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Théâtre de la Colline à Paris. Tous les billets consacrés à ce théâtre sur Saisons.
Le retour sur scène de Clovis Cornillac
L'affaire est connue: le comédien Clovis Cornillac sera, dans quelques semaines sur tous les écrans de France et de Navarre dans Super Astérix numéro 3. IL succède à Christian Clavier dans la peau du blond, et jovial Gaulois. Mais avant d'être le comédien bankable que l'on sait au cinéma -avec des choix pas toujours inspirés...-, le fils de Myriam Boyer est un grand acteur de théâtre. On l'a notamment vu dans plusieurs spectacles écrits et mis en scène par Xavier Durringer, dont le très bon "Surfeurs", mais aussi chez Peter Brook dans "Le Mahabharata" ou Matthias Langhoff dans "Désir sous les ormes". Et puis c'est un fidèle compagnon d' Alain Françon, directeur du Théâtre de la Colline, qui l'a déjà dirigé huit fois. Retrouvailles en vue donc, dans un Feydeau cette fois. Au 220, rue de Provence, à l'Hôtel du Libre-Echange, un expert et sa femme proche de l'adultère, un avocat bègue et ses filles sont réunis par le mécanisme imparable et joyeux du vaudeville. Deux mois de représentations annoncés... "L'¨Hôtel du libre échange", du 27 décembre au 24 février, Théâtre national de la Colline. www L’Acte inconnu ou l'humour de Valère Novarina![]() Après un passage remarqué et apprécié au festival d'Avignon cet été, L’Acte inconnu de Valère Novarina tient l’affiche du Théâtre National de la Colline jusqu’au 10 octobre prochain. Une fois de plus, pourrait-on dire, puisque le plateau de la rue Malte-Brun n’en est pas à son premier accueil de l'auteur-dramaturge-peintre-metteur en scène. « Une fois de plus », pourrait-on dire, ceux qui aiment l’exubérance pourront se délecter de l’ingéniosité verbale psalmodiée par la troupe de comédiens aguerris à l’exercice. On retrouve en effet, dans cette dernière création, les thèmes et les images chers à Novarina, une nouvelle fois servis par ses acteurs fétiches. Mais ce qui est nouveau, finalement, dans cette « visite à un monument déjà bien connu » (la première à la Colline ayant eu lieu lors des Journées du Patrimoine…), c’est la puissance de l’humour. Certes, Novarina a toujours eu de l’ironie, du décalage, et l’on a souvent entendu glousser ses spectateurs. Mais là, peut-être comme jamais auparavant, il a su s’emparer des signes et des références du théâtre et les intégrer à sa propre création pour qu’au final, on se surprenne à s’esclaffer de bon cœur alors que tout pourrait nous faire penser à une recherche expérimentale pas spécialement gaudriolesque. Chapeau ! Car Novarina nous fait rire alors que les travers soulignés pourraient nous faire grincer ou bondir de colère. Et si on tenait la solution pour combler le gouffre de la Sécu ? L’Acte inconnu de Valère Novarina Jusqu'au 10 octobre au Théâtre National de la Colline (www) Avignon nouveau
Festival In d'Avignon du 6 au 27 juillet. L'Autre : Enzo Cormann à la Colline
L'Autre, texte et mise en scène Enzo Cormann (présentation de la pièce sur le site du théâtre : www), jusqu'au 4 février au Théâtre National de la Colline L'éclipse du 11 août : partie de campagne à la Colline
Quand on découvre le décor, on se dit qu'on se trouve bien dans le temple du théâtre contemporain qu'est le Théâtre de la Colline : espace parallépipédique aux murs blancs barbouillés d'énormes tourbillons noirs, deux lignes courbes métalliques pour suggérer un véhicule, un étrange totem couleur terre. C'est froid, c'est épuré, c'est actuel. Puis entrent les comédiennes et on se demande si elles ne se sont pas trompé de théâtre. Voici sur scène Béatrix, vieille bigotte plus vraie que nature avec ses sandales en cuir, sa longue jupe informe, sa voix aigrelette et sa diction appuyée, et voilà Christine, sa demi-soeur, vieille belle à la démarche gênée sur ses talons hauts. Nous sommes en rase campagne. Elles ne se voient quasiment pas à Nice où elles habitent toutes deux mais on décidé de faire le voyage jusqu'au village de leur enfance, en Lorraine, pour regarder l'éclipse. Nous sommes le 11 août 1999. Souvenir d'une autre éclipse, celle de 1961. La mémoire s'éveille à l'approche du village qui refuse d'apparaître. Elles se remémorent le passé, le pèse à l'aune du brouillard qui tombe sur la campagne... Décalage à nouveau entre un jeu parfaitement naturel et incarné, et un texte très littéraire, souvent poétique. Un prêtre en goguette plus tard, on termine sur la voix envoûtante d'une troisième demi-soeur et on garde l'image d'un étrange mix théâtral aussi statique qu'énigmatique... L'éclipse du 11 août, de Bruno Bayen, mise en scène Jean-Pierre Vincent Les Histrions (détail)... de Marion Aubert : Oh, déception ! On attendait beaucoup de ce spectacle (Cf le billet d'annonce), sans doute trop… Marion Aubert est une jeune auteure prometteuse, déjà remarquée aux Moussons d’été en 2003, entourée d’une troupe de jeunes comédiens issus pour beaucoup du conservatoire de Montpellier et dirigés ici par le metteur en scène Richard Mitou (dont on avait beaucoup aimé Le sportif au lit). Tous semblent portés par un même désir d’innovation et habités par une énergie certes débordante mais hélas ! non communicative. Nous sommes donc conviés à une grande cérémonie théâtrale qui a pour ambition de faire revivre, sous nos yeux, toute « l’histoire de l’humanité ». L’Histoire du soleil, des étoiles, de la lune, du premier couple, de l’enfant étrange, de l’homme sécateur, de la femme sève etc. Et l’on nous prévient d’emblée que le spectacle va être long, très long, interminable ! … En effet... Et il faut supporter vaillamment cette traversée multiforme et bigarrée des origines, tant le texte semble faire feu de tout bois. Cette grande fable n’est pas sans rappeler le spectacle flamboyant de Valère Novarina, La Scène, que l’on avait pu admirer à la Colline il y a quelques années. On retrouve avec les Histrions un même dispositif scénique, un même maître des cérémonies, un même jeu sur la langue. Mais autant le texte de Novarina nous entraînait dans un tourbillon de langage insensé et par là même fascinant, autant le texte de Aubert s’emballe tout seul, nous laissant extérieur à son jeu. Et comble du comble, on assiste médusé à une très démagogique mise en abyme du rapport au public avec « la spectatrice du premier rang » : le personnage clame son ennui, son agacement, sa faim, et finalement sa haine du théâtre (et bien sûr ses frustrations sexuelles !) Eh bien non, a-t-on envie de répondre à Marion Aubert, on peut être amoureux fou de théâtre et se désoler d’un tel spectacle. Comme quoi, les meilleures intentions du monde, aussi festives soient-elles, ne suffisent pas à provoquer une expérience théâtrale partagée. Au théâtre de la Colline, jusqu'au 28 octobre 2006 Les histrions (détail)![]() Le théâtre de la Colline programme du 20 septembre au 28 octobre un spectacle prometteur : Les Histrions (détail) de Marion Aubert, mis en scène par Richard Mitou. Marion Aubert est une jeune auteur dont j'avais eu la chance de voir un monologue proprement sidérant, Orgie nuptiale, en 2003, à la Mousson d'été. Richard Mitou, quant à lui, s'était mis en scène dans un spectacle étonnant inspiré par Michaux, Le Sportif au lit. Donc, comme on dit, en voilà deux qui font la paire et je pense qu'Alain Françon a peut-être, pour une fois, été bien inspiré de confier la grande salle de la Colline à ces deux jeunes trublions (Les Trubions... encore un titre de Marion Aubert) Les psaumes selon Claude Régy![]() Métaphore du fidèle en quête de la présence insaisissable du divin, ce phénomène renvoie à l'étrange rapport que Claude Régy entretient avec la théâtralité, rapport qui induit cette capacité à donner un maximum d'effet (le metteur en scène n'apprécierait sans doute pas le terme) avec des moyens minima en apparence. Aucun metteur en scène ne partage avec lui cette haine iconoclaste de la théâtralité, et aucun, sans doute, n'a une telle conscience de ses potentialités sur le spectateur. Comme un chant de David marque le franchissement d'une étape dans l'entreprise menée par Claude Régy de sacralisation du verbe. Psaumes à la Colline : théâtre et poésie Une comédienne seule sur la scène, seule face à quatorze psaumes attribués à David : c'était hier au Théâtre de la Colline. Comme un chant de David, mis en scène par Claude Régy - qui s'était déjà attaqué à des fragments de la Bible dans Paroles du Sage - est une lecture des psaumes de David, traduits par le poète, linguiste, exégète des écritures sacrées juives Henri Meschonnic. Les psaumes sont lus comme des poèmes, "parce que les traduire a été avant tout un problème poétique". Vieux de 3000 ans, les textes résonnent d'une façon particulière aujourd'hui. On les entend évidemment avec, en tête, les horreurs de l'histoire moderne, et les invocations de David ne trouvent pas de réponse. Pour Claude Régy "l'absence de réponse fait entendre les poèmes de David comme éventrés, entrouverts, rendus à eux-mêmes, écorchés dans le temps d'aujourd'hui". A voir jusqu'au 23 février.(illus. Théâtre de la Colline) Lire aussi notre compte-rendu du spectacle Revue Colline n° 4 : Toni Negri La question qui nous taraude : La jeune Revue Colline.fr sera-t-elle présente au Salon de l'édition théâtrale ce week-end (cf. post précédent), elle qui fête en juin son quatrième numéro, entièrement consacré à Toni Negri ? La réponse n'importe pas tant, puisqu'il n'est pas forcément nécessaire de passer par un stand ou de devoir trouver une librairie spécialisée pour se la procurer. Originale et très design (cf. la présentation sur aeiou), cette initiative multimédia (sons, textes, vidéo) de la Colline est exclusivement accessible sur la toile. Olivier Cadiot en live !Olivier Cadiot, qui a entamé il y a quelques années une fructueuse collaboration avec Ludovic Lagarde (Le Colonel des Zouaves, Retour définitif et durable de l'être aimé et très récemment Fairy Queen) lit en compagnie de Laurent Poitrenaux son dernier Opus : Anglo-chinois. Les inconditionnels (dont je fais partie), ne manqueront cette soirée sous aucun prétexte ! Cela aura lieu lundi prochain (le 23 mai) à 20h30 Théâtre national de la colline. 15 rue Malte-brun 75020 Paris Entrée libre sur réservation au 01 44 62 52 00 ou par mail : contactez-nous@colline.fr.
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