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L'actualité de la Comédie française (le Français). Tous les billets consacrés à ce théâtre sur Saisons.
Scènes de ménage, entre rires et larmes
Le mari, la femme, l(es) amant(s), éternel trio de théâtre, décliné sur l'air du on s’aime, on se trompe, on se quitte. Le thème est une source inépuisable d'inspiration pour la scène... qui accueille des scènes de ménage en cascade. Exemple, entre rires et larmes, avec deux pièces à l'affiche en ce moment: "Partage de midi", mis en scène par Yves Beaunesne, créé pour la Comédie-Française et en tournée actuellement après une escale au Théâtre Marigny, et "Sentiments provisoires", à l'affiche du Théâtre Marigny. Elle et ils. Dans "Partage de midi", Marina Hands est Ysé, créature fatale, longue chevelure blonde, robe rouge sang, lunettes de soleil, face à De Ciz, mari taiseux, Amalric, ex et futur amant, et surtout Mesa, amoureux déchiré (Eric Ruf, habité, incandescent). Dans "Sentiments provisoires", Sylvie Testud est une discrète Hélène qui quitte Marc (truculent Pierre Arditi), auteur à succès pour son meilleur ami, Felix (François Berléand), prof un peu terne. La phrase qui tue. « En amour, il ne faut pas comprendre, il faut perdre connaissance », lance Ysé, la femme interdite à Mesa, qui se consume de l’intérieur. « Il fait bien l’amour au moins? – Comme toi », réponse d’Hélène à Marc, elle éméchée, lui stupéfait, au moment de l’annonce de la rupture. Tragédie et comédie. Deux pièces, deux tons, aux antipodes. D'un côté, la mort au bout de l’amour, après une envolée mystique : on est chez Claudel, c’est sa propre histoire qu’il raconte, et ça ne rigole pas. De l'autre, c’est le badinage, art dans lequel Arditi excelle, comme toujours. Dans un cas, on souffre et ça se voit, dans l’autre on fait bonne figure. Tragédie contre comédie douce amère. Les deux valent le détour, pour des raisons, et des envies différentes. Illus Brigitte Enguerrand et dr. Partage de midi en tournée, les 5 et 6 novembre à Nîmes, le 9 à Tarbes, les 17 et 18 à la Rochelle. Sentiments provisoires au Théâtre Edouard VII, Paris 9e.Un hommage à Roussillon en septembre
Et disait de lui : « Cette manière d’être là, cette présence absolue, cette vitalité, cette vivacité, toujours lumineuse, au fil des ans apparaissaient chaque fois plus admirables dans la résistance au temps, aux épreuves, à la fatigue. Il a bouleversé la Comédie-Française pendant les décennies d’une remise en cause fondamentale de l’art de la mise en scène et de la direction d’acteur. Son exigence, sa rigueur et sa passion ont fait des chefs d’œuvres de Molière ou de Racine qu’il a montés, des succès historiques et des jalons inoubliables de l’histoire de notre maison (…) C’était un génie de la scène qui avait l’humilité d’ignorer sa grandeur. » La maison de Molière et sa troupe consacreront la soirée du vendredi 11 septembre 2009 à la mémoire de leur sociétaire honoraire. Sur le plateau de la Salle Richelieu, à 20h30, les membres du Français lui rendront hommage. Illus Jacques Pourchot.
"Vivant" au Studio-théâtre de la Comédie FrançaiseOn était habitués à voir Pierre Meunier montrer, au théâtre de la Bastille, des spectacles saugrenus, fait sà partir de pierres et autres matériaux, animés par divers mécanismes. Ici, le projet est d’une veine bien plus classique : un texte d'Annie Zadek sur les derniers jours de Léon Tolstoï, un monologue, en fait, interprété par Hervé Pierre, est une évocation poignante de cette fuite dérisoire de Tolstoï, quittant son foyer, sa femme et mère de ses nombreux enfants, cherchant à échapper à cette figure d’écrivain monumental, incarnant la Russie éternelle qu’il est devenu. Le voilà dans une gare. Derrière lui, les trains passent, couvrant sa voix. L’écrivain ressasse ses obsessions : sa femme, le désir qu’il éprouve pour elle et l’impression d’enfermement qu’il ressent auprès d’elle). Julie Sicard, figure muette, vient prendre soin de lui : lui ôter ses vêtements de route, lui passer sa robe de chambre. Lui, absorbé par sa litanie, l’ignore, mais se laisse faire. La peur de mourir le hante, ainsi que l’impuissance qu’il ressent face à l’immense misère qui l’entoure. Dans une ouverture pratiquée au fond du décor, des têtes de papier mâché apparaissent au fur et à mesure qu’il égraine les cas les plus pathétiques qui lui reviennent en mémoire, tandis qu’autour de lui, les toiles peintes se détachent des châssis. Pierre Meunier a su discrètement intégrer au ressassement de ce vieil homme tout à la fois monumental et misérable, ses propres idées fixes et faire parler les objets inanimés. Vivant d'Annie Zadek, mise en scène de Pierre Meunier, avec Hervé Pierre et Julie Sicard. Jusqu'au 28 juin au Studio théâtre de la Comédie-Française. Illus: Cosimo Mirco Magliocca.
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La Comédie-Française sur les routes d'Europe
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La présidence française de l'Union Européenne, c'est aussi, un peu, une affaire de culture. Dans le cadre de la saison culture européenne qui clôture la présidence de l'Union, la Comédie-Française est ainsi en tournée en Europe de l'Est avec deux spectacles mis en scène par des artistes... européens. La pièce "Les précieuses ridicules" est revue et corrigée -dans une version qui n'a pas fait l'unanimité lors de sa création, c'est le moins qu'on puisse dire- par l'Anglais Dan Jemmett. C'est le Bulgare Galin Stoev qui, lui, met en scène "La festa" de Spiro Scimone. Les comédiens qui portent haut ces textes, classique pour l'un, contemporain pour l'autre? Catherine Hiegel, Serge Bagdassarian, Andrzej Seweryn, Gérard Giroudon, Catherine Ferran et Michel Favory. A voir, en Slovénie, République Tchèque, Lituanie et Lettonie, jusqu'en février prochain. Plus près de nous, à Paris, salle Richelieu, ceux qui le souhaitent peuvent (re)voir "La mégère apprivoisée", "Le mariage de Figaro, ou encore "L'illusion comique"... Illus "La Festa", Julien Oppenheim. Programme complet de la Comédie-Française www
MC93: la lettre faite à Mayette
D'autre part, Bernard Faivre d'Arcier, ancien directeur du Festival d'Avignon a été chargé d'une mission de médiation pour mener à bien la "collaboration" des deux structures, prévue à l'horizon 2011.
Bobigny by busAlors voilà, après quelques jours de débats, annonces, rectificatifs, jeux sur les mots, c'est officiel: la Comédie-Française va se "délocaliser", en partie, à la MC93 de Bobigny. Patrick Sommier et Muriel Mayette, respectivement directeur de la MC93 et administratrice de la Comédie-Française ont assuré qu'ils travailleraient ensemble et Christine Albanel, initiatrice de ce singulier projet a argué que "les mariages forcés, ce n'était pas si mal". Diantre! Il faudra voir comment la Maison de la Culture va pouvoir préserver sa singularité, et son exigence sans être avalée par l'institution... Pour l'anecdote, et parce que ça en dit long, les journalistes invités à la mise au point sur ce projet polémique se sont vus mettre à disposition un bus, pour les transporter! Bobigny est pourtant, à notre connaissance, déjà desservie par le métro. Est-ce à dire que le chemin qui y mène est trop ardu pour les Parisiens de l'intra-muros? Un bus sera-t-il affrété à chaque spectacle du Français à Bobigny? On est impatient de le savoir...
La MC 93 se rebiffe
Maison de la Culture de Bobigny www Une antenne de la Comédie Française en banlieue?
Voilà qui fait jaser professionnels et publics de théâtre, à Paris: la maison de Molière (notre photo) pourrait être, en partie "délocalisée" en Seine Saint-Denis. Christine Albanel, ministre de la culture, avait demandé à l'administratrice de la Comédie-Française de se pencher sur la question, d'un investissement en banlieue parisienne. Muriel Mayette a remis un rapport allant dans ce sens voilà quelques jours. Pour "aller à la rencontre du public de banlieue", il s'agirait d'ouvrir une antenne... à Bobigny et ce, dans la MC 93, haut lieu de création, dirigé par Patrick Sommier. Mais ce dernier regrette vivement de ne pas avoir été mis dans la confidence en amont. S'il se dit, dans les colonnes de nos confrères, pas opposé à une alliance, pas question d'une OPA menée sur son théâtre! L'an dernier, les acteurs de la vénérable institution avaient investi le théâtre de Gennevilliers dirigé par Pascal Rambert. Pour faire découvrir aux spectateurs de banlieue "un texte du répertoire classique", le Centre dramatique national et le Français avaient ainsi coproduit "Les métamorphoses" d'Ovide dans une mise en scène ébouriffante de Martial di Fonzo Bo. Créée sur place en mai, la pièce est actuellement visible au Studio-théâtre. Une collaboration fructueuse, dans ce cas. Fantasio à l'aise à la Comédie Française
C'est exactement pour cela que l'on aime la Comédie Française : pour cette belle facture classique qui sied si bien à certaines pièces et que la Maison de Molière sait si joliment perpétuer. Un décor, des lumières et un habillage sonore pas particulièrement audacieux, mais propres, de beaux costumes, un cadre somptueux, et surtout, des comédiens à la diction parfaite, capables de dire le texte avec aisance et intelligence. Et tout cela au service, bien sûr, d'une oeuvre digne qu'on s'y arrête : ici, Fantasio, d'Alfred de Musset. Qui ne connaît pas la pièce appréciera les fausses pistes que l'auteur s'amuse à nous faire suivre, dans cette histoire de mariage forcé où Shakespeare le dispute à Marivaux. On regrette un tout petit peu que Cécile Brune, dans le rôle titre, soit un brin terne, mais la potion mise en jeu par Denis Podalydès est admirablement rattrapée par Claude Mathieu, géniale comme à son habitude, en gouvernante fo-folle. Florence Viala, en Elsbeth aussi déterminée que facétieuse, est superbe. Et le jeu de Guillaume Gallienne, en Prince de Mantoue parfaitement stupide, est un vrai régal. Un Fantasio très classique, très agréable. Fantasio, pièce en deux actes d'Alfred de Musset Trois questions à Galin Stoev, metteur en scène
Vous êtes bulgare et on dit que vous avez découvert les textes de l'israélien Levin en Russie... Le quotidien que décrit Levin est toujours un peu étrange... Douce vengeance et autres sketches, de Hanokh Levin. Voir notre billet du 19 mars : wwww Photo © Marlène Gélineau Payette Echantillon d'humanité - Hanokh Levin au Studio Théâtre
Une jeune fille au pull aussi rouge que ses lèvres. Un beau jeune homme en costume trois pièces. Un autre, sérieux. Un monsieur tout rond. Une dame blonde. Echantillon d'humanité. Chacun dans sa bulle, chacun connecté à sa machine électronique. Tous l'oeil rivé à leur écran. Ce qui ne les empêche pas d'échanger. Au contraire, le regard tendu vers cet ailleurs virtuel, ils envisagent leur rapport au monde avec une acuité décuplée. Cela commence par une simple discussion à la réception d'un hôtel et, tout de suite, le problème est posé : peut-on être à la fois libre et heureux ? Immédiatement surgit une autre question : peut-on distinguer l'amour du désir ? On se le demande au spectacle de ces deux amants plus vraiment en phase physiquement. Et puis voilà qu'une étrange institutrice vient nous faire douter de l'existence de l'Australie. L'opinion constitue-t-elle un obstacle à la connaissance ? Douce vengeance et autres sketches, de Hanokh Levin. Traduit de l'hébreu par Laurence Sandrowicz. Mise en scène Galin Stoev. Burlesque et sinistre : une comédie de Sean O'Casey
Un couple de paysans dans l'Irlande des années 1930. Ils possèdent outre leur maison, un gramophone et une vache. Le premier égaye la solitude de la femme. La seconde... vous verrez bien, mais vous pouvez d'ores et déjà savoir qu'elle sera un élément non négligeable dans le déroulement des opérations. Quelles opérations ? À première vue, pas grand chose : il s'agit simplement pour le mari de mener à bien les tâches domestiques, tandis que son épouse est partie faucher le pré. Ne nous méprenons pas : ils ne renversent pas ainsi le partage des rôles entre les sexes dans un souci d'équité ou de dépassement des assignations traditionnellement imparties, mais tout bonnement à la suite d'une querelle de ménage où chacun a mis l'autre au défi de faire mieux que lui. Là-dessus, la femme s'en va et c'est dommage, car Catherine Salviat était tout à fait passionnante dans le court passage qu'elle fait sur scène. Michel Duchaussoy reste seul, bientôt rejoint par Michel Robin qui joue l'ami, empoté et myope comme une taupe qui sert aisément de bouc émissaire au mari à chaque incident fâcheux. Et les incidents fâcheux sont légion dans ce spectacle conçu comme une farce dont les ressorts comiques sont semblables à ceux dont usaient Charlie Chaplin ou Buster Keaton. Célie Pauthe a réalisé un spectacle terrien : le lieu, les acteurs, leur corps et leur voix ne semblent pas venus d'un ailleurs indéfini, mais bien de cette contrée fort rude qu'était l'Irlande de l'époque. Elle a plus investigué ce champ que celui de la farce, auquel invitait a priori le texte. En choisissant d'inscrire sa mise en scène dans une perspective plus large, incluant le reste de l'œuvre de Sean O'Casey, Célie Pauthe ne l'a pas trahi, au contraire, elle lui a rendu son âpreté. La fin du commencement, de Sean O'Casey, mise en scène de Célie Pauthe, avec Catherine Salviat, Michel Duchaussoy, Michel Robin, jusqu'au 20 janvier, au Studio théâtre de la Comédie Française (www)
Rebondissement dans l'affaire Handke Occupée comme je l'étais par Avignon, je n'avais fait que parcourir distraitement le communiqué arrivé il y a une semaine, dans lequel le service de presse du ministère de la culture et de la communication indiquait que Renaud Donneieu de Vabres poroposait Muriel Mayette au poste d'"Administrateur Général de la Comédie Française". Maintenant, que j'ai le loisir d'y revenir et après avoir ouï différents sons de cloche, je m'interroge : Marcel Bozonnet qui occupait le poste était prêt à demeurer en place... L'affaire Handke y serait-elle pour quelque chose ? Les propos de Bozonnet au sujet de son éviction vont, en tous cas, dans ce sens...Censurer Handke ? Le révisionnisme en question La question de savoir si Marcel Bozonnet, administrateur général de la Comédie Française a eu raison d'écarter la pièce de Handke, Voyage au pays sonore ou l'Art de la question, qui devait être créée en janvier 2007 au Théâtre du Vieux-Colombier, fait rage dans les pages de journaux et sur notre forum. Comme le soulignent certains, Marcel Bozonnet, n'ignorait pas les positions proserbes de Peter Handke, connues de longue date, quand il confia la création de cette pièce à Bruno Bayen. Mais la présence de l'écrivain aux obsèques de l'ancien chef d'état Slobodan Milosevic a été la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase.Voici ce qu'a alors déclaré Peter Handke «Le monde, le soi-disant monde, sait tout sur la Yougoslavie, la Serbie. Le monde, le soi-disant monde, sait tout sur Slobodan Milosevic. Le soi-disant monde sait la vérité. Pour cela, le soi-disant monde est aujourd'hui absent, et pas seulement aujourd'hui, et pas seulement ici. Je sais que je ne sais pas. Je ne sais pas la vérité. Mais je regarde. J'écoute. Je ressens. Je me souviens. Pour cela je suis aujourd'hui présent, près de la Yougoslavie, près de la Serbie, près de Slobodan Milosevic.» On peut donc considérer cette position comme tendantiellement révisionniste. A dessein, Handke ne réfute pas formellement les accusations dont Milosevic faisait l'objet de son vivant, ni le jugement que les faits font porter sur la politique menée en Serbie par le dictateur. Mais cette manière de contester un faisceau convergent de témoignages et de preuves, sous prétexte qu'il participerait d'une pensée unique, est précisément une stratégie propre aux révisionnistes. A signaler : pour Olivier Py, qui s'exprime dans les pages "Débats" du Monde, Handke fait ici preuve de révisionnisme avéré, et le maintien de la programmation de sa pièce serait faire insulte aux victimes. |
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