Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité du Festival d'Aurillac (théâtre et arts de la rue). Tous les billets consacrés à cette édition 2005 sur Saisons.

Deux facettes d’Aurillac In

Posté par Floriane le 27.08.07 à 17:08 | tags : arts de la rue, festival, festival d'aurillac

Les Colporteurs
Politique, le In du festival d’Aurillac se le voulait, programmant trois spectacles ayant trait aux réflexions socio-électorales. C’est pourtant d’une quatrième, affichée comme inspirée du Paradis de Dante, qu’est venue la plus grande claque du festival ; un portrait, sans concession et porté par l’urgence, de la condition des émigrés et sans papiers dans la France d’aujourd’hui, signé Teatro del Silencio. Certains s’émeuvent lorsque le metteur en scène, Mauricio Celedon, fait référence à la situation qu’il a connue sous la dictature au Chili, pour évoquer la peur qui tord le ventre de ces exilés. Rien de plus juste, pourtant, que ses textes quand ils décrivent le déni d’humanité qui leur est fait aujourd’hui. La violence de la peur, des rafles, des bombes ; et la douleur, comme celle de cette femme en pleurs, hurlant « Merci à la vie » avant d’expirer et d’être enterrée, symboliquement, dans sa valise. Tout cela sent l’urgence à dire, à dénoncer, à accuser, Sarkozy, pour le nommer (puisqu’il l’est dans le spectacle). C’est un étranger qui a le courage de le faire ; on ne peut que l’en remercier !
A l’opposé, de la ville, de l’imaginaire, les Colporteurs ont donné naissance à une petite merveille de chant d’amour sur fil ; amour de la vie, amour d’homme et de femme. Antoine Rigot évoque en voix Off, en début de spectacle, l’accident qui l’a cloué au sol, il y a quelques années. Danseur de corde depuis 20 ans, le drame aurait pu lui être fatal. Mais c’était compter sans Agathe, qui l’avait initié au fil, avait mené avec lui la danse de l’amour et de l’équilibre au cours des créations en duo, puis avec la compagnie. Agathe qui, comme à la fin de ce Fil sous la neige, le soutient et l’aide à tenir debout. Les néophytes y verront de belles histoires d’amour, des duos inédits sur des fils à différentes hauteurs ; les professionnels salueront l’immense qualité technique des interprètes et les finesses de l’écriture de ce spectacle entièrement dédié à cette discipline, une grande première. Tous remercieront ce couple d’avoir été solide, et de continuer à créer, de façon de plus en plus originale, sans jamais baisser les bras.

© Jean-Pierre Estournet




Festival d'Aurillac : mission accomplie !

Posté par Floriane le 27.08.07 à 17:05 | tags : arts de la rue, festival d'aurillac

Les rues sont vides, au centre d’Aurillac ; vides de propositions artistiques dépassant le solo ou la fanfare. En lieu et place : des itinérants affalés au milieu de leurs chiens, des vendeurs de chapeaux, ballons et autres produits alimentaires, sono en renfort. L’espace est net, pas toujours propre pourtant, mais ça y est : enfin, il n’y a quasi plus de problème de suraffluence dans les rues de la ville. Pour cela, rien de bien sorcier : programmer la majorité des spectacles In et Off en dehors de la ville, au mieux dans des quartiers reculés, au pire dans des endroits uniquement accessibles en voiture ou en navette. Ce sont les jongleurs, clowns et gratteurs de guitare qui sont heureux : le bitume leur appartient !
Il n’empêche que le visiteur impromptu ou attiré par la réputation du festival en repart avec une impression singulière : « C’est ça, les arts de la rue ? » A force de laisser les valeurs hypersécuritaires faire leur œuvre, sous couvert de permissivité (pas de sélection dans le Off, par exemple), les organisateurs se trouvent coincés dans une logique difficilement défendable, car même certains professionnels, a priori mieux organisés que le spectateur novice, ont fini par jeter l’éponge : impossible de courir aux quatre coins de la ville pour faire moisson de spectacles regardables.
On pouvait trouver néanmoins quelques perles, pas trop lointaines. « Plume », le spectacle de La Chouing, duo-duel de comédiens aguerris, au service d’un propos hyper visité (la relation sado-maso d’un couple d’hommes), mais traité ici avec délicatesse, sous la violence apparente. Beaucoup plus léger, mais non sans fond, le groupe Volubilis (illustration) présente, sous couvert de boniment de marché, une méthode « révolutionnaire » d’entretien corporel. La proposition a le mérite de présenter, à tous les publics, un condensé de danse contemporaine bien servi par deux professionnels. Dans le même temps, on se prend à rêver de voir ce spectacle accueillir les aficionados du Théâtre de la Ville, qui reconnaîtraient, au passage, l’écriture de Merce Cunningham, nourrie (réellement) aux méthodes hygiénistes que les Européens avaient emmenées dans leur exil aux Etats-Unis.
Dans un autre registre, plus proche de Ex Nihilo, la danse contact improvisée de la compagnie Jeanne Simone sait se jouer des aléas de la rue et compose, avec la complicité d’excellents musiciens improvisateurs tout terrain, une partition mouvante pour circulation, passants et mobilier urbain. Enfin, Eric Sanka revient cette année avec une variation désopilante sur le thème de la répétition du dernier acte : « La Mort d’Elga ». C’est drôle, égratignant largement le milieu du théâtre, ses metteurs en scène mégalo et ses interprètes magnaco-boulimiques.
Une belle moisson, finalement, malgré les aléas de la température et des « conditions de sécurité ».
Le site du festival d'Aurillac (www)








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