31 décembre 2007. www Du cirque pour les fêtes![]() Sans faillir à la tradition, le cirque refait son apparition à l’occasion de Noël, même si tous les spectacles présentés ne sont pas destinés a priori aux enfants. Avec Taoub, La Villette (www) ne prend pas de grands risques. Le spectacle, créé il y a quatre ans, a déjà tourné un peu partout et l’on connaît ses vertus rassembleuses. Rien que la mention du « groupe acrobatique de Tanger » peut évoquer aux uns les vacances, aux autres les pratiques ancestrales, et attirer un public familial. Pourtant, le nom d’Aurélien Bory, bien connu des scènes parisiennes, devrait alerter, car le sieur s’est plutôt illustré dans des créations basées sur l’utilisation de technologies de pointe et les illusions visuelles. Mariage de la carpe et du lapin, le spectacle Taoub réussit pourtant à dérouler une historiette joliment illustrative, dont ceux qui comprennent les chansons en marocain peuvent pleinement profiter. Les autres se contentent de regarder les images et d’applaudir aux quelques prouesses, dont la technicité n’est pas le cœur du propos. Reservez vos places pour Taoub sur Flu! Taoub dans la hotte du Barbu
Taoub, Par Aurélien Bory et le Groupe Acrobatique de Tanger, Jusqu'au 6 janvier au Parc de la Villette. (www) Réservez vos places pour le spectacle Taoub sur Flu! Un cercle diabolique
Drôle d'objet que ce diabolo qui tourne, virevolte, s'envole, revient sur son fil, sans jamais perdre sa légèreté aérienne. Tout un spectacle basé sur ce simple accessoire, ça semble improbable? Fou? En tout cas, la compagnie Tr'Espace invente grâce à lui un langage technique et virtuose, soit, mais aussi poétique, foisonnant, amusant. Il s'agit de cirque bien sûr, de danse aussi, tant les corps de Petronella von Zerboni et Roman Müller, acrobates-danseurs diablement doués s'accordent au mouvement de leur instrument, le diabolo donc. A leurs côtés, le musicien Mischa Blau signe une riche partition contemporaine et, à mille lieux de faire tapisserie sonore est partie intégrante de la pièce, tout comme la lumière. Le tout tissé autour d'un cercle lumineux majestueux qui va, et vient. Le spectacle "Le cercle" annonce "diabolos, danse, contrebasses et bien d'autres choses encore". C'est aussi pour ces mille autres choses qu'il faut courir le découvrir, dans l'écrin magnifique qu'est le Ranelagh. Le Cercle, Théâtre Ranelagh, jusqu'au 25 novembre. 01 42 88 64 44. Le Festival Cergy soit ! a soufflé ses 10 bougies Le festival Cergy soit !, qui fêtait ses dix ans le week-end dernier à Cergy-Pontoise, avait décidément mis les petits plats dans les grands. Pas le temps de souffler, tant les propositions artistiques étaient nombreuses et variées. Car n’en déplaise à Serge Chaumier et à son brûlot récemment paru chez L’Harmattan, on ne voit pas très bien comment qualifier, sans les insulter, les centaines de personnes qui oeuvrent pour le divertissement du public sans tomber dans l’animation commerciale pure et dure.Toujours est-il que le public n’a pas boudé son plaisir face à une programmation éclectique, pour tous les âges et toutes les sensibilités. Théâtre d’ombres ingénieusement interactif d’une compagnie au nom improbable : Les chaussettes en pâte à modeler ! Hommage circassien inspiré à Chagall par la famille Rasposo. Voyage sensible et joliment onirique en compagnie de La Valise. Entresort de plein air avec Le Tennis. Chorégraphie ingénument coquine de La Vouivre … Sans oublier la « décoration » du parc : sculptures à base de matériaux de récupération, visant à sensibiliser aux questions environnementales ; pots à feu de Arts tout show … Qu’il est bon de se laisser aller sur l’herbe verte, par l’un des derniers week-ends ensoleillés de l’année, sans se poser de questions existentielles profondes, mais en jouissant de spectacles tout simplement de qualité ! Le site du festival (www) (illus : Prêt à porter, Histoire amère d'une douce frénésie, présenté en 2005) Cirque Altai : la Piste là ! On les a connus débutants, encore au Centre National des Arts du Cirque de Chalon en Champagne. Ils avaient déjà cette même complicité, cette même attention espiègle l’un à l’autre. Le porté, le main à main, ils faisaient ça sérieusement, professionnellement, mais aussi, lors des pauses, comme des gamins qui jouent. On leur souhaitait de garder toujours cette fraîcheur.La piste là, le premier « vrai » spectacle de Victor Cathala et Kati Pikkarainen, en est la meilleure preuve. Pour développer leur univers, ils se sont associés à Mathieu Levavasseur, un ancien du CNAC lui aussi. Dès lors, le main à main s’étoffe de numéros de banquine, le piège du duo « amour-haine » sur tous les tons est évité, et la fraîcheur de leur regard sur le cirque peut s’exhaler. Il ne s’agit pas pour autant d’un essai de débutants. C’est la technique parfaitement maîtrisée qui permet la fantaisie dans le propos et l’apparente légèreté. Avant l’univers plus sombre du Phare (du 2 au 7 octobre), la pelouse de Reuilly accueille, jusqu’au 7 octobre et sous l’égide de De rue et de Cirque, ce tout jeune mais si prometteur Cirque Altai. Sans noms ou sans raisons : le cirque On les a connus plus nombreux, une vraie petite tribu qui, après des formations diverses en arts de la piste, avait fait l’effort d’acquérir un chapiteau, des camions, et de vivre la « vraie vie » des nomades. On les retrouve allégés d’une bonne partie de la distribution, égayée en quête d’autres aventures circassiennes. N’est resté que le noyau : un acrobate, un clown et un musicien. A eux trois, ils tentent de faire tenir une heure de spectacle, multipliant les apparitions, les techniques, les gags. L’écriture s’essouffle un peu, vers la fin ; on aimerait juste que la magie des premières apparitions se prolonge, que certaines trouvailles se développent. Mais on aime, malgré tout, l’atmosphère si particulière qui se dégage de l’ensemble, ce chapiteau-bar-brocante qu’ils ont aménagé comme ils vivent : avec simplicité et honnêteté. On aime la juste place laissée aux trois interprètes principaux, leurs rôles dans la petite musique qui s’égrène. Mention spéciale, et sans conteste, à cette incroyable figure de clown impassible née de la personnalité d’Amandine. C’est cela, le Cirque sans noms : un morceau de vie, en forme de spectacle.[à lire côté mag : compte rendu du festival Chalon dans la rue 2007] La cartoon attitude d'Housch-ma-Housch
Kaput par Housch-ma-Housch à la Luna, Festival Off d'Avignon jusqu'au 28 juillet. J'ai mis une jupe - solo de clown au féminin
J'ai mis une jupe, Compagnie Claudia N. A noter: après Avignon, Claudia Nottale sera à Châlon dans la rue où elle présentera une nouvelle création, Mariage(s), du 19 au 22 juillet à 16 heures dans la cour de l'école maternelle Louis Lechère Semianyki - la famille en russe et en clown![]() (La famille) Semianyki, création collective du Teatr Licedei Au revoir parapluie On aimerait tant être sorti de la salle à la fin de la première partie, au bout de 45 minutes de spectacle exactement … Ce serait tellement merveilleux de rester sur cette impression de génie absolu, incarné sous nos yeux, sur scène, alliant l’inventivité la plus débridée et la maîtrise parfaite des enchaînements … Mais il y a la deuxième partie, les images non pas de trop (ce serait criminel de qualifier ainsi ces perles) mais comme jetées d’un geste incontrôlé sur la page du plateau. Comme on aimerait que James Thierrée n’ait pas souhaité « tout donner », comme à son habitude, en un seul spectacle mais qu’il ait gardé en réserve quelques-unes de ses idées prodigieuses pour les développer dans une prochaine production.On avait un peu le même sentiment dans le spectacle du Cirque Invisible, au Rond-Point. Un rythme de music-hall endiablé, peu habituel sur les scènes françaises, y entraînait les parents de James au surplus d’images qui, toutes plus drôles ou inventives les unes que les autres, finissaient par déboussoler le public, rassasié avant que le rideau finisse par tomber. Dommage … On a tant d’admiration pour le talent multi-facette de cet artiste incroyable, petit fils de …, qui s’est donné les moyens d’une formation éclectique mais solide. Et ces idées qu’il a dans la tête, de fuite, de perte, de voyages aboutissant inévitablement au cœur du chapiteau protecteur, lui sont tellement personnelles mais tellement proches de nous. Mais ce serait tellement bien si la chanteuse était aussi bonne dans le lyrique que dans l’ethnique, et si le mime sur la musique était exploité de façon moins systématique … Reste l’interprétation irréprochable d’une sorte de lutin danseur japonais et d’un clown suédois aguerri qui apportent un écho et un contre-poids essentiels à l’interprétation de James Thierrée qui a remporté cette année le Molière du théâtre en région. Au revoir parapluie - A l’affiche du Théâtre de la Ville jusqu’au 30 mai (www). Base 11/19 : à quoi l'art sert-il ? Guy Alloucherie est fils de mineur ; il en sera marqué toute sa vie. Il n'aurait pas pu, lui, descendre à la mine : elles ont toutes fermé, dans le Nord, par décision économique, laissant sur le carreau des milliers de familles aujourd'hui désoeuvrées. Destiné à des études scientifiques, Guy Alloucherie rencontre le théâtre au hasard d'un stage, mais pas n'importe quel théâtre : un théâtre physique où le texte n'est que l'un des supports d'expression. Son premier spectacle, monté avec Eric Lacascade, est une pièce de Topor : " Chez Panic ". Tout Alloucherie s'y trouve déjà : les détresses que l'on noie dans l'alcool, la violence, la chorégraphie déjà très présente.Depuis Alloucherie et Lacascade se sont séparés, le cirque a croisé la route du premier et la compagnie HVDZ est née, installée alors qu'il avait tout fait pour partir de là, dans le bassin minier du Nord, sur la base 11/19 précisément. Au fil des spectacles, Alloucherie se raconte, et les ouvriers déchus par la même occasion. Il questionne l'art aussi, et la culture, et la place que les deux peuvent bien avoir à tenir dans une zone sinistrée où les vies ne le sont pas moins (et il y a énormément des deux en France et dans le monde). Ces derniers temps, la compagnie HVDZ s'est lancée dans des Veillées, partant à la rencontre des habitants d'un quartier, pendant quelques jours, leur parlant d'eux, de leur histoire, et d'art. Base 11/19 est ainsi le concentré de plusieurs rencontres, humaines et artistiques ; la collision d'éléments circassiens, textuels, vidéos, témoignages qui tous font choc. Au fil de ses litanies, Alloucherie se met à nu ; les autres textes abordent des questions plus sociales, voire politiques, et convoquent l'univers des performers. Les corps s'ébrouent dans la terre, s'emprisonnent dans du film plastique, s'enterrent littéralement ou s'envolent , touchés par la grâce de l'art ; car tout le dilemme est bien là : que fait-on de sa vie dans une situation critique ? En quoi l'art peut-il aider à s'en sortir ? A quoi peut-il bien servir ? C'est par des images physiques et visuelles fortes, auxquelles les textes font écho, que la compagnie HVDZ tente d'y répondre. Un spectacle sincère, engagé et sans concession. Base 11/19 par la compagnie HVDZ, mise en scène de Guy Alloucherie, à voir en mai à Martigues, Strasbourg puis à Aubusson, à Saint-Nazaire et à Martigues Plus ou moins l'infini ?!? Pour ceux qui ont aimé Erection de Pierre Rigal présenté récemment au Théâtre des Abbesses, le dernier spectacle de la Cie 111 devrait être un régal. Petit organigramme : Aurélien Bory a conçu et mis en scène Erection ; il a également conçu Plus ou moins l'infini, mis en scène par Phil Soltanoff, le directeur artistique de mad dog, une compagnie de théâtre expérimental new yorkaise. Bory vient de la physique, du cinéma, de l'acoustique architecturale et (pas accessoirement du tout) du jonglage. Nourri de références liées au Bauhaus et au constructivisme, c'est tout naturellement que la trilogie dont le spectacle présenté au Théâtre de la Ville est le dernier volet soit basé sur les jeux du corps dans l'espace. Ici, c'est la ligne qui est reine dans ce que Bory n'hésite pas à appeler son " théâtre cinétique ". Tout cela a l'air très compliqué mais sur le plateau, c'est tout bonnement la magie qui opère, au sens le plus littéral d'une illusion parfaitement maîtrisée.Plus ou moins l'infini, du 19 au 26 avril au Théâtre de la Ville (www) Théâtre pour navigateurPosté par Life on Mars le 16.11.06 à 22:06 | tags : cirque
![]() Le duo Circo Ripopolo (www) présente sur son site web un sketch exquis, utilisant un espace scénique assez peu exploré... le navigateur. Cliquez, montez le son, et laissez la fenêtre ouverte ! |
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