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L'actualité de la danse en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons.
L'homme à tête de chou revisité par GallottaC'est un événement à plus d'un titre. L'album phare, l'album maudit de Serge Gainsbourg, « L'homme à tête de chou », né en 1976, revit désormais sur scène. L'initiateur du projet, c'est le chorégraphe Jean-Claude Gallotta. Enfin, c'est cette fois Alain Bashung qui se fait l'interprète du destin de Marilou, shampoineuse fatale au regard absent et à l'iris absinthe. « Il lui fallait les discothèques et bouffer au Kangourou Club alors je signais des chèques Sans provision j'étais fou. Je suis l'homme à tête de chou moitié légume moitié mec ». Un héros singulier, fou d'un amour dévastateur. Deux défunts mythiques, deux génies sombres donc, dont les ombres planent sur l'oeuvre, et un vivant très vivant pour ce projet. Le projet voit le jour voilà trois ans et devait, à l'origine, intégrer Bashung à part entière au milieu des quatorze danseurs. Aujourd'hui, reste sa voix. Et la chaise qui devait l'accueillir, renversée sur une scène sans décor. Les 32 minutes originelles de l'album de Gainsbourg ont été prolongées par des parties musicales qui lieront les tableaux entre eux, pour en faire une œuvre d'une heure dix. Première du spectacle, que Gallotta promet « music-hall sans les paillettes », ce soir à Grenoble et longue escale parisienne à la fin du mois. L'homme à tête de chou, pièce pour 14 danseurs mise en scène et chorégraphiée par Jean-Claude Gallotta à la MC2 de Grenoble à partir du 12 novembre. Du 27 novembre au 19 décembre 2009 au théâtre du Rond-Point à Paris, puis en tournée jusqu'en juin 2010. Une déferlante d’arts en Normandie![]() Avant « Darshan » en son temple d’Aubervilliers, Bartabas a livré son dernier spectacle, « Liturgie équestre », inspiré par le grand-orgue Cavaillé-Coll, monument phare de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen. Philip Glass est à l’honneur au fil de plusieurs rendez-vous ("Dracula", un récital avec son ensemble). Côté théâtre, Joël Jouanneau présente, après Avignon son « Œil d’Œdipe », Arthur Nauzyciel son « Julius César », Jacques Vincey sa « Nuit des rois ». Danse à foison, enfin, avec les invitations de Fatou Traouré ou Mathilde Monnier et la pièce pour « seniors », "Kontakthof", de Pina Bausch (illus dr), autour de laquelle a été bâti un panorama de la danse allemande et de son évolution récente. Festival Automne en Normandie, jusqu'au 26 novembre. Programme complet ici. Flamenco à Nanterre
Questcequetudeviens ? d’Aurélien Bory pour Stéphanie Fuster. Danse, Stéphanie Fuster, Guitare, José Sanchez, chant, Alberto Garcia. jusqu’au 24 octobre au Théâtre de Nanterre-Amandiers (www). Illus. © Mario del Curto En images : Decouflé réinvente la revue du Crazy HorseC'est sans doute devant une revue du Crazy Horse que les femmes peuvent le mieux comprendre les hommes - le processus qui les conduit à s'émouvoir devant une vertigineuse paire de jambes. Et plus encore quand elle est mise en scène par Decouflé, l'un des chorégraphes les plus populaires des deux dernières décennies.
Après avoir suivi la leçon Decouflé, les bombes du Crazy Horse présentent Désirs, dix nouveaux tableaux ultra-sensuels, mais aussi drôles, et toujours soucieux de correspondre à l'air du temps. Flu vous offre un petit effeuillage, avec 10 images du spectacle de Decouflé au Crazy Horse. Decouflé au Crazy Horse, c'est fouuu !
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Le mythique cabaret poursuit sa mue, après avoir accueilli Dita Von Teese et Arielle Dombasle. Ça faisait des mois qu'on l'annonçait et la création de la nouvelle revue avait été plusieurs fois différée. Cette fois, ça y est, un coin de voile est levé sur « Désirs », nouveau show du Crazy Horse, orchestré par Philippe Decouflé et Ali Mahdavi. Au menu donc, des girls évidemment sublimes, lèvres rouge carmin, jambes et talons vertigineux, des lignes graphiques et lumières en majesté, des jeux de miroir, des effeuillages coquins, et une touche d'humour. Dix nouveaux tableaux composent la revue, avec pour certains une musique originale signée Fred Pallem, pour d'autres des reprises inspirées (notamment le « Toxic » de Britney Spears revu par Yaël Naïm). Pas de doute, ça va se bousculer dans l'écrin de velours rouge de l'avenue Georges V. On en reparle très vite, en images... Illus dr En images : les meilleurs spectacles de la rentréeAdieu grand air, couchers de soleil et coups de chaud. Hello grisaille, boulot, dodo. Mais la rentrée c'est aussi l'occasion de se réjouir, en se mitonnant un planning de spectacles aux petits oignons. Théâtre avec Jacques Bonnaffé et Marina Hands, danse avec Pina Bausch, opéra avec Bertold Brecht : découvrez nos coups de coeur de la rentrée avec le diaporama de la rentrée des scènes. Angelin Preljocaj sur le fil C’est le coup d’envoi de la dense saison du Théâtre de la ville… et c’est de la danse. Angelin Preljocaj, grand orchestrateur de spectacles flamboyants, de fresques spectaculaires (42 spectacles à son actif aujourd’hui), revient à l’essence, au solo. La cinquantaine assumée, il s’est écrit un solo –spectacle créé au festival Montpellier danse cet été- pour « se retrouver face à lui, tout contre le mur, sans artifices, sans autre corps que le sien ». Point de départ, le texte court, fulgurant, de Jean Genet, « Le Funambule », ode magnifique à son amant, funambule. Le danseur et chorégraphe dira, et dansera ce texte. « Tu dois risquer la mort physique. La dramaturgie du cirque l’exige. Il est, avec la poésie, la guerre, la corrida, un des seuls jeux cruels qui subsistent », y écrit-il notamment. Constance Guisset signe la scénographie. « Le funambule », Théâtre de la Ville, du 3 au 15 septembre. Merce Cunningham : la rétrospective en imagesEn 50 ans de collaboration avec son compagnon et complice John Cage, Merce Cunningham n'a cessé d'explorer la notion de hasard au fil de ses créations, repoussant ainsi les limites du possible dans la danse.
Mouvement, espace et temps forment ainsi les trois pôles du chorégraphe qui, grand joueur, était également connu pour la rigueur de son travail sur le mouvement. Loin de toute tentative de narration ou de séduction, Cunningham proposa au fil de ses pièces une esthétique nouvelle, une beauté fondée sur la surprise, les coïncidences et les discordances. Retour en images sur une carrière faite d'innovations et de bifurcations, avec le diaporama de Merce Cunningham, chorégraphe révolutionnaire. Mort du chorégraphe Merce Cunningham![]() En hommage à Merce Cunningham : une rétrospective en images Lors de son dernier passage au Théâtre de la ville en 2007, il avait reçu l'ovation d'un public déjà conscient de se trouver face à l'une des dernières légendes de la danse moderne. Le chorégraphe Merce Cunningham, surnommé l'"Einstein de la danse", s'est éteint dans la nuit du dimanche 26 juillet à l'âge de 90 ans.
Né en 1916 aux Etats-Unis, Cunnigham a fait ses premiers pas de danse à Seattle, avant de rejoindre la compagnie de Martha Graham en tant que soliste (1939-1942). Dès 1950, il commencera à explorer une notion pour laquelle il a développé très tôt un grand intérêt : celle du hasard. A l'habitude et à ce qu'il y a de prévisible, le chorégraphe préfère la destabilisation, les distorsions et les bifurcations qui font de la danse un art en perpétuelle construction. Ce qui ne veut pas dire le désordre : avec la complicité de son compagnon John Cage - qui se charge de la musique de plusieurs de ses créations - il donne naissance à une danse abstraite, mais remarquable par sa rigueur, calquée sur le principe du livre chinois de divination le Yi-king. Comme les molécules d'une expérience scientifique, ses danseurs sont des corps en mouvement, chargés d'explorer les mille et un possibles qu'offrent un espace scénique et un espace sonore. De Un jour sur deux (1973) à Eyespace (2006), en passant par Five Stone Wind (1988), Beach Birds (1991) ou Interscape (2000), Cunningham n'a cessé de chambouler, avec chacune de ses créations, les codes du mouvement et de la scène chorégraphiques. Cette figure immense, unique, laisse aujourd'hui orphelin le monde de la danse, déjà bouleversé par la disparition récente de Pina Bausch. "Non, pas lui aussi", entend-on murmurer les plus passionnés. Immense et unique, lui qui génèrait sa danse sur ordinateur, qui proposait au public l'usage de iPods pendant ses spectacles, et qui avait collaboré, à l'occasion de ses 90 ans, avec des musiciens de Led Zeppelin et Sonic Youth. Unique, immense, en avance sur son temps, pour l'éternité maintenant.
Extrait de "A monday with Merce Cunningham" : Extrait du ballet Biped (1999) : Qu'est-ce qu'on court voir dans le Off ? DéBaTailles Si l'esthétique est moins flamboyante que celle du spectacle phare du Studio des Hivernales, DéBaTailles, côté Théâtre des Hivernales, part d'une thématique tout aussi binaire : quand les Delgado Fuchs pariaient sur un rose contre bleu, Denis Plassard, lui, oppose... les blonds aux bruns ! Il est donc question ici de joutes, de défis, de batailles entre mâles sûrs de leur puissance et de leur supériorité. Les alliances se font et se défont au gré des changements de perruques. La musique, jouée en direct, alterne accordéons folkloriques, jazz-rock dynamiques, solos de guitare électrique déchaînée et même, percussions asiatiques. Seize défis en tout. Avec chacun un thème : "défi prise de tête (lentement et grossièrement)", "défi mutants" ou encore "défi kung Fu"- mon préféré... Ces gars-là sont très forts en portés et en "enchevêtrés" (le terme doit bien exister. En tout cas, pour la compagnie Propos, il faudrait l'inventer..) Assez rare dans un spectacle de danse contemporaine, les applaudissements éclatent de ci de là, saluant des performances qui relèvent souvent de l'acrobatie. Décidément, rien que pour pouvoir assister à ce genre de spectacle qui tourne habituellement en régions, les Parisiens ne regretteront pas d'être descendus à Avignon !
DéBaTailles, Cie Propos, Denis Plassard Illus © C. Ganet L'affiche la plus accrocheuse
Vite, vite, on se renseigne. Que cache un visuel si aguicheur ? Un coup d'oeil sur la plaquette des Hivernales et on apprend qu'il s'agit du spectacle des Delgado Fuchs, duo belgo-suisse. Que le centre de développement chorégraphique PACA l'ait choisi pour illustrer sa programmation de l'été s'impose comme une évidence. On apprend également que le titre du spectacle est aussi prometteur que le visuel : Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge. En plus du prix de l'affiche la plus accrocheuse, ce spectacle peut également se voir attribuer les mentions spéciales de titre le plus long ou de titre le plus déjanté... Ne reste plus qu'à courir voir le spectacle, car on pressent que voici le genre d'événement pour lequel il va rapidement devenir impossible d'obtenir un sésame pour ces 45 minutes de... de quoi donc alors ? Avec une telle affiche, on rêve de bulles, d'acidulé, d'osé ! Youpi ya ! Mister Delgado et Misses Fuchs ne nous on pas vendu du vent ! Leur manteau long... est un vrai bonheur. Plein d'humour et de légèreté, le spectacle ne tombe jamais pour autant dans l'insignifiant. Dans une succession de micro-séquences et d'ambiances qui savent prendre leur temps, les deux danseurs / chorégraphes appellent le spectateur à être le témoin de l'acte chorégraphique, de l'échauffement des danseurs au cocktail d'after-show, en passant par le comptage des pas, l'importance des costumes ou la problématique des corps dénudés... Sexy et intelligent, un must, vraiment.
Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge, Delgado Fuchs, Belgique francophone / Suisse Pour ceux qui auraient besoin d'un petit appetiser supplémentaire, voir la vidéo sur le site des Delgado Fuchs : www Le nouveau Maguy Marin à Avignon - tristement vide
La clim' souffle à plein régime dans le gymnase du lycée Aubanel et l'on pense d'abord à se couvrir, à protéger son cou d'un petit foulard - accessoire indispensable, malgré la chaleur extérieure, afin d'éviter l'inconfort d'une trop grande différence de température. La salle est comble, les spectateurs de dernière minute n'en finissent pas de remplir les ultimes places libres, et ceux qui étaient arrivés avec le bon quart d'heure d'avance règlementaire commencent à s'impatienter. Certains en savent déjà beaucoup sur ce qu'ils vont voir, pourtant en sa toute première présentation ce soir : "attention, chez Maguy Marin, la danse, c'est pas de la danse" prévient un monsieur bien informé. Soudain, ils sont là, en face de nous. Une dizaine de personnes, hommes et femmes, en pantalon et haut dans les tons de gris. Ils nous regardent, micro HF collé à la joue. Noir. Ils commencent à parler à tour de rôle. La reprise des voix au micro, qui concentre le son sur une même source, rend l'identification du locuteur difficile. Mais bientôt, nous abandonnerons toute idée de mettre un visage, un corps, sur une voix : les comédiens brisent la ligne et vont maintenant arpenter sans cesse le plateau, dans des déplacements ponctués de courts arrêts synchrones, et il deviendra tout simplement impossible de savoir qui parle. La pensée nous viendra qu'à ce compte-là, un texte pré-enregistré aurait aussi bien fait l'affaire. Oui, mais alors, objecterez-vous, quid de la magie de l'instantané, des modulations uniques à chaque représentation ? En l'occurrence, la politique adoptée ici est celle d'un ton défini et reproduit à l'identique sur chacune des phrases. Bonne articulation, ponctuation correctement marquée, fins de phrases bien ouvertes, enthousiasme mesuré de circonstance. Il est question de guerre.
Un habillage sonore évoque le grondement incessant des canons. Sur le plateau, nous l'avons dit, les comédiens marchent, lentement et régulièrement. Ils ramassent au sol des tissus, s'en drapent. Les étoffes étaient argentées, elles deviennent rouges. Parfois, ce sont des drapeaux qui sont relevés. La scène représente un champ de bataille. Petit à petit apparaissent des armures étalées sur le sol. Les morts. La litanie continue. Les grondements se poursuivent. Ne reste qu'à attendre que toutes les étoffes soient ramassées et que le gravier apparaisse. Attendre. Laisser faire. Laisser dire. Ne plus tenter de saisir le texte. Il est indiqué que le spectacle dure 1h06. On ne doit plus être très loin. Encore un peu. Encore la guerre, la guerre. Des tissus ramassés. Deux comédiens s'arrêtent en même temps et reprennent aussitôt leur marche. Les grondements. Encore. Presque. Oui, voici les graviers. Les silhouettes s'éloignent. Noir. Alors la salle se partage entre "Ouh ! Remboursés !" et "Bravo ! Bravo !". Pour ma part, je sors de cette première expérience avignonnaise habitée d'un triste sentiment de vide. Mon lit, mon lit, mon royaume pour un lit !
La Description d'un combat, conception et réalisation Maguy Marin Du 8 au 16 juillet 2009 au Gymnase du Lycée Aubanel, à 18 heures Illus © Christophe Raynaud de Lage SDF, le Festival de Marseille danse quand même
Nombre des représentations de son édition 2009 devaient avoir lieu dans le Hangar 15 du Port autonome de la ville. Mais la CGT en a décidé autrement, refusant que l'art s'exprime sur les ruines de l'emploi -l'Union Naval Marseille, énorme entreprise de réparation navale ayant été liquidée début mars- et l'exprimant ouvertement en avril. Voilà donc la manifestation sans domicile fixe, en quête de lieux pour 19 spectacles. Pavillon noir de Preljocaj, Théâtre du Merlan, Théâtre du Gymnase, Ballet de Marseille ont aussitôt répondu présent et proposé de mettre leurs plateaux à disposition. Une capacité d'accueil moindre au final, mais la possible tenue de l'événement. Le rideau s'est donc levé, comme prévu sur le rendez-vous chorégraphique le 17 juin dernier. On y a déjà vu Christian Rizzo, Wim Vandekeybus, Christophe Haleb et Aurélien Bory... La suite du programme se révèle tout aussi riche en promesses: le "Tango Toilet" de Rodrigo Pardo (du 3 au 7 juillet), le "Miroku" de Saburo Teshigawara, grand maître de la danse contemporaine japonaise notamment. Et puisque le Festival est estampillé "de danse et des arts multiples" Pina Bausch, la rétrospective vidéoPosté par Easywriter le 01.07.09 à 10:02 | tags : danse
Du Sacre du printemps (1975) où Pina Bausch entama magistralement l'exploration de l'un de ses thèmes majeurs, les rapports hommes-femmes, embourbés dans le terreau fertile du sacrifice jusqu'à Sweet Mambo, en passant par le grand classique Orphée et Eurydice, Fluctuat vous propose une petite rétrospective vidéo de près de 35 ans de chorégraphies inspirées .
Voir la Pina Bausch en vidéos, la rétrospective. Ils n'iront pas à Avignon...
Pendant donc que la cité des Papes résonne des 40 spectacles du In et du petit millier du Off, entre cours et jardins, cloîtres et écoles, théâtres et rue, "Nous n'irons pas à Avignon" joue une autre musique, ça se passe cette année, du 1er au 26 juillet. L'affiche de la onzième édition montre un petit gars, jumelles à la main et titre "Vers l'infini et l'au delà". Voilà qui ouvre de larges horizons. Au menu, théâtre et danse, jeune public et jongle, cabaret et théâtre de rue. Des spectacles, et des débats, des reprises et des créations par des compagnies singulières, inventives, foisonnantes. Demandez le programme... Du 1er au 5 juillet: "Quanta ou la terrible histoire de Lulu Schrodinger", "Accroche-toi aux étourneaux", "Piano-Ball", "Les petites comédies de l'eau", "Oa", "Le cabaret historique de l'histoire de France" Du 8 au 12 juillet: "Ah bon", "Contre-image"; "Le titanos débarque", "Gênes 01" (adapté du très bon texte de Fausto Paravidino), "ça va bien", "Macbeth", "Penetrator". Du 22 au 26 juillet: "L'enfant qui ne fermait pas les yeux", "Les failles", "Spectractes", " Festival "Nous n'irons pas à Avignon" à Ivry et Vitry-sur-Seine, du 1er au 26 juillet. Réservations 01 55 53 22 26. Plus d'infos ici. Montpellier dense C’est un peu le coup d’envoi, en forme de feu d’artifice, des grands festivals d’été. Cap sur Montpellier pour son temps fort chorégraphique, point de ralliement des créateurs d’ici et d’ailleurs (25 invités). 2009 sera danse, et dense. Coup d’envoi ce soir, avec une création attendue. Blanca Li, reine de tous les mariages audacieux (contemporain, hip-hop et flamenco) s’empare du « Jardin des délices » de Jérôme Bosch. Livre ses visites d’antan au Prado et sa fascination pour l’œuvre, avant de faire naître un ballet de cette peinture « sacrilège, où l’enfer se mêle au paradis, le plaisir au vice, et le satirique à la morale ». Autre temps fort, le solo d’Angelin Preljocaj. Coutumier des pièces pour danseurs à foison, spectaculaires et vastes, le chorégraphe s’élance seul en scène, à 52 ans. Pièce, pari sur le fil. Il s’inspire du texte de Genet, « Le funambule ». « Il parle tellement de l’engagement artistique, avec une syntaxe ciselée comme un diamant noir qui articule une pensée sur la mort, l’effacement, la mise en danger personnelle, physique, totale, qu’il est pour moi l’un des écrits les plus justes sur la danse. Ce mot revient toujours dans Le funambule, mais de façon décalée, comme métaphore pour parler d’autre chose. Et finalement, il se retourne comme un gant : ce texte prend une fulgurance étonnante quand on l’applique vraiment à la danse», souligne le danseur. Le grand festival offre aussi une foule d’événements gratuits : 18 au total, soit plus d’un quart de l’affiche. On ne manque pas le « Rendez-vous » de Patrice Barthès, spectacle déambulatoire qui réunira six danseurs professionnels et cent amateurs du grand Montpellier. Didier Deschamps et son Ballet de Lorraine propose « Tous à la barre ». Le 30 juin à midi, le public est invité à quelques exercices aux côtés des danseurs, sur la place du marché aux fleurs…
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Illus en haut "Le jardin des délices". En bas "Un funambule". DR Montpellier danse, du 19 juin a 4 juillet. 0800 600 740. Programmation détaillée. Rencontre avec Wim Vandekeybus, chorégraphe chocPosté par Céline le 16.06.09 à 10:00 | tags : danse, spectacle à paris, théâtre de la ville, entretien
Wim Vandekeybus a présenté la semaine dernière à Paris sa nouvelle création, nieuwZwart. A cette occasion, Fluctuat a rencontré le chorégraphe pour lui poser quelques questions sur sa dernière pièce et sur l'ensemble de son travail. A l'inverse des mouvements qu'il imprime à sa danse, Vandekeybus apparaît comme un homme élégant, calme et posé. Dans une loge du théâtre de la ville, il prend son temps pour nous expliquer l'orientation de sa nouvelle création, nieuwZwart, qu'il dit avoir voulu plus "abstraite" que les précédentes. Apocalypse show Si la présence d'un comédien sur scène, récitant le texte de l'écrivain Peter Verhelst, apporte effectivement une dimension poétique plus abstraite à la pièce, l'empreinte très brutale du chorégraphe est là : la pièce s'ouvre sur une ambiance de fin du monde. Des corps se meuvent, dans la douleur et l'hystérie. Une immense couverture de survie les recouvre ou les découvre. Un accessoire qui colle bien à Vandekeybus, chez qui les danseurs se jettent souvent à terre, se rentrent dedans, se ramassent après des courses de longue haleine. Même sur scène, il faut survivre. Survivre dans un monde dévasté, après l'accident (qui aura littéralement lieu vers la fin de la pièce). Survivre seul et devenir fou, comme les jeunes interprètes le font si bien. Survivre, enfin, comme le font les deux inoubliables personnages de La Route, le sublime roman de Cormac McCarthy auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long de la pièce... Voir l'entretien vidéo avec Wim Vandekeybus sur Fluctuat Rencontres chorégraphiques : arrêt à Montreuil
Les salles sont pleines à craquer au Nouveau Théâtre de Montreuil ces jours-ci : les rencontres chorégraphiques s'y arrêtent pour trois jours et le public - jeune dans sa grande majorité - est là, emballé et applaudissant à tout rompre. Un enthousiasme assez bluffant pour des propositions qui tendent toutes à leur façon vers l'abstraction, la lenteur et le mouvement a minima. Des pièces qu'il faut voir comme une expérience étrange qui nous arriverait, peut-être insignifiante, peut-être pas, et surtout, sans avoir peur de plonger allègrement dans une douce torpeur...
Le Vif du Sujet 2009, 27,28, 29 mai à 19h30, salle Maria Casarès, Montreuil Ad astra, création Emmanuelle Vo-Dinh, 27,28, 29 mai à 21h au Nouveau Théâtre de Montreuil Dans le cadre des rencontres chorégraphiques, jusqu'au 5 juin Illustration : Ad astra © Caroline Ablain
Vent nouveau sur les Hivernales Après trente ans de bons et loyaux services, Amélie Grand, fondatrice et directrice artistique des Hivernales prend le large. C’est elle qui avait initié, un beau matin de 1979 ce rendez-vous de la danse à Avignon, à une période de l’année plutôt morose. Les Hivernales ont fait les beaux jours de la danse, en hiver donc, puis en été. Trois décennies durant, spectacles, stages, rencontres, débats, expos ont réuni les grands noms de la danse contemporaine dans ce haut lieu du théâtre. Le 1er septembre prochain, Emmanuel Serafini succèdera à Amélie Grand à la tête de ce qui est aujourd’hui le Centre de Développement Chorégraphique Avignon Vaucluse Provence-Alpes-Côte d’azur. Agé de 43 ans, il a fondé en 1990 le groupe Prodanse, premier rassemblement de professionnels de la danse, puis a travaillé comme administrateur, producteur ou conseiller artistique auprès de nombreuses compagnies (Daniel Larrieu, Fattoumi-Lamoureux, Pascal Rambert…). Membre du conseil national du Syndeac en charge de la danse, il en a été ensuite le secrétaire national. Il est actuellement en charge du service Culture, éducation, jeunesse et sport à l’Assemblée des départements de France (ADF). Avant cela, encore un bel été en perspective aux Hivernales. Parallèlement au Festival d'Avignon, la structure fait son festival à elle, entièrement dansé. Du solo à des pièces pour huit danseurs, le Studio des Hivernales et le Théâtre de la danse accueilleront notamment Delgado Fuchs et son spectacle à l’improbable titre : « Manteau en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge » Ouf ! La pièce évoquera la vie, l’amour, la mort, et l’artiste se veut « radical sans être radicalement chiant ». Egalement à l’affiche, Rita Cioffi et sa compagnie Aurelia, les virtuoses percussionnistes corporels d’Onstap, et la compagnie La Liseuse de Georges Appaix. L'été des Hivernales d'Avignon, du 10 au 26 juillet. Rencontres chorégraphiques : le corps dans tous ses états La Seine Saint-Denis va danser, et de belle manière, dès aujourd’hui et jusqu’au 5 juin. Les origines du festival, qui a beaucoup évolué depuis ses débuts, remontent à 1969. Jaque Chaurand, ancien danseur, crée un concours chorégraphique pour « la nouvelle danse ». « Les Ballets pour demain » naissent à Bagnolet. Entre 1976 et 1985, les plus grands noms de la danse sont passés par là : Dominique Bagouet, Jean-Claude Gallotta, Karine Saporta, Maguy Marin, Régine Chopinot, Catherine Diverrès, Bernardo Montet, Mark Tompkins, Mathilde Monnier, Angelin Preljocaj. « Dans ce monde qui globalise, uniformise, libéralise, les regards engagés Serge Ricci et Bernardo Montet, Thomas Lebrun et Christophe Fiat, Emmanuelle Vo-Dinh et Cindy Van Acker. De la MC 93 de Bobigny à la Chaufferie de Saint-Denis, du Nouveau Théâtre de Montreuil au Colombier de Bagnolet, l’art chorégraphique s’exprimera dans toute sa diversité foisonnante…. En marge des représentations, des parcours découvertes des artistes (Emmanuelle Vo-Dinh), des ateliers d’écriture. Location 01 55 82 08 01. Sasha Waltz et ses petites scènes de la vie berlinoiseSasha Waltz est à l'affiche du Théâtre de la ville, où elle présente deux de ses pièces. La semaine dernière, on a pu redécouvrir Zweiland (1997) qui, comme l'indique son titre - Zweiland signifie "deux pays" - interroge l'état et l'avenir d'une Allemagne divisée. Des personnages hauts en couleur s'y croisent, dans la clameur et dans le chaos : les corps chez Sasha Waltz respirent la vie, et s'ils font une trêve, ce n'est jamais que pour repartir de plus belle. Vivants : il souffrent et se tapent dessus, pètent les plombs et crient au loup, valsant sur les airs vieillots de disques rayés. Les mouvements sont souvent nerveux, cocasses, traduisant tantôt le besoin de se laisser entraîner dans la danse, tantôt la volonté de rompre avec le réel. ![]() Une gestuelle que l'on retrouve dans Allée des cosmonautes, pièce créée en 1996 dans la lignée du cycle Travelogue (1993-1995), dans laquelle les six membres d'une famille berlinoise se supportent et s'insupportent dans le (trop) petit appartement d'une cité populaire. Le cadre social de la pièce est posé par les images du vidéaste américain Eliot Caplan, projetées sur plusieurs postes de téléviseurs (qui renvoient eux-mêmes à un certain mode de vie) : immeubles se détachant sur un ciel incertain, intérieurs sobres ou désuets... Dans un même immeuble, combien d'autres familles comme celle qui s'agite sur scène ? Il y a quelque chose de La Vie, mode d'emploi de Perec dans la présentation de ce quotidien disséqué au mouvement près, entre les moments de torpeur et ceux, plus nerveux, où tout le monde se cogne dessus. La pièce pourra également faire penser à Good bye Lenin !, pour la tension sociopolitique qui la traverse parfois, à Charlie Chaplin, pour les déambulations burlesques de ses personnages, à Pennac pour la tendresse que ces derniers vous inspirent. Au moment où la famille, après s'être autant démené sur un long medley composé de tubes populaires, airs traditionnels et ritournelles jouées à l'accordéon par le père, finit par faire silence à la fin de la pièce, on regrette de ne pouvoir assister, encore, au prochain sursaut, au prochain réveil, et de recevoir autre bouffée de vie insufflée par les danseurs de Sasha Waltz. ![]() Sasha Waltz & Guests au Théâtre de la Ville Zweiland, du 27 au 30 avril. Allée des cosmonautes, du 5 au 9 mai. Photos © Sebastian Bolesch Pierre Henry / Maurice Béjart - un long compagnonnage
Suit un concert du maître. Un concert ou ce que ses descendants accros aux samples et autres bizarreries sonores appelleraient aujourd'hui performance live, devant un public d'afficionados pleins de révérence pour le vieux monsieur à la barbe blanche. Pierre Henry, père de la musique électronique. Tout de même!
PIERRE HENRY / MAURICE BEJART / EMMANUELLE HUYNH Illus Variations... © JL Tanghe Retour à l'Origine
Reprise d'un spectacle qu'on reverrait volontiers, encore et encore. En 2008 le théâtre des Abbesses, en 2009 le grand plateau du Théâtre de la Ville : Sidi Larbi Cherkaoui enflamme une nouvelle fois le public parisien avec Origine, un spectacle plein d'humour, de couleurs et de poésie. Deux danseuses, deux danseurs, quatre coins de la planète, quatre identités. L'une se contorsionne en pantalon bleu, l'autre disjoncte en escarpins rouges. L'un est baillonné, l'autre s'explique en japonais. Tous se retrouvent régulièrement pour des instants de communion parfaite, moments de grâce dont s'échappent immédiatement les individualités. Origine (2008), mise en scène et chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui Travs, tutus et pointes![]() Les Ballets Trockadero, Théâtre du Châtelet, du 21 au 26 avril. Illus dr Martha Graham Dance Company : faire revivre le mytheMartha Graham est à la danse ce que Picasso fut à la peinture, Einstein à la physique, Stravinsky à la musique : une légende, une révolution. Hier au Théâtre du Châtelet, ce sont en ces termes que la chorégraphe - disparue en 1991 - a été présentée, avant que le rideau ne s'ouvre sur la première des trois pièces présentée dans la soirée par la Martha Graham Dance Company.
En dehors des trois pièces cités ci-dessus, deux autres programmes sont à l'affiche au Châtelet, jusqu'au 18 avril. La Martha Graham Company, qui n'était pas venu en France depuis dix ans, offre ainsi, pendant son passage à Paris, une occasion inespérée de redécouvrir la danse comme nous la voyons rarement : moderne, mémorable, mythique. Voir les vidéos et les images de Martha Graham sur Fluctuat Martha Graham Dance Company, au Théâtre du Châtelet du 14 au 18 avril. Photos © John Deane |
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